Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie et entretien avec la RTV japonaise "NHK", sur l’ordre international et le multilatéralisme, Tokyo le 2 mars 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie et entretien avec la RTV japonaise "NHK", sur l’ordre international et le multilatéralisme, Tokyo le 2 mars 2004.

Personnalité, fonction : GALOUZEAU DE VILLEPIN Dominique.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie

Circonstances : Voyage de Dominique de Villepin au Japon, les 1er et 2 mars 2004

ti : (Déclaration de Dominique de Villepin lors d'un point de presse conjoint avec Mme Yoriko Kawaguchi, ministre japonaise des affaires étrangères, à Tokyo le 2 mars 2004) :

Je voudrais d'abord me féliciter de la très large convergence de vues qui existe entre nos deux pays sur l'ordre international et sur la nécessité de faire évoluer le multilatéralisme. J'ai dit à Mme Kawaguchi que nous soutenions les projets de réforme qui sont engagés par les Nations unies, en particulier l'approbation par le Secrétaire général Kofi Annan d'un Comité des sages visant à assurer la représentativité du Conseil de sécurité. Dans ce contexte vous le savez nous soutenons l'élargissement du nombre de membres permanents et en particulier nous soutenons la vocation du Japon à participer pleinement au Conseil de sécurité comme membre permanent. Nous voulons un Conseil de sécurité plus représentatif mais aussi plus efficace et c'est pour cela que nous soutenons un certain nombre de réformes ou d'aménagements indispensables comme la création d'une organisation mondiale de l'environnement, la création d'un véritable conseil de sécurité économique et social. Nous voulons encore doter le Conseil de sécurité de nouveaux outils comme un corps du désarmement ou un corps des Droits de l'Homme.

Outre l'exigence d'un multilatéralisme rénové, nous partageons la vision d'une approche déterminée des crises régionales. Qu'il s'agisse de la situation au Proche-Orient, où l'on voit bien la nécessité de reprendre l'initiative en faveur de la paix, qu'il s'agisse de l'Irak où nous soutenons l'idée d'un processus politique actif qui permettra la vraie réconciliation des Irakiens, sur toutes les crises il est important de chercher à aboutir. Nous ne pouvons pas accepter l'escalade de la violence. Je dois dire toute mon horreur devant les attentats qui se sont déroulés aujourd'hui à la fois à Kerbala et à Bagdad, frappant une communauté de ce pays, au moment même des commémorations de l'Achoura.

La priorité de la France, que nous partageons avec le Japon, c'est la nécessité que le processus politique puisse déboucher à la date fixée, le 30 juin, sur un retour à la souveraineté de l'Irak, mais il faut que ce processus, et la France veut insister sur ce point, soit le plus légitime possible. Nous avons besoin que ce gouvernement soit représentatif de l'Irak et puisse rassembler l'ensemble des communautés, puisse inclure l'ensemble des forces politiques qui renoncent à la violence.

Nous devons être mobilisés face aux grands défis de notre planète. Je pense bien sûr au terrorisme, je pense aussi aux questions de prolifération. Mobilisés, nous le sommes en Iran, avec nos partenaires, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'ensemble de la communauté internationale. Il faut avancer résolument dans la recherche d'un dialogue mené avec fermeté mais aussi avec le souci d'aboutir et de conclure aux règlements de telles crises.

Pour la Corée du Nord, nous soutenons l'approche des Six, nous soulignons l'importance que la Corée du Nord satisfasse pleinement à ses obligations vis-à-vis de la communauté internationale et, comme l'a dit Mme Kawaguchi, nous soutenons les demandes du Japon concernant les personnes enlevées, il s'agit de prendre en compte bien évidemment l'ensemble des questions douloureuses.

Nous pensons qu'il faut donner toutes ses chances au dialogue, mais avec le souci de prendre en compte l'urgence face à de telles crises. Il est donc important de faire en sorte que chaque jour davantage, par la négociation, on puisse aboutir.

Il faut se mobiliser dans la lutte contre le terrorisme, dans la lutte contre la prolifération, mais aussi pour la solidarité et tout particulièrement en Afrique où nous partageons la volonté de répondre au défi du développement. Nous saluons le rôle joué par le Japon dans la TICAD III qui a été un véritable succès. Nous souhaitons pouvoir travailler en liaison avec nos amis japonais, qu'il s'agisse de la préparation de la conférence pour le fleuve Niger ou en Côte d'Ivoire. Il y a, je crois, dans l'intérêt et la capacité acquis par le Japon en Afrique, une véritable chance supplémentaire pour la communauté internationale.

Au niveau bilatéral, nous attachons beaucoup d'importance à la définition du nouveau plan d'action pour les prochaines années. La France est aujourd'hui le deuxième investisseur étranger au Japon et c'est pour nous un enjeu très important. C'est aussi sur le plan politique un dialogue que nous voulons encore davantage développer, et inutile de vous dire que le président de la République souhaite très rapidement pouvoir se rendre lui-même au Japon.

