Déclaration de M. Pierre-André Wiltzer, ministre délégué à la coopération et à la francophonie, sur le soutien de la France à la consolidation de la paix au Burundi et sur l'aide française au développement de ce pays, Bruxelles le 13 janvier 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Pierre-André Wiltzer, ministre délégué à la coopération et à la francophonie, sur le soutien de la France à la consolidation de la paix au Burundi et sur l'aide française au développement de ce pays, Bruxelles le 13 janvier 2004.

Personnalité, fonction : WILTZER Pierre-andré.

FRANCE. Ministre délégué à la coopération et à la francophonie

Circonstances : Réunion du Forum des partenaires au développement du Burundi, à Bruxelles les 13 et 14 janvier 2004

ti : Monsieur le Président de la République du Burundi,
Monsieur le Ministre Marc Verwilghen,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Messieurs les Représentants spéciaux,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chef de délégations,


J'ai tenu à participer à ce forum, organisé à l'initiative de nos amis belges, pour marquer toute l'importance que la France attache à la consolidation de la paix au Burundi et sa volonté de soutenir les efforts des autorités burundaises en ce sens.

Je voudrais remercier la Belgique d'avoir pris l'initiative de cette réunion, ainsi que le PNUD pour son appui.

La consolidation de la paix est essentielle pour le Burundi mais également pour toute la région des Grands Lacs. Il ne peut y avoir de paix durable et de développement dans cette région sans paix au Burundi.

Je souhaite tout d'abord exprimer l'espoir et l'optimisme que m'inspire l'évolution récente de la situation au Burundi.

Comme l'ont déjà fait plusieurs intervenants, je tiens à saluer les progrès accomplis au cours de derniers mois, et tout particulièrement l'accord global de cessez-le-feu du 16 novembre 2003.

Les perspectives de retour à la paix, après 10 années de crise, et d'épreuves tragiques, n'ont jamais été aussi sérieuses qu'aujourd'hui.

Cet accord a été rendu possible grâce au sens des responsabilités et aux concessions que les parties burundaises ont su faire. Je voudrais saluer les efforts qui ont été accomplis dans ce but par les autorités du Burundi, notamment par vous-même, Monsieur le Président.

En ce début d'année 2004, je souhaite que les forces qui sont encore en marge de ce processus, renoncent à la violence et fassent preuve du même sens de responsabilités. L'option militaire ne fait que prolonger la crise et les souffrances du peuple burundais.

L'espoir et l'optimisme qui nous animent aujourd'hui ne doivent pas, néanmoins, masquer les nombreux défis qui restent à relever.

Il s'agit d'abord du défi de la violence : la mort tragique de Mgr Courtney, le 29 décembre dernier, est venue souligner la persistance de la violence et les risques de dérapage qui l'accompagnent.

Il s'agit également des causes profondes de la violence et des facteurs qui peuvent l'alimenter :

Je pense à l'appauvrissement de la population depuis dix ans.

Je pense également aux difficultés que peut soulever le retour des réfugiés et des populations déplacées, en raison de la forte pression démographique qui existe déjà dans le pays. C'est là une cause profonde de violence, bien plus que les particularismes communautaires.

Ajoutons à cela les problèmes posés par la constitution de forces armées intégrées et le retour à la vie civile de nombreux combattants, qui pourraient engendrer rancoeurs et frustrations.

L'ampleur de ces défis appelle un effort accru des partenaires extérieurs, sans lequel les espoirs nés des accords conclus ne pourront se concrétiser. Nous sommes tous conscients que cette mobilisation des partenaires du Burundi est une condition indispensable du retour durable à la paix. La France est déterminée à prendre toute sa part dans cette mobilisation pour le Burundi.

La France a très tôt fait le pari de l'engagement et de la coopération pour le règlement de la crise, en reprenant son aide au développement dès 1998 et en défendant sans relâche cette option dans les enceintes internationales.

Elle est décidée à poursuivre cet effort par la montée en puissance de ses différents instruments de coopération bilatérale.

Outre le lancement de nouveaux projets, son engagement se traduira par l'octroi d'une aide budgétaire dés 2004. Pour les trois prochaines années, l'ensemble de cette aide bilatérale représentera un montant total de 20 millions d'euros.

A cette aide bilatérale s'ajoutera notre importante contribution à l'aide qui sera versée par l'Union européenne dans le cadre du Fonds européen de développement (FED), dont la France finance près du quart à elle seule.

Le traitement de la dette extérieure du Burundi est également une condition essentielle de la reconstruction du pays.

C'est pourquoi la France, qui est son premier créancier au sein du Club de Paris, prendra une part active à ce processus. Nous souhaitons que ce processus intervienne au plus tôt, après la conclusion d'un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI).

La France ira même au-delà de ses obligations, en annulant à titre bilatéral, le solde de ses créances d'aide publique au développement, dans le cadre d'un contrat de désendettement et de développement qui devrait porter sur un montant d'au moins 20 millions d'euros aussi.

L'accord attendu au Club de Paris, permettra aussi de régler la question des arriérés dus à l'Agence française de développement.

C'est la condition pour que cet opérateur essentiel de l'aide française au développement puisse reprendre ses activités.

L'ensemble des mesures que je viens d'évoquer témoigne de l'engagement actif de la France, aux côtés de ses partenaires, pour soutenir le Burundi.

Je ne doute pas que nous saurons, tous ensemble, apporter un appui décisif dont les autorités et le peuple burundais ont besoin en ce moment crucial.

Je vous remercie.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 14 janvier 2004)

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