Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer, sur l'évolution des travaux de construction de la LGV Est européenne et sur la création de l'Agence de financement des infrastructures de transports, Vadenay (Marne) le 19 octobre 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer, sur l'évolution des travaux de construction de la LGV Est européenne et sur la création de l'Agence de financement des infrastructures de transports, Vadenay (Marne) le 19 octobre 2004.

Personnalité, fonction : ROBIEN Gilles de.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer

Circonstances : Pose du 1er rail de la ligne LGV Est européenne à Vadenay (Marne) le 19 octobre 2004

ti : Messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les sénateurs,
Mesdames et messieurs les députés,
Mesdames et messieurs les présidents,
Mesdames et messieurs les maires
Messieurs les préfets,
Mesdames et messieurs

C'est avec grand plaisir que je me trouve aujourd'hui parmi vous pour fêter la pose du premier rail de la LGV Est-européenne. C'est un grand moment pour beaucoup d'entre nous, et surtout pour Réseau ferré de France, dont je salue en particulier le président, Jean-Pierre DUPORT.

Je voudrais commencer par rappeler l'histoire de ce projet, qui a démarré voilà maintenant de nombreuses années. Je sais que les années qui ont suivi la déclaration d'utilité publique du projet, en 1996, n'ont pas été faciles. Le projet a vraiment démarré en 1999 et, grâce à la mobilisation de tous, a pu se concrétiser à travers la signature par dix sept collectivités locales, RFF, la SNCF et l'État le 7 novembre 2000 d'une convention de financement de la première phase de ce projet, longue de plus de 300 kilomètres.

Depuis le lancement des travaux en janvier 2002, tout le monde a pu observer sur le terrain que le projet progresse à un rythme soutenu : à l'heure qu'il est, les équipes de Réseau ferré de France sont déjà en train de réceptionner les premiers lots de génie civil, les premiers poteaux support de caténaires ont déjà été posés, et j'ai appris que 290 ouvrages d'art sont d'ores et déjà terminés ou en cours de réalisation.

J'ai entendu tout à l'heure les chiffres incroyables annoncés par le président DUPORT : je pense qu'ils mettent en évidence le gigantisme de ce chantier.

Ce chantier qui se déroule devant nous, et auquel j'ai eu le plaisir, bien modestement de contribuer aujourd'hui, est, je pense qu'il faut le souligner, un des plus grands chantiers d'Europe. Cette infrastructure nouvelle de trois milliards et demi d'euros représente un investissement formidable pour l'avenir de notre pays et je crois que nous avons une chance incroyable d'y contribuer.

Ce chantier représente aussi, très concrètement, des emplois pour les régions concernées : on estime en effet je crois à plus de 12000 le nombre d'emplois directs ou indirects crées pour répondre à la demande des entreprises de construction pour ce chantier. C'est une chance pour nos régions et je voudrais en profiter pour saluer ici les femmes et les hommes qui travaillent sur ce chantier. Je tiens à leur exprimer ma plus profonde admiration.

Je félicite aussi RFF, le maître d'ouvrage, dont c'est le premier chantier de LGV réalisé entièrement sous sa maîtrise d'ouvrage, et plus particulièrement l'équipe de la LGV Est-européenne, autour de Monsieur Patrick TRANNOY et Alain CUCCARONI et bien sûr la SNCF, dont les équipes sont également mises à contribution à la fois sur le chantier et sur la mise en musique de ce qui sera pour les futurs voyageurs le TGV Est-européen. Je tiens également à vous féliciter, mesdames et messieurs les élus pour votre mobilisation sans précédent autour de ce projet. Je veux aussi féliciter tous ceux qui participent à ce fabuleux projet : les entreprises de construction, les bureaux d'études, les architectes, les paysagistes, les services de l'État -vous me permettrez de délivrer une mention spéciale à la DTT et aux services déconcentrés que sont les DRE et les DDE -, mais aussi les citoyens mobilisés autour du projet, les associations qui se sont formées et qui ont contribué , parfois dans la lutte, à améliorer ce projet au fil des jours.

Je suis certain que vous attendez tous le mois de juin 2007 avec au moins autant d'impatience que moi !

Aujourd'hui, nous sommes à moins de 1000 jours de la date de la mise en service de ce projet. Il y a encore un long chemin à faire, et toutes les difficultés ne sont pas, loin s'en faut, derrière nous, mais la pose de ce premier rail nous rapproche singulièrement du moment où les premiers TGV circuleront entre l'ouest et l'est de la France mais aussi vers l'Allemagne et le Luxembourg, dont je salue les représentants.

Car ce projet remplira en effet trois fonctions :

Premièrement, il reliera directement Paris au centre des principales villes de l'Est de la France que sont Reims, Metz, Nancy, Strasbourg, Charleville-Mézières, Châlons-en-Champagne, Vitry-le-François, Bar-le-Duc, Thionville, Forbach, Epinal, Remiremont, Lunéville, Saint-Dié, Colmar et Mulhouse, j'espère ne pas en avoir oublié !

