Déclaration de M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, sur l'industrie du meuble et la politique d'aide à la création en matière de design, Paris le 13 janvier 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, sur l'industrie du meuble et la politique d'aide à la création en matière de design, Paris le 13 janvier 2005.

Personnalité, fonction : DONNEDIEU DE VABRES Renaud.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : Salon du meuble à Paris du 13 au 17 janvier 2005

ti : Monsieur le Président, Cher Henri Griffon,
Mesdames et Messieurs,


C'est un très grand plaisir pour moi d'inaugurer aujourd'hui le Salon du meuble de Paris. Cet événement de tout premier plan témoigne de la vitalité de la création française.

L'année dernière vous aviez fait part à mon prédécesseur des inquiétudes qui étaient les vôtres liées aux menaces qui pesaient sur l'existence de la taxe parafiscale. L'action conjointe de vos organisations et du gouvernement ont permis de faire entrer cette taxe dans le cadre législatif. Je me réjouis de vous voir aujourd'hui assuré de pérenniser vos institutions et votre politique en faveur de la promotion et de la structuration de votre secteur.

Le Salon du meuble est, certes, et c'est sa vocation première, un événement commercial. Il est aussi, j'en ai la conviction, un événement culturel au sens le plus fort de ce terme. Le Salon du meuble de Paris est en effet le rendez-vous de tous ceux qui font le monde du design aujourd'hui, créateurs, industriels, distributeurs, observateurs, mais aussi collectionneurs ou amateurs. Il est le lieu où l'on découvre, où l'on repère, où l'on échange, où l'on s'informe. Cette plate-forme irremplaçable manifeste, au même titre que les collections de mode, la FIAC ou le Festival de Cannes, le rayonnement de notre pays, son attractivité et son ouverture internationale.

Le design, dans la diversité de ses modes d'expression et de production, occupe une place considérable dans la création contemporaine. Le dynamisme et la qualité des designers qui vivent et travaillent dans notre pays, la vitalité de tous ceux qui, éditeurs, entreprises, marchands, oeuvrent à sa diffusion confèrent à la France une position de choix sur la scène internationale.

Je me réjouis également du caractère exemplaire de la collaboration engagée, en faveur du design, entre le ministère de la Culture et de la Communication et l'Union nationale des industries françaises de l'ameublement et le Salon du meuble de Paris.

Le design est un domaine où le rapprochement entre les institutions culturelles et professionnelles se justifie tout particulièrement. En 2003, avec l'exposition Sièges de collection, le Fonds national d'art contemporain a réalisé une véritable première en présentant ici un extrait des collections nationales. Cette exposition s'inscrivait dans le cadre du vaste programme de diffusion engagé par le Ministère de la culture et de la communication pour mieux faire connaître les différentes collections nationales. La politique culturelle pose de manière centrale la question suivante : comment favoriser toujours plus le contact du public avec les oeuvres d'art ? La vocation du Ministère de la Culture est de répondre à cette question, en menant une politique active en ce domaine, en montrant les oeuvres d'art dans les lieux qui leur sont traditionnellement dévolus, les musées notamment, mais également dans les écoles, sur les lieux de travail, dans l'espace public. En choisissant de montrer pour la première fois les oeuvres des collections nationales dans le cadre d'un salon professionnel, nous avons voulu aller à la rencontre des acteurs de ce secteur essentiel de la création et de l'économie, pour marquer notre volonté de travailler ensemble, secteur privé et pouvoirs publics, à son développement, à son rayonnement.

En faveur des arts décoratifs et du design, je ne détaillerai pas l'ensemble de ma politique.

Je citerai seulement deux initiatives: la présentation des collections du Musée des arts décoratifs, à partir de l'an prochain, dans les espaces réaménagés de la rue de Rivoli, et le lancement du grand projet de cité internationale du design à Saint-Étienne, qui permettra notamment de doter l'école d'art et la biennale des outils nécessaires à leur développement et à leur rayonnement.

