Interviews de M. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, à RFI le 24 janvier, dans "La Provence" le 26 janvier et dans "Le Midi Libre" le 27 janvier 2005, sur la semaine de mobilisation sociale pour la défense des services publics, l'appel à manifester le 5 février 2005 contre l'assouplissement des 35 heures et la ligne d'action de la CGT. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interviews de M. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, à RFI le 24 janvier, dans "La Provence" le 26 janvier et dans "Le Midi Libre" le 27 janvier 2005, sur la semaine de mobilisation sociale pour la défense des services publics, l'appel à manifester le 5 février 2005 contre l'assouplissement des 35 heures et la ligne d'action de la CGT.

Personnalité, fonction : THIBAULT Bernard, BAKER Sophie, QUEMARD Emmanuel, ROUSSET Gérard.

FRANCE. CGT, secrétaire général

Circonstances : Semaine de mobilisation sociale pour la défense des services publics du 17 au 21 janvier 2005

ti : Interview de M. Bernard Thibault, sur RFI le 24 janvier 2005 :

S. Baker.- Comment se porte le syndicalisme en France aujourd'hui ? La semaine passée était présentée comme une semaine de grande mobilisation, avec la grève à la SNCF et la grève et les manifestations des fonctionnaires. On a pourtant l'impression que le coeur n'y était pas tout à fait.

B. Thibault.- Je crois que nous sommes passés à une nouvelle phase de la mobilisation sociale dans notre pays. 2004, s'est plutôt caractérisée par une atonie sociale, ce qui a permis d'ailleurs au Gouvernement de décider de plusieurs mensures, malgré l'opinion des syndicats, sans qu'il se passe grand-chose. Mais le mécontentement s'accumulant sur toute une série de sujets, vous avez remarqué que les mobilisations - puisque l'on parle de 200 à 300 000 manifestants, dans un pays comme la France, ce n'est absolument pas à banaliser - sur plusieurs questions, notamment le pouvoir d'achat et les services publics, et ce qui devrait donner de la force pour la préparation du 5 février qui, vous le savez, est une initiative de mobilisation organisée par l'ensemble des syndicats de notre pays.

Q- C'est votre prochain rendez-vous dans la rue ; le mobile c'est la réforme des 35 heures. Aujourd'hui, cette loi sur les 35 heures, telle qu'elle a été conçue à l'origine pour mieux répartir le travail entre les Français, n'est-elle pas dépassée ? Aujourd'hui, tout le monde veut gagner plus, non ?

R- Oui, mais s'il suffisait que les salariés demandent à travailler plus pour qu'ils gagnent plus, cela se saurait. Je connais des centaines de milliers de personnes qui sont aujourd'hui sur des contrats de travail à temps partiel, de quelques heures de travail par semaine, et qui n'attendent qu'une chose, c'est d'avoir du travail à temps plein, et je connais aussi plusieurs millions de chômeurs qui ne souhaitent qu'une chose : c'est pouvoir travailler pour gagner davantage. C'est là que je considère, avec mes homologues syndicaux, que la formule du Gouvernement est assez hypocrite dans la mesure où chacun sait bien que ce ne sont pas les salariés qui disposent du temps de travail dont ils souhaiteraient bénéficier, mais bien les employeurs. Ce projet de loi a été, en quelque sorte, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, ce qui explique pourquoi, le 5 février nous avons plusieurs thèmes de mobilisation : le temps de travail effectivement, le pouvoir d'achat - l'augmentation des salaires dans le public et le privé -, les questions d'emploi et de droit du travail, dans la mesure où nous avons une nouvelle offensive du Medef pour mettre en cause le code du travail.

Q- L'augmentation des salaires dans le public comme dans le privé, c'est un thème qu'a beaucoup développé F. Bayrou, ce week-end, lors du Congrès de l'UDF. Cela ne vous ennuie-t-il pas qu'il marche sur vos plates-bandes ?

