Discours de M. Patrick Devedjian, ministre délégué à l'industrie, sur l'importance des technologies de l'information dans la croissance économique, à Paris le 17 février 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Discours de M. Patrick Devedjian, ministre délégué à l'industrie, sur l'importance des technologies de l'information dans la croissance économique, à Paris le 17 février 2005.

Personnalité, fonction : DEVEDJIAN Patrick.

FRANCE. Ministre délégué à l'industrie

Circonstances : Forum des télécommunications à Paris le 17 février 2005

ti : Il m'est particulièrement agréable d'être parmi vous aujourd'hui. C'est pour moi l'occasion de marquer tout l'intérêt que le Gouvernement porte à ce Forum des télécommunications et de souligner l'importance des Technologies de l'information dans la croissance économique.

Je veux d'emblée féliciter l'association " Forum des télécommunications " d'avoir organisé avec succès cette manifestation, comme elle le fait depuis maintenant quatorze ans.

Je salue également les représentants des entreprises qui, par leur présence, ont donné à ce forum toute sa portée.

Le Forum des télécommunications est, en effet, un moment privilégié pour réunir dans un même espace les représentants des entreprises et les étudiants qui sont à la recherche d'un stage, d'un emploi ou tout simplement d'informations sur le secteur des télécommunications.

Il aura cette année attiré quelque 80 entreprises et 6 000 étudiants, qui auront sans doute apprécié de recevoir des conseils sur la réalisation d'un CV ou la préparation d'un entretien de recrutement. En outre, les conférences thématiques organisées tout au long de la journée auront été pour eux un excellent moyen d'information.

Ce forum est ainsi devenu un relais exemplaire entre, d'un côté, les écoles du GET, les autres grandes écoles d'ingénieurs et de commerce et, de l'autre, le monde des entreprises. Il traduit à mes yeux, de manière très concrète, l'exigence pour les écoles du GET d'être en permanence ouvertes sur les réalités économiques et les besoins des entreprises.

Que le mérite de cette initiative revienne aux étudiants de Télécom Paris et de l'INT me paraît un signe très prometteur. Outre qu'elle permet aux étudiants organisateurs de mener à bien un projet d'envergure tout à fait complémentaire aux enseignements qu'ils ont reçus, elle témoigne de leur volonté de s'impliquer directement pour tisser ces liens nécessaires entre leurs écoles et les entreprises.

Je voudrais brièvement rappeler, devant un public très averti, à quel point les TIC doivent jouer un rôle moteur dans le retour à une croissance durable de nos économies (I) mais aussi souligner le rôle de manifestations comme celle qui nous réunit aujourd'hui pour mieux faire connaître les métiers de l'industrie (II).

I. Le développement des technologies de l'information constitue aujourd'hui un moteur essentiel de la croissance mondiale

1/ La France et l'Europe disposent dans ce domaine d'un savoir-faire reconnu qui doit être valorisé par une forte politique d'innovation

La crise très grave que le secteur des télécommunications a connu entre 2001 et 2003, après des années fastes, s'est traduit par des restructurations douloureuses qui ont eu une incidence directe sur le niveau des effectifs.

Le début de reprise observé en 2003 a été confirmé en 2004 qui a marqué un vrai redressement pour le secteur. Cependant, la compétition reste vive sur le marché mondial, avec des pays comme la Chine, qui représentent un marché à fort potentiel mais aussi des compétiteurs redoutables sur le marché mondial des équipements de télécommunications.

En 2005, les télécommunications, les communications électroniques et le multimédia, seront au c¿ur des nouveaux outils de politique industrielle mis en place par le Gouvernement.

Les PME bénéficieront d'OSEO, issue de la fusion de la BDPME et de l'ANVAR. Cette réforme s'accompagnera d'un doublement des crédits publics qui passeront de 80 à 160 millions d'euros d'ici 2008.

Les réseaux de recherche et d'innovation technologique ont permis d'instaurer une vraie dynamique de coopération entre les acteurs de la recherche publique et ceux de l'industrie. Les évaluations de ces réseaux ont permis de confirmer la pertinence de cette démarche.

La création de l'agence nationale de la recherche va permettre de poursuivre cette action. Des appels à projets, coordonnés entre les réseaux des technologies de l'information et de la communication, vont être relancés très prochainement.

Je veux également souligner que l'appel à projets pour la constitution de pôles de compétitivité a déclenché une forte mobilisation des territoires, notamment dans la filière des TIC. J'ai pu le constater moi-même lors de mon déplacement à Rennes, cette région, terre d'excellence en télécommunications, s'étant fortement mobilisée sur les thématiques numériques de l'image et des réseaux. Les pôles de compétitivité permettront de rassembler sur un lieu donné des entreprises, des centres de recherche et de formation, engagés dans des projets innovants. Ils devraient mobiliser 650 millions d'euros entre 2005 et 2007.