Au-delà de ces événements, le ministère de la Culture et de la Communication s'attache à remplir deux missions essentielles. La mission, d'abord, de former les créateurs à travers le réseau d'écoles d'art, qu'il s'agisse des écoles en région, comme Reims, Saint-Étienne, Strasbourg, Nancy, Limoges-Aubusson, ou des grands établissements parisiens comme l'Ecole nationale supérieure de création industrielle (ENSCI) ou l' l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD).

L'autre mission, sur laquelle je souhaite insister, consiste à soutenir la création et les créateurs qui vivent ou travaillent dans notre pays. Cette mission passe par une politique active d'acquisitions, celle du Fonds national d'art contemporain (FNAC), mais aussi celle du Centre Pompidou ou de l'Union centrale des Arts décoratifs. Cette mission passe aussi par le soutien à des centres de recherche et de création, comme le Centre international de recherche pour le verre et les arts plastiques (CIRVA) pour les arts du Verre, ou le Centre de recherche des arts du feu et de la terre (CRAFT) pour la céramique, ou l'Atelier de recherche et création du Mobilier national.

Enfin, la pratique de la commande publique est le dernier outil de cette politique d'aide à la création. Je citerai, à titre d'exemple, le programme de commandes qui ont réuni céramistes et designers à Vallauris.

Je me félicite de voir les liens entre nos institutions se consolider, année après année. Je remercie encore Henri Griffon d'avoir apporté le partenariat des Industries françaises de l'ameublement à l'exposition Design en Stock, qui présente pour la première fois à Paris, avec 2000 objets du Fonds national d'art contemporain au Palais de la porte dorée, un déploiement sans précédent de l'une des plus riches collections d'objets et de meubles contemporains. Il présidera demain au vernissage de clôture de cette exposition avec une visite privée ouverte à tous les exposants du Salon du meuble.

Le Salon du meuble de Paris poursuit et développe encore cette politique d'alliance et de partenariat. Et je suis heureux de compter parmi vos partenaires de nombreuses institutions sous tutelle du Ministère de la culture ou soutenues par lui. Je pense, par exemple, à la Biennale de Saint-Étienne, dont vous accueillez l'exposition Made in Africa. Je pense également aux nombreuses écoles de design présentes ici, notamment l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD) dont j'ai eu le plaisir d'inaugurer les locaux rénovés de la rue d'Ulm, le 24 novembre dernier, au terme des travaux qui la dotent enfin des équipements à la hauteur de sa réputation et de son ambition. Je pense enfin au Mobilier national qui expose ici, dans le hall VilleAge, les dernières créations des ateliers parisiens de la Manufacture de Beauvais. Trois artistes contemporains, Jean-Michel Othoniel, Paul-Armand Gette et Martine Aballéa, en ont conçu les cartons, pour des sièges de style appartenant aux collections publiques.

Je me réjouis que cette inauguration soit, elle aussi, placée sous le signe de la reconnaissance et du soutien aux créateurs, puisqu'elle est l'occasion de la remise du prix du Nombre d'or aux frères Campana, pour leur collaboration avec l'entreprise Edra et du prix du Créateur de l'année à Pierre Charpin. Je suis heureux de constater, encore une fois, que les actions des pouvoirs publics et du secteur privé se rejoignent. En effet, les allocations de recherches attribuées à Pierre Charpin par la Délégation aux arts plastiques en 1993, ou ses collaborations avec les ateliers du CIRVA et du CRAFT sont autant de jalons, dans un parcours professionnel exemplaire aujourd'hui reconnu sur le plan national et international.

Je renouvelle à Henri Griffon l'expression de mes plus vifs remerciements, formant, pour cette nouvelle édition du Salon du Meuble, mes voeux les plus chaleureux de succès.


Je vous remercie.

(Source http://www.culture.gouv.fr, le 14 janvier 2005)

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