Interviews de M. Jean-François Lamour, ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative, à France Inter le 7 mars 2005 et à LCI le 8, sur la visite du Comité international olympique pour juger de la candidature de Paris pour l'organisation des jeux olympiques en 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interviews de M. Jean-François Lamour, ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative, à France Inter le 7 mars 2005 et à LCI le 8, sur la visite du Comité international olympique pour juger de la candidature de Paris pour l'organisation des jeux olympiques en 2012.

Personnalité, fonction : LAMOUR Jean-François, PAOLI Stéphane, HAUSSER Anita.

FRANCE. Ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative

ti : France Inter

Le 7 mars 2005

[7h55 : Préambule à Question Directe]

Bonjour J.-F. Lamour.

Bonjour.

Q- Il n'y a qu'une seule médaille, quand une ville est candidate, c'est la médaille d'or ou pas.

R- Ce n'est pas un podium, effectivement, vous avez entièrement raison Cela change d'ailleurs d'une compétition sportive en termes de résultat. Mais par contre, en termes de préparation, on est exactement dans le même état d'esprit.

Q- Justement, vous qui êtes double médaillé d'or au sabre, à Los Angeles et à Séoul...

R- Tout à fait.

Q- Vous vous retrouvez dans des conditions de tension j'aillais dire de ...

R- Complètement. Pour tout vous dire, ce matin même encore, nous allons réviser, bachoter les réponses que nous avons à apporter à la Commission d'évaluation. Je ne vous cache qu'il y a une certaine tension, un peu celle effectivement que je ressentais à l'approche de grandes compétitions internationales.

Q- Mais qu'est-ce que c'est la gestation de la préparation d'un dossier de candidature comme celui de Paris, face tout de même à New York, Madrid, Moscou, Londres ?

R- C'est un très gros travail de préparation en termes de dossier. La demande du Comité international olympique a beaucoup évolué depuis on va dire une quinzaine d'années. Le CIO demande maintenant un dossier très précis, en termes de garanties financières, en termes de capacités à organiser, en termes d'implantations des sites. C'est un gros dossier, pratiquement 5 kilos de documents que nous avons portés au CIO...

Q- J'ai lu "646 pages et trois tomes".

R- Exactement, que nous avons transmis au CIO le 15 novembre dernier, et la Commission d'évaluation, non contente d'avoir ce document entre les mains, vient vérifier sur place, dans les cinq villes candidates, si effectivement nous sommes en capacité d'organiser les jeux.

Q- Je disais "Grand oral". Est-ce comme cela en effet que cela va se passer ? On vous pose des questions, on demande le pourquoi et le comment ...

R- C'est véritablement un "Grand oral" de préparation en plus, puisque la décision, vous le savez, se fera le 6 juillet prochain à Singapour. C'est un grand oral. Nous aurons les 14 membres de la Commission d'évaluation en face de nous - quand je dis nous, ce sont les membres fondateurs : le maire de Paris, le président de le Région, l'Etat, le mouvement sportif, les membres du CIO - et nous répondrons à des questions très précises, qui ont déjà été écrites d'ailleurs. On sait que le CIO vient déjà avec un certain nombre de questions à poser à notre équipe.

Q- Y a-t-il des questions pièges ? Vous pouvez vous attendre à ce que tout à coup on vous interroge sur un dossier peut-être auquel vous n'aviez pas pensé ?

R- Justement, ce qui est bien de notre candidature, comme vous ne la savez, c'est qu'elle repose sur un certain nombre d'expériences des candidatures précédentes : celle pour les Jeux de 92, de 2008. Mais également, nous avons organisé de grands événements sportifs : Coupe du Monde de football, ou Championnat du monde d'athlétisme. Donc, nous avons un peu "l'habitude" à la fois d'organiser mais également de répondre aux demandes du CIO.

Q- D'un mot, parce que nous y reviendrons plus longuement à 8h20, 85 % des Français interrogés se disent favorables aux Jeux. Sauf que la semaine qui commence, là, ce n'est peut-être pas la meilleure pour un dossier de candidature ?

R- Vous avez raison. On peut dire qu'il y a meilleure promotion effectivement pour la candidature, mais nous saurons faire face aux désagréments engendrés par les manifestations et les grèves. 85 % de la population favorables, c'est un très bon chiffre, c'est vrai qu'il faut aller vers 100 %, ce sera difficile, mais il faut tendre vers 100 %. Nous allons nous y employer entre aujourd'hui et le 6 juillet.

