Interview de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, dans "Le Figaro" le 17 septembre 2004, sur la préparation du budget 2005, le plan de cohésion sociale, les 35 heures, le lundi de Pentecôte, les délocalisations, la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP et la campagne du référendum sur la Constitution européenne. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, dans "Le Figaro" le 17 septembre 2004, sur la préparation du budget 2005, le plan de cohésion sociale, les 35 heures, le lundi de Pentecôte, les délocalisations, la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP et la campagne du référendum sur la Constitution européenne.

Personnalité, fonction : RAFFARIN Jean-Pierre, BREZET Alexis, RECLUS Philippe, TABARD Guillaume.

FRANCE. Premier ministre

ti : Q - Le budget 2005, qui sera présenté mercredi en Conseil des ministres, s'appuie sur une hypothèse de croissance de 2,5 %. Cette hypothèse n'est-elle pas trop optimiste et permettra-t-elle à la France de revenir sous la barre des 3 % de déficits publics ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Je m'interdis de me fonder sur des prévisions qui ne seraient pas raisonnables. Chacun sait que la croissance s'est effondrée en 2000-2002. Aujourd'hui, la croissance semble avoir atteint durablement un bon niveau. C'est l'effet de la bonne orientation des trois moteurs habituels que sont la consommation des ménages, l'investissement des entreprises et les exportations. Mais c'est surtout le fruit des réformes de fond que le gouvernement a menées depuis deux ans et demi. Notre hypothèse de 2,5 % est sérieuse, sincère, raisonnable, donc prudente.

L'esprit de notre politique économique est clair : les réformes pour la croissance, la croissance pour l'emploi. Le budget 2005 est celui du rendez-vous avec la croissance. Nous allons conduire des actions majeures pour le pays, tout en améliorant de manière décisive la situation des finances publiques. Car ce budget est aussi celui du rendez-vous avec l'Europe. Pour la troisième année consécutive, il repose sur une absolue maîtrise des dépenses qui nous permettra de réduire le déficit d'environ 10 milliards d'euros et de le ramener ainsi en deçà du seuil des 3 % du produit intérieur brut, comme je m'y étais engagé.

Q - De nombreuses dispositions de ce budget sont déjà connues, mais d'autres mesures ne sont toujours pas arbitrées. Déciderez-vous par exemple de supprimer le prêt à taux zéro, comme le suggère Nicolas Sarkozy ?

Jean-Pierre RAFFARIN - J'ai fixé un objectif : doubler le nombre des bénéficiaires en le portant de 100 000 à 200 000. Il faut faciliter la première accession à la propriété, en intégrant notamment les logements anciens dans le dispositif, ce qui favorisera aussi le rajeunissement des villes. Le crédit d'impôt, c'est-à-dire une exonération fiscale ou, si le ménage n'est pas imposable, le versement d'une prime, semble la procédure la mieux appropriée à notre objectif. Le dialogue entre le Parlement lors de la discussion budgétaire peut permettre d'améliorer encore le dispositif.

Q - Le budget comprendra-t-il des mesures en faveur des familles ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Le budget 2005 prévoit une augmentation de 50 % de la réduction d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile. Le plafond des dépenses passera de 10 000 à 15 000 euros. La mesure permettra aussi de réduire le travail clandestin pour cette catégorie de salariés. Par ailleurs, le gouvernement ne veut pas qu'il y ait des droits à payer pour une succession en ligne directe jusqu'à un montant de 100 000 euros : c'est la valeur du patrimoine moyen des Français. Cette mesure répondra à notre désir de valoriser le travail : être propriétaire de sa maison, c'est souvent le résultat de toute une vie de travail. Il s'agit aussi d'une mesure de justice car cette exonération est une aide donnée aux jeunes générations. Il reste maintenant des aspects techniques à régler. En fonction du nombre d'enfants, la situation actuelle peut être plus avantageuse. Toute situation plus favorable sera maintenue, je m'y engage.

