Déclaration de M. Nicolas Forissier, secrétaire d'Etat à l'agriculture, à l'alimentation, à la pêche et aux affaires rurales, sur les axes du "Partenariat national" pour le développement de l'industrie agroalimentaire, notamment sur les mesures d'aide à l'exportation et à l'emploi, Toulouse le 24 janvier 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Forissier, secrétaire d'Etat à l'agriculture, à l'alimentation, à la pêche et aux affaires rurales, sur les axes du "Partenariat national" pour le développement de l'industrie agroalimentaire, notamment sur les mesures d'aide à l'exportation et à l'emploi, Toulouse le 24 janvier 2005.

Personnalité, fonction : FORISSIER Nicolas.

FRANCE. SE à l'agriculture, à l'alimentation, à la pêche et aux affaires rurales

Circonstances : 3 ème réunion en région dans le cadre des travaux du "Partenariat national" pour le développement de l'industrie agroalimentaire à Toulouse le 24 janvier 2005

ti : Mesdames, Messieurs,


Tout d'abord, permettez-moi de vous remercier d'être venus nombreux à cette réunion. Si j'ai tenu à venir ici, à Toulouse, c'est parce que je sais, pour avoir été moi-même à la tête d'une PME, que les journées d'un chef d'entreprise sont bien remplies. Et que les réalités s'apprécient sur le terrain. En tant qu'élu rural, je suis particulièrement attaché à ce dialogue direct.

Aujourd'hui, dans cette salle, toutes les filières sont représentées, tous les domaines d'activité de l'agroalimentaire sont rassemblés, et leurs partenaires naturels, banques, investisseurs, administrations, ont également répondu à l'appel, et je les en remercie.

Comme vous le savez, je travaille depuis juin dernier à l'élaboration d'un plan d'action, concret, le Partenariat National pour le développement de l'industrie agroalimentaire. Ces travaux s'inscrivent dans la démarche d'ensemble initiée par le Gouvernement en faveur du dynamisme de nos territoires, en faveur du monde agricole et rural.

L'avenir de notre agriculture et du monde rural doit être considéré de manière globale : nous avons à raisonner " de la fourche à la fourchette ", " du champ à l'assiette "... Parallèlement aux actions menées pour conforter l'amont de l'agriculture française, aux outils du projet de loi relatif au développement des territoires ruraux, à la future loi d'orientation agricole - qui devra être applicable en 2006 - le Partenariat National nous permet d'agir sur l'aval de l'agriculture. Nous lui ouvrons ainsi des perspectives plus larges, plus ambitieuses, et nous traçons plus clairement cette " nouvelle frontière " qu'il nous faut atteindre.

Au travers du Partenariat, il s'agit donc, pour le gouvernement de conforter les industries agroalimentaires, qui jouent un rôle de première importance dans le paysage rural français, et plus généralement, dans l'économie de notre pays.

L'enjeu est de taille. Les industries agroalimentaires sont la première industrie nationale en termes de chiffre d'affaires et le 2ème employeur français, avec plus de 420 000 salariés. Au fil des années, elles ont augmenté avec régularité leurs effectifs, quelle que soit la conjoncture (+7,7% de 1998 à 2002). Elles permettent à la France d'être le deuxième exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires et fournissent un solde positif de 8,6 milliards d'euros (en 2003).

Les industries agroalimentaires jouent, en outre, un rôle essentiel dans le dynamisme du monde rural : les quelque 10 000 entreprises du secteur, dont 80% sont des PME ou des TPE, maillent nos territoires et assurent 70% des débouchés de l'agriculture française.

En Midi-Pyrénées, l'agroalimentaire emploie 27 500 salariés (y compris dans le négoce et le commerce de gros), pour un chiffre d'affaires de près de 5 milliards d'euros. L'industrie agroalimentaire est le deuxième secteur pour l'emploi industriel de Midi-Pyrénées. Selon l'APECITA, elle est le premier fournisseur d'offres d'emplois en 2003. Le taux de chômage du secteur est révélateur : 4,7% en 2002 !

1/ Nous devons aider les entreprises agroalimentaires à relever des défis importants

Notre industrie agroalimentaire est confrontée aujourd'hui à des défis qu'elle doit relever pour conforter sa réussite, face à une concurrence internationale toujours plus vive.