[8h20 : Question Directe]

Q- N'est-ce pas la pire semaine pour défendre un comité de candidature aux Jeux Olympiques en 2012 ? Paris ville candidate, en lice avec Madrid, Londres, Moscou et New York, va connaître les manifestations et défilés : demain des lycéens, mercredi des chercheurs, jeudi des fonctionnaires, alors que pendant ce temps, la commission d'évaluation du CIO examinera le dossier parisien. [...]

Le comité d'évaluation qui va arriver, ne va-t-il pas être confronté à une autre déclinaison de l'exception française ?

R- Je vous le disais tout à l'heure, il y a meilleure promotion pour une candidature effectivement. Mais nous allons encore une fois trouver les solutions. Ce que demande le CIO et sa commission d'évaluation, c'est d'être devant une équipe qui est capable de réagir à des aléas, des obstacles - en voilà quelques exemples. Nous allons donc mettre en musique, si je puis dire, des solutions alternatives, proposer effectivement d'autres modes d'évaluation pour la commission, peut-être faudra-t-il déplacer ici ou là des horaires de réunion ou de déplacement mais nous le ferons, parce qu'encore une fois, c'est sur ce domaine, celui de cette capacité à réagir que nous serons également jugés par la commission d'évaluation.

Q- Alors il ne s'agit pas ici bien entendu de contester le droit syndical. Néanmoins est-ce qu'un comité d'évaluation qui arrive dans un contexte comme celui-là ne peut pas s'inquiéter, justement de cette particularité française, de ce tempérament...

R- Dans ce domaine, chacun prend ses responsabilités. Le jour même de l'annonce effectivement de ce mouvement du 10 mars, je recevais F. Chérèque. Celui-là me proposait de déplacer d'une journée le mouvement, je pense que ça aurait été effectivement une bonne solution. Il n'a pas été suivi par les deux autres centrales syndicales. On peut le regretter. Je crois encore une fois qu'il y avait capacité à trouver des solutions, cela n'a pas été possible, donc faisons face et trouvons de notre côté de quoi permettre à la commission d'évaluation de juger de la qualité de notre dossier.

Q- Mais vous pensez qu'elle vous attend sur quel point justement, cette commission d'évaluation ? Vous nous disiez juste avant 8 heures, à quel point le dossier de présentation est énorme ? Trois tomes, je ne sais plus combien de pages, mais pas loin...

R- 5 kilos.

Q- Oui c'est ça, vous êtes attendu sur quel point au fond ?

R- Ce que la commission d'évaluation vient vérifier c'est la réalité du dossier. Et en particulier l'une de ces principales qualités, la compacité des sites. Aujourd'hui nous proposons un concept vraiment très innovant dans le domaine des Jeux Olympiques : un village olympique situé au coeur de Paris.

Q- A quel endroit il sera ?

R- 17ème arrondissement, c'est un quartier qu'on appelle " Les Batignolles ". Aujourd'hui, quand vous allez voir les Batignolles, vous avez une voie de chemin de fer, les voies de chemin de fer qui partent de Saint-Lazare et à la droite de ces voies de chemin de fer, toute une zone travaux qui est utilisée par la SNCF et Réseau Ferré de France qui va être transformé totalement.

Q- Mais tout ça va disparaître ?

R- Parc de 10 hectares, parc de 10 hectares, habitations, logements, qui vont pouvoir accueillir bien sûr dans un premier temps les athlètes olympiques et paralympiques très important. Puis ensuite être, bien évidemment transformés en logements, en logements étudiants, logements sociaux, logements d'accession à la propriété. Voilà un village qui va transformer durablement tout un quartier de Paris. Et puis deuxième point fort de la candidature, deux noyaux qui vont accueillir 80 % des évènements sportifs à moins de dix minutes du village.

Q- C'est-à-dire que le village olympique sera à mi-chemin des sites ?

R- Voilà, alors un noyau situé autour du Stade de France, qui est maintenant célèbre grâce à l'équipe de France de football en 98. Et un autre noyau qui est situé, on va dire du côté du Parc des Princes, de Roland Garros et des deux hippodromes. Nous allons placer le sportif olympique au coeur du dispositif. Voilà un des points forts qu'il nous faut encore une fois faire connaître à la commission d'évaluation.

Q- Mais puisque vous prenez, tenez l'exemple du Stade de France, est-ce que l'implantation du Stade de France, est-ce que le bâtiment Stade de France a changé tout le quartier, tout le secteur dans lequel il est venu s'implanter ?

