Interviews de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, dans "Le Télégramme" et "Ouest-France" du 14 février 2004, sur la construction d'un deuxième porte-avions. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interviews de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, dans "Le Télégramme" et "Ouest-France" du 14 février 2004, sur la construction d'un deuxième porte-avions.

Personnalité, fonction : ALLIOT MARIE Michèle.

FRANCE. Ministre de la défense

ti : Interview dans "Le Télégramme" :

Le Télégramme : Quels sont les éléments qui, selon vous, ont été déterminants pour que le président de la République opte pour la propulsion classique ?

Michèle Alliot-Marie : Trois éléments ont déterminé la décision proposée au président de la République : les capacités opérationnelles d'un porte-avions à propulsion classique jusqu'en 2050, les possibilités de coopération avec la Grande-Bretagne et le coût total du programme.

Comment envisagez-vous la coopération avec les Britanniques ?

Plusieurs facteurs permettront la coopération : nos objectifs opérationnels sont semblables, les calendriers sont proches : nous en sommes pratiquement au même stade d'élaboration de nos projets.

Comme je l'ai dit à mon collègue Jeoffroy Hoon, notre perspective commune, immédiate, est de travailler activement sur ce dossier.

A quel coût évaluez-vous le porte-avions à propulsion classique s'il est franco-français ? S'il est franco-britannique ?

Il est trop tôt pour évaluer le coût d'un programme en coopération, ce sera également l'objet de nos discussions à venir. Il semble normal que la coopération nous permette des économies par rapport aux programmes nationaux.

Quel sera le rôle de DCN dans ce projet ? Quel sera le rôle de DCN Brest ? Quel sera le rôle de Thales ?

L'organisation industrielle du projet fera appel à l'expérience et aux compétences de tous les acteurs concernés parmi lesquels, bien entendu, DCN et Thalès. Un tel projet sera l'occasion de fédérer l'ensemble de nos savoir-faire.


(source http://www.defense.gouv.fr, le 20 février 2004)
Interview à Ouest-France :

Ouest France : Comme c'est actuellement le cas avec les deux bâtiments de commandement et de projection en construction, le nouveau porte-avions peut-il être construit, pour l'armement à la DCN de Brest, et pour la coque aux chantiers de Saint-Nazaire ?

Michèle Alliot-Marie : est un peu trop tôt pour répondre de façon précise à cette question, car il nous faut désormais mener des études complémentaires à partir du choix arrêté par le président de la République. Ce que je peux vous dire néanmoins, c'est que l'organisation industrielle à mettre en place devrait intégrer les acteurs industriels majeurs de notre secteur naval, tant au niveau de la maîtrise d'oeuvre industrielle d'ensemble qu'au niveau de la réalisation de la coque et des systèmes d'armes. Cette organisation devra également être ouverte à la coopération avec les Britanniques. Ce projet sera, en tout état de cause, l'occasion de réunir nos atouts.

Dans l'affirmative, quel pourrait être l'impact de cette construction sur l'emploi à Saint-Nazaire et à Brest ? Et quel serait le calendrier de la construction ?

La décision que vient de prendre le président de la République permet de notifier les premiers contrats d'études de définition avant la fin 2004. La notification du contrat principal interviendra avant fin 2006. Ce calendrier est conforme à la nécessité de rétablir au plus tôt la permanence du groupe aéronaval, qui avait été inscrite dans la loi de programmation militaire 2003-2008, il correspond à l'objectif de mise en service opérationnel du deuxième porte-avions avant la deuxième " indisponibilité programmée pour entretien et réparation " du Charles de Gaulle prévue vers 2015. Compte tenu de ce calendrier, vous comprendrez que je ne puisse pas chiffrer avec précision l'impact de cette construction sur l'emploi dans les bassins de Brest et Saint-Nazaire. Ce que je peux vous dire avec certitude, en revanche, c'est qu'un tel programme est bon pour l'emploi dans le secteur de l'industrie navale et de l'industrie navale militaire en particulier.

Comptez-vous, pour la construction de ce porte-avions, développer la collaboration franco-anglaise ?

Bien entendu. Comme l'a indiqué le président de la République, le choix effectué apporte, non seulement une réponse parfaitement adaptée aux besoins opérationnels des décennies à venir, mais ouvre les meilleures perspectives de coopération avec le Royaume-Uni. Les études que nous avons menées ont permis ainsi de mettre d'ores et déjà en évidence de nombreux domaines de convergence entre les besoins des deux marines, ainsi que de nombreuses voies de coopération. À ces domaines de convergence, qui seront examinés en commun avec nos partenaires, s'ajoute une volonté commune d'interopérabilité entre les marines française et britannique dans le cadre d'opérations menées au sein de l'Union européenne ou de l'Alliance atlantique.


(source http://www.defense.gouv.fr, le 20 février 2004)

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