Ses très nombreuses petites et moyennes entreprises constituent un vivier remarquable de talents et d'initiatives, qui font la force du secteur. Mais la dispersion et la taille des industries agroalimentaires expliquent aussi certaines faiblesses.

Ainsi, beaucoup d'entreprises souffrent d'un déficit de fonds propres et certaines peinent à dégager des marges suffisantes. Ces moyens restreints montrent en partie l'effort insuffisant d'investissement du secteur dans la recherche : le taux de valeur ajoutée consacré par l'industrie agroalimentaire à la recherche-développement est de 1,3%, contre une moyenne de 6,5% dans les autres secteurs manufacturiers.

On constate, en parallèle, un certain manque d'intérêt pour ce secteur, malgré son potentiel indéniable, ses réussites et de vraies promesses de débouchés. Les investisseurs sont vraisemblablement rebutés par de supposés risques sanitaires et des réglementations perçues comme sévères, malgré la stabilité souvent remarquable des débouchés. Les jeunes aussi se détournent des métiers de l'agroalimentaire, en dépit des nombreux emplois qu'ils assurent.

Ce bref panorama est le fruit d'échanges constants avec les chefs d'entreprises depuis plusieurs mois. J'ai, sur cette base, dégagé six axes de travail pour mon plan d'action en faveur de l'agroalimentaire, qui doivent répondre de manière concrète, pragmatique, opérationnelle, à vos attentes.

Six groupes de travail ont ainsi été constitués en juin, qui avaient pour mission de :

- favoriser le développement économique des entreprises et leur financement ;
- affirmer la dynamique des entreprises à l'international ;
- encourager la recherche, le développement et l'innovation ;
- adapter et simplifier les normes et réglementations ;
- mieux répondre aux attentes de la société ;
- développer l'emploi, en valorisant les métiers de l'agroalimentaire.

L'ambition de ce plan d'action est forte et s'inscrit pleinement dans la priorité pour l'emploi du gouvernement : nous voulons donner les moyens au secteur agroalimentaire français d'atteindre 500 000 salariés d'ici dix ans, contre 420 000 aujourd'hui. C'est ambitieux, mais certainement pas impossible. J'en suis persuadé quand je constate la capacité de mobilisation des industriels de l'agroalimentaire, leur volonté d'avancer ensemble : votre présence aujourd'hui en constitue une illustration éloquente.

2. Pour atteindre cet objectif, j'ai voulu une méthode d'action partenariale

Je vous le dis : rien ne peut se faire, rien ne doit se faire sans vous.

C'est pourquoi j'ai mis en place une méthode fondée sur la concertation, afin qu'au delà de l'impulsion donnée par le gouvernement, la profession se mobilise fortement. Les travaux sont conduits, depuis plusieurs mois, au niveau national, en étroite association avec les entreprises et les filières professionnelles. Certains d'entre vous ont participé aux réunions des groupes de travail, nous vous avons largement sollicités et votre contribution a été, sachez-le, aussi utile qu'appréciée.

Sur cette base, j'ai annoncé, au Salon International de l'Alimentation en octobre dernier, six premières mesures concrètes pour les entreprises.

Une première réunion à Lyon, le 13 décembre, a marqué le début d'une deuxième phase, sur le terrain, pour aller plus loin, ensemble, dans la réflexion. J'ai engagé en effet une série de grandes rencontres en région, avec les entreprises, afin de tester auprès d'elles, auprès de vous, toutes les propositions, y compris celles annoncées. Chaque déplacement est l'occasion d'aborder plus précisément une thématique, aujourd'hui, il s'agit de l'emploi. Je souhaite que vous vous exprimiez très librement et que vous me fassiez part de vos suggestions.

Une nouvelle étape interviendra au cours du premier trimestre, où je présenterai d'autres propositions concrètes, nourries de ces rencontres en région.

Enfin, un dernier rendez-vous marquera la finalisation du Partenariat National, en juin 2005, avec un ensemble de mesures concrètes, ciblées et efficaces, directement à votre service.

3. Six mesures ont déjà été présentées, lors du Sial.

- Un outil pour l'emploi, afin d'attirer les jeunes vers les métiers de l'agroalimentaire :

Les entreprises du secteur ont du mal à recruter et à conserver leurs salariés, en raison, notamment, d'un déficit d'image et d'une certaine méconnaissance des jeunes. C'est pourquoi une campagne de communication va être lancée, en partenariat avec les professionnels, pour une durée de trois ans et pour un montant envisagé de 3 millions d'euros.

