Déclaration de M. François Fillon, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la formation supérieure des ingénieurs et la création d'une nouvelle école d'ingénieurs, Marseille le 19 novembre 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la formation supérieure des ingénieurs et la création d'une nouvelle école d'ingénieurs, Marseille le 19 novembre 2004.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

Circonstances : Inauguration de l'Ecole généraliste d'ingénieurs à Marseille le 19 novembre 2004

ti : Mesdames, Messieurs,


J'ai de sérieuses raisons de me réjouir d'être parmi vous aujourd'hui !

La mise en place d'une école d'ingénieur n'a rien d'un moment anodin. C'est la promesse de voir monter de nouvelles générations de créateurs capables d'apporter non seulement des compétences techniques aux entreprises mais surtout un état d'esprit ouvert à l'innovation et à l'inventivité.

De cette perspective dépend la prospérité de notre pays, le caractère durable de son développement et au-delà son rayonnement de part le monde.

Cette ambition est au coeur de l'Ecole Généraliste d'Ingénieurs de Marseille (EGIM).

Fruit d'une coopération exemplaire entre l'Etat, ses universités, les collectivités locales et les milieux économiques, l'EGIM offre à Marseille une école d'ingénieur dont la taille lui assure enfin une visibilité à la hauteur de ses qualités.

Je sais combien une telle réalisation était attendue. La création de l'EGIM par le décret d'octobre 2003, à partir de la fusion de trois écoles universitaires, marquait ainsi l'aboutissement d'un long cheminement.

En intégrant, en juillet dernier, l'Ecole Supérieur d'Ingénieurs de Marseille (ESIM), établissement de la C.C.I. de Marseille Provence, un nouveau pas était franchi. Au-delà de l'enrichissement d'un nouveau maillon, ce rapprochement symbolise l'implication du monde industriel dans la structuration de ce nouveau pôle de formation.

Aussi faut-il voir dans cette belle réalisation la capacité d'un site universitaire à s'organiser et à se doter des moyens d'accompagner le développement économique et de soutenir l'innovation. C'est pourquoi, je souhaiterais remercier chacun d'entre vous pour avoir démontré l'efficacité d'un partenariat local singulièrement intelligent.

On me permettra de souligner, ici, la qualité de la contribution des universités et la volonté de leurs présidents qui ont su définir un nouvel espace de formation et de recherche au-delà de leur seul périmètre d'intervention et de responsabilité. Ce n'était pas facile, je le sais, et leur mérite n'en est que plus grand.

Je remercie, plus particulièrement, Jean-Paul Fabre pour avoir su fédérer avec efficacité les principaux acteurs du projet.

Votre volonté d'adaptation ; votre soucis d'excellence au service du tissu économique ; votre attachement à améliorer l'offre d'enseignement supérieur à Marseille, m'ont incité -sur les recommandations éclairées de l'intergroupe des écoles centrales dont je remercie les Directeurs ici présents- à faire de l'EGIM la cinquième école centrale.

Ceci consacre le travail mené par l'EGIM depuis sa création avec l'intergroupe des écoles centrales et la vocation de l'EGIM à développer des partenariats et des réseaux non seulement en France mais aussi à l'international.

Ce succès du site marseillais, Mesdames et Messieurs, nous montre la voie à suivre... Une voie que je fais mienne à un moment où l'ouverture internationale nous oblige à repenser l'organisation de notre système d'enseignement supérieur et de recherche.

Dans un monde multipolaire où chaque pays est en concurrence, le marché du savoir est le théâtre d'une compétition des plus féroces.

Certes, nos établissements y font face depuis longtemps, notamment dans les domaines de pointes. Mais le développement d'une société de l'intelligence, l'accélération de la diffusion du savoir, les répercutions économiques de la recherche scientifique et industrielle, les placent dans un rapport nouveau d'émulation et de compétition.

Face à cette nouvelle donne, nous ne devons pas être saisis par le doute. Car j'ai la conviction que nos formations supérieures et notre recherche universitaire disposent des moyens et des potentiels pour y faire face.

Mais encore faut-il que nos établissements coopèrent et associent toutes leurs compétences chaque fois que cela est possible.

Dans sa responsabilité stratégique, l'Etat y veillera.

