Entretien de Mme Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux affaires européennes, dans "Le Bien public-Les dépêches" du 9 février 2004, sur la politique régionale et l'élargissement de l'Union européenne. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de Mme Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux affaires européennes, dans "Le Bien public-Les dépêches" du 9 février 2004, sur la politique régionale et l'élargissement de l'Union européenne.

Personnalité, fonction : LENOIR Noelle.

FRANCE. Ministre délégué aux affaires européennes

ti :
Q - Fin janvier à Dijon, le Commissaire européen Michel Barnier a rassuré ceux qui craignent que l'avènement de l'Europe à vingt-cinq entraîne, de facto, une baisse des aides européennes pour les régions françaises, à l'image de la Bourgogne. Etes-vous aussi confiante que Michel Barnier sur ce sujet ?

R - On ne peut avoir à ce stade aucune certitude sur le montant des aides qui seront versées aux régions européennes après 2006, car elles dépendront d'une négociation entre Etats membres, qui débutera avec la remise des propositions de la Commission, le 10 février. Ce que je peux toutefois affirmer - et le Premier ministre l'a clairement dit dès 2002 - c'est que la France souhaite préserver une politique régionale européenne qui bénéficie aussi aux régions de France métropolitaine, comme la Bourgogne. Bien sûr, le devoir de solidarité nous commande d'aider les régions les plus en retard de développement, celles des dix pays qui nous rejoignent le 1er mai après un demi-siècle de séparation. C'est dans l'intérêt de tous. Mais il faut aussi conserver la possibilité de financer des projets structurants dans les régions françaises, notamment ceux qui renforcent leur compétitivité et donc celle de l'Europe tout entière.

Q - Nous sommes donc à moins de 100 jours de l'Europe à vingt-cinq, qui s'apparentera, sans conteste, à l'un des plus importants tournants de l'Union européenne. Quel message souhaiteriez-vous adresser à celles et ceux qui redoutent encore cet élargissement ?

R - Dans le passé, l'Union a toujours su accueillir sans difficulté majeure de nouveaux Etats membres. Il n'y a aucune raison de penser qu'il en ira autrement cette fois-ci. Certes, il s'agit en 2004 de faire entrer dix pays. Mais il faut avoir à l'esprit que l'impact économique et démographique est limité : 75 millions d'habitants, 5 % du PIB de l'UE, soit le PIB des Pays-Bas. Nous n'avons aucune crainte objective à avoir : des garanties ont été prises pour que les pays adhérents se mettent aux mêmes normes que nous afin d'éviter les concurrences déloyales et l'Union européenne s'est prémunie contre des risques spécifiques, notamment en ce qui concerne l'immigration et la sécurité alimentaire. En fait, cet élargissement est une chance car il consolidera notre prospérité : l'économie française profitera de l'ouverture des marchés des pays adhérents (la France se situe déjà au troisième rang des exportateurs et des investisseurs dans cette zone) et, en s'élargissant, l'Europe diffuse la démocratie et renforce la paix sur l'ensemble du continent.

Q - Vous allez assister au Conseil général de Côte-d'Or à la présentation du programme "Europe au collège". Pensez-vous, actuellement, que tout est réellement mis en ¿uvre, dans les différents cycles scolaires, pour susciter chez les jeunes le sentiment d'appartenance à l'Union européenne ?

R - L'Education nationale et les collectivités locales se sont mobilisées pour faire découvrir l'Europe à nos enfants. Partout, des programmes d'échanges et de découverte, qui fonctionnent très bien, ont été mis en place. Le programme "Europe au collège" du Conseil général de la Côte-d'Or me semble tout à fait exemplaire. C'est une brillante initiative qui relaie mes propres efforts, ainsi que ceux de la Commission, pour diffuser des matériels pédagogiques. Chacun s'y met, les écoles en ouvrant les horizons de nos enfants par l'apprentissage des langues étrangères, les collèges en donnant une large part à l'Europe dans les programmes, les lycées en offrant souvent l'expérience concrète de la découverte d'un autre pays. Cet effort national me semble à la hauteur de l'enjeu.

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 11 février 2004)

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