Q - Comment expliquer votre revirement sur la hausse du SMIC que vous vouliez initialement étaler sur deux ans ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Relisez mes déclarations du mois de juillet : je n'ai pas changé d'avis ! J'avais clairement dit que le SMIC horaire, qui concerne un million de personnes, serait majoré d'au moins 4 % le 1er juillet 2005. Le rythme de la croissance au premier semestre 2004 a surpris tout le monde. Sans cette croissance, il aurait fallu étaler la hausse du SMIC sur deux ans. Grâce à la croissance, je peux l'effectuer en une seule fois. Là encore, cela correspond à ma volonté de rendre aux Français dès que possible le fruit de leur travail.

Q - Pour éviter les délocalisations, approuvez-vous l'idée de Nicolas Sarkozy de suspendre l'attribution des fonds structurels européens aux pays pratiquant du dumping fiscal ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Cette idée a une vertu pédagogique : faire comprendre qu'en Europe, on ne peut pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. Mais soulignons aussi que les fortes réserves de croissance chez les nouveaux membres de l'Union sont une chance pour toute l'Europe. Voyez comme la France a gagné au développement de la Péninsule ibérique : son excédent commercial est bon pour l'emploi. La stratégie que nous mettons en oeuvre pour lutter contre les délocalisations est à la hauteur du défi. Elle consiste d'abord à alléger les charges dans des secteurs en difficulté. Mais elle est aussi une stratégie offensive avec la création de pôles de compétitivité où seront réunies sur le même site l'industrie, la recherche et la formation. Isolées, les entreprises peuvent être tentées de se délocaliser. En réseau, comme elles le seront dans ces pôles, elles auront un intérêt manifeste à rester en France. Nous confions aussi à Jean-Louis Beffa une réflexion sur un programme de grands projets industriels.

Un milliard d'euros pour cette politique de lutte contre les délocalisations, un milliard pour le plan de cohésion sociale, un milliard pour la recherche. Nos priorités en faveur de l'emploi, du pouvoir d'achat et de l'intelligence sont clairement mises en valeur dans le budget 2005.

Q - Avez-vous définitivement renoncé à votre projet de relocalisation des capitaux, qualifiée par certains d'amnistie fiscale ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Cette expression ne correspond pas à la réalité de ce que nous envisageons. Il nous a paru que la réflexion devait être maintenant menée au niveau européen si l'on voulait obtenir la meilleure efficacité.

Q - Une réévaluation du barème de l'ISF est-elle envisageable, comme le réclament certains parlementaires ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Cela ne fait pas partie des priorités du gouvernement dans le projet de loi de finances.

Q - Y a-t-il encore des marges de manoeuvre pour baisser les charges sociales ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Les allégements de charges dans le budget 2005 s'élèvent à près de 18 milliards d'euros. Il faut y ajouter pour les entreprises 1 milliard d'euros grâce à la réforme de la taxe professionnelle et à la baisse de l'impôt sur les sociétés. Il nous faut maintenant cibler les baisses des charges vers les secteurs innovants (c'est le crédit impôt recherche), créateurs d'emplois (comme la restauration), ou les entreprises faisant un effort particulier pour l'apprentissage. Notre objectif est de passer de 350 000 à 500 000 apprentis pour développer l'insertion professionnelle des jeunes.

Q - Avez-vous été blessé par les propos du président du Medef, Ernest-Antoine Seillière, vous reprochant de ne rien avoir fait pour les entreprises ?

Jean-Pierre RAFFARIN - C'étaient des propos d'université d'été, plus politiques qu'économiques. Je les ai traités comme tels.

Q - Le plan de cohésion sociale, présenté mercredi en Conseil des ministres, marque-t-il le retour à la politique de traitement social du chômage ?