R- Sans doute qu'il y a maintenant des constats qui sont imparables, au point que, plusieurs hommes politiques, même s'ils ont leurs propres contradictions, dans la mesure où je crois que les amis de M. Bayrou ont adopté et adoptent régulièrement les différentes réformes, les différents projets, les budgets de ce Gouvernement. Et je crois que le constat est à ce point incontestable, s'agissant du pouvoir d'achat, que tous les hommes politiques ne peuvent pas totalement ignorer. D'ailleurs, à sa manière, M. Raffarin qui soulève l'idée de pouvoir gagner plus en travaillant plus, à sa manière, reconnaît que la question du pouvoir d'achat est posée.

Q- Les chiffres du chômage pour 2004 doivent être publiés à la fin de cette semaine. L'inquiétude des Français concernant le chômage et l'emploi ne bloque-t-elle pas la manifestation, ne bloque-t-elle pas l'engagement social ?

R- Il est évident que la précarité sociale, l'instabilité sociale pèsent sur la capacité d'expression. Nous sommes dans un pays qui a cette contradiction, d'avoir des organisations syndicales relativement faibles en nombre de syndiqués et pour autant, vous l'avez remarqué et nous le remarquons régulièrement dans notre pays, notre capacité d'entraînement est malgré tout importante. Nous avons choisi une journée de manifestation un samedi, le 5 février, justement pour permettre au plus grand nombre, notamment ceux qui ne sentent pas en capacité ou qui n'ont pas la capacité dans l'entreprise de manifester leur mécontentement, de le faire par la rue, un samedi, c'est-à-dire permettant au plus grand nombre d'être présent, même si nous savons aussi que des salariés travaillent le samedi.

Q- Certains patrons d'entreprises déplorent eux-mêmes l'affaiblissement du fait syndical, le fait qu'il y ait un manque d'interlocuteurs ; comprenez-vous cela ?

R- Oui, et j'aimerais bien que les organisations patronales, au-delà de l'affichage "partisans du dialogue social", même si elles n'en font pas une démonstration très régulière, vous remarquez qu'aujourd'hui la mode est plutôt à demander au législateur et au Gouvernement des lois que le patronat n'obtient pas sur des accords par la négociation avec les organisations syndicales. Et en même temps, je remarque que nous sommes dans un pays où le fait syndical est encore très largement contesté. Nous avons le droit pour nous, il y a des conventions internationales qui protègent le fait syndical et le libre engagement dans l'organisation de son choix pour les salariés qui le souhaitent. Mais pour autant, le quotidien c'est encore très souvent des employeurs qui, dès lors qu'ils aperçoivent une bannière syndicale, une volonté d'un salarié d'être syndiqué ou de prendre des responsabilités pour représenter ses collègues, font tout pour l'intimider ou le dissuader d'user de son droit constitutionnel.

Q- Tout de même, le moment n'est-il pas venu pour les syndicats de changer, notamment pour le vôtre, la CGT, de changer d'image ? C'est assez flagrant dans votre ouvrage, "Ma voix ouvrière", à quel point vous oscillez entre un passé un peu mythique dans le sillage du PC, et puis, aujourd'hui, une nouvelle voie, quelque chose de neuf.

R- Je pense que nous n'avons pas à changer principalement notre image. Nous avons à faire évoluer - je le développe dans l'ouvrage, et je crois que l'organisation en prend de plus en plus conscience -, nous avons à développer notre implantation, nos formes d'action au diapason de ce qui a bougé dans les entreprises et de ce qu'est le salariat aujourd'hui. Il est un fait que nous avons des entreprises beaucoup plus petites que celles qui existaient auparavant. Le syndicalisme est principalement né des grandes unités de production qui rassemblaient plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de salariés. Or, aujourd'hui, nous avons plus d'un salarié sur deux qui travaille dans des entreprises qui n'ont pas 50 salariés à l'effectif. Et c'est vrai que nous n'avons pas nous-mêmes pris toutes les dispositions qu'il fallait pour que le syndicalisme soit aussi au service de ceux des petites entreprises, là où d'ailleurs les questions sociales sont parmi les plus récurrentes. Nous ne gommons pas, et je ne vois pas pourquoi il faudrait le faire d'ailleurs, notre passé, notre histoire. Si la CGT est toujours le premier syndicat de notre pays, je crois que c'est aussi dû à son action, ses actions passées, qu'elles qu'aient été les critiques sur son attitude par certains moments. Donc, nous bénéficions d'un taux de confiance a priori très élevé ; les derniers résultats aux élections professionnelles sont plutôt très positifs pour la CGT. A nous de transformer cela en outil permanent, et d'amener les salariés, pas simplement à venir nous voir lorsqu'ils ont un pépin, mais à s'organiser eux-mêmes dans leur entreprise pour que leurs intérêts soient défendus. C'est cela l'objet principal du syndicat.