Q - En ce qui concerne le partenariat nippo-français sur la reconstruction en Irak, y a-t-il des projets concrets ?

R - Ces considérations sont importantes parce qu'elles touchent à la coopération avec la société irakienne, à l'identité, au sentiment national irakien. Quand on parle de culture, de santé, de formation, il y a là des enjeux essentiels, et je crois que le fait que des pays comme le Japon, comme la France marquent tout l'intérêt qu'ils portent à ces projets très concrets pour le peuple irakien, c'est une manifestation de confiance dans l'avenir d'un Irak uni.

Q - La différence d'approche entre le Japon et France sur le projet ITER a-t-elle été réduite suite à votre entretien ?

R - Je crois que les choses bougent effectivement. Vous savez qu'il y a d'un côté un projet européen et que le site européen choisi est le site de Cadarache en France. D'un autre côté il y a en course un site japonais. Nous sommes actuellement, compte tenu du rapport de force sur la scène internationale, dans une situation de blocage. Que faut-il faire quand il y a un blocage ? Il faut se parler et travailler. Nous pensons que la solution est bien dans le dialogue et je crois que c'est l'intention de nos gouvernements, européens d'un côté, japonais de l'autre. Il faut avancer et c'est par le dialogue que nous pourrons trouver une solution.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 3 mars 2004)
(Entretien de Dominique de Villepin avec "NHK", à Tokyo le 2 mars 2004) :

(Traduit de l'anglais)

Q - Vous avez arrêté avec la ministre Kawaguchi la coopération franco-japonaise pour la reconstruction de l'Irak. Quels sont les domaines de la coopération ? Comment exprimez-vous l'importance de la coopération ?

R - C'est une coopération qui vise principalement la société civile irakienne. Je prends quelques exemples : la santé, la formation, la culture, le sport. Ce sont des domaines centraux pour l'affirmation de l'identité irakienne, pour le développement de la conscience nationale irakienne. Ce sont donc des sujets sur lesquels nous souhaitons joindre nos compétences, et je crois que c'est un signe évidemment très positif que le Japon et la France s'unissent pour essayer de mettre en place des programmes qui s'adressent directement à la société irakienne très durement éprouvée comme nous venons de le voir avec les tragiques attentats qui viennent de frapper à la fois Bagdad et Kerbala, avec de très nombreux morts, en cette journée de commémoration de l'Achoura. Il faut faire en sorte que l'unité et la souveraineté des Irakiens puissent être maintenus et affirmés, c'est au coeur de la politique française et je crois que, de ce point de vue, il est important que la communauté internationale respecte l'échéance qu'elle a fixée du 30 juin pour le retour de la souveraineté de l'Irak.

Q - Vous êtes l'homme qui façonne la diplomatie française et l'expose publiquement et nous serions très désireux de connaître le raisonnement qui oriente la diplomatie française. Tout d'abord, j'aimerais vous poser quelques questions sur la situation en Irak. La guerre a eu lieu, Saddam Hussein a été capturé et la reconstruction est engagée. Quelle est votre appréciation générale de la situation dans ce pays ?

R - Et bien, naturellement, la bonne nouvelle est que la communauté internationale s'emploie à essayer de trouver collectivement les bonnes solutions pour l'Irak mais il faut être réaliste, la situation en Irak est très délicate. Les attentats terroristes dont nous avons été informés aujourd'hui, à Kerbala et à Bagdad sont très importants et tragiques. Il faut lutter contre cette violence, contre le terrorisme, le terrorisme quotidien qui frappe en Irak. Du fait de cette violence, l'unité est indispensable. Mais fondamentalement, au coeur de tout processus de reconstruction en Irak, il y a un élément très important : la souveraineté de l'Irak. Nous ne pourrons pas obtenir d'équilibre en Irak si nous ne faisons pas en sorte que les Irakiens puissent prendre leur destin en mains. C'est très important. La communauté internationale a fixé l'échéance au 30 juin ; à la fin juin, l'Irak devrait recouvrer sa pleine souveraineté. Il est important de respecter cette date mais il est également important d'essayer de trouver le meilleur processus politique afin de nous assurer que cette souveraineté sera légitime. Pour cela, il faut veiller à ce que toutes les forces politiques qui renoncent à la violence puissent participer à ce nouveau gouvernement. C'est une tâche très difficile et il faut que nous conjuguions tous nos efforts pour veiller à ce que ce processus aille jusqu'à son terme. Il est important d'avoir une dynamique de tous les pays de la région et que la communauté internationale soutienne ce processus.

