Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur la nécessité d'une politique de recherche pour promouvoir les transports au 21ème siècle, Paris le 8 avril 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur la nécessité d'une politique de recherche pour promouvoir les transports au 21ème siècle, Paris le 8 avril 2004.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président;FRANCE. UMP

Circonstances : Message de M. Christian Poncelet, président du Sénat, prononcé par M. René Trégouët, à l'occasion du colloque du groupe de prospective du Sénat "Les transports au XXIème siècle : enjeux, innovations, choix et financements", à Paris le 8 avril 2004

ti : Monsieur le Président,
Messieurs les Parlementaires,
Mesdames, Messieurs,


Permettez-moi tout d'abord de vous dire le regret qui est le mien de ne pas être parmi vous aujourd'hui, pour cette rencontre consacrée aux transports au XXIème siècle qui s'annonce aussi passionnante qu'essentielle.

Avant d'entrer de " plain pied " dans le vif du sujet qui vous réunit aujourd'hui, je voudrais adresser mes sincères félicitations au groupe de prospective du Sénat qui, fidèle à son ambition originelle, contribue, une nouvelle fois, à faire du Sénat un éclaireur avisé du futur.

Mes chers amis, vous l'avez compris, le Sénat reste une force de proposition et un laboratoire d'idées au service de la République, en phase avec les attentes de nos concitoyens et l'évolution de notre société.

Le thème retenu aujourd'hui, " les transports au XXIème siècle : enjeux, innovations, choix et financements", traduit bien votre ambition : appréhender les défis de demain, de manière pragmatique et déterminée, pour mieux anticiper les choix stratégiques nécessaires face à un trafic qui connaît, dans les airs comme sur les mers et sur terre, une croissance exponentielle.

Sans revenir sur une actualité encore brûlante, je veux vous dire combien je crois qu'il n'est pas de " nouvel horizon " pour les transports sans politique de recherche volontaire et ambitieuse.

Comme vous le savez, l'innovation constitue un puissant levier d'action en faveur du développement. Et aujourd'hui, cette innovation doit être repensée dans le cadre d'un développement " maîtrisé " des infrastructures, c'est-à-dire d'un " développement durable ", seul à même d'anticiper et d'intégrer le coût social du développement économique, indispensable au progrès humain.

Les nouvelles technologies de l'information et de la communication, notamment, illustrent, à mon sens, tout le potentiel d'une politique de recherche volontariste. Leur essor a, en effet, pleinement contribué au renforcement de la sécurité des infrastructures et autres équipements aériens, maritimes, ferroviaires et routiers.

Si je reste persuadé que cette " recherche-développement " doit être le fait de chaque entreprise, je n'en suis pas moins convaincu qu'il s'agit là d'un enjeu national dont l'Etat ne saurait se départir.

Dans cette " partition ", l'Etat doit jouer un rôle moteur. Il doit être le " piston " principal d'une mécanique dont le maître mot est l'excellence.

Vous l'avez compris, j'ai pour mon pays les plus grandes ambitions.

En ce sens, je suis convaincu qu'un dialogue constructif remettra sur les " rails " un ambitieux programme pour la recherche. Il en va de l'avenir de notre pays, mais aussi de l'avenir de l'humanité.

Réfléchir à l'avenir des " transports au XXIème siècle ", c'est aussi s'interroger sur nos choix futurs en matière d'aménagement du territoire, en matière de déplacements urbains et de désenclavement des zones rurales.

Il s'agit, là encore, de choix stratégiques pour notre pays, pour nos villes et nos campagnes.

Le CIADT du 17 décembre 2003 a été l'occasion de définir les grands projets d'infrastructures de transports à réaliser lors des prochaines décennies.

Je crois que les décisions qui ont été prises, tant en matière d'infrastructures routières que ferroviaires, permettront de répondre efficacement aux besoins d'aménagements structurants qui font aujourd'hui défaut à notre pays.

Car, nous ne pouvons pas le nier, l'existence d'infrastructures de transports de " premier plan " constitue un outil efficace pour attirer les investisseurs et faire face à la concurrence économique à laquelle se livrent désormais les territoires. Et cette nécessité se pose avec d'autant plus d'acuité dans une économie qui ne connaît plus de " frontières ".

Au total, il nous revient de renforcer l'attractivité de nos territoires.

Ces aménagements doivent, bien sûr, tenir compte de notre environnement dont le respect s'impose à tous comme une " ardente obligation ".

C'est tout l'intérêt de " l'intermodalité " dont le développement constitue, à mes yeux, une " absolue nécessité ". Et je ne citerai là que le ferroutage auquel il convient, je crois, de recourir davantage.

La mise en évidence de ces défis et de ces objectifs implique aussi de mesurer l'ampleur des moyens financiers nécessaires à leur réalisation.

Vous comprendrez qu'en tant que président du Sénat, assemblée parlementaire à part entière, mais aussi -c'est un plus-, représentant constitutionnel des collectivités territoriales de la République, j'attache une importance particulière au rôle de nos collectivités en la matière.

Le projet de loi relatif " aux libertés et aux responsabilités locales " prévoit le transfert aux départements de 20.000 kilomètres de routes nationales. En première lecture, le Sénat a adopté un amendement permettant, sous certaines conditions, le financement des infrastructures (nouvelles) par l'instauration de péages sur les voies express.

L'Assemblée nationale a souhaité supprimer ce dispositif. Les termes du débat sont néanmoins posés et l'on ne pourra pas faire l'économie d'une réflexion d'ensemble en la matière. Car vous le savez bien, il nous faudra très prochainement réaliser de nouveaux investissements routiers.

Votre rencontre est aussi une belle occasion pour rouvrir ce débat.

Mesdames et Messieurs, je veux vous dire une nouvelle fois mes souhaits de cordiale bienvenue, ici au Sénat, qui est votre Maison.

Je souhaite plein succès à vos travaux qui sauront, par leur qualité, contribuer à alimenter notre réflexion et notre action politiques.

(Source http://www.senat.fr, le 15 avril 2004)

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