Entretiens de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, avec la Télévision suisse romande et des représentants de la presse écrite, sur notamment l'action de la France en faveur de la réduction de la fracture numérique dans le monde, la non-prolifération des armes nucléaires et la candidature de M. Bernard Kouchner à la direction du Haut Commissariat aux Réfugiés, à Genève le 14 mars 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretiens de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, avec la Télévision suisse romande et des représentants de la presse écrite, sur notamment l'action de la France en faveur de la réduction de la fracture numérique dans le monde, la non-prolifération des armes nucléaires et la candidature de M. Bernard Kouchner à la direction du Haut Commissariat aux Réfugiés, à Genève le 14 mars 2005.

Personnalité, fonction : BARNIER Michel.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Inauguration du Fonds de solidarité numérique, à Genève (Suisse) le 14 mars 2005

ti : (Entretien de Michel Barnier avec la Télévision suisse romande, à Genève le 14 mars 2005)


Q - Monsieur le Ministre, la solidarité numérique est la raison de votre présence ici,
à Genève ?

R - Depuis le moment où le président Wade, le président du Sénégal, a lancé cette idée de réduire la pauvreté et les distances par les nouvelles technologies, par la réduction de la fracture numérique, nous avons soutenu cette idée. Donc aujourd'hui, je suis là parce qu'on lance le fonds et qu'il faut apporter les premières contributions ; la France va apporter 300.000 euros en tant qu'Etat, sans parler de toutes les contributions du secteur privé ou, naturellement, des collectivités locales. Je trouve très important que l'on donne aux pays les plus pauvres, qui ont un retard de développement, cette chance de rattraper, peut-être plus vite, leur retard. J'ai constaté cela pendant les 5 ans où j'ai eu la chance d'animer la politique régionale à l'intérieur de l'Europe, comme commissaire européen : les pays les plus en retard, mais qui ont fait l'effort de mettre plus d'argent dans le numérique, dans l'Internet, et un peu moins dans le béton ou dans les routes, ont avancé plus vite. Je pense par exemple à l'Irlande.

Q - Nous changeons tout à fait de débat, avec la question de l'otage française en Irak : a-t-on du nouveau à annoncer à ce stade ?

R - D'abord, je trouve très important qu'il y ait cette mobilisation, que vous, les journalistes, aux côtés des familles de Florence Aubenas et d'Hussein Hanoun, soyez présents tous les jours, et qu'on sache qu'on ne lâchera pas cette mobilisation aussi longtemps qu'ils ne seront pas revenus à la maison. Pour le reste, les services officiels de la France à Bagdad et à Paris sont complètement mobilisés ; nous le sommes totalement comme nous l'avons été pour Christian Chesnot et Georges Malbrunot, dans des situations qui sont naturellement différentes. Tous ces enlèvements ne correspondent pas aux mêmes raisons ni aux mêmes réseaux et ont eu lieu dans un pays qui reste très dangereux. Nous sommes mobilisés, nous nouons des fils, nous établissons des contacts, et nous espérons aboutir ; mais je ne peux pas en dire plus, car la discrétion que nous observons est la condition pour leur sécurité.

Q - Il y aura bientôt un renouvellement de poste au Haut Commissariat aux Réfugiés : on dit que la France a un candidat à présenter !

R - Le Secrétaire général Kofi Annan a ouvert les candidatures de manière très transparente, je pense que c'est bien ainsi. Pas mal de personnalités ont les qualités pour occuper ce poste, qui est très important, de Haut Commissaire aux Réfugiés. Effectivement, la France a parmi ses personnalités un candidat, Bernard Kouchner, ancien ministre, qui est médecin et dont on sait le rôle qu'il a joué avec Médecins sans frontières il y a des années, qui s'est beaucoup investi dans l'action humanitaire, dans la défense des réfugiés, et qui a joué un rôle au Kosovo. Donc, Bernard Kouchner est le candidat que nous soutenons. Mais nous sommes dans une compétition, et il faudra naturellement que toutes ces candidatures soient évaluées selon les procédures normales ; mais nous soutenons Bernard Kouchner.

Q - Lors de votre dernière présence en Suisse, je me souviens qu'il avait été question d'une sorte d'observatoire régional des Nations unies entre la France et la Suisse : est-ce que vous avez déjà mis en route cette unité, est-ce que vous avez déjà des résultats ?

