Interview de M. Hamlaoui Mekachera, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, sur LCI le 11 novembre 2003, sur la pertinence de la commémoration de l'Armistice de 1918 et l'ouverture d'un site Internet, nommé "Mémoire des hommes", présentant les fiches d'état-civil des combattants morts pour la France durant la Première guerre mondiale. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Hamlaoui Mekachera, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, sur LCI le 11 novembre 2003, sur la pertinence de la commémoration de l'Armistice de 1918 et l'ouverture d'un site Internet, nommé "Mémoire des hommes", présentant les fiches d'état-civil des combattants morts pour la France durant la Première guerre mondiale.

Personnalité, fonction : MEKACHERA Hamlaoui, RABILLOUD Jean-françois.

FRANCE. SE aux anciens combattants

Circonstances : Commémoration de l'Armistice du 11 novembre 1918

ti : Jean-François Rabilloud :
11 novembre 2003, Jacques Chirac présidera donc, ce matin, à 11h00, les cérémonies anniversaires de l'Armistice de 1918, alors qu'à 15H00, cet après-midi, une autre commémoration se tiendra à la clairière de Rethondes, dans l'Oise. Nous sommes en ligne avec le secrétaire d'état aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera. Bonjour.

Hamlaoui Mekachera :
Bonjour.

Vous participez à ces cérémonies, évidemment celle de ce matin, à l'Arc de Triomphe et celle de cet après-midi à Rethondes, est-ce que ces cérémonies ont encore un sens aujourd'hui, pour les plus jeunes Français ?

C'est une vraie question. Pour moi, oui cela a un sens. Lors de mes visites en région, je suis agréablement surpris par la présence des jeunes. C'est une présence d'attente, si je peux m'exprimer ainsi. En attente de quoi ? En attente du relais de la mémoire, que l'on est en mesure de leur passer. Je crois qu'il y a un devoir, un devoir de tous les Français, de tous les témoins et de tous les acteurs, de la mémoire orale, par exemple, qui disparaît très vite. Cette mémoire orale, il faut la recueillir. Il faut parler pour exprimer cette page d'histoire qui est évidemment une des pièces maîtresses de notre histoire nationale.

Justement, le fait que certains des 36 poilus survivants soient présents, cela aide à transmettre finalement.

Oui, bien sûr. La mémoire visuelle aussi. La mémoire orale et la mémoire visuelle. Il ne reste plus que 36 de ces poilus, comme on les appelle, et par conséquent, pour les Français, le 11 novembre c'est une grande date, c'est une grande commémoration. Elle fait partie, avec le 8 mai et le 14 juillet, des dates ancrées dans le mental même des Français.

Monsieur Mekachera, vous venez d'inaugurer, il faut le signaler, un site Internet, tout à fait exceptionnel, qui s'appelle " Mémoire des hommes ", où l'on peut retrouver la fiche d'état civil de chacun des 1 325 290 combattants morts pour la France. Je crois que c'est une première.

Oui, c'est une première. C'est d'ailleurs le premier site européen et le deuxième du monde. Nous terminerons les travaux l'année prochaine pour la guerre 39-45, la guerre d'Indochine, la guerre d'Algérie, et également pour l'épopée napoléonienne, avec les régiments de ligne et avec la garde impériale. II y aura les mêmes listes avec les mêmes points de repères,

Pour 14-18, il faut simplement signaler que chaque Français peut évidemment taper le nom de sa famille, son nom de famille sur Internet et savoir à travers ce site " Mémoire des hommes ", si l'un de ses ancêtres finalement a été, soit porté disparu, soit a été tué au combat. C'est bien cela ?

Oui, tout à fait. Et puis, cela servira également à des études généalogiques. Il y a soit des privés, soit des organismes qui ont besoin de faire des recoupements généalogiques. C'est un outil intéressant pour ceux qui font des études dans ce sens.

Dernier mot, plus personnel, vous êtes fils d'un ancien officier de 14-18, médaillé militaire, blessé en 1915, mort pendant la guerre du Rif, un petit peu plus tard, vous avez un fils officier, quelles valeurs transmettez-vous dans votre famille ?

Les valeurs d'honnêteté et de rectitude. La jeunesse a besoin de repères. C'est à nous de leur donner ces repères et de leur montrer quel est le chemin le plus positif pour eux, et pour notre collectivité.

Merci, monsieur Mekachera, pour cette réaction à l'occasion du 11 novembre 2003.

(Source http://www.defense.gouv.fr, le 4 décembre 2003)

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