Déclaration de M.Christian Poncelet, président du Sénat, sur le relai de l'Etat par les collectivités locales et acteurs économiques pour la promotion de réseaux commerciaux au niveau du marché mondial, Paris le 13 janvier 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M.Christian Poncelet, président du Sénat, sur le relai de l'Etat par les collectivités locales et acteurs économiques pour la promotion de réseaux commerciaux au niveau du marché mondial, Paris le 13 janvier 2005.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président;FRANCE. UMP

Circonstances : Colloque au Sénat sur le thème "La communication internationale des territoires français", à Paris le 13 janvier 2005

ti : Mesdames, Messieurs,
Mes chers Collègues,
Chers Amis,


La communication internationale des territoires français est une idée neuve et originale. Je me réjouis que l'Association " communication publique ", sous le patronage de mon ami Jacques PELLETIER, ait choisi le cadre du Sénat pour la lancer.

Elle peut contribuer ainsi à mieux expliquer une notion à laquelle j'ai volontiers recours depuis que mes collègues m'ont fait l'honneur de me porter à la présidence de notre Haute Assemblée. Représentant des collectivités territoriales, le Sénat est, pour moi, au-delà de son rôle d'assemblée parlementaire, l'assemblée des territoires.

Dans territoire, il y a terroir. C'est en soi, déjà, une marque de fabrique d'origine, une histoire rassemblée derrière un mot, une évocation de générations d'hommes et de femmes qui ont contribué à faire de notre pays ce qu'il est aujourd'hui.

Dans territoire, il y a, en effet et d'abord, rassemblement d'hommes. Ceux qui y vivent s'identifient à lui et contribuent à lui donner une âme.

On oublie à cet égard, lorsque l'on critique le scrutin sénatorial, que la notion de territoire n'est pas une notion simplement physique.

Une collectivité territoriale, c'est la réunion des hommes et des femmes qui y vivent. C'est donc à un ensemble de personnes qui constituent une communauté que l'on s'adresse, et non à un espace physique désincarné.

C'est l'immense différence entre une collectivité territoriale qui a sa légitimité propre, son identité, et une circonscription administrative ou électorale...

Le Sénat est là pour rappeler cette évidence, pour dire qu'à travers les territoires qu'il fédère, il est le rassemblement des diversités de la France. Il est ainsi, au sein du Parlement, porteur d'humanité.

La notion de territoire est donc une notion moderne dont on n'a pas fini de percevoir toutes les implications.

Naguère, le territoire était un espace à défendre, sans doute trop replié sur lui-même. Aujourd'hui, le territoire n'est plus une frontière mais un passage, une terre d'accueil qu'il s'agit, certes, de protéger mais, surtout, d'ouvrir.

En fait, la diversité territoriale de la France est aujourd'hui son meilleur atout pour attirer les hommes et les investissements.

Promouvoir les territoires français, c'est conforter une capacité d'attraction qui nous place toujours au premier rang des pays visités dans le monde, qui fait que nous sommes l'un des tous premiers pays pour les investissements étrangers.

Promouvoir nos territoires, c'est réduire l'impact de ce que l'on appelle, aujourd'hui, les délocalisations. Il y a aussi des relocalisations. La France est importatrice nette d'activités.

Après la prise de conscience qui commence à se faire jour, vient l'action.

Ce colloque vient donc à son heure. Il pose de bonnes questions : le territoire est-il une marque ? Quels sont les réseaux susceptibles de le promouvoir ? Quels types d'événements sont susceptibles de le " vendre " ?

Dans le dialogue contemporain, entre identité et globalisation, le territoire doit être considéré comme un atout. C'est d'ailleurs ce à quoi s'attend le monde de la communication et de l'image dans lequel nous sommes.

Comment ne pas être étonné qu'au-delà de la prouesse technique, une réalisation telle que celle du Viaduc de Millau recueille un tel impact planétaire ?

Oubliés le désenclavement, la ruralité, l'exode vers les villes. C'est tout un univers nouveau qui naît dans la perception du pays et qui renverse les perspectives.

Assemblée des collectivités territoriales, le Sénat ne peut que se réjouir de ce que la diversité française soit enfin reconnue comme une valeur au même titre que les grandes idées messianiques que notre pays a répandues et de l'image de rationalité en actes qui fut celle, longtemps, de son organisation centralisée.

J'ajoute que cette notion de conquête à partir du terrain rassemble admirablement ce que j'appelle nos deux principaux " bonus constitutionnels " : la représentation des collectivités territoriales et la représentation des français établis hors de France. Insensiblement, j'ai vu nos douze sénateurs représentant les Français établis hors de France, ajouter à leur pugnacité de défenseur des intérêts de nos compatriotes, celle de commis-voyageur, au bon sens du terme, de notre pays, de sa culture, de son éducation, en un mot, de sa qualité.

Puisse la prise en considération du marché global se traduire, non pas par la banalisation, mais, au contraire, par une exigence supérieure d'offres. Ainsi, la démultiplication des efforts compensera au-delà l'affaiblissement de ce qui fut notre excellence, à savoir l'existence d'un réseau administratif sans égal mais que les données nouvelles du monde nous obligent à adapter.

Après avoir été soumise par l'Etat, l'heure est venue, pour la société civile, non pas de prendre tout à fait son relais, mais de l'aider à accomplir une tâche dont la complexité excède les seules qualités techniques.

C'est une attitude d'esprit nouvelle dont le Sénat est parfaitement conscient de la nécessité et qu'il est prêt, par ses moyens et par les réseaux territoriaux qui l'animent au plan national et international, à favoriser.

(Source http://www.senat.fr, le 21 janvier 2005)

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