Les grandes écoles qui développent une stratégie internationale ont déjà pleinement pris conscience du handicap que peut constituer leur taille, souvent modeste, qui ne permet pas toujours l'expression d'une puissance scientifique pourtant réelle et reconnue dans nos frontières.

C'est pourquoi les initiatives prises dans le sens d'un regroupement de leur force sont et seront soutenues, à la condition évidemment qu'elles soient marquées du sceau de la qualité. Et je crois que le site marseillais peut en témoigner : au-delà des 100 millions d'euros attribués dans le cadre des contrats des universités, ce sont près de 5 millions d'euros qui ont été accordés pour des actions communes.

S'agissant des relations entre nos universités et nos écoles, il va de soi qu'elles ne sauraient se définir en des termes qui opposent les unes aux autres comme ce fut trop souvent le cas par le passé.

Les universités et les écoles ne se confondent pas. C'est la culture de notre pays. Néanmoins nous devons, là encore, encourager clairement les unes et les autres à forger de nouvelles alliances et à mettre en commun leurs compétences pour favoriser des formations et une recherche au meilleur niveau.

Des formations d'ingénieurs qui quittent l'université pour rejoindre un ensemble plus vaste, comme c'est le cas ici à Marseille avec l'EGIM, ne quittent pas pour autant l'espace universitaire dont elles sont issues. Cet espace constitue, en effet, le creuset de formation, de recherche, de transfert et de valorisation qui donne à une politique de site tout son sens.

C'est une politique que j'entends bien promouvoir.

Car j'ai la conviction que nos établissements d'enseignement supérieur doivent disposer d'un cadre de coopération suffisamment puissant et structuré. C'est le préalable pour rivaliser avec Shanghai, Yale ou le M.I.T. La mise en place de la réforme LMD et la montée en puissance des écoles doctorales que je viens d'engager nous obligent d'ailleurs à cette évolution.

L'objectif est d'offrir aux établissements universitaires, aux grandes écoles, aux instituts de recherche d'une même zone géographique les moyens de coordonner leurs efforts de façon plus efficace qu'ils ne le font aujourd'hui. Ce qu'il faut, c'est offrir à ces acteurs la possibilité de travailler ensemble dans un pôle, adossé à une structure universitaire apte à innover en partenariat avec les entreprises et les collectivités territoriales.

L'heure n'est donc plus à une compétition stérile entre établissements sur un même site mais à une coopération sur des bases claires et fédérant les forces existantes les plus dynamiques. Il faut permettre aux différents acteurs français - universités, organismes nationaux de recherche, grandes écoles, entreprises - de conjuguer voire d'agréger leurs forces afin d'atteindre le niveau le plus élevé auquel ils peuvent prétendre.

Dans cet esprit, je souhaite que nos pôles d'excellence permettent d'élaborer des stratégies plus efficaces entre les différents acteurs de la recherche. Certes, entre les institutions publiques mais aussi avec les organismes privés et les entreprises. Car le temps des cloisons est révolu !

Trop longtemps, les recherches publiques et privées ont été opposés... Elles doivent se conforter mutuellement ! Plus la recherche publique est efficace, plus elle rend performante la recherche privée. Et l'inverse est aussi vrai...

Le réseau des écoles centrales développe, en ce sens, des liens tissés entre l'enseignement et des centres de recherche tournés vers l'industrie et génère ainsi des millions d'euros par an d'activité contractuelle avec les entreprises. C'est ce type de recherche partenariale que je souhaite voir se développer.

J'ai conscience que travailler ensemble autour d'objectifs partagés n'est pas toujours facile... Cela suppose de bousculer des habitudes et de dépasser des frontières culturelles. Mais c'est le meilleur moyen pour rassembler les équipes et accroître leurs performances. C'est l'espoir de voir naître dans un tel environnement des idées nouvelles et des solutions innovantes. C'est l'espoir de voir se créer les entreprises qui assureront le développement de cette recherche et en exploiteront ses résultats.


Mesdames, Messieurs,

L'âpreté de la compétition internationale nous oblige à une production de qualité exemplaire dans tous les domaines, aussi bien sur le plan académique que dans le recherche finalisée. Nous devons donc, en reconnaissant à nos établissements, universités et écoles, leur identité, veiller également à assurer leur nécessaire complémentarité.

Je ne doute pas que Marseille saura donner l'exemple.

(Source http://www.education.gouv.fr, le 23 novembre 2004)

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