Déclaration de M. Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale, sur la contribution du Parlement aux réflexions sur les impacts de l'environnement sur la santé, à l'Assemblée nationale le 9 décembre 2004. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale, sur la contribution du Parlement aux réflexions sur les impacts de l'environnement sur la santé, à l'Assemblée nationale le 9 décembre 2004.

Personnalité, fonction : DEBRE Jean-Louis.

FRANCE. Assemblée nationale, président;FRANCE. UMP, membre du comité politique

Circonstances : Ouverture du colloque des 2èmes Rencontres parlementaires sur la "Santé et Environnement", à l'Assemblée nationale le 9 décembre 2004

ti : Je souhaitais en premier lieu vous féliciter d'avoir pris l'initiative de reconduire les rencontres parlementaires "Santé et Environnement" organisées par le groupe d'études que vous présidez.

J'inscris ces 2èmes rencontres parlementaires dans le prolongement de vos précédents travaux consacrés au bruit et je suis frappé, cette année encore, par la pertinence des thèmes retenus ainsi que par la qualité des nombreuses personnalités que vous avez choisi d'auditionner.

Je remercie toutes ces personnalités qui ont accepté de participer à ces rencontres parlementaires et je leur souhaite une cordiale bienvenue à l'Assemblée nationale. Par leurs jugements et par leurs compétences, elles éclairent utilement la représentation nationale sur un sujet qui préoccupe de plus en plus nos concitoyens.

Les impacts de l'environnement sur notre santé sont manifestes. Certains éléments d'actualité doivent être perçus aujourd'hui comme un véritable signal d'alarme. J'en veux pour preuve les conclusions du "Plan national santé-environnement" qui vient d'être adopté par le Gouvernement pour les cinq prochaines années et dont l'objectif est de franchir une nouvelle étape dans la prévention des risques sanitaires dus aux pollutions des milieux de vie.

Nous constatons ainsi :

- 30 000 décès anticipés par an qui sont liés à la pollution atmosphérique urbaine ;

- un doublement de la prévalence des maladies allergiques respiratoires depuis vingt ans ;

- 7 à 20 % des cancers seraient imputable à des facteurs environnementaux ;

- près d'un million de travailleurs seraient exposés à des substances cancérogènes ;

- la qualité de l'eau dans le milieu naturel se dégrade.

Ces quelques exemples soulignent l'urgence à agir, d'autant plus que l'évaluation des risques reste insuffisante et nos capacités d'expertises encore trop peu développées.

L'un des mérites du groupe d'études "Santé - Environnement" de l'Assemblée nationale est de rappeler à tous les députés l'importance de ces sujets dans nos débats législatifs. Une autre de ses vertus est de maintenir une vigilance de tous les instants en étroite collaboration avec les scientifiques et divers experts de la société civile.

Dès lors qu'il s'agit de la santé, notre bien le plus précieux, la France doit disposer de systèmes réactifs de veille, de surveillance, d'alerte et d'expertises sur les risques et les dangers. Il nous revient aussi d'améliorer l'état de nos connaissances en encourageant la Recherche, de renforcer la capacité à répondre aux urgences et à gérer les crises, de développer enfin une culture partagée du risque sanitaire en améliorant l'information du public. Voilà quelques unes des priorités que vous avez clairement su identifier et que vous aurez l'occasion d'aborder à la faveur de vos cinq tables rondes.

Je souhaite enfin attirer votre attention sur une idée très originale et néanmoins édifiante de l'association WWF. A la demande du Fonds mondial pour la nature, 14 ministres européens de la santé et de l'environnement, dont le ministre français, se sont prêtés à l'examen de leur sang. Les résultats des analyses publiés le 19 octobre dernier, révèlent que 55 toxiques se retrouvent dans les échantillons sanguins. Chaque ministre est contaminé par 33 produits chimiques en moyenne. On retrouve des pesticides, des phtalates, des anti-bactériens, des retardateurs de flammes, etc... que sais-je encore, tous nocifs pour la santé !

Cet exercice dépasse l'anecdote. Il illustre l'étendue de la pollution chimique, non seulement de notre environnement, mais aussi de notre population, les deux allant bien entendu de pair.

Du fait des pollutions industrielles ou agricoles, de l'urbanisation croissante, des gros travaux d'infrastructures qui quadrillent le territoire, du fait aussi des comportements individuels insuffisamment responsables, notre environnement ne cesse de se dégrader au point où il met aujourd'hui notre santé en péril.

La morale de la fable du vieux laboureur de La Fontaine conserve plus que jamais sa pertinence : "Gardez-vous, disait-il à ses fils, de vendre l'héritage que nous ont laissé nos parents : un trésor est caché dedans". Air, eau, sol, il est là le bel et unique héritage irremplaçable. Il est là le vrai trésor caché qu'il nous faut préserver et que nous devons léguer aux générations futures.

Cette morale résume notre véritable responsabilité politique. Je forme donc le v¿u que ces 2èmes rencontres parlementaires "Santé et Environnement" connaissent le succès que nous en attendons et rencontrent l'écho qu'elles méritent.

(Source http://www.assemblee-nationale.fr, le 13 décembre 2004)

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