Jean-Pierre RAFFARIN - C'est exactement l'inverse. Prenons l'exemple des emplois jeunes du gouvernement Jospin : ils n'offraient ni qualification ni débouché. Avec les contrats d'avenir du plan de cohésion sociale, nous offrons un parcours personnalisé vers l'emploi. Notre logique est celle de l'équilibre des droits et des devoirs. Avec ces nouveaux contrats, au lieu de se borner à verser des allocations à une personne sans contrepartie, nous offrirons un véritable contrat avec un travail et une formation, nous aiderons les collectivités qui s'engageront à fournir une qualification. Le plan de cohésion sociale, c'est notamment l'activation des dépenses de solidarité, le développement de l'apprentissage et la mise en place de maisons pour l'emploi pour favoriser l'insertion professionnelle.

Q - Ce dispositif suffira-t-il à faire baisser le chômage ? N'est-ce pas en libérant davantage les énergies, comme le disait Jacques Chirac dans sa campagne, que l'on créera des emplois ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Il est évident que la croissance renforce la cohésion sociale. Mais, et c'est l'objectif de ce plan, la cohésion sociale crée aussi la croissance, et une croissance durable. Le chemin pour retrouver l'emploi est économique, il est également social.

Grâce à cette politique qui inclut aussi la création et le développement des entreprises, nous pouvons escompter une baisse significative du chômage en 2005.

Q - Reprendrez-vous les propositions d'évolution du code du travail contenues dans les rapports Virville et Marimbert, par exemple le contrat de mission ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Certaines propositions de ces rapports, comme la modernisation du service public de l'emploi, sont d'ores et déjà reprises dans le plan de cohésion sociale. Mais nous n'envisageons pas un changement global du code du travail. Un contrat du type de celui qui était proposé n'est possible que dans des cas précis et limités. Le contrat à durée indéterminée est un élément important de notre histoire sociale. Avec les contrats jeunes en entreprise, nous avons ainsi permis à 170 000 jeunes sans diplôme de bénéficier de vrais contrats à durée indéterminée.

Notre stratégie globale est claire : conforter notre modèle social. Mais le progrès social passe aussi aujourd'hui par l'augmentation du nombre des heures travaillées dans notre pays.

Q - C'est l'enjeu du débat sur les 35 heures. Vous avez évoqué de nouveaux assouplissements. Quand annoncerez-vous vos décisions ?

Jean-Pierre RAFFARIN - J'écouterai les conclusions des discussions engagées par Gérard Larcher, le ministre délégué aux Relations du travail. Puis nous conclurons avant la fin de l'année.

Q - Par la loi ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Il y a de toute façon un rendez-vous législatif obligatoire fin 2005 sur le régime dérogatoire applicable aux heures supplémentaires dans les entreprises de moins de 20 salariés. Pour le reste, nous recherchons en priorité un accord avec les partenaires sociaux. A défaut d'accord, l'Etat prendra ses responsabilités.

Q - Reviendrez-vous sur les 35 heures dans la fonction publique et en particulier à l'hôpital ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Le gouvernement précédent n'a pas su anticiper les effets des 35 heures dans la fonction publique. Je tiens à saluer l'effort des personnels des hôpitaux qui ont fait face à des situations qui n'avaient pas été préparées. Mais une remise en cause des dispositifs dans la fonction publique n'est pas à l'ordre du jour.

Q - Y aura-t-il une loi pour instaurer un service garanti dans les transports publics ?

Jean-Pierre RAFFARIN - La rupture dans la continuité du service public n'est plus tolérée par l'opinion publique. Une commission d'experts vient de présenter des propositions. Des discussions ont été engagées par Gilles de Robien avec les partenaires sociaux. Elles visent à privilégier la voie de l'accord. A défaut, une disposition législative sera peut-être nécessaire. Mais, là aussi, je fais confiance au dialogue.

Q - En obtenant le remplacement de François Roussely à la présidence d'EDF, avez-vous le sentiment d'avoir remporté un bras de fer avec Jacques Chirac ?

Jean-Pierre RAFFARIN - L'idée d'un bras de fer entre le président de la République et le Premier ministre n'a pas de sens dans la Ve République. A nouveau projet, nouvelle équipe, voilà la logique que je défendais et qui a été retenue.