Q- On vous a vu à Toulouse inaugurer, en début de semaine dernière, l'A380. Certains se sont étonnés de vous voir, une coupe de champagne à la main, parmi cet aréopage de patrons et de politiques...

R- Ce qui est étonnant, c'est que d'aucuns s'étonnent de la présence d'un responsable syndical à l'occasion de l'inauguration d'un tel objet. C'est une vitrine technologique et plus qu'une vitrine technologique, c'est une prouesse technologique qui est saluée par le monde entier. J'ai répondu avec l'accord, bien évidemment, de mes camarades d'Airbus à cette invitation pour marquer, en quelque sorte, par cette présence même symbolique, le fait qu'un avion, une avancée technologique de ce type, était le résultat du travail des hommes et des femmes qui y avaient consacré très longtemps, pour certains d'entre eux de longues années. N'oublions pas que tout cela est le produit des hommes et des femmes dont certains, d'ailleurs, ne se voient pas reconnaître, dans ce secteur comme dans d'autres, leur juste qualification, leur juste rémunération, voire, pour certains, un travail dans une précarité par des contrats de travail qui ne sont pas très stables. Donc, c'était une manière de montrer un peu la double facette de l'événement : à la fois, une prouesse technologique incontestable qui fait la fierté des salariés d'Airbus, et dans le même temps, une occasion pour réintéresser, intéresser à la situation sociale de ceux qui ont contribué à cette belle réalisation.

Q- Donc, vous revendiquez votre place ?

R- Bien sûr !

(Source : premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 25 janvier 2005)

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Interview de M. Bernard THIBAULT, dans LA PROVENCE le 26 janvier 2005 :


E. Quemard. - A dix jours de la mobilisation du 5 février, êtes-vous optimiste quant à la mobilisation du public mais aussi du privé ?

B. Thibault.- L'objectif du 5 février est d'avoir le plus grand nombre de salariés dans la rue, puisqu'il faut en venir à cette forme d'expression, pour que les uns et les autres se fassent entendre sur leurs principales revendications. A savoir sur le temps de travail en s'opposant au projet de nouvelle loi sur les 35 heures, mais aussi en dénonçant les mesures déjà prises comme le jour de travail gratuit et, de l'abaissement du taux de rémunération des heures supplémentaires. Sont également présentes les questions de pouvoir d'achat, dans le public mais aussi dans le privé, de l'emploi et de la défense du droit du travail. Nous entendons ainsi exprimer notre opposition aux prétentions du Medef, qui réitère ses demandes, de revoir, de simplifier et de détruire des pans entiers du code du travail. Nous attendons donc une grande participation. Je crois que le climat est à la mobilisation et pas à la résignation.

Q - Ne craignez-vous pas que cet appel du 5 février soit trop proche des grèves et manifestations de la semaine dernière à la Poste, à la SNCF et dans la fonction publique ?

R - Nous avons volontairement choisi un samedi pour faciliter la participation du plus grand nombre dans la mesure où nous savons que les formes d'expression et d'action ne sont pas partout les mêmes. Notamment pour les salariés des petites entreprises où la pression est forte du fait de la précarité de l'emploi. La manifestation de rue reste un moyen moderne d'expression utilisé dans le monde entier. Ceux qui se sont mobilisés la semaine dernière pourront se retrouver utilement le 5 février. D'autant que sur les questions qui étaient posées, le gouvernement a plutôt tendance à faire le dos rond."

Q - Que pensez-vous de la réponse du ministre de la fonction publique aux revendications salariales des fonctionnaires, selon laquelle "il n'y a pas d'argent caché sous le tapis" ?

