Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, sur les résultats obtenus par les policiers parisiens dans la baisse de la délinquance, le redéploiement des forces de police, la délinquance des mineurs, la lutte contre les trafics de drogue, l'immigration clandestine et le terrorisme, Paris le 26 avril 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, sur les résultats obtenus par les policiers parisiens dans la baisse de la délinquance, le redéploiement des forces de police, la délinquance des mineurs, la lutte contre les trafics de drogue, l'immigration clandestine et le terrorisme, Paris le 26 avril 2004.

Personnalité, fonction : GALOUZEAU DE VILLEPIN Dominique.

FRANCE. Ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales

Circonstances : Visite à la préfecture de police de Paris le 26 avril 2004

ti : Monsieur le Préfet de Police,
Mesdames, Messieurs,


Permettez-moi, tout d'abord, de vous remercier pour votre accueil et pour cette présentation des forces de la Préfecture de Police, ici au c¿ur de l'Ile de la Cité.

En rencontrant chacune et chacun d'entre vous, j'ai pu mesurer combien la Préfecture de Police est une organisation moderne et cohérente qui a su s'adapter aux défis de la capitale.

I/ Je suis venu d'abord vous féliciter pour les résultats que vous avez obtenus contre la délinquance. Vous le savez, c'est bien évidemment une priorité du gouvernement.

1. Les chiffres parlent d'eux-mêmes et traduisent une mobilisation sans précédent des hommes sur le terrain. Je ne méconnais pas les contraintes que cela impose à chacun d'entre vous, et nous voyons tous les résultats obtenus.

- En trois ans, la Préfecture de Police est parvenue à faire baisser la délinquance de 15,9% et la délinquance de voie publique de 28,9%.
- Sachez-le : les Parisiens vous en sont reconnaissants. Parce qu'elle a reculé, l'insécurité leur pèse moins qu'avant, comme le montre un sondage réalisé à la demande de la Préfecture de Police en octobre 2003.

2. Ces résultats sont le fruit d'efforts remarquables.

- Efforts dans la gestion des effectifs, premièrement : en deux ans la Préfecture de Police a redéployé environ 2000 policiers parisiens sur la voie publique.
· Grâce à des économies réalisées dans les états-major et les bureaux, à la rationalisation des missions de protection des sites sensibles,
· En vous appuyant aussi sur les agents de surveillance créés pas la ville de Paris pour la circulation, et sur les affectations de personnels administratifs à des missions de soutien.

- Avec un renfort de 500 policiers, ce sont donc au total 2500 policiers supplémentaires qui ont été affectés en patrouille sur la voie publique à Paris.
· Vous avez rendu les unités plus opérationnelles :
o Par le renforcement des patrouilles en tenue dans tous les arrondissements parisiens, des brigades anti-criminalité en civil de tous les commissariats ;
o Par le renforcement des services d'investigations judiciaires, afin de faciliter l'accueil des victimes et de favoriser la lutte contre la petite et moyenne délinquance ;
o Par le renforcement des unités les plus actives des directions de la Police Judiciaire et des Renseignements Généraux.

- Deuxièmement, j'ai pu constater moi-même la modernisation de vos structures.
· La création de l'Unité Mobile d'Intervention et de Protection a permis de diminuer significativement les gardes statiques ; en dehors de menaces avérées, je compte poursuivre cette évolution.
· La Compagnie de Sécurisation vient en appui de l'action des commissariats d'arrondissement dans la lutte contre la délinquance de voie publique.
· Enfin, le Service Régional de Police des Transports, que j'ai vu à l'¿uvre entre Roissy et Châtelet, est désormais pleinement opérationnel :
o Chaque jour 1200 policiers assurent 160 patrouilles dans les trains, métros et RER,
o Chaque jour ils sont présents dans plus de 1000 stations et dans plus de 1000 rames.


II- Pour les Parisiens et les Franciliens, nous avons aujourd'hui des devoirs.

1. Un devoir de lucidité : beaucoup reste à faire, face aux tensions et fragilités de notre société. Si la délinquance générale a diminué, certaines formes de criminalité, parmi les plus intolérables, persistent.