- Un outil financier, pour favoriser le développement économique et l'innovation des entreprises :

Nous mettons en place, en partenariat avec le nouvel ensemble BDPME/SOFARIS/ANVAR, deux prêts participatifs dédiés aux PME et aux TPE de l'agroalimentaire. Un montant de 1 million d'euros a été engagé, pour une opération de garantie de ces prêts qui permettra de mettre 10 millions d'euros de financements à disposition des PME.

Les " prêts participatifs de développement ", sont en test en région Rhône Alpes, où j'ai tenu la première réunion. Si les entreprises sont satisfaites de cet outil, il sera généralisé aux autres régions.

L'intérêt de ces outils réside dans le fait qu'il s'agit de prêts sans garantie ni caution du chef d'entreprise. Ils s'apparentent donc à du haut de bilan, sans avoir l'inconvénient d'obliger le chef d'entreprise à ouvrir son capital. Ils sont octroyés sur sept ans et à différé de remboursement de deux ans.

- Un outil pratique, pour accompagner les industries agroalimentaires à l'export :

Un " kit pour l'export et la promotion agroalimentaires " a été annoncé, en liaison avec le ministre délégué au Commerce Extérieur. Il s'agit de mettre en place un accompagnement personnalisé et individualisé pour les entreprises primo- exportatrices ou déjà exportatrices mais voulant investir de nouveaux marchés, à tous les stades de leur projet export. Pour être au plus près de l'entreprise, cet accompagnement sera réalisé par un organisme unique que nous aurons choisi dans chaque région. Ce sera l'interlocuteur unique de l'entreprise ; il sera chargé de suivre, pas à pas, le projet de l'entreprise et de coordonner les prestations du kit assurées par les organismes composant le dispositif national d'appui à l'exportation.

J'ai présenté trois autres mesures :

- Un diagnostic de l'impact de l'accumulation des normes sur la compétitivité des entreprises ;
- la création d'un Baromètre de l'alimentation, véritable outil d'expertise pour anticiper les nouvelles attentes des consommateurs ;
- la réactivation du Conseil supérieur des exportations agroalimentaires, instance de concertation nécessaire pour les entreprises.

- J'entends proposer une deuxième série de mesures à la fin du premier trimestre :

- Il s'agira d'abord de renforcer les capacités d'innovation et de recherche/ développement des entreprises. Le travail est déjà bien avancé avec l'ANVAR et avec le ministère de la Recherche.

- Il s'agira également de clarifier et simplifier les normes et réglementations qui pèsent sur les entreprises : j'entends avancer sur ce sujet, dont je connais l'importance. L'étude que j'ai demandée sur les référentiels privés imposés par la grande distribution est lancée, j'en attends des avancées concrètes.

- Il nous faut aussi travailler sur l'emploi, sous plusieurs angles, parmi lesquels on peut citer la nécessité : · d'adapter l'offre de formation initiale et professionnelle · de favoriser les passerelles entre les filières pour fluidifier l'emploi · de réfléchir aux conditions de travail · et de permettre une meilleure anticipation des difficultés pour faciliter la reconversion des salariés.

4. Je voudrais détailler les pistes que nous étudions en matière d'emploi

Sur ce sujet, encore plus que sur les autres, nous avons besoin de vous. L'objectif est crucial : conforter l'emploi dans l'agroalimentaire, en attirant davantage de jeunes, en conservant les salariés en place, en favorisant la fluidité du marché.

Un constat : dans l'agroalimentaire, la main d'¿uvre reste une composante majeure du coût de revient des produits (viandes : 10 à 15% du prix et 50% des coûts d'exploitation) ; et le savoir-faire des femmes et des hommes demeure donc déterminant. Et il se produit un paradoxe qu'il nous faut gérer, avec à la fois un taux de chômage très bas (4,7%) et des difficultés à recruter.

Le résultat, ce sont des tensions sur l'emploi, particulièrement pour certaines catégories : en juin 2002, le ratio offres/demandes d'emploi était de 1,4 pour les ouvriers non qualifiés [pour 14 offres :10 demandes] et de 1,5 pour les ouvriers qualifiés. Les cadres manquent aussi, et plus encore les échelons intermédiaires, comme les chefs d'équipe.

