Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, sur l'élargissement de l'Union européenne et son indépendance et sur l'affirmation de l'autorité de l'Etat, la cohésion sociale et l'action engagée par le gouvernement pour les réformes, Aubervilliers le 9 mai 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, sur l'élargissement de l'Union européenne et son indépendance et sur l'affirmation de l'autorité de l'Etat, la cohésion sociale et l'action engagée par le gouvernement pour les réformes, Aubervilliers le 9 mai 2004.

Personnalité, fonction : GALOUZEAU DE VILLEPIN Dominique.

FRANCE. Ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales

Circonstances : Conseil national de l'UMP à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) le 9 mai 2004

ti : Mes chers amis, chers compagnons,


Permettez-moi d'abord de vous dire mon émotion, émotion de parler pour la première fois devant vous, émotion de me retrouver avec vous aujourd'hui, sous la présidence d'Alain Juppé, avec François Baroin, qui portent nos idéaux.

D'autant plus que nous sommes, nous le savons, dans un temps difficile, un temps de changement, un temps de remise en question, un temps aussi de menaces, comme nous l'ont rappelé les tragiques attentats de Madrid.

C'est un rendez-vous important, où se joue le destin de notre pays. Et, comme à chaque fois, quand c'est difficile, comme à chaque fois, quand c'est important, nous avons, nous, un devoir de rassemblement.

C'est l'héritage de notre mouvement politique. C'est le besoin de nous retrouver autour de nos valeurs et de nos convictions.

Dans cette journée consacrée à l'Europe, ce sont quelques convictions simples sur l'Europe et sur la France que je voudrais vous exprimer.

Première conviction : l'Europe est le fruit d'un engagement français. C'est l'engagement de notre famille, de Robert Schumann à Charles de Gaulle, jusqu'à aujourd'hui Jacques Chirac, un engagement au service d'une aventure sans précédent, autour d'un idéal, d'une communauté de destins, de valeurs partagées et cet engagement porte ses fruits.

C'est d'abord la paix, la paix qui réunit deux pays, qui sont aujourd'hui les deux meilleures amies, la France et l'Allemagne. Demain nous nous tiendrons côte à côte sur les plages de Normandie, pour le 60ème anniversaire du débarquement.

Aujourd'hui, avec l'élargissement, nous effaçons les blessures de l'Histoire.

C'est aussi un nouvel horizon pour notre développement économique et social, c'est la stabilité qu'assure l'euro, ce sont les emplois créés grâce au commerce avec les Pays de l'Est. Prenons un seul exemple, la Pologne, elle représente plus de la moitié de la population des nouveaux arrivants, elle constitue le premier marché économique.

La France est le premier investisseur en Pologne, c'est dire combien nous n'avons pas à avoir peur de cet élargissement, de cette ouverture qui offre de nouvelles perspectives à notre économie, qui va monter le dynamisme et la modernité de notre agriculture, la deuxième exportatrice au monde.


Ma deuxième conviction : avec l'élargissement, nous entrons dans un nouvel âge de l'Europe.

Une Europe plus fraternelle, plus démocratique, plus efficace. Mais pour être à la hauteur des enjeux, il faut que nous nous dotions d'une règle commune, d'une constitution, c'est tout le sens de l'effort engagé, pour obtenir une constitution ambitieuse et exigeante, capable de répondre aux citoyens de l'Europe.

C'est tout le sens d'une identité européenne qui doit guider l'évolution des frontières de l'Europe. Ainsi, pour la Turquie, qui depuis 30 ans, veut affirmer sa volonté et sa vocation européenne, cela suppose une double exigence. D'abord, que la Turquie réponde pleinement aux conditions de l'Europe, aux conditions de nos principes démocratiques. Ensuite, que l'Europe ait affirmé son unité et prouvé sa capacité à aller de l'avant.

Chaque chose en son temps. Nous avons de ce point de vue, un devoir de responsabilité.

A l'intérieur de cette Europe fraternelle, nous avons besoin d'une Europe volontaire, pionnière, forte du moteur franco-allemand, qui puisse rassembler les pays qui peuvent et qui veulent avancer plus vite, dans les domaines de la politique étrangère, de la sécurité, de la recherche, de l'éducation, de l'immigration, dans tous les domaines où nos concitoyens attendent une réponse plus forte.


Ma troisième conviction : cette Europe doit être indépendante. C'est une puissance originale, un trait d'union entre les continents, elle constitue une chance pour le monde.

C'est vrai au Moyen Orient, où se joue actuellement la sécurité et la stabilité de notre continent. C'est vrai en Irak, où la situation ne cesse de se dégrader, où les actes inacceptables qui viennent de se produire sont bien la conséquence d'une guerre et d'un engrenage dramatique, dont nous devons tirer toutes les leçons.

C'est pourquoi la France n'a cessé tout au long de cette crise de défendre le droit, les principes, le respect de la souveraineté qui sont seuls susceptibles de fonder l'unité de la communauté internationale.

Dans cette Europe saisie par le doute, la France doit apporter son ambition et sa force, cette volonté de dépassement qu'elle incarne avec l'Allemagne, car il y a bien une vocation française capable de réconcilier les contraires, de rassembler les aspirations et les héritages.

Nous devons rester fidèles à cet esprit qui veut concilier liberté et solidarité, le mérite et l'égalité des chances. Il est vain de vouloir opposer aujourd'hui le politique, l'économique et le social, il est inutile de vouloir choisir entre un cap social et une volonté d'initiative, nous devons marcher sur deux jambes, à la fois solidaires et épris de liberté.


Au-delà de ces convictions, je voudrais vous faire partager, comme ministre de l'Intérieur, mes ambitions.