R - "S'agissant des moyens financiers à disposition de l'Etat pour répondre aux revendications sociales, tout gouvernement dispose pour partie du budget qu'il veut bien se donner. Quant au volume des recettes, nous sommes face à un gouvernement qui prône la diminution de l'impôt sur le revenu, et donc la diminution de ses recettes par un mécanisme particulièrement inégalitaire. En outre, s'agissant des orientations des dépenses de l'Etat, je remarque que le poste le plus important du ministère du travail est l'allègement des cotisations sociales aux entreprises. Il faut au contraire répondre aux revendications salariales, et cela partout. Que l'on soit payé au Smic par Bercy parce qu'on est fonctionnaire ou par un employeur privé, cela ne fait pas grande différence pour faire face au quotidien.

Q - La journée de grève à la SNCF le 19 janvier a été, de l'avis des syndicats, un succès. Que répondez-vous aux partisans du service minimum ?

R - "Ce n'est un sujet que pour ceux qui veulent éviter de traiter des questions sociales. A chaque fois que les usagers ont eu des explications avant qu'un conflit n'éclate et des informations sur les raisons et les conséquences des mouvements de grève pour eux, cela ne débouche pas, loin s'en faut, sur une incompréhension de leur part. Je n'admettrai jamais qu'un gouvernement sourd aux revendications sociales et multipliant les refus de négocier tout en expliquant qu'il faut du dialogue social, ait comme principale réponse la restriction de l'un des droits constitutionnels qu'est le droit de grève. La commission mise en place par le gouvernement lui-même sur le service minimum a démontré que cela n'était pas praticable. A la SNCF, aux heures de pointe, nous sommes déjà en situation normale à saturation."

Q - Après le bouleversement du paysage syndical au lendemain du conflit des retraites, diriez-vous que l'unité syndicale est plus que jamais de rigueur ?

R - "Elle est plus visible et active qu'elle ne l'était en 2004. J'étais de ceux qui ont regretté que sur un certain nombre de dossiers comme la sécurité sociale, la réforme sur le droit du licenciement économique, les mesures sur le temps de travail, que nous n'ayons pas pu créer jusqu'à présent alors que nous n'étions pas satisfaits, voire mécontents, des opportunités sur une base unitaire. En cela, les premiers jours de 2005 représentent une grande différence avec ce que nous avons connu en 2004. Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous parvenons aujourd'hui à faire appel à la mobilisation des salariés. C'est positif. S'il n'y a pas un certain rapport de force qui s'installe, sur toute une série de sujets, le gouvernement va encore n'écouter que l'opinion du Medef."


(Source http://www.cgt.fr, le 28 janvier 2005)

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Interview de M. Bernard THIBAULT, dans Le Midi Libre le 27 janvier 2005 :


G. Rousset.- Comment jugez-vous la dernière semaine de mobilisation ?

B. Thibault.- C'est un succès : contrairement à ce qu'explique le gouvernement, cette mobilisation montre que les salariés ne sont pas satisfaits sur les salaires, le temps et les conditions de travail. Ce succès a été possible grâce à l'unité syndicale. Pour autant, le gouvernement n'en tire pas les bonnes conclusions: s'il ne conteste plus ce mécontentement, il dit qu'il ne peut pas répondre aux revendications. Cela nous amène à préparer d'autres initiatives: le 5 février, il faut mobiliser le plus grand nombre de salariés du public comme du privé.

Q - Qu'attendez-vous du 5 février ?

R - Que les salariés, du public et du privé, se convainquent qu'en se mobilisant massivement on peut changer cette situation. Qu'ils passent de la phase d'exaspération rentrée et passive à une attitude plus offensive pour porter leurs revendications. Ce sera un samedi pour que le plus grand nombre puisse participer et s'exprimer: pour amener pouvoirs publics et employeurs à se mettre autour de la table.

Q - Les patrons ont-ils les moyens de répondre à ces revendications ?

