Déclaration de M. Léon Bertrand, secrétaire d'Etat au tourisme, sur les perspectives de développement du tourisme en France en 2004 et la consécration de sa place dans l'économie nationale, Paris le 14 janvier 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Léon Bertrand, secrétaire d'Etat au tourisme, sur les perspectives de développement du tourisme en France en 2004 et la consécration de sa place dans l'économie nationale, Paris le 14 janvier 2004.

Personnalité, fonction : BERTRAND Léon.

FRANCE. SE au tourisme

Circonstances : Présentation des voeux du ministre à Paris le 14 janvier 2004

ti :
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Présidents et Directeurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,


C'est avec un grand plaisir et une grande émotion que je vous accueille ici, dans ce magnifique lieu, symbole de la qualité de l'hôtellerie de luxe française et des efforts qu'elle entreprend pour rester une référence internationale, gage de notre attractivité.

Un grand plaisir de vous voir si nombreux et notamment les représentants de plus de soixante pays, qui témoignent, ainsi, de leur attachement à la France et de l'amitié qui nous unit.

Une grande émotion parce que, alors que l'année commençait à peine et que les esprits étaient encore marqués par les festivités et les moments de joies familiales, notre secteur, et, au-delà notre pays tout entier, était frappé de plein fouet par le drame de Charm-el-Cheikh.

Mes premières pensées vont aux victimes et à leurs familles dont, j'en suis certain vous partagez, tous ici, la peine et auxquelles vos apportez votre soutien.

Ce drame nous rappelle, avec cruauté, à nous tous, qui évoquons, à longueur de journée, des chiffres, des millions de touristes, de personnes hébergées, transportées, que derrière ces chiffres, ces statistiques, ces flux, il y a des êtres humains, des hommes et des femmes, des enfants.

La lecture, toujours particulièrement instructive, des notes de conjoncture des instituts spécialisés, des prévisions d'organismes internationaux ou gouvernementaux nous dépeint bien souvent l'évolution de notre secteur comme une sorte de marche inexorable qu'il nous faudrait accepter comme une fatalité lorsqu'elle est à la baisse ou comme une chance lorsqu'elle est à la hausse.

En tant que responsable politique, mais aussi en tant qu'homme, je récuse cette idée du déterminisme conjoncturel.

Je la récuse parce que rien n'est jamais écrit d'avance.

Aussi documentées soient-elles, les prévisions qui voudraient nous faire croire que les choses seront ainsi, que la route est déjà tracée, oublient une donnée fondamentale : celle de l'individu qui exerce son libre arbitre.

Chacun peut vouloir lutter contre l'adversité, trouver des solutions innovantes, entreprendre pour créer de nouvelles richesses, en un mot, peut décider d'inverser le cours des choses.

Et cela, aucune étude prévisionnelle ne peut l'envisager.

Et c'est bien le cas dans le tourisme.

Le drame que j'évoquais à l'instant nous le rappelle, notre secteur est soumis à un grand nombre d'événements impondérables qui peuvent, à tout moment, influer durablement sur les comportements des touristes du monde entier.

Mais ce qui est vrai pour les impondérables négatifs l'est tout autant pour les aléas positifs.

Et il en est un sur lequel je veux m'attarder, c'est celui dont chacun d'entre nous a la parfaite maîtrise : sa volonté.

Que l'on soit chargé d'accueil dans un hôtel, agent de voyages, responsable de résidence de tourisme,

Que l'on soit directeur d'office de tourisme, fonctionnaire dans notre administration ou secrétaire d'Etat au Tourisme, nous disposons tous, chacun à notre niveau, de notre levier que nous pouvons actionner pour améliorer la situation.

Alors, plutôt que de faire le bilan exhaustif de l'année qui vient de s'écouler, permettez-moi de vous faire partager la volonté qui est la mienne.

De vous dire ce que devra être l'année 2004, non pas seulement sur la base des prévisions qui surgissent ça et là mais sur ma conviction personnelle.

Permettez, qu'ensemble, l'espace de quelques instants, nous fassions preuve d'optimisme.

Laissez-moi vous entraîner dans ma vision d'une année 2004 réussie.


Tout d'abord, 2004 sera pour notre pays, l'année de l'élan retrouvé.

