Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, sur la baisse de la délinquance et de l'insécurité, la lutte contre les trafics de drogue, la cybercriminalité et l'immigration clandestine et sur les moyens mis en oeuvre pour y parvenir, Meaux le 29 novembre 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, sur la baisse de la délinquance et de l'insécurité, la lutte contre les trafics de drogue, la cybercriminalité et l'immigration clandestine et sur les moyens mis en oeuvre pour y parvenir, Meaux le 29 novembre 2004.

Personnalité, fonction : GALOUZEAU DE VILLEPIN Dominique.

FRANCE. Ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales

Circonstances : Visite à Meaux (Seine-et-Marne), pour le suivi du programme pilote mené dans les 24 quartiers, le 29 novembre 2004

ti : Mesdames et Messieurs les Maires,
Cher Jean-François,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,


Je veux vous remercier pour l'accueil chaleureux que vous et vos concitoyens m'avez réservé ce matin en m'accueillant dans les quartiers de Beauval et de la Pierre Collinet. C'est à l'invitation de mon ami Jean-François COPE, à qui je voudrais rendre ici hommage pour l'action qu'il conduit à mes côtés au Ministère de l'intérieur. Chaque jour, la qualité de son travail se révèle un appui précieux. Je l'en remercie.

Permettez-moi d'abord d'évoquer la mémoire de ces lieux. Les Français n'ont pas oublié qu'il y a 90 ans, ici, dans les environs de Meaux et du canal de l'Ourq, sont tombés des milliers de soldats, lors de la première bataille de la Marne. Ils défendaient notre liberté, comme le fit avant eux, sur d'autres fronts et pour un autre peuple, le général La Fayette, qui fut votre député en 1827. Je sais combien ces hommes ont marqué votre ville et votre département.

La Seine-et-Marne nous parle en effet de la France : elle en a tous les visages. Celui des villes et de leurs agglomérations, où vivent de plus en plus de franciliens : 350 000 devraient encore arriver d'ici 10 ans. Celui de la ruralité, à travers des villages préservés, une agriculture maintenue et un tourisme vert en plein essor. Le visage aussi du développement économique, en particulier dans ces villes nouvelles, comme Marne-la-Vallée, où se rassemblent étudiants, chercheurs et chefs d'entreprises. Le visage enfin d'un patrimoine naturel et culturel inestimable, qu'il s'agisse de la Forêt de Fontainebleau, premier site naturel d'Europe, ou des cités médiévales comme Provins ou Jouarre.

Chacun dans votre commune vous créez et mettez en valeur ces atouts. Vous le faites avec talent, avec dynamisme et avec confiance dans l'avenir.

Au c¿ur de votre département se trouve Meaux où nous sommes réunis aujourd'hui. C'est pour moi l'occasion d'apprécier le choix que vous avez fait ici, cher Ange Anziani et cher Jean-François : celui de la proximité. Vous avez mis le citoyen au centre de vos préoccupations. Vous avez compris qu'il fallait une action globale et déterminée pour offrir aux Meldoises et aux Meldois la tranquillité et la sécurité, mais aussi pour leur permettre de se loger, de se former, de se distraire et de travailler, dans les meilleures conditions.

C'est l'objet de l'ambitieux programme de rénovation urbaine engagé avec le soutien de l'Etat : 167 millions d'euros sur 5 ans permettront notamment de réhabiliter plus de 1 000 logements dans les résidences Frot, Buffon et Provence. Ils ont servi à façonner le nouveau parc du Chenonceaux, au c¿ur de Beauval, que vous allez inaugurer vendredi. Vous avez aussi voulu mieux protéger nos concitoyens, en liaison avec les forces de sécurité nationales : votre police municipale effectue un remarquable travail d'îlotage, notamment grâce à la création d'une brigade canine et d'une brigade VTT. Enfin, vous menez une politique de soutien à l'emploi, à la culture et au sport, en particulier, au bénéfice des plus jeunes. En témoigne le rôle actif que joue le Conseil Consultatif des Jeunes aux côtés de l'équipe municipale.

Vous êtes pleinement engagés dans le programme pilote des "24 quartiers". Votre expérience nourrira le projet de prévention de la délinquance que je présenterai dans quelques semaines.


