Extraits de l'interview de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer dans "La Tribune" le 19 avril 2004, sur Eurotunnel, sur l'inquiétude des transporteurs français face à l'élargissement de l'Union européenne et sur la perspective pour Alitalia de rejoindre le groupe Air France-KLM. | vie-publique.fr | Discours publics

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Extraits de l'interview de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer dans "La Tribune" le 19 avril 2004, sur Eurotunnel, sur l'inquiétude des transporteurs français face à l'élargissement de l'Union européenne et sur la perspective pour Alitalia de rejoindre le groupe Air France-KLM.

Personnalité, fonction : ROBIEN Gilles de.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer

ti : Q - Eurotunnel a marqué la récente actualité. Comment comptez-vous traiter ce dossier ?

R - Ce ministère a pour objet et devoir d'assurer le bon fonctionnement des différents modes de transport, dont le tunnel sous la Manche est un des éléments. Notre travail, à François Goulard, secrétaire d'État aux Transports, et à moi-même, consiste à voir si l'exploitation d'Eurotunnel se poursuit dans de bonnes conditions d'exploitation mais aussi de sécurité. Nous avons fait procéder aux vérifications nécessaires. Nous sommes concédants, le concessionnaire doit faire fonctionner le tunnel selon le cahier des charges. Du point de vue du concédant, il n'y a pas de problème. Nous avons aussi tout intérêt à voir cette infrastructure se développer. Je vous rappelle que, parmi les mesures prises, nous avons octroyé la première licence d'opérateur de fret ferroviaire privée à Eurotunnel. Maintenant, la prise du pouvoir à Eurotunnel par ses actionnaires n'est pas du ressort du gouvernement : il s'agit d'une entreprise privée, mais nous ne pouvons qu'être très attentifs au plan de développement annoncé sous trois mois. Cela appelle notre vigilance. Évidemment, bien que nous ne les ayons pas encore rencontrés, des discussions peuvent se tenir avec les dirigeants de l'entreprise, qui connaissent l'existence du Traité de Canterbury interdisant toute immixtion financière publique dans cette entreprise privée.

Q - Justement, Jacques Maillot, nouveau président, demande une modification du Traité de Canterbury. Qu'en pensez-vous ?

R - Ce serait trop facile, me semble-t-il, de s'engager dans un investissement important dont on espère des recettes et de se retourner vers les pouvoirs publics lorsqu'elles font défaut, en demandant de recapitaliser l'entreprise. Bien sûr, le tunnel a une utilité pour les transports de notre pays. C'est pourquoi le niveau des péages a été parfaitement défini par une convention existant entre la SNCF et l'exploitant du tunnel. La nouvelle direction se donne quatre-vingt-dix jours pour faire des propositions. Il appartient aux nouveaux dirigeants de l'entreprise de dire comment ils voient l'avenir de l'entreprise. Mais, à mon avis, le Traité de Canterbury signé par l'Angleterre et la France n'est pas près d'être modifié.

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Q - Que va créer l'élargissement de l'Union européenne au 1er mai ? Les routiers sont inquiets...

R - N'oublions pas que l'élargissement c'est 75 millions de clients potentiels supplémentaires ! Certes, les routiers sont inquiets, mais le marché s'élargit, il y a plus d'échanges, de transports. Par conséquent, le champ de prospection pour eux s'élargit aussi. Je sais bien que l'élargissement suscite de l'inquiétude au niveau de la concurrence. J'ai donc réuni l'ensemble des professionnels la semaine dernière, employeurs et représentants des salariés. Le député UDF Francis Hillmeyer leur a présenté son rapport. J'en ai moi-même tiré un plan d'action, en deux points essentiels. Il s'agit d'abord de préserver la compétitivité des entreprises de transport françaises avec une volonté très forte de cohésion sociale et de maintien de l'emploi, ce qui aborde notamment les sujets sociaux, fiscaux et les sujets de simplification administrative. Ensuite, l'objectif est de refondre la politique de contrôle et de sanction pour permettre à la concurrence de s'exercer de façon non déséquilibrée et loyale. Cela inclut la lutte contre le cabotage illégal. Je dois rencontrer Loyola de Palacio, la commissaire européenne en chargé des transports, pour aborder les règles européennes du cabotage et notamment son caractère temporaire.

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Q - Autre sujet d'actualité, l'aérien : Air France et KLM sont en train de créer un champion mondial. La compagnie Alitalia est-elle toujours susceptible de rejoindre ce nouveau groupe ?

R - Sur Air France-KLM, l'offre publique d'échange est ouverte depuis le 5 avril, elle va se clôturer le 5 mai. Les deux compagnies travaillent, sur le plan commercial, à leur rapprochement. Les compagnies KLM, Northwest et Continental vont rejoindre l'alliance Skyteam dans les prochains mois. Pour Alitalia, c'est une compagnie qui a vocation à rejoindre le moment venu le groupe Air France-KLM. Des négociations sont engagées, mais il faut que la compagnie italienne soit privatisée pour qu'elle ait un statut identique à celui de KLM et d'Air France. Et il faut qu'Alitalia retrouve une situation financière qui soit suffisamment saine pour prétendre intégrer ce grand groupe. Air France et Alitalia vont continuer à coopérer dans le cadre de leur alliance conclue en juillet 2001 et qui vient d'être approuvée par les autorités de la concurrence européenne. On peut donc dire que maintenant la balle est dans le camp d'Alitalia.

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(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 avril 2004)

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