Conseil des ministres du 9 juillet 2003. Le divorce. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conseil des ministres du 9 juillet 2003. Le divorce.

Personnalité, fonction : PERBEN Dominique.

FRANCE. Ministre de la justice

ti : Le garde des sceaux, ministre de la justice, a présenté un projet de loi relatif au divorce.

Ce texte s'inscrit dans le cadre de la réforme globale du droit de la famille entreprise par le Gouvernement pour en moderniser les règles en donnant une plus grande place à la liberté individuelle tout en valorisant les principes fondamentaux qui structurent notre société, au rang desquels l'engagement, la solidarité et la responsabilité.

La réforme du divorce constitue une première étape très attendue pour les 113 000 couples concernés chaque année. Le dispositif issu de la loi du 11 juillet 1975 n'a pas en effet atteint pleinement ses objectifs, puisque 42 % des divorces demeurent toujours fondés sur la faute alors que, par ailleurs, la durée des procédures de divorce et de liquidation du régime matrimonial n'a pas été significativement réduite.

Le projet de loi entend répondre à la diversité des situations conjugales en conférant à chaque cas de divorce sa véritable portée, simplifier les procédures tout en maintenant leur caractère judiciaire et apaiser les relations entre époux tout en responsabilisant le conjoint éventuellement défaillant.

Le projet de loi maintient le divorce pour faute, corollaire indispensable des obligations et devoirs qui s'attachent au mariage. Mais de véritables alternatives à cette option, moins conflictuelles, sont désormais ouvertes.

A l'actuel divorce pour rupture de la vie commune est substitué le divorce pour altération définitive du lien conjugal, fondé sur le constat par le juge de la cessation de la communauté de vie tant affective que matérielle des époux pendant deux ans. Le divorce par consentement mutuel, qui repose sur l'accord des époux sur tous les aspects de leur séparation, ne comportera plus qu'une seule audience au lieu de deux. Enfin, l'actuel divorce demandé et accepté est profondément modifié dans son régime de telle sorte, qu'à tout moment, les époux puissent faire constater leur accord sur le principe du divorce sans considération de sa cause, tout en laissant au juge le soin de statuer sur ses conséquences.

Dans un objectif d'apaisement et de simplification du dispositif, un tronc commun procédural est institué pour les époux qui ne recourent pas au divorce par consentement mutuel ; ainsi sera redonné tout son sens à la phase préalable de conciliation. En outre, des possibilités nouvelles sont instaurées pour permettre aux époux de passer d'un cas de divorce à l'autre pendant l'instance. Enfin, le recours à la médiation familiale est développé et les époux pourront soumettre à l'homologation du juge des conventions réglant les conséquences de leur divorce.

S'agissant de ces conséquences, la liquidation du régime matrimonial sera préparée le plus en amont possible, de telle sorte qu'elle puisse être réalisée dans des délais stricts après le prononcé du divorce.

Le régime de la prestation compensatoire, qui fait l'objet de nombreuses critiques, est modifié afin de diversifier les modalités de son versement et de limiter, en cas de décès du débiteur, sa transmission au seul montant de l'actif de la succession.

Par ailleurs, afin d'éviter que l'intérêt financier ne détermine le choix de la procédure, les incidences des torts sur le traitement des conséquences financières de la séparation seront limitées.

Enfin, la protection du conjoint le plus faible est renforcée par la possibilité d'accorder des dommages et intérêts à l'époux qui subit du fait de la dissolution du mariage des conséquences d'une particulière gravité. Il lui sera également possible en cas de violences conjugales de saisir, en amont de la procédure de divorce, le juge aux affaires familiales pour voir organiser la résidence séparée d'avec son conjoint, en bénéficiant d'une priorité au maintien dans le domicile conjugal.

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