Déclaration de M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, sur la diversité de l'offre culturelle et de la musique en particulier à la télévision, Paris le 6 janvier 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, sur la diversité de l'offre culturelle et de la musique en particulier à la télévision, Paris le 6 janvier 2005.

Personnalité, fonction : DONNEDIEU DE VABRES Renaud.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : Remise du rapport de Véronique Cayla "Relations entre télédiffuseurs et filière musicale" à Paris le 6 janvier 2005

ti : Madame la Présidente,
Monsieur le président du CSA,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,


Je souhaite tout particulièrement saluer et remercier Véronique Cayla qui a présidé ce groupe de travail ainsi que ses membres. Depuis un peu plus d'un an, vous avez beaucoup et bien travaillé. Ce groupe a été un lieu de débat libre et ouvert. Le rapport que vous me remettez aujourd'hui reflète cette atmosphère constructive de concertation entre les " télé diffuseurs " et les professionnels de la filière musicale.

Je souhaite la plus large diffusion et la promotion de la création à la télévision. Le cinéma, le livre, le théâtre, la musique, la création sous toutes ses formes et dans toute sa diversité doivent pouvoir trouver leur place à la télévision.

La musique est une pratique et un art populaire. En 2004, plus de 12 millions de tickets de concerts ont été vendus. Les Français montrent tous les jours leur engouement pour la musique, pour la chanson française et pour l'ensemble de la scène européenne.

La promotion de la diversité de l'offre culturelle en général et de la musique en particulier concerne toutes les entreprises audiovisuelles. Au-delà même de la diversité des genres, le libre accès au marché dans le respect des règles de la concurrence est évidemment indispensable.

Je mesure, par ailleurs, à quel point la programmation d'une chaîne, tout comme la production et la promotion d'une oeuvre, relèvent d'équilibres subtils. Le respect de la liberté éditoriale est fondamental mais il ne peut se traduire par un appauvrissement de la création.

Le gouvernement a donc souhaité créer les conditions d'un dialogue nécessaire entre la filière musicale et l'ensemble des diffuseurs, afin de permettre un meilleur rayonnement des oeuvres et des talents dans le respect des métiers de chacun.

Je souhaite tout d'abord, avec le CSA et la SACEM, que soient pérennisés et renforcés les moyens consacrés à l'observatoire de la musique, afin d'étendre cet outil de mesure de la diversité de la programmation musicale à la télévision, et de permettre la plus grande transparence des choix de programmation et des pratiques commerciales.

Je souhaite ensuite que le CNC engage une réflexion, comme il l'a déjà fait à ma demande pour l'aide aux musiques de films, afin d'améliorer et d'optimiser le soutien au financement de la production de DVD musicaux, supports alternatifs indispensables dans un marché en pleine mutation et qui recueillent de plus en plus de succès auprès du public.

Le gouvernement vient de doter l'audiovisuel public de 20 millions d'euros supplémentaires. Je tiens à ce que ces nouveaux moyens soient mis au service de la différence et de l'enrichissement de l'offre de programmes de culture et de connaissance, notamment par des rendez-vous fixes et réguliers de musique, qui ne doivent pas être relégués à des horaires trop tardifs.

Je souhaite que France Télévisions puisse affirmer cette différence, en assurant la promotion d'une identité forte et en créant l'événement, grâce à la musique. Bien sûr, il faut tenir compte de l'audience, et je souhaite que chaque chaîne puisse, en fonction de son identité et de son public, trouver la meilleure façon de faire connaître les nouveaux artistes et de promouvoir l'ensemble des oeuvres et des talents qui composent la scène française.


La différence et l'enrichissement de l'offre passera également par la Télévision Numérique Terrestre. Un nombre important de chaînes gratuites généralistes, je pense à France 5 et Arte ou d'autres, plus spécifiquement dédiées à la musique, représentent une chance pour les programmes consacrés à la musique. A ceux qui craindraient la faible audience de ce nouveau service de diffusion, je répondrais que véritablement, la qualité de l'offre de programmes accessibles gratuitement incitera rapidement les foyers à basculer vers la TNT et j'en suis sûr, la musique y occupera une place de choix.

Je souhaite, en outre, que s'engagent dès les prochains jours, les négociations bilatérales entre les chaînes et l'ensemble de la filière musicale, pilotées par la DDM conjointement avec la DMDTS et en étroite liaison avec le CSA, que je viens de saisir sur l'ensemble de ces sujets. Ces discussions entre les chaînes, les producteurs, les éditeurs et les auteurs, tenant compte de leurs spécificités respectives, permettront de parvenir à des engagements réciproques, concernant la diffusion des oeuvres et le soutien de la création. Elles devront respecter le rôle de chacun et la nécessaire indépendance de la programmation par rapport à l'achat d'espace, la part des productions indépendantes et des productions " maisons " dans la programmation de chacune des chaînes, au regard des principes et des règles du droit de la concurrence.

Je suis convaincu que chacun prendra la mesure de ses responsabilités, car je pense que la voie législative n'est pas la meilleure, compte tenu des spécificités fortes que je viens de rappeler. Mais je ne saurais l'exclure en dernier recours. Il est donc dans votre intérêt de trouver le chemin de ces accords et d'aboutir au plus vite, par la voie de la négociation.


Je vous remercie.

(Source http://www.culture.gouv.fr, le 13 janvier 2005)

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