Allocution de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur l'aide de l'Etat au budget local, au développement durable et à la desserte aérienne de Wallis-et-Futuna, Nouméa le 23 juillet 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Allocution de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur l'aide de l'Etat au budget local, au développement durable et à la desserte aérienne de Wallis-et-Futuna, Nouméa le 23 juillet 2003.

Personnalité, fonction : CHIRAC Jacques.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Visite officielle de M. Jacques Chirac en Nouvelle-Calédonie du 23 au 25 juillet 2003

ti : Madame la Ministre, dont c'est aujourd'hui la fête
Monsieur le Député, mon cher Victor,
Cher frère Sénateur,
Monsieur le Président de l'assemblée territoriale, dont j'ai beaucoup apprécié les propos, à la fois plein de vision pour l'avenir, plein de chaleur pour le peuple de Wallis-et-Futuna et pour une sagesse, je vous en remercie,
Messieurs les élus,
Messieurs les représentants des autorités coutumières,
Mes Chers compatriotes de Wallis-et-Futuna,


Au moment où nous nous retrouvons, permettez-moi tout d'abord d'adresser mes sincères et chaleureuses salutations à Lavalua, roi de Wallis, qui n'a pu être présent ce soir, je vous demande de bien vouloir lui transmettre mes très sincères, chaleureuses et cordiales amitiés.

Je présente également à Tuiagaifo et Keletaona mes souhaits de santé et aussi de bonheur pour les populations de leurs royaumes d'Alo et de Sigavé, faisant de Futuna l'autre île chère à nos préoccupations communes sans oublier Tiafoi, Kaifakaulu et Vakalasi présents à nos côtés ce soir et que je salue très amicalement, très fraternellement.

A Monseigneur, j'adresse mes salutations fidèles, je lui transmets également les cordiales amitiés du Cardinal LUSTIGER, qui m'a demandé de le faire et je rends aujourd'hui hommage à travers son ministère riche de presque trente années, à l'action continue de l'Eglise pour apporter réconfort et soutien aux populations de Wallis-et-Futuna.

Monsieur le Député, mon cher Victor, Monsieur le Sénateur, cher Frère Robert, je salue à travers vous et je le fais très chaleureusement, la représentation parlementaire des îles Wallis-et-Futuna, toujours présente lors des débats à l'Assemblée Nationale et au Sénat, pour la présentation récente de la loi de programme pour l'outre-mer, mais également pour tous les textes importants du Gouvernement. Permettez-moi de vous adresser, je vous l'ai dit il y a quelques jours dans mon bureau à l'Elysée à tous les deux, mes sentiments de reconnaissance, d'estime, mais aussi d'amitié.

Vous participez activement aux travaux parlementaires et vous apportez la richesse de votre compétence et de votre sensibilité dans ces travaux.

Je salue également Monsieur Patalione KANIMOA, Président de l'assemblée territoriale qui nous a dit avec tant de passion, de foi et d'intelligence sa vision des choses pour ce qui concerne votre territoire et je salue les conseillers présents, qui oeuvrent localement sans relâche pour conduire aux côtés de Monsieur le Préfet, les politiques de développement de Wallis-et-Futuna dans la rigueur mais surtout dans le consensus, qui est une chose essentielle à sauvegarder dans le monde d'aujourd'hui, trop souvent appelé à se disputer plus qu'à s'entendre..

J'adresse enfin à Monsieur le conseiller économique et social, M. KAMILO GATA, et à Monsieur le Président de la Chambre de Commerce Interprofessionnelle SILINO PILIOKO, mes souhaits de bienvenue pour cette rencontre qui nous réunit ce soir.

Je voudrais enfin dire à tous mes voeux de remerciements, mais aussi mes voeux pour l'ensemble de nos compatriotes de Wallis-et-Futuna et aussi mes sentiments de respect et d'estime et d'amitié et de profond attachement pour les populations qu'ils représentent.