Deuxièmement, le TGV est européen reliera directement l'Est au Nord, à l'Ouest et au Sud-Ouest de la France, ainsi qu'à l'Ile-de-France, par utilisation des lignes de contournement de Paris et des gares d'interconnexion.

Enfin, et ce n'est pas le moindre des objectifs de ce projet, il permettra de créer un nouveau réseau de relations européennes en permettant la desserte de Luxembourg, Sarrebruck, Karlsruhe, Mannheim, Francfort, Stuttgart, Munich, Bâle, Zurich, Bruxelles et Londres grâce à la ligne à grande vitesse Nord-Europe et au tunnel sous la Manche.

Les échanges entre nos États devraient s'en trouver renforcés, de même que la place de Strasbourg comme capitale d'une Europe qui vient de s'élargir à l'Est et je me réjouis avec vous de ce que nos partenaires allemands aient confirmé, malgré leurs difficultés budgétaires, qu'ils engageaient les études et travaux sur le doublement du pont de Kehl, et au delà sur la section entre Kehl et Appenweier pour 2010.

Je sais qu'un gros travail est actuellement en cours sur la restructuration des dessertes locales qu'il faudra envisager à la mise en service du TGV est-européen. Je suis certain que ce travail aboutira à la meilleure propagation de la grande vitesse dans vos régions que vous saurez, je n'en doute pas, accompagner : en effet, si la mise en service d'une nouvelle infrastructure de transport se traduit par des effets très positifs pour les usagers, tels les gains de temps, l'amélioration des conditions de sécurité, du confort et de la qualité de service, elle est aussi de nature à modifier l'environnement socio-économique des régions qu'elle dessert. Outre les effets sur l'environnement, le paysage, elle a une influence sur l'organisation de l'espace, la localisation des activités, le développement de certaines d'entres-elles avec toutes les conséquences associées sur l'économie : emploi, démographie, localisation de l'habitat, transformations sociales. Il faut profiter du puissant effet de levier que représente l'arrivée du TGV.

Aussi, conscient de ces enjeux et des attentes locales, le gouvernement a souhaité le 18 décembre dernier que les travaux de la seconde phase soient engagés au plus tard en 2010, et je peux vous annoncer, que mes services travaillent actuellement avec RFF et la SNCF sur des scénarios qui permettraient de rapprocher le plus possible les travaux de la seconde phase de la mise en service de la première phase et tentent de relever le défi d'anticiper les travaux de la seconde phase en 2008. Aussi, j'ai décidé à la fin de l'été 2004 de confier Conseil Général des Ponts et Chaussées une mission spécifique d'examen des conditions de financement de cette seconde étape, qui permettra de mettre au point le plan de financement nécessaire.

Afin de pouvoir accélérer le financement des grandes infrastructures de transport, le Gouvernement a décidé la mise en place d'une agence de financement des infrastructures de transports, qui prendra en charge la part de l'Etat dans le financement des grands projets nationaux. Cette agence, dont le décret de création sera signé tout prochainement, sera opérationnelle dès 2005 et financera entre autres la part de l'Etat dans les prochains projets de LGV.

Je l'ai dit à l'occasion de la présentation du budget de mon ministère : la création de l'agence cette année est tout simplement historique, et elle permettra de voir se réaliser simultanément, chose jamais vue, la réalisation de plusieurs LGV.

Je tiens également à répéter ici ce que j'ai dit il y a quelques jours à monsieur le maire de Troyes, M. Baroin, accompagné du Président du Conseil Régional de Champagne Ardennes : l'État prendra sa part de la réévaluation de l'opération du péri urbain de Reims tout en honorant ses autres engagements au titre du contrat de plan, et notamment en ce qui concerne l'opération Paris-Bâle dont je connais l'importance pour la Région, et pour laquelle j'ai demandé à monsieur le préfet de la région Champagne-Ardennes de boucler la convention de financement des études et de première phase de travaux pour cette fin d'année.

Il me reste maintenant à vous donner rendez-vous pour d'autres étapes importantes que nous aurons collectivement à franchir très prochainement : je pense par exemple à la signature du plan de financement de la seconde phase qui permettra de démarrer les travaux presque dans la foulée de la mise en service de la première phase ou à la signature d'un traité international qui permettra d'engager les travaux de doublement du Pont de Kehl.

D'ores et déjà,, je peux vous confirmer que j'ai déjà fait inscrire une partie des crédits nécessaires pour la seconde phase dans le budget 2005 de l'agence de financement des infrastructures de transport.

Vous le voyez, à peine achevons-nous pour cette première phase les travaux de génie civil et lançons-nous ceux d'équipements ferroviaires, que déjà nos regards se tournent vers l'Est, avec un objectif commun d'arrivée à Strasbourg d'un TGV parti de Paris 1H50 auparavant.

Je souhaite que toutes nos énergies se mobilisent vers cet objectif et vous donne donc rendez-vous pour la prochaine grande échéance qui sera l'inauguration non pas du premier rail, mais du premier train sur cette ligne nouvelle.

(Source http://www.equipement.gouv.fr, le 21 octobre 204)

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