D'abord, l'autorité de l'Etat qui doit affirmer sa capacité, partout sur le territoire, pour assurer la sécurité des Français.

Contre la délinquance, qui a encore reculé au mois d'avril de 4,63 % par rapport à l'année dernière.

Contre les violences aux personnes, qui pourrissent la vie de nos concitoyens, c'est pour moi, la véritable priorité.

Contre le trafic de drogue et la grande criminalité, que nous ne laisserons pas se propager sur notre sol. Pour cela il faut s'attaquer aux réseaux de financement, démanteler l'économie souterraine, lutter contre les opérations de criminels itinérants.

Deuxième ambition : la cohésion nationale.

C'est la mission que le président de la République a donné au gouvernement et à laquelle je veux répondre à la place qui est la mienne. Pour cela, je veux attaquer les problèmes à la racine, l'Etat doit être présent, surtout là où l'on a besoin de lui. C'est un effort de long terme qui mobilise tous les acteurs, des enseignants aux travailleurs sociaux, des magistrats aux policiers, des gendarmes aux douaniers.

Avec Nicolas Sarkozy, François Fillon, Jean-Louis Borloo, Dominique Perben je veux travailler main dans la main, pour relever ce défi.

Je veux aussi fonder mon action sur les principes d'égalité des chances et de laïcité, qui doivent être réaffirmés contre la montée dans notre pays du communautarisme. La France est une et doit le rester.

Ensemble, nous devons défendre notre Pacte républicain fondé sur la tolérance, le respect, la fraternité, toutes ces valeurs qui nous unissent au sein d'une même nation, au service d'une histoire commune. Ce qui est en jeu, c'est bien la défense d'un esprit français, d'une identité française riche de ses nombreux apports.

Une identité riche de sa diversité et en même temps de notre volonté de préserver notre unité, notre volonté de vivre ensemble, de faire vivre nos valeurs, notre culture, notre région, notre langue.

A l'heure d'un monde mondialisé, uniformisé, banalisé, gardons le sel de notre terre de France.

Voilà pourquoi, je ne peux pas accepter sur notre sol, la présence d'individus étrangers, qui, sous couvert de religion, combattent nos valeurs, appellent à la violence et à la haine et qui, de surcroît, sont liés à la mouvance terroriste.

Ils salissent l'image de l'Islam de France, au moment même, où il s'organise, grâce au courage et à l'engagement d'hommes de bonne volonté.

Je veux vous dire ici ma détermination à tout faire pour assurer la protection des Français, dans le respect de l'Etat de droit. Voilà pourquoi nous devons aussi lutter contre toutes les discriminations, contre l'antisémitisme et contre toutes les formes de racisme.

Je voudrais vous dire l'immense émotion que j'ai ressentie devant les tombes d'Herrlisheim, frappées d'une croix nazie, face à la profanation du mémorial des soldats juifs tombés à Verdun. L'antisémitisme est la négation de toutes les valeurs qui fondent notre République et je le combattrai sans relâche.

Je ne peux pas plus accepter les atteintes inadmissibles contre les lieux de culte musulmans. Je ne peux pas me résoudre à ce que nos jeunes compatriotes, issus de l'immigration, ne trouvent pas toute leur place dans notre société, eux qui sont les premiers touchés par le chômage.

La France a besoin d'une politique d'intégration, plus active, plus ambitieuse, plus volontaire. Cela suppose que nous maîtrisions davantage notreimmigration. Pour cela, l'Europe nous permettra de mieux contrôler nos frontières. Je veux aussi poursuivre, une politique bilatérale active avec les pays dont sont issus les clandestins les plus nombreux.

Notre ambition commune est bien de garder l'initiative pour mieux nous rassembler. Dans un temps d'épreuve, rien ne serait pire que de céder à la tentation de la peur ou de l'immobilisme.

Ne l'oublions pas, notre mouvement a une responsabilité particulière. Il fait face dans les moments difficiles, les Gaullistes ont toujours été au c¿ur du sursaut national, aux heures les plus sombres de notre histoire.

Sachons fédérer tous les membres de notre famille politique, tous les talents, car c'est de la République qu'il s'agit. C'est dans cet esprit que les ministres du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin veulent travailler ensemble, pour gagner ensemble, car l'heure est à l'action.


C'est le sens des réformes engagées, soyons fiers de l'action déjà entreprise. C'est le sens des défis que nous avons relevés.

Nous avons amélioré la sécurité dans tout le pays, grâce à l'action énergique de Nicolas Sarkozy, grâce à la mobilisation sans précédent des forces de l'ordre, la délinquance dans notre pays a diminué.

Nous avons sauvé les retraites, nous avons remis le travail au c¿ur de la société.

Aujourd'hui, c'est d'énergie, de courage, d'audace qu'il s'agit. Nous n'avons pas le droit de baisser les bras, nous avons la lucidité, la volonté, l'enthousiasme pour avancer.


Chers amis, chers compagnons,

notre pays n'est jamais davantage lui-même que lorsqu'il est aux avants postes. C'est tout le sens de notre engagement et de notre présence ici aujourd'hui.

Agir quand d'autres se contentent de discourir, croire quand d'autres ne font que douter, combattre pour une France forte quand beaucoup se dérobent. Toutes les leçons de notre histoire témoignent que la volonté lorsqu'elle existe est plus forte que la fatalité.

Ensemble, nous allons faire mentir tous les pessimistes, tous les badauds et petits parieurs de la politique. Oui, j'appartiens à une équipe, qui, avec votre soutien, votre mobilisation, va redonner l'espoir à la France.


Je vous remercie.

(source http://www.u-m-p.org, le 11 mai 2004)

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