Q - En nommant votre directeur adjoint de cabinet, Jean-François Cirelli, à la présidence de Gaz de France, ne craignez-vous pas que l'on reproche au gouvernement de nommer ses amis ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Ce n'est pas parce que l'on a travaillé à l'Élysée ou à Matignon que l'on devrait être sans avenir. Arrêtons les mauvais procès ! Il suffit de comparer avec les nombreuses nominations décidées, souvent brutalement, par les gouvernements de gauche. Je suis prêt à cette comparaison à tout moment. Pour ce qui est de Jean-François Cirelli, c'est un serviteur de l'État qui a une grande compétence et un sens élevé de l'intérêt général. C'est pour cela que je l'avais appelé à mes côtés. C'est pour cela que je l'ai nommé à Gaz de France.

Q - Le lundi de Pentecôte sera-t-il travaillé dans les écoles de France, comme l'a envisagé François Fillon ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Nous nous inscrivons dans le strict respect de ce qui avait été décidé avec les parlementaires. Chaque recteur d'académie a jusqu'au 26 octobre pour choisir la journée de travail supplémentaire qui est l'expression de la solidarité nationale envers les personnes âgées et les personnes handicapées. Si une académie préfère un autre jour que le lundi de Pentecôte, elle en aura la liberté.

Q - L'idée a été à nouveau formulée de rendre fériées des fêtes juives ou musulmanes.

Jean-Pierre RAFFARIN - Cette idée n'est pas à l'ordre du jour du gouvernement.

Q - Que mettrez-vous dans la loi d'orientation sur l'école promise pour la fin de l'année ?

Jean-Pierre RAFFARIN - La rentrée scolaire s'est déroulée dans de très bonnes conditions. Je suis très reconnaissant à la communauté éducative pour sa mobilisation. L'éducation est l'un des grands enjeux de l'avenir de notre pays. Après la phase d'écoute menée par la commission Thélot, nous allons identifier tout ce qui est nécessaire pour améliorer la situation, répondre aux attentes des enseignants, des parents et des élèves. Notre objectif prioritaire est de lutter contre l'échec scolaire parce que l'échec d'un élève, c'est l'échec de l'ensemble du système éducatif : chaque jeune doit se voir offrir un parcours de réussite. Nous avons besoin d'une école moderne : aujourd'hui, lire, écrire, compter sont des savoirs fondamentaux, mais ils ne suffisent plus. Il faut dorénavant que dès le primaire les élèves se familiarisent avec les langues vivantes et avec l'informatique.

Q - Dans deux mois, Nicolas Sarkozy va quitter votre gouvernement pour prendre la présidence de l'UMP. Allez-vous le regretter ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Bien sûr. Cela fait deux ans et demi que je travaille avec lui ; nous nous sommes habitués l'un à l'autre. Il a fait son choix, je le respecte.

Q - Vos relations ne vont-elles pas être plus compliquées maintenant ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Je n'ai pas eu, je n'ai pas et je n'aurai pas de difficultés à travailler avec Nicolas Sarkozy. Parmi les devoirs de l'UMP, il y a celui du soutien et de la loyauté envers le président de la République et le gouvernement.

Q - En permettant à Nicolas Sarkozy de rester à Bercy jusqu'à son élection à la tête de l'UMP, Jacques Chirac ne vous a-t-il pas empêché de procéder au remaniement à la date de votre choix ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Le président a énoncé le 14 juillet une règle très précise. Il était très clair pour moi dès cet instant qu'elle ne souffrirait aucun assouplissement, aucune dérogation, quant à la date de son application.

Q - Quand Nicolas Sarkozy dit qu'entre Jacques Chirac et lui il n'y a désormais plus d'intermédiaire, ne fait-il pas disparaître le Premier ministre ?

