Déclaration de M. Christian Jacob, ministre délégué à la famille, sur les thématiques de la conférence de la famille 2004 centrées sur l'adolescence, Paris le 18 octobre 2003. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Jacob, ministre délégué à la famille, sur les thématiques de la conférence de la famille 2004 centrées sur l'adolescence, Paris le 18 octobre 2003.

Personnalité, fonction : JACOB Christian.

FRANCE. Ministre délégué à la famille

Circonstances : Ouverture des rencontres nationales de l'adolescence à Paris le 18 octobre 2003

ti : Les adolescents nous font confiance. Sachons la mériter". C'est ce que disait le Président de la République l'année dernière en souhaitant l'organisation de ces rencontres placées aujourd'hui sous son haut patronage.

Je souhaite en préambule vous demander de bien vouloir excuser Jean-François MATTEI, ministre de la Santé, pour son absence imprévue, mais il sera représenté par William DAB, directeur général de la santé, qui ouvrira nos débats de l'après-midi.

Ces rencontres constituent en fait le premier acte de la préparation de la conférence de la famille 2004, qui sera marquée comme cette année par une préparation fondée sur la concertation la plus large possible; les échanges que nous auront aujourd'hui doivent me permettre de cerner de façon plus précise les 3 ou 4 grandes thématiques sur lesquelles reposera la mission des groupes de travail que j'installerai avec les ministres concernés le 12 novembre prochain.

Je n'hésite jamais à le dire, je considère que l'adolescence est la grande oubliée de la politique familiale et c'est pour cette raison que j'ai souhaité que la prochaine conférence annuelle de la famille place cette question au centre de sa réflexion.

Ces rencontres viennent donc à propos. Elles ont pour objet de faire le point avec les meilleurs experts de la question que je remercie de s'être mobilisé et investi à nos côtés aujourd'hui.

J'attends de cette journée qu'elle nous permette d'acquérir ensemble un langage et une lecture commune autour de l'adolescence et qu'à partir de là nous puissions dégager des axes de réflexions pratiques. Celles-ci devront se traduire au printemps dans des mesures concrètes à l'occasion de la Conférence Annuelle de la Famille qui réunit les partenaires sociaux le mouvement familial et le monde associatif. Je salue à ce titre la présence de (M. Le sénateur LORRAIN), de M. Hubert BRIN, président de l' UNAF, de Mme GROS, présidente de la MSA, de M. Philippe Georges, directeur général de la CNAF qui représente Mme PRUDHOMME qui nous rejoindra dans le courant de la journée, de madame Claire BRISSET, défenseure des enfants et des nombreux représentants des associations et professionnels oeuvrant dans ce secteur.

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Si vous êtes friands d'anecdotes, peut-être certains parmi vous connaissez cette inscription retrouvée sur une tombe égyptienne qui aurait 6000 ans et qui dit je cite: "Nous vivons dans un âge pourri. Les jeunes ne respectent plus leurs parents. Ils sont effrontés et impatients. Ils passent leur temps aux tavernes et n'ont aucune maîtrise d'eux-mêmes".

Pour ma part, - et le sondage qui vous sera présenté tout à l'heure le confirme- je considère que dans la plupart des cas les adolescents se sentent plutôt bien et ont une vision plutôt optimiste de leur avenir personnel. N'oublions pas cependant les difficultés réelles rencontrées par certains d'entre eux.

L'adolescence est un moment de mutation et toute mutation est porteuse en elle-même de difficultés. Les parents et les familles en ces moments sensibles et décisifs, doivent plus que jamais assumer leurs fonctions d'éducateurs alors que souvent désemparés et quelquefois dépassés c'est le moment où certains démissionnent.

Une véritable politique familiale doit répondre aux attentes et aux espoirs des adolescents, mais aussi conforter et accompagner les parents dans cette période de vie de leurs enfants et c'est pourquoi le Président de la République et le gouvernement attachent tant d'importance aux travaux de cette journée et aux perspectives qu'elle ouvrira.
Vous savez que lorsque l'on parle d'une société en crise ce sont des termes comme "perte des valeurs", "perte des repères", "en devenir", que nous employons. Très curieusement ce sont les mêmes termes qui sont utilisés pour décrire les adolescents. La crise des adolescents n'est peut-être donc que le reflet ou l'expression de la crise d'une société ?

Là encore le rôle de la famille est essentiel. La cohésion sociale passe par la solidité du noyau familial. Tous les sondages expriment qu' adultes et adolescents réunis placent au premier rang des valeurs et de l'expression du bonheur, la famille.

Les parents mais aussi l'ensemble des éducateurs doivent accompagner l'adolescent pendant cette période.

Cette période de la vie est "l'âge de toutes les espérances" pour reprendre encore une fois une expression du Président de la République. C'est l'âge de l'audace, l'âge de la prise de risques, celui où l'on va chercher ses limites et tester celles des autres. Cela se traduira dans une pratique sportive, dans la recherche d'une première approche du monde professionnel, dans des passions pour des activités culturelles ou purement ludiques, dans les voyages; mais c'est hélas également pour certains des pratiques destructrices: premiers contacts avec des substances nocives, violence routière, etc.

Nous avons donc en ces domaines à conduire un travail de prévention, d'écoute voire de soins. Nous devons apprendre à faire face aux situations les plus graves, accepter de remettre en cause nos comportements.

Tous ces éléments seront, je le crois, les axes essentiels de nos débats aujourd'hui.

Je vous souhaite, et nous souhaite, des travaux fructueux. Je compte sur vous car le sujet est trop important pour nos jeunes et pour notre société pour que nous ne mobilisions pas toutes nos énergies à relever le défi que nous lancent les adolescents.

(Source http://www.famille.gouv.fr, le 21 octobre 2003)

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