Interview de Mme Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux affaires européennes, dans "Les Echos" du 18 décembre 2003, sur les mesures gouvernementales en faveur de la mobilité des jeunes en Europe, notamment par le développement de stages en entreprise. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux affaires européennes, dans "Les Echos" du 18 décembre 2003, sur les mesures gouvernementales en faveur de la mobilité des jeunes en Europe, notamment par le développement de stages en entreprise.

Personnalité, fonction : LENOIR Noelle.

FRANCE. Ministre délégué aux affaires européennes

ti : Q - Il existe déjà plusieurs programmes d'aide à la mobilité, pourquoi un nouveau dispositif ?

R - Il faut démocratiser la mobilité européenne. On dit souvent que les jeunes voyagent, mais en réalité trop peu d'entre eux peuvent effectivement voyager : les programmes communautaires comme Erasmus ou Léonardo ne concernent encore qu'une minorité d'étudiants ! Notre projet est complémentaire et son spectre est plus large : il s'adresse à tous les jeunes et propose des stages de toute nature, y compris, à terme, des "jobs" d'été. J'ajoute qu'il possède une dimension d'aide à l'insertion professionnelle. Aider les jeunes en difficulté d'insertion sera certainement difficile. Mais nous allons chercher des relais auprès des missions locales pour l'emploi et des collectivités locales qui soutiennent déjà de nombreux projets pour les étudiants.

Q - Quel type d'entreprises pourraient être intéressées ?

R - Pour l'instant, ce sont surtout les grosses entreprises françaises à dimension européenne. Mais, à terme, je pense que certaines PME seront candidates. Et notamment celles qui sont implantées ou qui cherchent à s'implanter dans les pays d'Europe de l'Est et que peut intéresser l'idée d'accueillir un stagiaire issu de ces pays et qu'elles puissent former à la culture de leur entreprise.

Globalement, nous espérons faire monter en puissance le dispositif à l'étranger en 2004. Pour l'instant, le noyau de départ est essentiellement composé d'offres françaises, allemandes, espagnoles ou britanniques, mais nous voulons créer un vrai "club des entreprises" de toute l'Europe grâce au relais des ambassades et des conseillers du commerce extérieur.

Q - Les entreprises n'ont pas vraiment adhéré au Volontariat international en entreprise (VIE), pourtant avantageux sur le plan financier. Comment comptez-vous les convaincre ?

R - Nos conditions sont beaucoup plus souples que celles du VIE car il ne s'agit pas d'un programme public, financé sur fonds publics. Nous servons surtout d'intermédiaires et nous ne fixons pas de durée minimale de stage, ni d'obligation de rémunérer les stagiaires, même si beaucoup le font. Les entreprises offriront les stages comme bon leur semble, en fonction de leur disponibilité. L'intérêt est aussi de pouvoir élargir le profil des stagiaires.

Q - Cette souplesse sera-t-elle synonyme d'incertitude pour les jeunes ?

R - Notre ambition à terme est de créer un véritable label de qualité, mais je ne vous cache pas que cette première année sera très expérimentale. Le projet va surtout reposer sur le sérieux des entreprises, c'est pourquoi nous avons rencontré beaucoup de directeurs de ressources humaines. A la fin de l'année, nous allons dresser un premier bilan qui sera à la fois quantitatif et qualitatif. Il est important de savoir quel type de stages les jeunes ont privilégié, mais il est au moins aussi important de savoir si ces stages ont facilité leur embauche.


(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 19 décembre 2003)

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