- D'abord les atteintes aux personnes restent importantes, notamment les vols avec violences, les cambriolages en présence de l'occupant ou les vols de véhicules automobiles par la force.
· Ces nouvelles formes de violence appellent des réponses ciblées et coordonnées.
· J'ai noté que les procédures d'alerte en temps réel qui ont été mises en place entre les états-majors de la Préfecture de Police et ceux des départements de l'Ile-de-France, ont permis de faire reculer ces vols de 26% entre 2002 et 2003.
· Plus largement, le principal défi auquel vous devez faire face, c'est le cloisonnement et je souhaite, Monsieur le Préfet de Police, que vous tiriez de cette expérience les conclusions pratiques pour établir dans d'autres domaines des liaisons entre services et entre Paris et la petite couronne.

- Ensuite la première des préventions c'est de s'attaquer à la délinquance des plus jeunes : leur avenir sera aussi l'avenir de notre société.
· Or la part des mineurs dans la délinquance reste extrêmement préoccupante :
o Une personne sur deux arrêtée pour vol à la tire ou pour vol de deux roues à Paris est mineure,
o de même une personne sur trois interpellée pour agression sur la voie publique.
· Cette situation nécessite une double réaction de la part des services de l'Etat.
o D'abord, bien sûr, l'obligation de faire reculer les faits constatés de la délinquance des mineurs. C'est ce à quoi s'emploient quotidiennement les fonctionnaires de police, en étant davantage présents sur la voie publique et les transports.
o Mais aussi le renouvellement de la coordination de tous les acteurs en charge de la jeunesse, avec le maire de Paris, le Conseil régional, la Justice, l'Education nationale, pour trouver des solutions alternatives à l'absence de solutions d'aujourd'hui.

2. Notre deuxième devoir est un devoir de responsabilité, pour nous attaquer résolument à la première cause de violence : les trafics. Vous le savez mieux que quiconque : dans la plupart de vos enquêtes, vous croisez, tôt ou tard, un trafic de stupéfiants.

- Ce sont eux que l'on retrouve derrière la plupart des répétitions de vol ou d'agressions, qui sont intolérables pour nos concitoyens. L'objectif est clair :
· Il nous faut nous attaquer à la délinquance d'habitude,
o en réagissant avec fermeté
o mais aussi dans le respect de nos principes constitutionnels, qui s'opposent à l'automaticité des peines.
· Soyons réalistes : il faut sortir de cette impasse. Je mesure l'impatience de tous les fonctionnaires de police et de nos concitoyens à l'égard des criminels chevronnés que rien ne freine dans la multiplication des actes de violence.
· Je suis convaincu que la personnalisation de la peine doit se traduire par une sanction plus sévère dès lors que la Justice a affaire à un récidiviste : les fonctionnaires de police doivent savoir que la réponse pénale tiendra compte du caractère provocateur et démoralisateur pour le corps social de la multiréitérance.
o Je compte travailler très rapidement, en liaison avec le Garde des Sceaux, avec le groupe d'étude constitué sur ce sujet à l'Assemblée nationale et présidé par Pascal Clément, président de la Commission des lois.

- Les trafics de stupéfiants sont également l'un des principaux moteurs de la grande criminalité organisée. Je demande à tous les services de la Préfecture de Police de se mobiliser :
· Sur la voie publique, par l'engagement des services de voie publique et des Brigades Anti-Criminalité (BAC) dans la lutte contre la consommation de stupéfiants ;
· Dans les quartiers sensibles, où les services territoriaux de police judiciaire doivent poursuivre sans relâche le combat contre les trafics de rue ;
· Là où se trouvent les réseaux les plus structurés, enfin, grâce au travail de coordination de la Brigade des Stupéfiants sur les filières nationales et internationales.

- Plus largement, nous devons nous engager dans un combat contre les filières criminelles qui gangrènent la vie sociale :
· Contre les réseaux de proxénétisme et de prostitution, qui constituent les vecteurs d'une misère et d'une exploitation inadmissibles ;
· Contre les réseaux d'immigration clandestine, qui véhiculent de nouvelles formes d'esclavage. Vos résultats en la matière sont encourageants, mais nous devons amplifier notre action.
· Contre les réseaux de la grande criminalité, face auxquels existe désormais un outil essentiel : le Groupement d'Intervention Régional de Paris.
o Nous sommes confrontés à des groupes puissants, mobiles et souterrains, qui allient les technologies les plus modernes et les opérations rapides et brutales.
o C'est pourquoi la diversité de moyens, juridiques et opérationnels offerts par le GIR est nécessaire pour rechercher la saturation des cibles désignées par l'enquête. Tous les services appartenant au GIR doivent se sentir impliqués dans ce combat fondamental.
o J'attache au succès des GIR sur le territoire national une importance décisive.
* Cet outil polyvalent, réactif et coordonné donne désormais aux forces de l'ordre et à la Justice les moyens de traiter la criminalité en profondeur.
* C'est pourquoi je vais prochainement procéder, en liaison avec Nicolas Sarkozy, à l'évaluation du dispositif de contrôle du blanchiment d'argent dans notre pays. Nous devons parvenir à une meilleure traçabilité des circuits financiers douteux.

