Lettre de M. Alain Juppé, président de l'UMP, adressée aux militants de l'UMP, en date du 16 juillet 2004, sur la fin de ses fonctions de président de l'UMP. | vie-publique.fr | Discours publics

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Lettre de M. Alain Juppé, président de l'UMP, adressée aux militants de l'UMP, en date du 16 juillet 2004, sur la fin de ses fonctions de président de l'UMP.

Personnalité, fonction : JUPPE Alain.

FRANCE. UMP, président

ti : Comme je l'avais annoncé, je quitte aujourd'hui mes fonctions de président de notre U.M.P.

Ce mandat, c'est vous qui me l'aviez confié le 17 novembre 2002, lors de notre congrès fondateur; c'est à vous que je le remets maintenant.

Vous connaissez mon attachement profond à l'Union. Avec d'autres responsables de la droite et du centre qui partageaient la même conviction, j'ai mis toute mon énergie et tout mon c¿ur à bâtir d'abord l'Union en mouvement qui a contribué à la ré-élection de Jacques CHIRAC à la présidence de la République, puis l'Union pour la majorité présidentielle qui a remporté une magnifique victoire aux dernières élections législatives.

Depuis lors, l'Union pour un mouvement populaire a fait son chemin. Notre organisation s'est mise en place; vous avez élu vos responsables, circonscription par circonscription; vous avez su concilier à tous les niveaux notre évidente diversité et notre volonté d'unité.

Nous sommes restés fidèles à notre double ambition: aider loyalement le gouvernement à réussir les réformes dont la France a besoin et dont le président de la République a fixé le cap; mais aussi éclairer ceux qui nous gouvernent sur les réactions et les attentes de nos concitoyens telles que nous les percevons sur le terrain.

Certes, nous avons essuyé des échecs, aux élections régionales et cantonales, puis aux élections européennes.

J'ai voulu que notre Conseil national se réunisse pour en tirer franchement les leçons. C'est ce que nous avons fait les 26 et 27 juin derniers et notre rencontre a montré, une fois encore, que le libre débat démocratique était une réalité bien vivante au sein de notre mouvement.

Malgré les erreurs que nous avons pu commettre et dont je prends toute ma part, l'U.M.P. est aujourd'hui un parti en état de marche. Nous étions au 30 juin de cette année 114 760 adhérents à jour de cotisation, dont plus de 21 000 nouveaux, ce qui montre notre attractivité.

Une nouvelle période de l'histoire de l'U.M.P. s'ouvre maintenant.

Sous la conduite de Jean-Claude GAUDIN, notre vice-président, de Philippe DOUSTE-BLAZY, notre secrétaire général, et de François BAROIN, notre secrétaire général délégué, que je remercie chaleureusement de leur aide, vous allez préparer le congrès de novembre prochain qui élira la nouvelle équipe dirigeante. Les opérations électorales seront placées sous le contrôle de la commission indépendante prévue par nos statuts. C'est une garantie de clarté et d'impartialité. Je souhaite que la compétition légitime et utile que se livreront les candidats se déroule dans le respect des personnes et sans jamais perdre de vue l'intérêt général de l'U.M.P., c'est-à-dire notre cohésion et notre esprit de rassemblement. La meilleure équipe sera la plus rassembleuse.

Un grand parti, ce sont des hommes et des femmes qui militent ensemble et qui élisent librement leurs responsables. Mais ce sont surtout des idées, des valeurs communes, une vision partagée de la France, de son avenir en Europe et dans le monde, c'est une vision de la communauté nationale, diverse mais solidaire, soudée par l'esprit de conquête et par l'esprit de partage.

La France n'est pas seule au monde. Nous sommes confrontés à une concurrence de tous les instants et sur tous les terrains: économique, culturel, diplomatique... Il faut donc nous battre, notamment pour notre croissance et pour nos emplois. Et pour cela, il faut remettre au premier rang les valeurs de travail, de mérite, de responsabilité, de performance, d'innovation et de recherche. Il faut retrouver l'esprit de conquête.

Mais une Nation ne peut être conquérante que si elle est rassemblée, c'est-à-dire solidaire. L'esprit de conquête ne peut revivre que si l'esprit de partage l'accompagne. Partage des fruits de la croissance. Partage des responsabilités. Partage du savoir. Le partage n'est pas l'assistance ni l'augmentation indéfinie de la dépense publique. C'est une exigence morale qui se fonde sur la reconnaissance de l'égale dignité de toute personne, sans discrimination.

Conquête et partage pourraient être les deux moteurs d'un nouvel humanisme à la française. C'est, à mes yeux, le message de l'U.M.P.

Je m'éloigne aujourd'hui de la vie politique pour faire la paix en moi-même après la tourmente que je viens de traverser.

L'engagement politique m'a donné, tout au long de ces presque trente années, de grandes joies et, plus récemment, de grandes peines.

Mon bonheur, je l'ai trouvé dans l'action que j'ai tentée de mener au service de mon pays. J'ai toujours voulu, dans les différentes responsabilités que j'ai exercées, faire ce que je croyais bon pour l'intérêt général.

J'ai trouvé parmi vous soutien, aide, amitié. Grâce à vous, je suis plus que jamais convaincu de la noblesse du militantisme politique. Vous m'avez donné l'exemple du courage, du désintéressement, de la fidélité dans l'épreuve, de l'enthousiasme dans la victoire.

Je vous en dis ma gratitude pour toujours.

J'ai encore une chose à vous demander, au nom de notre très longue amitié: persévérez.
Persévérez dans l'union. Persévérez dans le respect mutuel et la recherche tenace de l'intérêt général. Vous surmonterez ainsi tous les défis.



(source http://www.u-m-p.org, le 16 juillet 2004)

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