Q - Cependant, le processus politique... Les élections ont été reportées... Vous avez déclaré que les Nations unies étaient la seule institution internationale pouvant consacrer la légitimité du gouvernement irakien qui sera constitué. Les Nations unies jouent un rôle très limité dans l'aide à la reconstruction, pensez-vous que le processus politique fonctionne bien ?

R - Nous espérons que le rôle des Nations unies va s'améliorer et s'étendre car vous avez vu que lorsque nous étions dans une situation de blocage, à qui nous sommes-nous adressés ? Aux Nations unies. Les Nations unies ont envoyé une mission et maintenant, les Nations unies proposent un certain nombre de scénarios portant sur la possibilité d'élargir les organes existants en Irak pour avoir un gouvernement irakien pleinement souverain, ou de tenir une conférence nationale pour définir les modalités de mise en place de ce gouvernement irakien. Il nous faut choisir entre ces différents scénarios. Je pense que les Nations unies sont les seules à pouvoir conférer une existence pleinement légitime à ce gouvernement irakien. C'est une tâche très difficile, il faut bien admettre qu'après la guerre, nous devons partir du néant. Mais il y a un élément positif, à mon sens, je pense que dans chaque communauté il y a un désir de maintenir l'unité de l'Irak. Il faut faire en sorte que cette volonté se renforce. Bien sûr, les tensions sont très vives, et lorsque nous voyons des attentats terroristes tels que ceux d'aujourd'hui, cela peut nuire à la capacité de ces communautés à ¿uvrer ensemble. C'est là qu'il faut que tous les différents pays de la communauté internationale travaillent à faire en sorte que subsiste la confiance en l'avenir. Nous devons renforcer ce processus de confiance et les Nations unies sont l'élément clé de ce processus.

Q - Vous mettez l'accent sur l'unité et essayez de manifester votre confiance envers le peuple irakien. Mais vous avez également déclaré qu'il n'était pas utile que la France envoie des soldats en Irak pour le moment. Pourquoi ne contribuez-vous pas à une sécurité accrue en Irak en ce moment ?

R - Parce qu'il faut admettre une réalité importante du monde actuel. Si vous voulez plus de sécurité dans une crise comme celle de l'Irak ou du Proche-Orient, il faut trouver une solution politique aux problèmes de ces régions. Il n'y aura pas plus de sécurité au Moyen-Orient si l'on se contente simplement d'envoyer plus de soldats, il faut donner de l'espoir aux peuples de cette région. Pour leur insuffler de l'espoir, il faut leur montrer que le processus politique va pouvoir changer leur vie. Le premier élément, si vous voulez que la sécurité règne en Irak, est de rendre leur souveraineté aux Irakiens. C'est la première étape.

Q - Sous occupation américaine, ce n'est pas possible ?

R - C'est impossible. Comment pouvez-vous avoir la sécurité dans un pays occupé ? Vous aurez bien sûr de nombreuses forces de résistance, vous aurez des nationalistes, des islamistes, vous aurez des terroristes, qui se ligueront et lutteront contre cette situation. La première étape est de redonner le pouvoir, la souveraineté, aux Irakiens. Bien sûr, c'est un défi difficile mais nous devons le relever après la guerre afin de reconstruire l'Irak. La première étape est la reconstruction politique, la sécurité est liée à cette capacité politique des Irakiens à prendre en main leur destinée.

Q - Donc, la sécurité, en envoyant des soldats, n'apporte pas la sécurité ?

R - Absolument pas. Très souvent, les politiques de sécurité apportent encore plus d'insécurité si elles ne sont pas associées à une stratégie politique. Avons-nous plus de sécurité en Palestine ? Non ! Pourquoi ? Parce que nous n'avons pas de processus politique, nous n'avons pas d'espoir. Si vous voulez insuffler de l'espoir aux peuples de cette région, il faut la justice et la justice est indivisible, vous ne pouvez pas avoir une sorte de justice pour l'Irak et une autre sorte de justice pour la Palestine. La justice est indivisible. Par conséquent, il faut donner de l'espoir à ce peuple. Il faut lui manifester du respect, il faut lui donner un avenir et des perspectives. Cela suppose la souveraineté. La souveraineté est la clé. C'est la clé en Irak, c'est la clé en Palestine.

Q - Quels risques envisagez-vous ? Si la sécurité ne peut assurer l'ordre, quels sont les risques, quels sont les problèmes que pourrait entraîner une sécurité excessive dans un pays comme l'Irak ?