3. Nous avons enfin un devoir de lutte sans relâche contre le terrorisme.

- Le renseignement et la collecte d'information constituent les premiers maillons de la détection et de l'alerte :
· En région parisienne, c'est le travail des Renseignements Généraux, en liaison avec les services spécialisés de Police Judiciaire et en étroite coopération avec la Police aux Frontières.
· Au niveau national, c'est le rôle des directions centrales, qui échangent en permanence avec nos partenaires étrangers : face au terrorisme, nous devons veiller ensemble, notamment dans le cadre européen.
· L'efficacité de l'anti-terrorisme en France réside d'abord et surtout dans les hommes qui la constituent et auxquels je tiens à adresser mes encouragements. Pour autant, nos efforts de modernisation qui faciliteront leur tâche, sont indispensables pour que le niveau de nos réponses soit toujours en avance sur ceux qu'il nous faut combattre.

- Nous devons aussi améliorer notre capacité de prévention :
· Prenons la mesure des difficultés, pour protéger des quartiers où se croisent chaque jour plusieurs centaines de milliers de personnes : touristes ou habitants, professionnels ou commerçants.
· Nous l'avons vu lors de la dernière montée en puissance du plan Vigipirate : la sécurité des Parisiens exige une collaboration étroite
o entre les acteurs publics de surveillance des lieux sensibles comme la RATP ou la SNCF ;
o et les opérateurs qui interviennent dans les lieux touristiques, les grands magasins, les musées ou les salles de spectacle.
· Nous devons nous fixer des axes précis :
o Tirer le meilleur parti du progrès et des technologies nouvelles ;
o Harmoniser les formations de nos personnels, afin de faciliter leur coopération ;
o Garantir la meilleure réactivité de tous les acteurs face à une menace d'attentat, ce qui constitue l'une des mission prioritaires du Préfet de Police.

III/ Mesdames, Messieurs,

1. Protéger les Parisiens, c'est aussi savoir anticiper et réagir face à tous les risques de crise, notamment sanitaires ou de sécurité civile.

- Vous disposez désormais d'outils performants,
· comme la cellule de veille permanente ou l'état major de la Zone de Défense de Paris ;
· ou comme vos plans d'intervention, tels que le dispositif "Grand Froid", et, demain un plan "Canicule" cosigné par le maire de Paris, qui sera opérationnel le 1er juin 2004.

- Je voudrais saluer une unité prestigieuse qui joue un rôle déterminant au sein de la Zone de Défense et auprès du Préfet de Police : la brigade des sapeurs pompiers de Paris. Je me rendrai prochainement à Champéret pour visiter le centre opérationnel et rencontrer les sapeurs pompiers de Paris.

2. Face à l'ensemble des défis que nous devons relever ensemble, notre mobilisation à tous est indispensable.

- Je me réjouis que la Préfecture de Police se soit dotée depuis trois ans de procédures d'évaluation modernes et de modes de gestion rénovés.
· La réunion hebdomadaire des chefs de services autour du Préfet de Police constitue un excellent outil de direction permettant de fixer en temps réel des caps clairs.
· J'ai pu mesurer ce matin le résultat : la force de cette organisation et sa capacité à se mobiliser au service de l'Etat et des Parisiens.
· Je ne doute pas que vous saurez maintenir, les uns et les autres, votre engagement et vos efforts.

- Je sais pouvoir compter sur vous, Monsieur le Préfet de Police, et aussi sur l'ensemble des femmes et des hommes placés sous votre autorité pour relever les nouveaux défis et faire de Paris l'une des capitales les plus sûres du monde.

- Je vous remercie.

(Source http://www.interieur.gouv.fr, le 27 avril 2004)

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