Déclaration de M. Alain Juppé, président de l'UMP, sur l'avenir de l'UMP et sur sa conception de l'engagement politique, Paris le 8 février 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Alain Juppé, président de l'UMP, sur l'avenir de l'UMP et sur sa conception de l'engagement politique, Paris le 8 février 2004.

Personnalité, fonction : JUPPE Alain.

FRANCE. UMP, président

Circonstances : Deuxième congrès de l'UMP, à Paris, porte de Versailles le 8 février 2004

ti : Merci mes amis, merci.

Merci pour cet accueil extraordinaire qui restera, quoi qu'il arrive, un des moments les plus forts de ma vie politique.

Je vous salue tous et je voudrais saluer particulièrement les personnalités étrangères qui nous font l'amitié de leur présence : le président du Parti Populaire Européen, Wilfried Martens, notre ami, ainsi que les nombreux membres du corps diplomatique qui assistent à notre congrès.

Je voudrais maintenant, mes amis, que vous écoutiez, sans tumulte, les quelques mots que j'ai envie de vous dire.

Aujourd'hui, je ne suis pas venu vous parler de moi. Mardi dernier, je me suis adressé aux Françaises et aux Français, et, avec mes mots, avec mon coeur, j'essayais de leur expliquer de ce j'allais faire et pourquoi j'allais le faire. Il me semble que beaucoup m'ont compris.

Aujourd'hui, c'est de vous dont je voudrais vous parler. Tout simplement, parce que désormais l'avenir c'est vous.

En m'adressant à vous, je m'adresse d'abord à des amis. L'élan d'estime et d'affection qui s'est porté vers moi m'a donné la force nécessaire, au cours de ces derniers jours. J'aimerais pouvoir témoigner ma reconnaissance à chacune et à chacun d'entre vous. Un par un, les yeux dans les yeux.

Ce qui me réchauffe le plus le coeur, c'est qu'une telle vague ne naît pas d'un coup, elle vient de loin et de profond. Il y avait donc bien entre nous, depuis longtemps, et quoi qu'on en ait dit, de l'amitié, de la vraie, celle qui se forge dans les espoirs et dans les doutes, dans les victoires- nous en avons eu, dans les échecs- nous en avons connu, celle tout simplement du respect mutuel.

Cette certitude aujourd'hui efface toutes mes peines.

En m'adressant à vous je m'adresse aujourd'hui à l'UMP, à ma chère UMP. Oui, l'Union c'est vous, vous l'avez voulue, vous l'avez construite, vous la réussirez dans la durée. Les quelques mois qui viennent vont être décisifs pour l'UMP.

Et puisque vous m'exprimez votre confiance avec tant d'enthousiasme, je voudrais à mon tour vous demander un triple effort.

D'abord, évidemment, faire campagne, de toutes vos forces, pour que les élections régionales et cantonales, puis européennes soient un succès pour nous. Je salue tous nos candidats, ici présents, y compris ceux d'outre-mer.

Je vous demande ensuite de soutenir avec ardeur, l'action modernisatrice du gouvernement, qui sous l'impulsion du président de la République, va engager de nouvelles grandes réformes, notamment celles de l'assurance maladie ou de l'éducation nationale, qui ne seront pas simples.

Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin doivent pouvoir compter sur nous, et je vous appelle à les soutenir dans l'enthousiasme et la détermination.

Enfin, troisième effort, réussir dans la sérénité et dans l'amitié, la deuxième étape de l'UMP, commençant à l'automne prochain avec l'élection de notre nouveau président.

Je vous demande de tout faire, chacun à votre poste, pour que cette élection soit une occasion, non point de disputes stériles ou de compétitions prématurées, mais d'un vrai resserrement et d'un vrai renforcement de l'union pour une majorité populaire.

J'ai confiance en vous, mes amis, parce que je sais que vous vous faites une belle et haute idée de l'engagement politique. C'est justement à vous, en tant que militant politique, que je voudrais m'adresser à vous pour finir.