1. Ici à Meaux, je suis venu vous réaffirmer mon soutien et l'engagement de l'Etat à vos côtés.

Ce matin j'ai rencontré les habitants de Meaux. J'ai écouté leurs demandes et entendu leurs préoccupations. J'ai constaté qu'ils sont prêts à s'engager auprès de l'Etat, des élus et des associations. Notre premier devoir c'est de faire reculer l'insécurité.

Pour cela, les services de police et de gendarmerie de votre département, en liaison avec les polices municipales, sont totalement mobilisées. Les résultats sont là.

Sur la Seine-et-Marne, la délinquance générale baisse de près de 3 %, et la délinquance de voie publique, de plus de 8 %.

L'activité judiciaire des services a permis un taux d'élucidation des affaires supérieur à la moyenne nationale.

J'ai donné aux forces de sécurité des instructions pour poursuivre dans cette voie. J'ai rencontré ce matin l'ensemble des directeurs départementaux de la sécurité publique afin de leur faire-part des principales orientations.

Ici, comme sur l'ensemble du territoire, je veille également à ce que le redéploiement des zones entre la police et la gendarmerie soit le plus harmonieux et le plus rationnel possible. Cette opération se mettra en place à partir du 3 janvier 2005. Elle permettra davantage d'efficacité et une meilleure répartition des moyens.

Nous le savons tous : en matière de sécurité, il faut de la volonté et des hommes. Mais il faut aussi des bâtiments pour les accueillir. C'est pourquoi je me réjouis du nouvel élan donné aux projets immobiliers de la police nationale à Meaux. En accord avec Jean-François COPE, j'ai pris la décision le 21 juin dernier de lancer un projet ambitieux : en plus de la création d'un cantonnement de CRS, l'annexe de l'hôtel de police accueillera une structure de commandement, la compagnie départementale d'intervention, et la brigade anti-criminalité. La plupart des services de police y seront représentés, avec notamment une brigade des mineurs, mais également une brigade des stupéfiants et une brigade de sûreté urbaine. Cette antenne comprendra enfin le centre départemental des stages et de la formation. Le coût total de ces opérations avoisinera les 20 millions d'euros.

C'est un outil essentiel. J'ai souhaité qu'il soit réalisé dans des délais rapides : c'est pourquoi nous avons fait le choix de la location avec option d'achat. Les nouveaux bâtiments seront livrés au premier semestre 2007.

Enfin, je serai attentif aux effectifs mis à disposition du commissariat de Meaux. 14 policiers supplémentaires vont être affectés entre le 1er janvier et le 1er février 2005. Ces arrivées offriront à la circonscription de Meaux des moyens en adéquation avec ses nouvelles charges opérationnelles, avec notamment l'ouverture d'un centre de rétention de 600 places.


Ces moyens nouveaux sont indispensables. Car, nous le savons, en matière de sécurité, rien n'est jamais acquis. Notre société fait face à des menaces diverses, des violences intra-familiales aux profanations de sépultures, des trafics de drogue aux réseaux terroristes. Trop souvent, nos valeurs fondamentales et notre règle républicaine sont bafouées par des gestes, des paroles ou des comportements qui mettent en danger notre cohésion nationale.

Face à cette situation, vous connaissez ma première priorité : faire respecter l'autorité de l'Etat. C'est une attente forte de nos concitoyens. A l'école, dans les quartiers difficiles, face au risque du communautarisme, l'Etat doit affirmer et défendre nos principes : l'égalité, la laïcité, la tolérance et le refus de toutes les discriminations.


2. Pour cela, nous devons maintenant franchir une nouvelle étape dans notre lutte contre l'insécurité.

Depuis plus de deux ans, grâce à la mobilisation de nos forces de sécurité, des progrès considérables ont été réalisés.

· Depuis le début de l'année la délinquance générale a diminué de 4,5 % : c'est la plus forte baisse de la délinquance depuis dix ans.

· Cette amélioration est encore plus nette pour les crimes et délits de voie publique qui reculent de 9 %.

Nous avons également obtenu des résultats significatifs dans la lutte contre des violences particulièrement graves et difficiles à traiter.

· Les violences aux personnes d'abord, que nous avons réussi à stabiliser depuis deux mois, pour la première fois depuis 1997.

· Ensuite les violences racistes et antisémites : notre mobilisation commence à porter ses fruits. Depuis trois mois nous avons enrayé la hausse constatée au début de l'année 2004.


