Déclaration de M. Christian Jacob, ministre délégué à la famille, sur les travaux préparatoires à la Conférence de la famille 2004 et les pistes de réflexion ainsi dégagées, Paris le 17 mars 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Jacob, ministre délégué à la famille, sur les travaux préparatoires à la Conférence de la famille 2004 et les pistes de réflexion ainsi dégagées, Paris le 17 mars 2004.

Personnalité, fonction : JACOB Christian.

FRANCE. Ministre délégué à la famille

Circonstances : Remise des propositions des groupes de travail préparatoires à la Conférence de la famille 2004

ti : Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,


La présentation des rapports que vous venez d'entendre illustre l'importance du travail fourni par chacun et chacune d'entre vous. Mes premiers mots seront donc pour vous remercier de votre engagement, de votre assiduité aux travaux et de la qualité de vos réflexions.

Permettez-moi d'adresser des remerciements particuliers en votre nom à nos présidents et rapporteurs pour la qualité de l'animation des réunions et pour leur souci de faire en sorte que dans un temps relativement limité le plus grand nombre puisse s'exprimer ou apporter une contribution.

Mais avant de vous livrer mes premières réactions, je souhaite m'attarder quelques instants sur la méthode de travail.

Le coup d'envoi en quelque sorte de la réflexion autour de l'adolescence a été donné le 18 octobre 2003 au grand amphi de la Sorbonne.

Les "rencontres nationales de l'adolescence" ont réuni plus de 500 personnes appartenant aux horizons les plus divers, dont une centaine d'ados, et avaient pour objectif de procéder à un état des lieux, d'établir un diagnostic commun afin de déterminer les axes de travail.

Ceux-ci ont permis l'installation le 12 novembre 2003 avec Jean-François MATTEI, Luc FERRY, et Xavier DARCOS des trois groupes de travail préparatoires à la conférence de la famille.

Le groupe de travail " Engagement personnel, Engagements collectifs " présidé par M. LONGUET, assisté de M. DELEU, s'est réuni 13 fois, a procédé à 41 auditions et reçu 23 contributions.

Le groupe de travail " santé, adolescence et famille ", présidé par M. RUFO, qui avait en outre la mission particulière de coordonner les travaux des trois groupes, assisté de M. JOYEUX, s'est réuni également 13 fois, a procédé à 79 auditions et reçu 35 contributions.

Le groupe de travail " adolescence, famille, loisirs " présidé par M. de BROISSIA assisté de M. MECHERI, s'est réuni lui aussi 13 fois, a procédé à 31 auditions et reçu 29 contributions.

En complément des travaux des groupes, Dominique de LEGGE, Délégué interministériel à la famille, a rencontré à son initiative ou à leur demande de nombreuses personnalités, associations et organes consultatifs.

Ainsi, depuis le 12 novembre 2003 ce sont plus de 50 réunions qui se sont tenues avec l'audition de près de 200 personnalités et la réception d'une centaine de contributions.

Par ailleurs des collégiens et lycéens ont participé régulièrement aux séances de travail dans le cadre d'un partenariat avec le groupe scolaire Rabelais de Meudon, ainsi que quelques jeunes du comité consultatif du défenseur des enfants, Mme BRISSET, ici présente.

Comme nous souhaitions associer le maximum de participants à la réflexion, et notamment des adolescents eux-mêmes, j'ai mis en place un forum de discussion sur Internet où tout le monde pouvait s'exprimer ou prendre connaissance des travaux. 17162 personnes ont visité le site et 410 d'entre elles ont laissé un message ou une contribution.

Enfin, le 9 février en compagnie de Marcel RUFO et de Yannick NOAH j'ai pu dialoguer en direct avec 515 internautes, dont la plus part étaient des jeunes, à la faveur d'un "chat" en partenariat avec NRJ.

En ce qui me concerne je serais tenté de faire trois constats.

1. L'adolescence n'est pas une maladie.

2. Le temps de l'adolescence à tendance à s'allonger en débutant de plus en plus tôt (phénomène "Lolita") et en se terminant de plus en plus tard (phénomène "Tanguy").

3. La transmission, des savoirs, des valeurs, n'est plus le fait des seules familles et de l'école; les médias, sous leurs diverses formes, influent sur la personnalité et suggèrent des modèles, tandis que la découverte du monde du travail dans ses aspects formateurs intervient de plus en plus tardivement.

S'agissant maintenant des propositions que vous avez formulées je suis particulièrement frappé par leur grande cohérence.

Bien évidemment, il m'appartient maintenant de m'en saisir, de faire travailler mes services, de lancer tout à la fois des discussions interministérielles et une concertation avec les partenaires sociaux et familiaux, et, in fine, de soumettre des mesures à l'arbitrage du Premier Ministre.

A ce stade, et sans que cela préjuge des décisions qui seront arrêtées par le chef du gouvernement, je distingue plusieurs axes essentiels qui me paraissent répondre au mieux aux attentes des adolescents telles que je les ai perçues ces derniers mois lors de mes déplacements :

- Un besoin d'engagement et de reconnaissance: c'est tout le sens des propositions relatives aux stages, aux jobs d'été, au droit d'association des mineurs et au "bulletin de l'expérience";

- Une meilleure prise en compte des questions de santé, une meilleure écoute des problèmes spécifiques qui peuvent toucher certains adolescents: les propositions en ce sens comme les bilans de santé plus fréquents, mieux encadrés, des campagnes de sensibilisation renforcées et bien sûr la création de maisons ou de pôles d'accueil pour les adolescents, me semblent constituer la voie à suivre;

- Un accès plus facile à la culture, aux sports, aux transports, notamment pour l'étranger me semble possible avec la création d'une sorte de "passeport loisirs" accessible à tous les jeunes;

- Le resserrement des liens entre les générations, qui correspond aussi à une forte attente des jeunes est pour moi indispensable. A ce titre les mesures visant d'une part à faciliter l'hébergement d'ados dans des familles d'accueil comme celles permettant la création de "jeunes médiateurs d'Internet" sont deux pistes très prometteuses.


Vous le voyez, ces quelques mois de travail ont été particulièrement fructueux et ce sont réellement de vraies mesures, concrètes et novatrices, qui sont nous sont soumises aujourd'hui.

Certaines pourront d'ailleurs être expérimentées localement car elles ne nécessitent pas une intervention de l'Etat.

Certaines apparaîtront comme plus prioritaires que d'autres. Nous aurons l'occasion d'en débattre.

En conclusion, j'estime que les propositions contenues dans les rapports ont toutes en commun de vouloir donner aux familles plus de moyens pour assumer leurs responsabilités éducatives et aux adolescents plus de possibilités pour être acteurs de leur propre épanouissement.


Je vous remercie de votre attention.



(source http://www.famille.gouv.fr, le 18 mars 2004)

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