Entretien de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, avec le quotidien "Aujourd'hui" le 10 janvier 2005, sur les pespectives de paix au Proche-Orient suite à l'élection de Mahmoud Abbas à la présidence de l'Autorité palestinienne et à la décision israélienne de retrait de Gaza. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, avec le quotidien "Aujourd'hui" le 10 janvier 2005, sur les pespectives de paix au Proche-Orient suite à l'élection de Mahmoud Abbas à la présidence de l'Autorité palestinienne et à la décision israélienne de retrait de Gaza.

Personnalité, fonction : BARNIER Michel.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti : Q - Comment la France analyse-t-elle l'élection en Palestine ?

R - Pas d'incident, une forte participation : c'est une preuve de responsabilité et de maturité que les Palestiniens viennent d'apporter. Et c'est une victoire pour la démocratie, une première victoire pour la paix.

Q - En quoi cette élection change-t-elle la donne ?

R - Pour les Palestiniens, cette élection n'est pas la seule, mais la première. Il va maintenant y avoir des législatives, puis des municipales. Il faudra les préparer avec le même soin pour que les responsables palestiniens aient toutes les dimensions de la légitimité et que la nouvelle Autorité puisse reprendre le dialogue politique avec Israël. Car nous avons le ferme espoir de faire de 2005 l'année de la paix entre Israéliens et Palestiniens.

Q - Qu'est-ce que la France attend de Mahmoud Abbas ?

R - Son premier défi, ce sera de réorganiser les services de l'Autorité palestinienne comme Yasser Arafat avait promis de le faire, afin d'accroître les garanties de sécurité pour les Palestiniens comme pour Israël. Continuer les réformes : nous sommes prêts à accompagner cet effort. Il faudra aussi préparer les conditions de la réussite du retrait israélien de Gaza.

Q - Avez-vous le sentiment qu'Ariel Sharon est prêt à faire des gestes ?

R - Je veux le croire. En allant en Israël en octobre, j'avais dit que la décision qu'il avait prise de se retirer de Gaza était courageuse. Il faut maintenant réussir ce retrait, et articuler ce retrait, comme l'a dit Jacques Chirac, avec l'ensemble de la Feuille de route puisque ce n'est qu'une étape dans le Processus de paix. Ariel Sharon se trouve devant une situation historique et entend, j'en ai le sentiment, être à la hauteur.

Q - La paix en 2005, ce n'est donc plus un rêve ?

R - Il y a un nouveau contexte : une nouvelle Autorité palestinienne légitime, un gouvernement israélien plus ouvert et qui s'est engagé dans le retrait de Gaza, un président américain qui a quatre ans devant lui et des Européens unis et disponibles. Nous voulons un nouveau partenariat transatlantique : le "test" sera notre capacité à faire redémarrer ensemble Processus de paix au Proche-Orient.

Q - Un officier français a été victime hier au Sud-Liban de tirs israéliens...

R - Nous partageons l'émotion de sa famille et de ses camarades. Nous avons demandé à connaître les circonstances exactes de cet accident. Dans cette région du Sud-Liban aussi, il faut sortir de la spirale des attaques et des ripostes. Chacun, des deux côtés, doit faire preuve de retenue et respecter les engagements pris devant la communauté internationale.


(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 11 janvier 2005)

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