R - Ce n'est pas un observatoire des Nations unies. Nous sommes convenus effectivement avec Mme Calmy-Rey de voir ce qui se passe autour du "grand Genève". Pour beaucoup de raisons, comme ministre français des Affaires étrangères, mais aussi parce que je garde mes racines en Savoie, je trouve intéressante cette idée de faire une évaluation régulière entre les autorités genevoises, le gouvernement helvétique, la préfecture de l'Ain, de la Haute-Savoie et l'Etat français. Nous sommes en train de travailler pour mettre en place ce petit groupe d'évaluation, pour voir les problèmes, bien les photographier et trouver les solutions administratives. Nous mettrons en place ce groupe dans les temps qui viennent

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 mars 2005)


(Entretien de Michel Barnier avec des représentants de la presse écrite, à Genève le 14 mars 2005)


Q - Monsieur le Ministre, la solidarité numérique est la raison de votre présence ici,
à Genève ?

R - Depuis le moment où le président Wade, le président du Sénégal, a lancé cette idée de réduire la pauvreté et les distances par les nouvelles technologies, par la réduction de la fracture numérique, nous avons soutenu cette idée. Donc aujourd'hui, je suis là parce qu'on lance le fonds et qu'il faut apporter les premières contributions ; la France va apporter 300.000 euros en tant qu'Etat, sans parler de toutes les contributions du secteur privé ou, naturellement, des collectivités locales. Je trouve très important que l'on donne aux pays les plus pauvres, qui ont un retard de développement, cette chance de rattraper, peut-être plus vite, leur retard. J'ai constaté cela pendant les 5 ans où j'ai eu la chance d'animer la politique régionale à l'intérieur de l'Europe, comme commissaire européen : les pays les plus en retard, mais qui ont fait l'effort de mettre plus d'argent dans le numérique, dans l'Internet, et un peu moins dans le béton ou dans les routes, ont avancé plus vite. Je pense par exemple à l'Irlande.

Q - Nous changeons tout à fait de débat, avec la question de l'otage française en Irak : a-t-on du nouveau à annoncer à ce stade ?

R - D'abord, je trouve très important qu'il y ait cette mobilisation, que vous, les journalistes, aux côtés des familles de Florence Aubenas et d'Hussein Hanoun, soyez présents tous les jours, et qu'on sache qu'on ne lâchera pas cette mobilisation aussi longtemps qu'ils ne seront pas revenus à la maison. Pour le reste, les services officiels de la France à Bagdad et à Paris sont complètement mobilisés ; nous le sommes totalement comme nous l'avons été pour Christian Chesnot et Georges Malbrunot, dans des situations qui sont naturellement différentes. Tous ces enlèvements ne correspondent pas aux mêmes raisons ni aux mêmes réseaux et ont eu lieu dans un pays qui reste très dangereux. Nous sommes mobilisés, nous nouons des fils, nous établissons des contacts, et nous espérons aboutir ; mais je ne peux pas en dire plus, car la discrétion que nous observons est la condition pour leur sécurité.

Q - Il y aura bientôt un renouvellement de poste au Haut Commissariat aux Réfugiés : on dit que la France a un candidat à présenter !

R - Le Secrétaire général Kofi Annan a ouvert les candidatures de manière très transparente, je pense que c'est bien ainsi. Pas mal de personnalités ont les qualités pour occuper ce poste, qui est très important, de Haut Commissaire aux Réfugiés. Effectivement, la France a parmi ses personnalités un candidat, Bernard Kouchner, ancien ministre, qui est médecin et dont on sait le rôle qu'il a joué avec Médecins sans frontières il y a des années, qui s'est beaucoup investi dans l'action humanitaire, dans la défense des réfugiés, et qui a joué un rôle au Kosovo. Donc, Bernard Kouchner est le candidat que nous soutenons. Mais nous sommes dans une compétition, et il faudra naturellement que toutes ces candidatures soient évaluées selon les procédures normales ; mais nous soutenons Bernard Kouchner.

Q - Lors de votre dernière présence en Suisse, je me souviens qu'il avait été question d'une sorte d'observatoire régional des Nations unies entre la France et la Suisse : est-ce que vous avez déjà mis en route cette unité, est-ce que vous avez déjà des résultats ?

R - Ce n'est pas un observatoire des Nations unies. Nous sommes convenus effectivement avec Mme Calmy-Rey de voir ce qui se passe autour du "grand Genève". Pour beaucoup de raisons, comme ministre français des Affaires étrangères, mais aussi parce que je garde mes racines en Savoie, je trouve intéressante cette idée de faire une évaluation régulière entre les autorités genevoises, le gouvernement helvétique, la préfecture de l'Ain, de la Haute-Savoie et l'Etat français. Nous sommes en train de travailler pour mettre en place ce petit groupe d'évaluation, pour voir les problèmes, bien les photographier et trouver les solutions administratives. Nous mettrons en place ce groupe dans les temps qui viennent

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 mars 2005)

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