S'appuyant sur les propositions de la mission Beffa, la future agence pour l'innovation industrielle soutiendra des grands programmes innovants et fédérateurs pilotés par des groupes industriels. Cette agence pour l'innovation industrielle disposera de 2 milliards d'euros entre 2005 et 2007. Elle s'appuiera naturellement sur les pôles de compétitivité. J'invite les grands acteurs de votre secteur à se mobiliser pour proposer des projets dans ce cadre.

2/ Le Gouvernement est également déterminé à accélérer la diffusion des TIC auprès des particuliers et des entreprises

La France était, en 2002, la lanterne rouge européenne pour l'accès à Internet des particuliers et des entreprises. Elle est aujourd'hui au premier rang européen et international, avec 240 % de croissance annuelle moyenne du nombre d'abonnés depuis deux ans. Il y avait moins de 500 000 abonnés à Internet haut débit en février 2002. Il y en a plus de six millions aujourd'hui. Il y en aura plus de dix millions à horizon 2007.

Ce succès est essentiellement dû à l'ouverture à la concurrence et au dynamisme des opérateurs. Les opérateurs alternatifs ont vu leur part de marché passer de 20 % en 2002 à 50 % en 2004. Les tarifs de l'accès à Internet sont les plus bas d'Europe.

Le Gouvernement accompagne et encourage le développement de ces nouveaux réseaux de communication.

Il contribue à la couverture des populations non desservies par la seule initiative des opérateurs, avec une nouvelle compétence reconnue aux collectivités locales à cette fin par le code général des collectivités territoriales.

Le Gouvernement appuie le développement de technologies alternatives à l'ADSL, comme le WiFi et maintenant le Wimax, permettant de développer le haut débit mobile et de l'étendre aux populations les plus éloignées des centres urbains. Il aide au développement des technologies de l'information dans les PME, avec en particulier la mise en place, en 2005, d'un crédit d'impôt ciblé.

3. Ces actions pour le déploiement des réseaux s'accompagnent d'une politique volontariste de développement des usages

Le commerce électronique croît à un rythme annuel dépassant les 60 % depuis trois ans, pour atteindre 6 milliards d'euros en 2004. Un français sur 4 a fait un achat sur Internet en 2004.

La télévision par Internet se déploie rapidement. La France devrait compter plus de 600.000 abonnés à ce service avant la fin de l'année 2005 et en être ainsi le leader mondial.

La télévision haute définition et la télévision mobile, permises par le nouveau format MPEG4, dont l'industrie française est le spécialiste reconnu, seront deux grands chantiers de cette année 2005. Le Premier ministre vient en effet d'arbitrer en faveur de ma proposition d'introduire ce nouveau format pour la diffusion et la réception des chaînes payantes de la télévision numérique terrestre. Au 110e anniversaire de l'invention du cinéma, cette décision va replacer la France en tête de la course aux nouveaux services audiovisuels.

Les services de téléphonie par Internet (" voix sur IP ") vont eux aussi connaître en 2005 un succès grandissant. Le développement du dégroupage total, et les effets induits de la hausse de l'abonnement téléphonique, devraient inciter rapidement un grand nombre de particuliers et d'entreprises à se tourner vers Internet pour l'ensemble de leurs communications.

L'administration électronique se développe de manière exponentielle. Le nombre des déclarations de revenus remplies en ligne a été multiplié par 10 en deux ans, passant de 120 000 en 2002 à plus de 1,2 millions en 2004. Le Gouvernement a décidé d'accélérer encore cette mutation, en accordant pour 2005 une ristourne de 20 euros pour toute déclaration en ligne.

De nouveaux services à la personne vont bientôt se développer à grande échelle sur Internet, en particulier dans les domaines de l'éducation et de la santé.

Le déploiement de ces nouveaux réseaux de communication, et la diversification des leurs usages, constituent, vous le voyez, un volet essentiel de notre politique industrielle.

4. Enfin, je veux rappeler que cette diffusion croissante des TIC peut désormais s'opérer dans un cadre légal adapté

L'important travail législatif entrepris depuis deux ans dans le domaine des TICs s'est traduit par l'adoption de la loi pour la Confiance dans l'Economie Numérique, premier texte français d'ensemble sur l'Internet, de la loi sur les communications électroniques, le " paquet télécoms ", et de la révision de la loi Informatique et Libertés.

II. Ce forum est aussi une occasion privilégiée de montrer concrètement aux étudiants, dans un secteur d'avenir, l'intérêt des métiers de l'industrie et des services à l'industrie

1/ 5e du monde, l'industrie française offre de très nombreuses perspectives de carrière

L'industrie française, c'est 885 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2003, dont un tiers à l'exportation. Ce sont 150 000 entreprises, dont 21 500 emploient plus de 20 salariés, totalisent 4,2 millions d'emplois directs et en génèrent 2 autres millions dans les services.