R - Le premier est que vous pouvez vous placer dans une situation où vous risquez de susciter plus de résistance, de résistance nationale. C'est un facteur culturel, nous vivons dans un monde ou l'identité est essentielle. Si vous faites usage de la force dans une telle situation, vous allez créer des mouvements d'opposition à la force que vous utilisez, une résistance. Vous pouvez aussi créer une autre forme d'antagonisme, par exemple une mobilisation islamique, une mobilisation terroriste, c'est la raison pour laquelle la force aujourd'hui, ce ne sont pas seulement les capacités technologiques, militaires ou économiques. C'est aussi l'identité, la religion, la culture. Il faut prendre cela en compte. Ceux qui n'ont aucune raison de croire en l'avenir, comment vivent-ils, comment se définissent-ils ? Ils se définissent eux-mêmes par opposition à tout type de pouvoir qui est, selon eux, hostile à leur propre identité. C'est pourquoi nous devons prendre cela en compte. Le monde n'est pas noir ou blanc, le monde a besoin d'espoir et il nous faut comprendre ce que ressentent ces gens. Nous devons aller jusqu'aux racines du terrorisme, où parfois, il n'y a que des gens qui veulent attaquer le monde entier. Parfois aussi, certains sont désireux d'avoir de l'espoir pour eux-mêmes. Il faut comprendre cela si l'on veut faire la différence entre le terrorisme professionnel - les gens qui rejettent notre conception de l'ordre international - et ceux qui sont seulement frustrés, humiliés ou désespérés.

Q - Si vous étiez une grande puissance militaire et aussi très puissant sur le plan économique et technologique, votre perception de la menace ou votre perception de l'efficacité de la puissance serait peut-être différente.

R - Non, parce que même si vous êtes le pays le plus puissant du monde, vous avez la capacité de gagner une guerre, vous n'avez pas la capacité de gagner la paix. Nous l'avons dit avant la guerre en Irak. Et nous sommes convaincus que pour faire la paix, il faut deux conditions dans la communauté internationale : l'unité et la légitimité. Nous devons agir ensemble, Américains, Européens, Asiatiques, ensemble pour faire la paix, il le faut, mais il nous faut aussi un instrument qui soit représentatif de notre entière légitimité, ce sont les Nations unies. Parce que parfois, par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre, vous pouvez obtenir des choses que vous n'auriez pas obtenues seul. Lorsqu'on est trop puissant, il est très difficile de demander à celui qui se trouve en face de vous de vous donner quelque chose. Si vous demandez à l'un de vos amis : "Demande-lui", il l'obtiendra pour vous parce qu'il n'y a pas de rapport de forces, cela fait partie du domaine de la psychologie. C'est vrai au niveau d'une vie individuelle, c'est également vrai dans la vie collective.

Q - Les néo-conservateurs aux Etats-Unis ont dit que comme la puissance militaire des pays européens a décliné, ils sont moins enclins à recourir à la force. Que répondez-vous à cela ?

R - Non. Il n'y a pas d'un côté la puissance et de l'autre la faiblesse. Je devrais dire d'un côté la puissance et de l'autre la sagesse. Vous pouvez avoir la puissance et la sagesse, vous pouvez avoir la puissance sans la sagesse mais ce qu'il faut c'est combiner les deux : puissance et sagesse. C'est l'histoire de l'humanité. Nous avons besoin les uns des autres, en tant qu'Européens, nous avons besoin de votre expérience à vous, Japonais. Les Américains, nous avons besoin de leur force, nous avons besoin de leur expérience, ils ont un tel enthousiasme, ils ont la passion, mais ils ont aussi besoin de notre propre expérience, de notre propre passion, c'est tout cela ensemble qui rend le monde plus sûr. Nous devrions oeuvrer ensemble, c'est la clé. Personne n'est le seul à détenir la clé. Tel est le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. Un monde d'interdépendance, un monde de complexité, un monde de peur et de danger. Vous voyez, avant 1989, avant la chute du Mur de Berlin, il y avait deux blocs - certains peuvent penser que c'était le bon vieux temps -, Est et Ouest, et vous aviez la dissuasion au milieu comme mécanisme d'équilibre. Aujourd'hui, il n'y a plus de blocs, nous devons trouver nous-mêmes la capacité de réorganiser ce monde, nous devons placer les Nations unies au centre, nous devons placer au centre ce qu'il y a de meilleur en chacun de nous. Les Nations unies rassemblent nos idéaux, nos objectifs, nos capacités, donnons aux Nations unies le meilleur de nous-mêmes afin que tous jouissent d'un monde plus sûr.

Q - Donc, vous dites que le monde unilatéral est un monde très dangereux ?

R - Tout d'abord, un monde unilatéral est un monde impossible. Nous vivons dans un monde multilatéral. Vous voyez qu'il y a l'Europe, l'Asie, l'Amérique du Sud, ces peuples veulent maîtriser leur propre destinée. Aucun pays ne peut diriger le monde tout seul. C'est la réalité. On pense peut-être que l'on peut faire la guerre en Irak mais comment va-t-on trouver un règlement de paix ? Bien sûr, on peut gagner la guerre mais comment va-t-on résoudre la crise ? Nous avons besoin les uns des autres et il nous faut travailler ensemble, donc, oublions le passé. Voyons comment nous pouvons reconstruire l'Irak tous ensemble mais la France dit ceci : si vous voulez reconstruire l'Irak, n'oubliez pas qu'au centre, il faut placer le peuple irakien lui-même. C'est pour les Irakiens que nous devrions agir, que nous devrions travailler, n'oubliez jamais que le peuple irakien a été traumatisé par l'histoire, par les dernières décennies. Nous devons lui offrir un certain nombre d'options mais c'est à lui de choisir.