Mes chers compatriotes, mes chers amis,

Je tiens à vous exprimer le plaisir qui est le mien de vous retrouver, pour aborder ensemble tout à l'heure les questions liées au développement du territoire de Wallis-et-Futuna, un Territoire, pleinement intégré à la vie de notre République.

Je sais et vos parlementaires me l'on dit, avec une amicale mais ferme insistance, que votre voeu aurait été de m'accueillir à Wallis-et-Futuna, pour me faire redécouvrir vos terres et rencontrer leurs habitants, que je connais, et auxquels je suis particulièrement attaché et dont je garde un très exceptionnel souvenir.

J'aurais été moi aussi, très heureux de répondre à votre invitation.

Malheureusement, l'actualité internationale m'a conduit à revoir les conditions de mon déplacement dans cette région du Pacifique que j'avais prévu plus tôt, au moment des problèmes de l'Iraq et je veux vous dire que l'impossibilité qui est la mienne aujourd'hui, pour des raisons purement matérielles de venir à Wallis-et-Futuna n'enlève naturellement rien à l'estime, au respect et à l'affection que je porte à mes concitoyens du Territoire de Wallis-et-Futuna, Territoire et concitoyens que je trouve : , si attachants et si riches dans leurs traditions.

Je comprends vos attentes et je prends, je l'ai dit à vos parlementaires qui n'étaient pas contents, et ils ne me l'ont pas caché, l'engagement de venir rencontrer les Wallisiens et les Futuniens lors d'un autre déplacement dans le Pacifique, je pense l'année prochaine.

Ce contretemps ne doit pas nous empêcher d'aborder ensemble les questions importantes pour le Territoire, sa population et son avenir et notamment celles qu'a évoqué à l'instant, avec beaucoup de réalisme le Président.

Vous avez, ces derniers mois, beaucoup oeuvré en ce sens et permettez-moi amicalement, fraternellement de vous remercier..

En venant à Wallis-et-Futuna le 20 décembre dernier, Mme Brigitte GIRARDIN, Ministre de l'outre-mer, a signé avec vous un document important, la stratégie de développement durable pour le Territoire de Wallis-et-Futuna.

Ce document contractuel a désormais une valeur législative puisque la loi programme pour l'outre-mer, qui vient juste d'être votée par le parlement français, y fait explicitement référence dans son article 57.

Ce lien avec la loi programme est une garantie supplémentaire qui vous assure que les engagements pour mettre en oeuvre les actions contenues dans la Stratégie de développement, seront des engagements respectés.

Cette loi programme pour l'outre-mer apportera à Wallis-et-Futuna tout à fait légitimement des mesures très positives. Elle s'appuie notamment sur un dispositif nouveau destiné à rendre effectif le principe de la continuité territoriale, en facilitant les déplacements des résidents de Wallis-et-Futuna vers la métropole ou vers les autres collectivités françaises. Une dotation de continuité territoriale vous sera versée pour réduire le coût du transport aérien qui est incontestablement excessif pour les populations concernées..

Je connais et je comprends les difficultés qui sont les vôtres pour sortir du désenclavement, le Président l'évoquait à l'instant que la géographie du Territoire vous impose et je vous assure de la volonté qui est la mienne, et celle du gouvernement, de donner aux Wallisiens et Futuniens la capacité, comme le disait vos parlementaires encore récemment dans mon bureau à capacité d'être des Français à part entière. Le passeport mobilité, en vigueur depuis cet été, a déjà commencé à facilité la formation de jeunes qui se rendent en métropole.

Par ailleurs, pour mener à bien vos projets de développement, la loi programme vous permettra de disposer, outre les importantes dotations mobilisées pour la mise en oeuvre de la stratégie de développement, de dispositifs juridiques et financiers adaptés, parmi lesquels les mesures de soutien à l'emploi pour les jeunes et celles qui seront liées aux procédures de défiscalisation qui sont particulièrement intéressantes, je crois, pour le Territoire de Wallis-et-Futuna.

Ces précisions me permettent de rendre hommage à la contribution décisive de vos parlementaires, votre Député et votre Sénateur, lors des débats, pour que Wallis-et-Futuna puissent pleinement bénéficier de ces dispositions.