R - L'ouverture de négociations sur les salaires est primordiale. Il y a un problème de pouvoir d'achat pour tous les salariés. Je dénonce l'hypocrisie du gouvernement qui laisse entendre qu'il suffirait de travailler plus pour gagner plus, alors qu'il a décidé de faire travailler gratuitement un jour férié et de baisser la rémunération des heures supplémentaire dans les PME à 10 %, contre 25 % avant. En fait, il y a une inégalité flagrante dans la répartition des richesses. Depuis plusieurs années, ce sont les revenus du capital qui ont le plus profité de la richesse produite : on a moins rémunéré le travail que le capital...

Q - Le ministre de la fonction publique dit qu'il n'y a pas d'argent sous le tapis. Alors, où va-t-on le trouver ?

R - On baisse les impôts sur le revenu et on prône "le moins d'Etat" et moins de ressources pour l'Etat: on limite d'autant les possibilités de répondre aux revendications sociales. Des masses financières considérables sont octroyées aux employeurs au nom de la création d'emplois, sans que les résultats soient probants.

Q - Dans votre ouvrage, vous soulignez les faiblesses du syndicalisme...

R - Les syndicats ne sont pas assez présents et organisés. Il y a une contradiction: la France, pays d'Europe qui a le plus grand nombre de syndicats, a un taux de syndiqués parmi les plus faibles.

Q - La faute aux syndicats... ?

R - Les syndicats n'ont pas fait assez d'efforts en direction des salariés des PME. Notre campagne de syndicalisation vise notamment tous les secteurs où subsiste une quasi absence de syndicats. Mais les syndicats n'ont qu'une part de la responsabilité. Des règles plus démocratiques, en matière de représentativité, sont indispensables si on veut un réel dialogue. La France est le seul pays européen où les accords sur le droit social peuvent être approuvés avec l'aval d'un seul syndicat.. Mais surtout nous sommes confrontés à un patronat affichant assez souvent des attitudes anti-syndicales et méconnaissent parfois le droit des salariés...

Q - Pourtant on parle sans cesse de dialogue social...

R - Je n'entends parler de dialogue social que lorsqu'il s'agit d'accepter les orientations et les principes des réformes uniquement décidées par le Medef ou le gouvernement. Les pouvoirs publics entendent le point de vue patronal, mais absolument pas celui des syndicats. Dès lors, nous n'avons d'autres possibilités que d'appeler à la mobilisation pour peser sur le contenu des discussions.

Q - Quels sont vos rapports avec François Chérèque ?

R - En ce début 2005, il y a plus d'unité syndicale qu'en 2004. C'est positif même s'il peut y avoir des différences entre nous. Le Medef ne cesse d'allonger la liste de ses demandes pour revenir sur les droits sociaux: la première obligation des syndicats est de faire front face à une offensive patronale comme nous n'en avons pas eu depuis longtemps. En 2004, j'ai trop souffert d'absence d'unité syndicale, ce qui a permis au Medef et au gouvernement de faire passer des réformes sans que les syndicats aient pu se faire entendre, comme sur l'assurance maladie...

Q - Vous allez lancer des actions sur l'assurance maladie ?

R - Les réformes décidées en 2004 ne résolvent rien pour l'avenir de la sécu. Elles s'appuient d'abord sur l'effort financier des seuls salariés et des patients. Aucune réforme n'est viable si elle n'obtient pas le soutien de l'ensemble des acteurs. Or, c'est loin d'être le cas. C'est pourquoi nous allons y revenir. Le dossier n'est pas clos.

Q - Etes-vous vraiment favorable aux réformes ?

R - Bien sûr ! Nous en réclamons nous-mêmes. Mais nous refusons de considérer comme réforme une remise en cause de droits sociaux. Si on supprime un droit sans le remplacer par quelque chose de nouveau, c'est une régression.

Q - Si le gouvernement vous sollicite pour participer à un "Grenelle" vous êtes partants ?

R - Pourquoi pas ! Mais pour déboucher sur des résultats concrets, il ne suffit pas de faire de la communication. J'en appelle surtout à la mobilisation pour que nos opinions soient prises en compte: nous avons besoin d'un certain rapport de force !


(Source http://www.cgt.fr, le 28 janvier 2005)

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