Q - Quelle est la leçon à tirer du débat aux Nations unies l'an dernier ?

R - La leçon, très forte, est que nous avons besoin des Nations unies. Certains à l'époque ont pensé : "C'est la fin des Nations unies". A l'époque, j'ai dit : "non, si les Nations unies restent fidèles à leurs principes, non seulement elles dureront, mais elles seront au centre de la communauté internationale". Aujourd'hui, nous sommes confrontés à une situation très grave et épineuse. A qui demandons-nous de l'aide ? Aux Nations unies. En Haïti, à qui l'Amérique, la France, l'Europe et l'Amérique du Sud demandent-elles de trouver une solution ? Aux Nations unies. Nous avons besoin des Nations unies. Parce qu'unité veut dire plus de légitimité. Plus de légitimité conférée par les Nations unies veut dire plus d'efficacité. C'est très clair et très simple.

Q - Parfois, vous avez des pays comme ceux que le président Bush qualifie d'Etats "voyous", des dictatures qui abritent des terroristes. Parfois, vous ne pouvez pas vous en remettre à un processus politique lent pour régler le problème à l'échelle multilatérale.

R - Pourquoi lent ?

Q - Il faut du temps pour mener des discussions.

R - En septembre 2003, nous avons décidé d'adopter la résolution 1441. Nous avons décidé à l'unanimité de tout le processus. En quelques mois, nous avons obtenu beaucoup de résultats avec les inspecteurs. A un moment, nous avons décidé d'arrêter le processus. Nous aurions pu attendre un mois, deux mois de plus, nous aurions pu maintenir l'unité de la communauté internationale. Mais c'est le passé, je ne veux pas en parler.

Prenez la Corée du Nord, une affaire qui nous intéresse tous. Parce que c'est la prolifération qui est l'un des plus gros problèmes du monde actuel. Avec les Européens, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France, nous travaillons tous ensemble afin de tenter de régler la situation iranienne. Nous travaillons intensément au niveau ministériel, les ministres eux-mêmes. Nous sommes allés à Téhéran pour tenter de trouver une solution, nous étions résolus à trouver une solution. Nous obtenons des progrès. Nous le ferons, nous l'avons fait et nous le referons encore au besoin. Je pense qu'il est important de prendre des risques pour régler les problèmes. Le risque est d'aller au plus haut niveau possible. Nous avons proposé, le président Chirac a proposé, d'avoir un sommet sur la non-prolifération aux Nations unies au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement. Les Etats-Unis ont proposé une résolution contre la prolifération. Nous pensons que nous avons besoin des meilleurs instruments possibles. Il faut que la communauté internationale oeuvre au plus haut niveau possible. Pour la Corée du Nord, cinq pays tentent de trouver une solution avec la Corée du Nord. Il est bien sûr important d'avoir un dialogue mais il faut transformer ce dialogue en réponses, en un règlement concret et j'ai la conviction, la très ferme conviction que c'est une nécessité urgente dans le monde. Il est préférable de ne pas attendre demain pour trouver des solutions, il vaudrait mieux trouver aujourd'hui des solutions aux problèmes du monde car nul ne sait de quoi demain sera fait. Et il vaut mieux employer l'énergie, les moyens de la communauté internationale, pour faire face à ces problèmes.

Q - Les Nations unies sont-elles prêtes à relever ce défi ? Sont-elles suffisamment équipées ?