Le travail du Gouvernement, dans tous les domaines, porte ses fruits et les nombreuses réformes auxquelles il s'est attelé en dix-huit mois vont permettre à notre pays de poursuivre sa reprise.

Certes, il reste encore beaucoup à faire mais nous sommes sur le bon chemin, conformes au soutien que les français ont manifesté, en juin 2002, à la feuille de route que nous leur avions proposée.

2004 sera aussi l'année de la relance du tourisme français car je ne doute pas que la combativité de tous les acteurs que vous êtes, sera récompensée, comme les chiffres de cet hiver tendent à le prouver.

Cette reprise sera la conséquence du renforcement de notre politique de promotion de la destination France, telle que l'a voulue le Gouvernement.

Grâce à des campagnes de promotion particulièrement ciblées, grâce au développement des campagnes thématiques, telles que celle que nous avons lancée pour l'Outre-mer, nos amis étrangers vont découvrir ou redécouvrir notre pays et la richesse de ses paysages, de ses traditions, de son histoire, de sa culture et la qualité de son accueil.

Cette reprise, j'en suis certain, ne s'exprimera pas seulement en termes quantitatifs, elle sera aussi qualitative.

Ce sera là, l'aboutissement des nombreuses démarches d'amélioration de la Qualité des prestations touristiques, tant réceptives qu'émettrices.

Ces démarches sont d'ailleurs pilotées par le Plan Qualité France décidé en septembre, qui va offrir une sécurité et une lisibilité accrues de nos produits.


L'année 2004 sera aussi celle de l'apport indéniable du tourisme à l'aménagement du territoire.

Nous parviendrons à faire évoluer les flux touristiques parce que nous savons désormais dire que la France, ce n'est pas seulement la Côte d'Azur et Paris.

Ce sont aussi des arrière-pays, des régions rurales, des trésors cachés aux détours des chemins forestiers, des forêts amazoniennes aussi, propices à d'autres formes de tourisme, qu'il soit sportif, de découverte, culturel, de mémoire, d'aventure ou gastronomique.

Il y a, dans ces nouvelles aspirations des touristes, de formidables opportunités de marché que certains ont parfaitement compris et que le Gouvernement encourage, opportunités qui se concrétiseront dès cette année.


2004 sera aussi l'année de l'aboutissement de la concertation entamée, lors de mon arrivée au secrétariat d'Etat au Tourisme, avec chacun d'entre vous.

Cette année, l'ensemble des dispositifs destinés à accompagner les professionnels du tourisme dans les profondes mutations que le secteur connaît actuellement, auront été élaborés.

Selon une méthode qui m'est chère, vous le savez, celle de la relation partenariale.


Cette année sera aussi marqué par les valeurs qui sont intimement liées au monde du tourisme : la solidarité et l'éthique.

Les mesures prises en septembre, relatives à l'accès aux vacances de tous, notamment des personnes en situation de précarité, de handicap et d'isolement, auront été déclinées et appliquées.

Ainsi, l'élaboration de projets de départs en vacances sera, pour les plus faibles, le préambule à la reconstruction de leurs projets de vie.

Evidemment, nous nous appuierons, sur les relais habituels de l'action publique, les associations et les collectivités, dont je salue la qualité du travail.

D'autre part, cette année, la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants qui génère un tourisme honteux, sera renforcée.

Cette année sera aussi celle de la prise en compte sans cesse plus grande de la solidarité avec les pays pour lesquels le tourisme est un vecteur de développement utile et raisonnable.

Et, dans la droite ligne des déclarations du Président de la République, Jacques CHIRAC, à Johannesburg en août 2002, la France jouera son rôle.


Tout simplement parce que, universellement, elle a toujours incarné les idéaux de progrès et de modernité, d'entraide et de solidarité, parce que moralement, humainement et politiquement, elle a une mission à remplir en matière de tourisme solidaire.


Enfin, 2004 sera marquée par la consécration définitive de la place du tourisme dans notre économie nationale

L'année 2003 a posé les bases solides de cette consécration.

Je n'ai pas peur de le dire, le retard a été comblé et nous avons retrouvé toute notre place dans la réflexion économique et politique.