L'idée de la politique que nous nous faisons, vous et moi, elle est belle, elle est grande, elle est noble.

Ce qui me préoccupe le plus en ce moment, c'est qu'une fois encore, les poujadismes de tous bords tentent de tirer la politique vers le bas.

Certes, toutes les organisations humaines, tous les hommes eux-mêmes sont imparfaits, ils sont même faillibles, moi comme les autres, et apparemment, moi plus que les autres, j'en assume la responsabilité. Mais au-delà de l'organisation, il y a l'engagement, et je répète qu'il est grand, qu'il est beau, qu'il est noble.

Je voudrais tant en convaincre les jeunes populaires, présents ici, pour que leur enthousiasme reste intact. Oui, Marie, je vous ai fait confiance et je voudrais que vous continuiez à faire confiance à la politique.

La noblesse de la politique, elle est d'abord dans le service des autres. Cet esprit de service existe à tous les niveaux, les plus éminents comme les plus modestes. Je pense à nos 600 000 élus locaux, à nos 36 000 maires, ils constituent une sorte de réseau de proximité et de solidarité, irremplaçable.

Mon plus grand bonheur en politique, je le trouve aujourd'hui à Bordeaux, dans cette oeuvre commune, rassemblant nos concitoyens autour de leur équipe municipale.

Construire un tramway, qui marche de mieux en mieux, réconcilier les deux rives d'un fleuve, bâtir des écoles et des crèches, sillonner les rues de sa ville et voir venir à soi des femmes et des hommes qui, tout simplement et directement, vous disent qu'ils ont besoin de vous et qu'ils vous font confiance, essayer de les aider et y réussir parfois, oui, quel bonheur !

La noblesse de la politique c'est aussi le combat pour des valeurs et pour des idéaux. Ce qui se passe dans notre pays en ce moment, ce qui se passe à l'Assemblée nationale depuis quelques jours, autour de l'idée de laïcité et du principe de l'égalité entre l'homme et la femme, est, à cet égard, exemplaire et j'ai voulu que notre UMP s'y engage franchement.

Je suis heureux de constater que, comme je l'avais souhaité mercredi dernier à la tribune de l'Assemblée nationale, nous puissions, sans doute la semaine prochaine, parvenir à un vote qui dépasse les clivages partisans habituels. Il y a des moments où l'intérêt général doit tout transcender.

La noblesse du politique c'est enfin l'amour de la France, le sentiment patriotique. Dans cette salle, vous n'avez pas tous été gaullistes, vous venez parfois de formations politiques dont la sensibilité n'était pas gaulliste, mais tous, comme une très grande majorité de Français aujourd'hui, nous voyons, en deux mots, la figure la plus éminente de notre XXe siècle, d'abord et avant tout parce qu'il était animé d'un amour passionné pour la France.

En ce début de XXIe siècle, nous sommes à nouveau fiers. Grâce au président de la République, grâce au gouvernement, grâce à notre ministre des Affaires étrangères, la voie de la France est entendue et attendue en Europe et dans le monde.

Mes amis, soyons fiers de tout cela, soyons fiers d'être engagés en politique.

Pour ma part, je ne ressens ce soir, au milieu de vous et grâce à vous, aucun sentiment d'amertume. J'ai eu jusqu'à présent, grâce à vous, une vie politique intense et enthousiasmante. Aujourd'hui je me sens en paix, plus en accord avec moi-même sans doute que je ne l'ai jamais été.

Je voudrais simplement vous demander de m'accompagner encore quelques mois, jusqu'à l'élection du prochain président de notre Union. Ce ne sera pas un chemin facile, mais plus nous serons unis, plus nous aurons de chance de réussir.

J'ai confiance en vous, vive la politique, vive le service des Français et vive l'amour de la France.

(Source http://www.u-m-p.org, le 16 février 2004)

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