R - Utilisons les moyens de la communauté internationale. En Iran, plusieurs pays travaillent nuit et jour à la recherche d'une solution. En Corée du Nord, cinq pays collaborent avec la Corée du Nord, il faut que ces pays s'emploient jour et nuit durant les semaines et les mois à venir à trouver une solution. En Libye, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont travaillé à trouver une solution. Si vous êtes déterminés à agir, vous trouverez une solution. Je suis convaincu que dans chaque crise, on a bien plus de marge de manoeuvre que l'on ne pense mais n'attendons pas, ne mélangeons pas idéologie et réalité. Il faut s'en tenir aux principes mais l'idéologie est une chose et les principes en sont une autre. Les principes et le pragmatisme, le sentiment d'urgence, l'engagement, l'impératif de se conformer aux règles démocratiques. Tout cela est nécessaire et je pense que nous vivrons dans un monde meilleur si nous mettons tout cela en pratique. Nous ressentons le même sentiment d'urgence que les Etats-Unis, c'est pourquoi nous avons pu trouver une première ébauche de solution à la crise en Haïti, nous étions résolus à alléger les souffrances du peuple haïtien. Bien sûr, c'est une oeuvre de longue haleine, nous avons maintenant besoin des Nations unies pour accompagner ce processus, nous devons trouver des solutions à long terme, nous devons trouver un gouvernement de réconciliation en Haïti, c'est un processus long mais si nous nous engageons, tous ensemble, nous trouverons une solution. C'est pourquoi nous partageons le désir du Japon d'oeuvrer en faveur du multilatéralisme, d'une nouvelle gouvernance mondiale. Nous voulons tous deux une réforme des Nations unies. Nous pensons que le Conseil de sécurité doit être plus représentatif et que le Japon devrait en faire partie en tant que membre permanent. Nous allons vivre dans un monde meilleur et plus sûr. Nous estimons aussi que nous devrions avoir des organes plus efficaces, c'est pourquoi nous avons déclaré qu'il nous fallait un nouvel organe chargé de l'environnement et une nouvelle organisation pour l'environnement. Il nous faut un nouveau Conseil de sécurité pour les réformes économiques et sociales, il nous faut un centre pour le désarmement, un centre pour les Droits de l'Homme. Nous pourrions alors agir bien plus facilement que jusqu'à présent.

Q - De multiples réformes sont donc nécessaires aux Nations unies.

R - Absolument. Mais c'est possible. Pourquoi devrions-nous attendre 3, 4 ou 5 ans pour le faire ? Nous pouvons le faire à bref délai, nous vivons une époque où il est possible d'obtenir très rapidement des résultats si nous sommes résolus à oeuvrer pour. Par conséquent, que nos diplomates travaillent d'arrache-pied et nous obtiendrons un monde meilleur.
Q - De quelle manière comptez-vous améliorer le fonctionnement des Nations unies ?

R - J'ai mentionné certains exemples... Le fait que le Conseil de sécurité devrait être plus représentatif, je pense, est un élément qui va donner plus d'efficacité aux Nations unies. Le fait d'avoir de nouveaux instruments comme un centre de désarmement, ou un centre des Droits de l'Homme va doter les Nations unies d'un oeil qui lui permettra de voir ce qui se passe lors de crises très délicates et de situations extrêmement difficiles dans des pays très éloignés. Si vous avez les moyens de savoir ce qui se passe en matière de Droits de l'Homme ou de prolifération dans des pays très difficiles, cela vous permet de savoir les mesures qu'il faut prendre pour remédier à la situation. Cela donnera une efficacité au processus multilatéral. C'est pourquoi je pense que nous avons besoin de réformes et que nous devrions soutenir la décision de Kofi Annan que cette commission de réforme fasse appel à toute l'expérience des différents peuples du monde. Je pense que ce sera très utile à la communauté internationale.

Q - Vous avez dit que le monde est engagé dans une course de vitesse entre les forces de l'ordre et les forces du désordre. Quelles types de destructions, quels types de dangers prévoyez-vous?

R - Prenons un exemple : le terrorisme. Nous sommes à une nouvelle ère du terrorisme. Le terrorisme que nous connaissons, je dirais depuis des siècles, était... Nous avons connu le terrorisme politique, nous avons connu le terrorisme intellectuel et philosophique, le nihilisme. Actuellement, nous sommes confrontés à un terrorisme qui est à la fois un terrorisme local, pour des raisons très concrètes et spécifiques, qui prend racine dans une région bien précise et nous sommes aussi confrontés à un terrorisme planétaire, qui est résolu à mener une guerre totale contre le monde occidental par exemple. Ces deux forces, le terrorisme local et le terrorisme planétaire, oeuvrent ensemble, elles sont liées. Le terrorisme actuel est très opportuniste. Il saisit toutes les occasions qui s'offrent à lui, il utilise des instruments différents. Il peut utiliser des instruments très archaïques, - un jour un couteau -, ou des ordinateurs, il peut utiliser des avions et des technologies nouvelles. Nous sommes confrontés à un risque très délicat et il est très difficile d'anticiper notre réponse. C'est pourquoi il nous faut nous coordonner, harmoniser la réponse, tant au niveau de la police que de la justice, dans le domaine du renseignement, des services secrets, de la coordination politique, financière et disposer des moyens de savoir quels pays ou quels groupes blanchissent de l'argent. Tous ces différents instruments, nous les mettons en commun afin de savoir cela à l'avance et de l'anticiper. Les terroristes ont la capacité d'attaquer et de frapper partout dans le monde, c'est pour cela que c'est un monde dangereux et qu'il nous faut plus d'unité et plus de moyens ainsi qu'un monde plus coordonné.

Q - J'aimerais connaître votre conception de l'usage de la force. Je ne pense pas que la France exclue de recourir à la force pour régler des crises.