Le Comité Interministériel et les Assises nationales du Tourisme en ont été les parfaites illustrations.

L'engagement du Premier ministre, Jean-Pierre RAFFARIN, s'est à chaque fois manifesté de façon particulièrement forte.

Le soutien de Gilles de ROBIEN a été sans failles.

La venue de Francis MER, une première devant le monde du Tourisme, a marqué un moment fort des Assises, celui de la reconnaissance, par lui, de notre puissance économique, celui d'une véritable industrie.

J'ajoute que la mobilisation de pas moins de seize départements ministériels lors du Comité Interministériel de septembre a été particulièrement révélatrice non seulement de la transversalité de notre secteur mais aussi de l'engagement de tous, devant les défis de la nouvelle politique touristique de la France pour la prochaine décennie.

Alors, 2004 verra cet engagement poursuivi, amplifié, affirmé sans cesse.

Ce sera, tout d'abord, le deuxième Comité Interministériel du printemps qui établira un premier bilan des mesures arrêtées par le premier.

Il traitera des dossiers qui n'ont pas encore été abordés, s'attachant plus principalement à celui de l'emploi et du soutien aux initiatives privées.

L'emploi, comme vous le savez tous, est au c¿ur des préoccupations du Gouvernement et le Président de la République, Jacques CHIRAC, lors de son discours des v¿ux, a déclaré notre mobilisation générale.

Notre secteur est l'un de ceux qui crée le plus rapidement, le plus d'emplois.

Nous aurons, c'est certain, un rôle majeur à jouer dans cette mobilisation.

En marge de ce Comité Interministériel, ce sera l'implication sans cesse plus grande de mon département ministériel dans l'action gouvernementale, illustration de l'esprit d'équipe qui en anime tous ses membres.


Voilà, chers amis, ce que sera l'année qui s'ouvre à nous.

C'est, en tous les cas, ainsi que je veux qu'elle soit.

Et je ne doute pas que vous avez partagé cette projection optimiste parce que, comme moi, vous le voulez.

Votre détermination, à tous, face aux événements qui nous ont frappés ces derniers dix-huit mois, me le confirme.

Nous ne serons certainement pas épargnés non plus cette année, la catastrophe que j'évoquais en introduction nous l'a prouvé.

Mais, je veux, comme vous, refuser le fatalisme.

Nous sommes en mesure de poursuivre nos efforts pour construire un tourisme français encore plus solide, encore plus créateur d'emplois et de richesses.


Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

En vous présentant mes v¿ux les plus chaleureux pour 2004, je veux souhaiter à chacune et chacun d'entre vous, ainsi qu'à vos proches, la réalisation de vos aspirations les plus grandes, qu'elles soient professionnelles ou personnelles.

Je veux aussi vous remercier d'être des acteurs si motivés du tourisme français puisque j'ai bien conscience que la volonté dont je faisais état, à l'instant, serait vaine sans votre relais efficace, sympathique et vigilant.

Et, croyez-le, je mesure chaque jour le privilège d'être en charge du tourisme dont la qualité humaine est, incontestablement, la première de ses richesses.


Je veux aussi évoquer Gilles de ROBIEN.

Il y a dix-huit mois, nous ne nous connaissions pas et j'ai appris à le découvrir.

Je souhaite lui témoigner mon amitié la plus sincère et le remercier de la confiance qu'il m'accorde, chaque jour, en me laissant la plus grande des libertés dans l'exercice de ma mission.

J'y suis particulièrement sensible.


Chers amis,

L'optimisme que j'ai souhaité vous faire partager ne doit pas nous faire oublier la réalité de ce qu'il nous faudra accomplir, cette année.

Il nous faudra mener le bateau " Tourisme ".

Et pour cela, nous devrons :

-maintenir le cap,
-augmenter la voilure,
-éviter les écueils qui surgiront nécessairement,
-aborder de nouveaux territoires à défricher,
-parfois opérer d'astucieux virements de bords pour aller chercher les vents dominants et gagner en vitesse.

Mais nous y parviendrons.

Car j'ai confiance en l'équipage que nous formons.


Je vous remercie.


(source http://www.tourisme.gouv.fr, le 20 janvier 2004)

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