Jean-Pierre RAFFARIN - J'espère bien qu'il n'y aura pas d'intermédiaire entre eux. Tout comme il n'y a aucun intermédiaire entre le président de la République et le Premier ministre. L'exécutif n'a que deux têtes. C'est lors des tête-à-tête que j'ai avec le chef de l'Etat qu'est fixée la ligne du gouvernement. Sans intermédiaire.

Q - Tout de même, Nicolas Sarkozy ne sera-t-il pas un partenaire plus compliqué qu'Alain Juppé ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Alain Juppé s'est remarquablement acquitté de sa mission à la présidence de l'UMP. Nicolas Sarkozy sait lui aussi que l'union est indispensable. Et son énergie sera utile à l'UMP. Le rôle du parti est, je le répète, d'éclairer les dossiers d'avenir et de soutenir l'action gouvernementale. Nous devons donc faire vivre une éthique de discussion entre le gouvernement et le parti majoritaire.

Q - Que pensez-vous de son souhait d'établir dès l'année prochaine les règles de désignation du candidat de l'UMP à l'élection présidentielle ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Pour certains, il est du rôle d'un parti de désigner un candidat à la présidence de la République. Pour beaucoup d'autres, la candidature d'un homme ou d'une femme doit précéder le soutien qu'un parti peut éventuellement lui apporter. Cette seconde conception correspond à la tradition gaulliste. La culture des militants et des électeurs de la majorité n'a pas à être identique à celle des socialistes. De mon point de vue, la candidature est personnelle et le soutien est collectif.

Q - Avez-vous déjà choisi le successeur de Nicolas Sarkozy à Bercy ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Dans mes responsabilités, l'anticipation est une nécessité. Je me suis effectivement préparé à cette hypothèse. Vous ne saurez rien de plus.

Q - Souhaitez-vous faire entrer au gouvernement d'autres ministres UDF ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Je ne cesse de dire que je suis très ouvert à un partenariat majoritaire, à un contrat de confiance entre l'UMP et l'UDF. Il n'y a pas de raison pour que ce contrat ne se prolonge pas dans la composition du gouvernement.

Q - Comptez-vous prendre la tête de la campagne pour le référendum sur la Constitution européenne ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Personne ne sera propriétaire du référendum. La campagne doit être une campagne collective, pluraliste, ouverte, pas une démarche partisane, plébiscitaire ou institutionnelle. J'y prendrai ma part, mais rien que ma part. Un grand débat s'ouvre pour la France. Nous veillerons à ce que l'Europe respecte l'esprit social français, le service public à la française. J'espère que chacun mesurera l'enjeu historique de ce référendum. Le monde est trop dangereux pour que l'Europe se taise et que la France hésite. Je vivrai cette campagne passionnément puisqu'il s'agit de réussir le destin de la France.

Q - Que pensez-vous de la prise de position de Laurent Fabius ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Le calcul semble l'emporter sur le projet. En privilégiant la consultation interne au PS, il se trompe de référendum.

Q - A en croire de nombreux commentateurs et même plusieurs de vos ministres, votre successeur serait déjà trouvé, il s'agirait de Dominique de Villepin. Avez-vous l'impression d'être un Premier ministre en sursis ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Seuls les faits disent la vérité. J'ai un programme de travail pour l'ensemble de la législature. Je laisse parler les pronostiqueurs. Le travail ne me laisse pas le temps de jouer. Je suis maintenant engagé dans une nouvelle phase de ma mission. Après avoir mené des réformes de nécessité pour notre société (retraite, maladie, dépendance, décentralisation...), je proposerai prochainement une nouvelle étape de mon action avec pour objectif l'amélioration de la vie des Françaises et des Français (emploi, école, santé, logement, environnement...).

Q - Votre candidature au Sénat n'annonce donc pas votre départ de Matignon ?

Jean-Pierre RAFFARIN - Ma candidature dans la Vienne est un choix de fidélité. Pour moi, la fidélité est une forme de l'honneur. J'ai toujours pensé qu'un responsable national devait être enraciné y compris quand il dirige le gouvernement.

(Source http://www.u-m-p.org, le 17 septembre 2004)

Rechercher