R - Bien sûr, recourir à la force implique de se mettre d'accord sur un certain nombre de règles et de principes. Les règles sont très claires aux Nations unies. A chaque fois que la communauté internationale décide de recourir à la force et qu'il n'y a aucune autre alternative, - c'est exactement ce que nous avons dit lors de la crise irakienne -, dans ce cas, bien sûr, nous devons prendre nos responsabilités. Nous l'avons fait en Afghanistan. Toute la communauté internationale a décidé de frapper le régime des Taleban après le 11 septembre. La France en faisait partie, nous avons envoyé des troupes, nous avons encore 700 soldats en Afghanistan. Nous avons 5.000 soldats en Bosnie. Nous avons 4.000 soldats en Côte d'Ivoire. Par conséquent, nous sommes résolus à faire usage de la force lorsque cela est nécessaire, sous mandat des Nations unies, et à chaque fois qu'il n'y a pas d'autre moyen d'agir. Haïti est très important. Pourquoi ? Parce que l'usage de la force peut produire l'effet exactement inverse, un effet que vous ne souhaitiez pas, si vous ne l'utilisez pas avec beaucoup de sélectivité. Il faut faire preuve de beaucoup de prudence. Parce que dans ce cas, vous allez provoquer une résistance, puis vous allez provoquer une humiliation. Puis vous allez provoquer un ressentiment. Il faut se garder de recourir à la force lorsque ce n'est pas nécessaire parce que sinon, la réponse sera la violence et le terrorisme.

Q - Hier, à Fukuoka, vous avez évoqué deux dangers. L'un est l'uniformité, le risque que le monde ne s'uniformise, et l'autre qu'il pourrait y avoir moins de tolérance à l'égard de la diversité des identités. Je ne sais pas, mais comme je le lis en japonais, peut-être que ma traduction est mauvaise¿ mais aujourd'hui, pouvez-vous expliciter ces dangers ?

R - Au c¿ur de nos préoccupations, il y a le fait que nous devrions respecter l'identité des pays. C'est pourquoi nous défendons cette idée et sommes aux côtés de nos amis japonais dans ce combat. Nous respectons la diversité des pays, la diversité est bonne lorsqu'il y a respect et tolérance. Lorsqu'on a la capacité d'écouter l'autre, on s'enrichit toujours en écoutant quelqu'un qui a une expérience différente et qui est prêt à la partager avec vous. Je pense que le fait que le Japon ait une culture riche et importante est un élément de stabilité qu'il faut partager dans le monde actuel. Nous avons tant d'amis qui vivent dans des pays différents, nous avons besoin de ces différences pour être créatifs et positifs et nous avons besoin que tous ces pays différents soient résolus à utiliser ces expériences pour défendre leur propre vision personnelle. La culture est très importante parce que si vous ne respectez pas la culture, vous obtenez l'uniformité. Et l'uniformité est dangereuse, elle crée une sorte d'amnésie dans le monde. Il faut toujours se souvenir des leçons de l'histoire. Vous voyez, la France a une histoire commune avec l'Europe. Nous, Français, nous sommes battus pendant des siècles contre l'Allemagne, et aujourd'hui, l'Allemagne est notre meilleure amie. Pourquoi ? Parce qu'après la Seconde Guerre mondiale, nous avons décidé que les choses allaient changer. Comment avons-nous réalisé cela ? Nous avons pensé que le meilleur moyen était de créer un lien profond entre la France et l'Allemagne à travers un projet économique. Nous allions coopérer dans le cadre de ce projet économique. Et en regroupant toutes nos forces, nous allions alors changer la vision que nous avions les uns des autres. Nous essayons de créer ce changement chez les jeunes Allemands qui viennent en France et les jeunes Français qui vont en Allemagne. Nous essayons de nous comprendre mutuellement. Et aujourd'hui, nous sommes complètement liés et nous avons une vision très proche de l'avenir. Nous voulons collaborer, nous entendre. A chaque fois qu'il y a un problème entre l'Allemagne et la France, nous nous demandons mutuellement de faire une moitié du chemin. Et nous nous retrouvons toujours. C'est à mon sens une bonne leçon. C'est très intéressant à voir, c'est quelque chose qui se passe en Europe. Cela peut donc se passer ailleurs. La leçon de l'Europe est que vous êtes toujours plus fort lorsque vous perdez votre capacité régionale, lorsque vos voisins partagent avec vous ce qu'ils ont en commun et partagent aussi ce qui les différencie, lorsqu'ils sont désireux d'envisager l'avenir ensemble. Je pense qu'il est très important d'utiliser cette énergie, d'utiliser ces moyens afin de rendre le monde plus sûr.

Q - Certains vous qualifient de successeur de de Gaulle.

R - Je suis un grand admirateur du président de Gaulle.

Q - Que pensez-vous de cette remarque ?