Mais, le Président de la République l'a rappelé le 8 novembre dernier à Nîmes, nous ne devons pas en rester là. Il nous faut amplifier nos efforts dans deux directions :

D'abord mettre en place une véritable politique de prévention : j'ai eu l'occasion d'en parler, il y a quelques instants, lors de l'installation du Conseil Local pour la Sécurité et la Prévention de la délinquance. J'ai souligné toute l'efficacité des initiatives mises en ¿uvre aujourd'hui à Meaux. Dans ce domaine, votre ville constitue un véritable laboratoire.

Ensuite, pour faire reculer durablement l'insécurité, nous devons nous attaquer au noyau dur. C'est le sens des chantiers que j'ai lancés contre le trafic de drogue et les filières mafieuses, contre la cybercriminalité ou contre l'immigration irrégulière.

Dans ces combats, il faut changer d'échelle. C'est pourquoi j'ai voulu renforcer notre réponse dans deux directions. D'abord, contre des organisations ramifiées, nous devons décloisonner nos services et nos méthodes. C'est ce que j'ai demandé aux GIR en septembre dernier et aux Gendarmes jeudi dernier. Dans cet esprit nous allons mettre en place un Comité Opérationnel de Lutte contre les Trafics.

Ensuite nous devons mieux exploiter l'arme financière pour asphyxier les réseaux mafieux : pour aller plus loin dans le démantèlement des trafics de drogue, nous allons créer une Cellule d'Identification des Patrimoines. Elle nous permettra de multiplier les saisies en France mais aussi à l'étranger.

Enfin, nous devons répondre à ce grand défi républicain qu'est l'immigration irrégulière, en appliquant une règle de fermeté. C'est la clé indispensable pour ne pas faire voler en éclats des années d'efforts d'une intégration patiente sur notre territoire et dans les quartiers, une intégration dont vous êtes souvent les premiers artisans. Ce n'est qu'en affirmant l'autorité de l'Etat, que nous pourront donner à chacun les mêmes chances, à l'école, dans l'entreprise, dans la vie.

C'est pourquoi je veux mettre en place un plan global contre l'immigration irrégulière. Il devra agir à tous les niveaux. D'abord, le pays d'origine, avec lequel nous devons construire, en liaison avec nos partenaires européens, des projets de co-développement, afin d'ouvrir une alternative économique au désir d'émigration. Ensuite les pays de transit, que nous devons aider à mieux contrôler leurs frontières. Enfin, nous devons renforcer notre coopération européenne dans le démantèlement des filières et les reconduites à la frontière.

Cela implique que chaque pays, à son échelle, se donne les moyens de lutter activement contre l'immigration illégale. C'est ce que nous faisons :
·* Nous avons augmenté de 60 % depuis le début de l'année le nombre des reconduites aux frontières. J'ai fixé l'objectif de 20 000 éloignements en 2005.
· *Nous allons également augmenter le nombre de places en centres de rétention administrative, pour passer rapidement à 1600 places contre 1100 en 2004. C'est aussi une priorité dans notre budget, qui passe d'1 million à 33 millions d'euros.
·* Nous allons également donner de nouveaux pouvoirs aux maires pour qu'ils puissent contrôler l'authenticité des certificats d'hébergement. Vous savez qu'un grand nombre d'immigrés illégaux sont entrés dans notre pays de manière régulière grâce à des visas de court séjour et à ces certificats.
·* Enfin, nous devons encore réduire les délais de traitement des demandes d'asile, pour arriver à une durée qui n'excède pas six mois, contre près de deux ans aujourd'hui.


Mesdames, Messieurs,

Je vous ai fait part de ma détermination à passer la vitesse supérieure, pour protéger les Français et préserver notre cohésion nationale. Je sais que vous partagez tous, et en particulier, toi cher Jean François, cette exigence. Soyez assurés que sur l'ensemble du territoire, l'Etat n'oubliera personne dans ses missions d'autorité et de solidarité.

A l'image de Meaux, irriguée par la douce Marne, à la fois enracinée dans son histoire et tournée vers l'avenir, nous devons nous rassembler au service de nos concitoyens. Ensemble, nous parviendrons à relever les défis de notre République.


Je vous remercie.




(Source http://www.interieur.gouv.fr, le 30 novembre 2004)

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