Un besoin de communication sur l'image du secteur

Il y a un problème d'image. Les mutations économiques, les crises sanitaires récentes, le souci de la nutrition, la santé, conditionnent pour partie l'image des industries agroalimentaires. Il nous faut donc, et c'est une nécessité désormais admise, améliorer l'image de l'agroalimentaire et de ses métiers, par une campagne de communication ambitieuse, portant un message fort et clair ; et ceci en partenariat avec l'ANIA et avec Coop de France. C'est ce que j'ai annoncé au SIAL.

Je sais que certaines filières se mobilisent actuellement pour lancer leurs propres campagnes, et je les y encourage bien évidemment. Elles pourront, je le souhaite, amplifier ces actions en s'appuyant sur la campagne nationale, qui sera ainsi une campagne " ombrelle ", selon l'expression habituelle. Cela soulignera une démarche d'équipe, homogène, des industries agroalimentaires .

Nous imaginons donc une campagne sur trois ans, ciblant les jeunes de la 4ème au bac+2, et ceux en recherche d'un contrat d'apprentissage. Elle devra coïncider avec les temps forts que constituent la rentrée scolaire, la période d'orientation en février, et la sortie sur le marché du travail. Elle partira du niveau national pour être déclinée régionalement ; elle présentera les métiers, dans leur richesse et leur diversité. Elle devra enfin être la vitrine des efforts et des avancées des entreprises, en termes de variété de postes, de possibilités de carrières, de conditions de travail.

Cette campagne doit être complétée par des actions vers les prescripteurs d'opinion : conseillers d'orientation, ANPE, UNEDIC etc. Je tiens à vous dire que l'ANPE, l'APECITA et l'UNEDIC sont prêtes à se mobiliser pour le secteur agroalimentaire. Des partenariats peuvent être passés, des brochures mises à disposition de ces organismes, mais également des entreprises sur les salons d'étudiants.

Les formations doivent être adaptées

L'évolution rapide des métiers implique celle des formations. Je voudrais vous donner un seuI chiffre : 10% environ de ceux qui travaillent dans le secteur de l'agroalimentaire sont touchés, à des degrés divers, par l'illettrisme. Il faut oser en parler, comme il faut oser y remédier. Et ce, alors même que les métiers évoluent chaque jour vers davantage de technicité, que la traçabilité et les normes de qualité requièrent toujours davantage de procédures écrites et informatisées.

J'y suis d'autant plus sensible que je suis également en charge de l'enseignement agricole, dont je veux ici souligner l'excellence des formations et le taux d'insertion remarquable (au delà de 85%). Pourtant, ces formations ne sont pas encore assez connues et doivent poursuivre leur adaptation à vos besoins.

C'est aussi pourquoi j'ai souhaité qu'avancent rapidement plusieurs chantiers déjà ouverts :
- la rénovation du brevet professionnel agricole : la spécialité " viande " sera validée en juin 2005, la spécialité " lait " à la fin de l'année ; l'ouverture de nouvelles spécialités est envisagée et une étude va être conduite car vos besoins ont évolué avec les techniques (en pâtisserie industrielle, en boucherie industrielle)
- la constitution de passerelles entre nos diplômes et les certificats de qualification professionnelle délivrés par les entreprises. Une étude a déjà été réalisée sur les diplômes de niveau V, elle sera étendue aux autres niveaux
- un travail est engagé sur les formations diplômantes, afin qu'elles intègrent de nouvelles dimensions : qualité, traçabilité, sécurité sanitaire, nutrition humaine. Dès mars, les enseignants des établissements agricoles suivront des formations afin d'intégrer ces thématiques dans les cours
- Enfin, nous réfléchissons à la création de licences professionnelles, pour répondre à l'évolution des métiers vers une plus grande technicité.

De son côté, la profession se mobilise et cela me paraît essentiel :

- Continuez d'encourager l'intégration des jeunes par la voie de l'apprentissage ; je sais que la FNICGV, par exemple, mène une action dans ce domaine. N'hésitez pas à formaliser un engagement, afin de bénéficier des nouvelles mesures incitatives mises en place par la loi de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo, ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion Sociale.

- Je sais que votre profession va conduire une enquête pour connaître vos besoins de qualification : répondez-y.

- Poursuivez le travail engagé, via les filières, sur la validation des acquis de l'expérience, sur le développement des certificats de qualification professionnelle et sur la mise en oeuvre de certificats de qualification professionnelle intra-branche et inter-branche.

