Interview de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer, à "France Info" le 19 décembre 2003, sur le développement à venir des grandes infrastructures et le rejet du projet de privatisation des autoroutes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer, à "France Info" le 19 décembre 2003, sur le développement à venir des grandes infrastructures et le rejet du projet de privatisation des autoroutes.

Personnalité, fonction : ROBIEN Gilles de, MARTIN Jean-christophe.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer

ti :
J.-C. Martin-Le Gouvernement a fait ses choix en matière d'aménagement du territoire hier. C'est la France des 20 ou des 30 prochaines années qui s'est dessinée pour les grandes infrastructures. 50 mesures, 50 grands chantiers, c'est beaucoup. La gauche vous reproche déjà d'en faire trop, d'avoir oublié au passage, peut-être, les vraies priorités et le calendrier. Est-ce qu'il est réaliste d'imaginer que tous ces projets vont voir le jour ?

- "Sans esprit partisan, la gauche nous avait laissé un héritage difficile. J'allais en région, et partout on me disait "on m'a promis ceci, on m'a promis cela", et au ministère des Transports, je ne voyais aucun financement. La grande différence, c'est que hier, nous avons annoncé les projets réalisables techniquement et financièrement, dans un délai de 2005 à 2012, puis dans un délai jusqu'à 2025. C'est à la fois réaliste, cohérent et c'est crédible, parce que c'est financé."

L'une des décisions les plus attendues hier, concernait les autoroutes. Finalement, les sociétés d'autoroute ne seront pas privatisées. Et là, c'est une victoire personnelle ; cette décision, vous l'avez arrachée contre Bercy. C'était une question de principe. Pourquoi ?

- "Non, ce n'est pas une victoire personnelle, c'est une victoire collective, c'est une décision collective prise sous l'autorité du Premier ministre."

...Qui a rendu un arbitrage...

- "Il y a toujours des arbitrages, lorsque l'on choisit une autoroute plutôt qu'une autre, une ligne ferroviaire plutôt qu'une autre, un calendrier plutôt qu'un autre. C'est toujours des décisions collectives que le Gouvernement a pris. Et je pense que c'est une décision sage, parce que ceci permet de montrer qu'il y a un financement derrière les infrastructures que nous avons décidées."

La bonne nouvelle économique, hier, c'était que la croissance repartait plus vite que prévu. Est-ce qu'il ne faut pas en profiter pour accélérer certains de ces grands chantiers, pour qu'à leur tour, maintenant, ils viennent soutenir le redémarrage économique ?

- "C'est exactement cela que nous faisons. Nous estimons d'abord que les grands chantiers, c'est de l'emploi ; que de l'emploi, c'est aussi de la croissance parce que c'est du pouvoir d'achat. Et lorsque ces infrastructures sont réalisées après ces chantiers qui ont créé de l'emploi, les infrastructures, vous pouvez le constater sur l'ensemble du territoire français et ailleurs, elles sont aussi synonymes, symboles et porteuses en termes de croissance. Parce que lorsqu'une voie ferrée dessert une région, il y a forcément de l'activité qui se développe autour ; lorsqu'une autoroute arrive dans une ville qui était jusque-là enclavée, cette ville respire et se développe. Et je pense que c'est une croissance à double détente."

Que pensez-vous de la critique qui vient du côté des Verts, parce qu'il y a beaucoup de projets qui concernent le rail, mais eux préfèrent souligner qu'on va aussi avoir des autoroutes qui seront de nouveaux aspirateurs à camions ?

- "Je crois vraiment que c'est une critique injustifiée. Lorsque l'on regarde l'ensemble des projets annoncés hier, il y a 75 % des projets qui ne sont pas des projets autoroutiers, et c'est au contraire l'autoroute qui permet de financer le reste. C'est-à-dire que le transport finance le transport ; c'est plutôt la route qui va financer le rail, les voies fluviales et maritimes. Je pense qu'il n'y a jamais eu un CIADT aussi écologique."

Tout autre chose : on est à trois mois des régionales ; le ministre UDF que vous êtes se sent toujours bien au Gouvernement ?

- "Apparemment oui. J'essaie de faire mon travail au mieux, dans le respect d'un travail collectif et d'une solidarité collective avec mes autres collègues et sous l'autorité du Premier ministre et du président de la République."

Ce n'est pas le grand écart avec l'UDF, qui est de plus en plus critique ?

- "Quand on a une fonction ministérielle avec le Transport, l'Equipement, le Logement, le Tourisme et la Mer, on pense à réaliser les objectifs qu'on nous a donnés et que l'on partage pleinement. Et son étiquette, c'est autre chose : on la ressent lorsque l'on est dans des congrès, des conseils nationaux ou dans des assemblées départementales de l'UDF, et j'en suis fier aussi. Et je pense que c'est absolument compatible."

Donc pas question de choisir ?

- "Pourquoi choisir ? On ne me demande pas non plus de choisir. Il y a compatibilité entre mes aspirations UDF et mes convictions UDF et le travail que je fais aujourd'hui au Gouvernement."

(Source : premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 19 décembre 2003)

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