16 % des jeunes qui sont entrés en 2004 dans la vie active ont intégré une entreprise industrielle. La proportion est encore plus forte pour les jeunes diplômés : 23 % des jeunes qui ont achevé leurs études en 2004 avec un bac + 4, ou plus, ont été recrutés dans l'industrie.

Le degré de satisfaction des jeunes par rapport à l'emploi industriel est d'ailleurs plutôt bon.

31 % des entreprises du secteur industriel prévoyaient de commencer l'année 2005 avec des effectifs en augmentation par rapport à il y a un an. C'est dire que les opportunités existent bien dans l'industrie.

Les intentions d'embauche sont importantes puisque 26,7 % des entreprises industrielles veulent recruter, chiffre à peu près identique pour les services à l'industrie (26,4 %). Au total, tous les secteurs de l'industrie annoncent 120 000 projets de recrutements.

Je veux souligner que cette réalité sera accentuée dans les années à venir sous l'effet mécanique des départs à la retraite et de la nécessité de pourvoir les postes laissés vacants. Les perspectives d'emplois liées aux besoins de remplacement sont évaluées à plus d'un million d'embauches.

Tous les domaines industriels vont devoir recruter dans les prochaines années, notamment pour les métiers d'informaticiens et d'ingénieurs.

2/ Dans un contexte où le développement de l'emploi, en particulier celui des jeunes, doit mobiliser toutes les énergies, les difficultés de recrutement que rencontrent les entreprises industrielles et de services à l'industrie apparaissent particulièrement inacceptables

Les acteurs économiques nous alertent, en effet, régulièrement sur leurs difficultés de recrutement et sur l'adaptation insuffisante de la main d'oeuvre aux besoins de l'économie.

Je ne m'étendrai pas sur les facteurs d'explication de cette mauvaise adéquation entre l'offre et la demande qui sont naturellement multiples. Mais je crois utile de souligner que la réalité de l'activité industrielle, la diversité des métiers, les conditions de travail et les perspectives de carrière dans l'industrie sont largement méconnues. Cette méconnaissance se reflète dans l'orientation scolaire et professionnelle des jeunes.

C'est pourquoi je veux souligner la remarquable exception des écoles d'ingénieurs, qui ont vu leurs effectifs augmenter de plus de 60 % au cours de la dernière décennie. Je salue aussi l'effort exemplaire des grandes écoles d'ingénieurs pour se regrouper au sein de l'association ParisTech. Cette association permet aux écoles concernées de promouvoir et de mutualiser une partie de leur développement à l'international et d'afficher une offre de programmes éducatifs communs. Elle a renforcé la notoriété internationale du système français de formation d'ingénieurs. Cette initiative doit donc être confortée.

L'attractivité des entreprises dépend aussi et peut-être d'abord de leur capacité à répondre positivement aux attentes des jeunes quant à leur vie professionnelle et donc à donner des métiers qu'elles proposent une image valorisante.

C'est précisément toute l'utilité de ce forum de nourrir un dialogue entre les jeunes et les entreprises. Ce dialogue permet aux étudiants de mieux connaître la réalité des entreprises susceptibles de les accueillir dans un avenir proche. Mais, en retour, il offre aussi aux entreprises l'opportunité de mieux cerner les attentes de leurs futurs cadres.

Dans ce contexte, j'ai lancé, le 27 octobre dernier, en partenariat avec les fédérations professionnelles et les entreprises industrielles, une grande campagne pour renforcer l'attractivité des métiers de l'industrie auprès des jeunes. Cette campagne suscite réel intérêt : 100 000 visiteurs ont déjà consulté le site internet qui a été mis en place. Je ne doute pas qu'elle contribuera à donner aux métiers de l'industrie l'image positive qu'ils méritent.

Cette campagne sur les métiers sera relayée à la fin du mois de mai par le Printemps de l'Innovation, dont le but est de fêter notre industrie et sa capacité d'innovation, à travers différentes actions : journées nationales du patrimoine industriel, de débats entre acteurs et experts de l'innovation, création d'un label du produit innovant, et bien d'autres initiatives encore.

Vous le voyez, ce forum des télécommunications s'inscrit parfaitement dans les objectifs que le Gouvernement entend mettre en oeuvre : mieux faire connaître l'industrie, susciter la curiosité et faire comprendre aux jeunes de manière très concrète comment ils pourraient trouver dans l'industrie une réponse à leurs aspirations professionnelles.

Je souhaite que chacun des étudiants qui ont participé à ce forum ait pu trouver les réponses qu'il venait y chercher et vous remercie de votre attention.

(Source http://www.industrie.gouv.fr, le 18 février 2005)

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