En outre, comme je m'y étais engagé lorsque je vous avais reçus à l'Elysée, une nouvelle Convention de développement couvrant la période 2003-2007 a été signée, en décembre 2002. Je suis heureux qu'en ma présence ce soir, vous puissiez signer, comme prévu, un avenant à cette convention qui prévoit qu'en plus des crédits déjà inscrits sur le budget du Ministère de l'outre-mer, une enveloppe de même montant soit engagée par plusieurs autres ministères. C'est donc au total 25 MÇ qui viennent s'ajouter aux fonds disponibles à travers les autres instruments financiers nationaux et communautaires, au service de la stratégie de développement de Wallis-et-Futuna et au bénéfice de sa population.

Mais Wallis-et-Futuna doit aussi aborder son devenir avec la nécessaire rigueur attendue de toute collectivité de la République.

Je connais vos difficultés budgétaires, nous en avons encore longuement parlé avec vos parlementaires et je sais les efforts récemment accomplis par vous tous, pour mener à bien le plan de redressement budgétaire élaboré depuis le début de cette année.

Je vous invite à continuer votre action avec détermination. Cette démarche d'hommes et de femmes responsables est assurée de mon soutien et de celui du gouvernement, ceci pour faciliter l'accès de Wallis-et-Futuna à une aide financière qui est nécessaire dans un contexte budgétaire rénové.

Le Gouvernement, qui est bien conscient de la gravité de la situation, a décidé de diligenter une mission de l'inspection générale des finances sur le Territoire. Sur la base de son rapport, qui sera disponible rapidement, l'octroi au Territoire et à la circonscription d'Uvéa d'une subvention exceptionnelle d'équilibre sera étudié afin de leur permettre de retrouver une gestion budgétaire sereine et de poursuivre les efforts entrepris.

Comme vous le savez, je suis à votre écoute, ainsi que le Premier ministre et les membres de son Gouvernement, tout particulièrement Brigitte GIRARDIN, la Ministre de l'outre-mer, pour recevoir, conseiller et aider les Wallisiens et les Futuniens, désireux d'avancer au nom du progrès.

Je vous sais attachés à vos traditions, je respecte comme vous les spécificités de votre Territoire, reconnues par la loi du 29 juillet 1961 conférant aux îles Wallis-et-Futuna le statut de Territoire d'outre-mer, et signée par le général de GAULLE dont l'oeuvre et les valeurs continuent d'inspirer nos réflexions communes.

Ensemble, forts de vos spécificités, riches de vos hommes et de vos femmes, et animés par le désir d'installer le Territoire sur le chemin du progrès et d'améliorer les conditions de vie sociale et économique de sa population, nous pouvons ensemble construire l'avenir de Wallis-et-Futuna. je n'omets pas les problèmes de liaisons aéronautiques soulevés par le Président et tout de suite après avoir parlé des problèmes avec votre Député et votre Sénateur, après avoir été l'objet d'un certain nombre d'amicale pression de mon ami, votre député Monsieur PRIAL, je suis tout à fait décidé à rechercher les moyens d'améliorer la desserte qui jusqu'ici a été effectué par le Twinauter qui naturellement arrive un peu maintenant en fin de course et qui suppose une solution nouvelle pour améliorer les conditions de la desserte en question.

Cette ambition pour Wallis-et-Futuna, notre démocratie la permet, nous pourrons l'assumer et notre jeunesse, votre jeunesse la demande et à juste titre.

C'est ce que je souhaite profondément, c'est ce que je tenais à vous dire solennellement ce soir avant que débute notre séance de travail pour examiner les différents problèmes de façon plus précise et plus concrète, que vous souhaitez évoquer ensemble.

Je vous remercie très chaleureusement de votre présence à laquelle j'ai été sensible, notre prochaine rencontre aura lieu chez vous, et je vous dis toute ma très cordiale estime et toute ma chaleureuse amitié.

Vive Wallis-et-Futuna !
Vive la République !
Vive la France !


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