Nous devons aussi rechercher l'amélioration constante des conditions de travail

Formations, recrutements, campagne de communication¿ Ce sont des étapes nécessaires, qui doivent accompagner la réflexion menée par votre profession sur les conditions d'emploi qu'elle peut offrir. Nous le savons tous, cet effort est indispensable et il doit être mené par l'ensemble de l'industrie agroalimentaire : entreprises, branches professionnelles, salariés et leur représentants doivent avancer ensemble sur ce sujet.

Je sais que beaucoup a déjà été fait : plusieurs accords de branche ont été ainsi signés sur la santé et la sécurité au travail. Et des travaux sont en cours sur les affections liées aux spécificités de vos métiers (comme les troubles musculo- squelettiques).

Je crois que vous pouvez aller plus loin :

- en utilisant davantage les dispositifs d'accompagnement existants : aides du fonds pour l'amélioration des conditions de travail (FACT), aide au conseil pour la gestion prévisionnelle des emplois et compétences (DDTEFP), diagnostic court de l'agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail ...
- en aidant les entreprises à investir dans la formation de l'encadrement : le groupe de travail du Partenariat a ainsi proposé de déduire de la valeur ajoutée imposable au titre de la taxe professionnelle, les salaires des cadres envoyés en formation aux techniques de management.

Je vous livre d'autres pistes :

- encourager les entreprises à recourir davantage aux groupements d'employeurs qui permettraient d'offrir des contrats à durée indéterminée aux salariés de ces groupements, comme le propose le projet de loi relatif au développement des territoires ruraux dont nous achevons actuellement la discussion au Sénat
- j'ajoute que ce projet de loi contient également des dispositions en faveur de l'habitat locatif et du logement des salariés, notamment saisonniers, en zones rurales
- à cet égard, une réflexion peut être également menée sur les problèmes de transport que peuvent rencontrer les salariés pour se rendre dans leurs entreprises, peut-être au travers d'incitations fiscales
- il faut sans doute encourager également la formation continue dans les PME : de nouvelles dispositions existent déjà [décret n°1094 du 15 octobre 2004] sur la prise en charge du remplacement du salarié en formation.

Voilà quelques voies à explorer ; sachez que le gouvernement mène une réflexion très ouverte, que ce soit notamment Jean-Louis Borloo ou Christian Jacob, mes collègues en charge de l'Emploi ou des PME.

Je veux enfin aborder le problème, difficile, de l'anticipation et de l'accompagnement des mutations économiques

Dans un monde ouvert, les mutations économiques s'accélèrent, et tous les secteurs subissent ou subiront, à un moment donné, une évolution de leur environnement. Les chefs d'entreprise le savent bien, le maître mot en la matière, c'est l'anticipation.

Comment y parvenir dans l'agroalimentaire ? Sans doute, par la fluidité du marché de l'emploi. L'amélioration des formations et la création de passerelles sont, à cet égard, nécessaires.

A nouveau, n'hésitez pas à utiliser les dispositifs existants et notamment les mesures récentes ; ils sont là pour répondre à vos besoins :

- les conventions du fonds national de l'emploi, qui doivent accompagner les entreprises, tant en matière de prévention des licenciements que d'accompagnement des restructurations ;
- les maisons de l'emploi, dont la création est prévue par la loi de programmation de cohésion sociale, qui ont pour objectif d'aider les entreprises en identifiant leurs besoins ;
- l'aide au conseil des entreprises pour l'élaboration de plans de gestion des emplois et des compétences, voire en interentreprises ;
- la réforme du droit du licenciement économique, par la loi de programmation pour la cohésion sociale, qui pérennise et élargit le champ des accords de méthode conclus au niveau de l'entreprise, du groupe ou encore de la branche
professionnelle ;

Nous pouvons peut-être aller plus loin, dans le cadre du Partenariat et nous y travaillons :

- en transformant les observatoires départementaux de l'emploi salarié agricole en observatoires régionaux de l'emploi agricole et agroalimentaire
- en initiant une réflexion sur les cellules de reclassement et sur la création de bourses d'emploi dans une filière ou sur un bassin d'emploi donné
- en engageant une réflexion sur le financement par les OPCA de bilans de compétence dans le cadre des congés de reclassement.

A nouveau, je tiens à vous dire que ce plan d'action se construira avec vous. C'est pourquoi je compte sur vos réactions, vos propositions. Je vous remercie.

(Source http://www.agriculture.gouv.fr, le 27 janvier 2005)

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