R - Je pense qu'il est très important d'essayer de comprendre ce qui fait l'identité d'un pays. L'idéal du général de Gaulle était de tenter de fixer des objectifs pour la France en se plaçant au-dessus de tous les partis, au-dessus de tous les différents groupes, d'essayer de voir ce qu'était la nature essentielle de notre pays. Et je pense qu'il avait compris que la France était un pays qui avait été profondément transformé par la Révolution française. La liberté, les grands idéaux, la grande fraternité, l'égalité, tels sont les fondements de notre pays. Et essayer de faire vivre ces idéaux, pas seulement dans notre pays, mais en Europe et dans le monde, est à mon sens un grand défi. Bien sûr, je n'essaie pas de ressembler au général de Gaulle mais il est très important selon moi d'essayer d'assurer la continuité. Parce que nous sommes les dépositaires de ce message. Il est important que les gens agissent et soient fidèles à cet idéal. Mon ambition est seulement de servir cet idéal, la fraternité, la liberté, l'égalité. Je pense que nous avons grand besoin de faire vivre cet idéal dans le monde actuel.

Q - A propos de la question nucléaire, et la France est un pays nucléaire, est-ce important pour le gouvernement français? Et la diplomatie française ?

R - Bien sûr que cela a une certaine signification. Mais je pense que le plus important aujourd'hui n'est pas tant d'être ou non une force nucléaire. L'important est d'oeuvrer d'arrache-pied pour ce en quoi vous croyez : la paix, la lutte contre les grands défis de notre monde, la pauvreté, la maladie. Nos deux pays coopèrent en Afrique et nous saluons et soutenons ce que fait le Japon pour le développement en Afrique. C'est un grand succès et je pense qu'il est absolument admirable de voir à quel point les Japonais ont la volonté d'apporter leur aide et d'exprimer leur solidarité à tous les peuples africains. La France oeuvre aussi depuis longtemps en faveur de l'Afrique. Je pense que nous devons prendre conscience que l'Afrique est frappée par le sida, que des milliers de personnes meurent chaque jour et qu'aujourd'hui, nous disposons des médicaments permettant de remédier à cette maladie et qu'il est incroyable que nous ne puissions pas fournir ces médicaments à ces personnes. La solidarité est un facteur important et aujourd'hui, nul ne devrait mourir de faim et pourtant, des gens meurent effectivement de faim. Je pense que ce sont des raisons très importantes de lutter pour un monde nouveau et je pense que le fait que des pays comme le Japon, comme la France, soient résolus à faire de leur mieux pour changer le monde est très encourageant et très positif.

Q - Monsieur le Ministre, deux dernières questions. La première pour vous demander votre définition d'un bon partenaire et ce qui fait une très bonne alliance?

R - Un bon partenaire est comme un bon ami, un bon ami est quelqu'un auquel on dit toujours la vérité, même si c'est difficile. C'est quelqu'un sur qui vous pouvez compter pour vous dire si vous avez raison ou tort et qui est résolu à s'en tenir toujours à la même ligne, aux objectifs essentiels, qui est déterminé à trouver la bonne voie. La France est un allié fiable, c'est une bonne amie. Parfois, vous devez dire des choses difficiles à vos amis, comme pour cette situation en Irak, mais nous luttons énergiquement contre le terrorisme, nous nous employons activement à trouver des solutions aux crises graves et après la guerre, nous étions déterminés à oeuvrer de concert avec la communauté internationale et avec les Etats-Unis. Nous travaillons aujourd'hui d'arrache-pied à trouver la meilleure solution pour l'Irak. Je pense que c'est cela, les bons amis, dans le monde d'aujourd'hui qui est différent de celui de la guerre froide et de nos jours, un bon ami est quelqu'un qui aide toujours à trouver la meilleure solution.

Q - Vous êtes historien, poète, vous croyez au pouvoir des mots. En tant que diplomate, quel est à votre avis l'instrument le plus puissant?

R - Je pense que nous vivons dans un monde où il faut des actes et des résultats mais pour avoir les actes et les résultats, il faut des gens qui soutiennent notre action. Le premier élément de la démocratie est d'avoir des gens qui travaillent à nos côtés. La diplomatie a besoin du soutien de notre peuple, nous l'avons vu durant la guerre en Irak, nous le voyons chaque jour lorsque nous affrontons des défis graves et que nous avons besoin de soutien. Par conséquent, il nous faut expliquer, les mots sont donc très importants pour créer cette conscience mondiale qui, selon moi, est une note d'espoir pour l'avenir. Nous avons besoin d'une conscience mondiale, nous avons besoin que chacun nous aide à trouver les bonnes réponses. Pour cela, il nous faut des mots, il nous faut des actes, il nous faut des résultats. Pour avoir tout cela, il nous faut un dialogue très fort et une capacité très forte et très active de coopérer.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 12 mars 2004)

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