R- C'est pour ça qu'il est un petit dommage que les centrales syndicales aient choisi cette date. Il faut savoir ce que représente l'organisation des Jeux dans notre pays. Je crois qu'il faut bien avoir à l'esprit que même pour moi, vous l'avez rappelé, qui est un double champion olympique, je trouve que ça serait une hérésie que de consacrer six milliards d'euros à l'organisation des Jeux, pour simplement 15 jours de fêtes olympiques et 10 jours de fêtes olympiques. Ca serait absurde. Pourquoi est-ce que je souhaite vraiment que notre pays, que Paris ait les Jeux ? C'est qu'il y a derrière effectivement cet engagement, cet investissement de véritable retour. 60 000 emplois crées pour l'organisation entre le 16 juillet 2005 et le mois d'août 2012, 40 000 emplois crées pérennes après les Jeux.

Q- Qui resteront après les Jeux.

R- Qui resteront après les Jeux, tant dans le domaine du tourisme que dans le domaine de la pratique sportive. Et tant que ministre des Sports, 4 millions de Français supplémentaires, qui pratiqueront une discipline sportive après les Jeux, 4 millions de Français supplémentaires. Il faut donc construire des équipements, former des éducateurs et des dirigeants bénévoles, offrir de nouveaux produits dans le domaine par exemple des personnes handicapées, des seniors, des adultes, voilà la réalité du projet olympique. Ce n'est pas simplement comme je vous le disais tout à l'heure, 15 jours de fêtes dans le Stade de France. Il y a un réel coup d'accélérateur donné par les Jeux à notre pays.

Q- Mais il y a donc en effet des sommes très importantes qui sont investies. Comment expliquez-vous le fait que par exemple sur les droits télévisés, qui sont considérables, qui sont énormes, une partie de cet argent ne revienne pas à la région, à l'Etat, à ceux qui se
sont...

R- Détrompez-vous, détrompez-vous, le Comité International Olympique est la seule institution internationale sportive qui verse au comité d'organisation un milliard d'euros. Donc nous allons avoir de la part du CIO un milliard d'euros qui va venir abonder le compte de ce qu'on appelle le Comité d'Organisation. En résumé, l'équilibre financier du Comité d'Organisation est déjà réalisé. Un milliard d'euros venant du CIO et environ un milliard d'euros venant ou de la billetterie - environ 8 millions de billets vendus - et les partenaires économiques qui viendront rejoindre le comité d'organisation. Il y a déjà un équilibre financier dans l'organisation. Il restera ensuite à construire un certain nombre d'équipements, je vous ai parlé tout à l'heure du village, mais vous avez compris la logique en matière d'urbanisme important, pour ce quartier de Paris. Mais il s'agira aussi de construire quelques équipements sportifs. Je pense entre autre à des piscines, dans la plaine commune, c'est-à-dire en Seine-Saint-Denis. La Seine-Saint-Denis comme d'autres départements ont besoin d'équipements de ce style ou un vélodrome à Saint-Quentin-en-Yvelines, qui servira ensuite de base nationale d'entraînement et de siège de la Fédération Française de Cyclisme. Voilà la réalité du projet, ce ne sont pas des éléphants blancs que nous allons construire, ce sont de véritables outils de développement de la pratique sportive ou alors des outils d'urbanisme pour la ville de Paris.

Q- On évoquait aussi la question du "grand oral", vous serez vous-même, J.-F. Lamour, attendu peut-être sur un dossier complexe, difficile, c'est vous qui répondrez aux questions sur le dopage. Qu'est-ce que Paris peut opposer à des questions sûrement pointues s'agissant du dopage aujourd'hui ?

R- Ecoutez, paradoxalement - on se souvient effectivement que cela avait été un peu flou lors du précédent passage de la commission d'évaluation en 2000 - paradoxalement nous allons en faire, là aussi un de nos points forts. Depuis mon arrivée à la tête du ministère en mai 2002, j'ai souhaité mettre l'accent de mon action, de l'action de la France, sur la cohérence au niveau international. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ca veut dire qu'aujourd'hui nous disposons d'un outil fantastique, c'est le code mondial antidopage, une sorte de texte de référence que dans les gouvernements d'un côté, que le mouvement sportif international de l'autre, le CIO, mais les fédérations internationales, ont décidé d'adopter et de rédiger en mars 2003 à Copenhague. Nous avons ce texte. En résumé, ça veut dire, vous avez les mêmes règles de contrôle, les mêmes sanctions et ça partout dans le monde. Voilà ce que je souhaite voir appliquer dans notre pays. J'ai donc d'ailleurs déposé une loi, un projet de loi en conseil des ministres, il y a maintenant une dizaine de jours, ce texte sera voté avant l'été 2005. Voilà la réalité de la lutte antidopage, il ne s'agit pas de régresser dans ce domaine, mais d'être beaucoup plus cohérent au niveau international. Voilà aussi encore une fois un des points forts de notre candidature.

Q- Une dernière chose et ça m'avait frappé, J.-C. Killy, qui est membre du comité, nous disait l'autre jour qu'une candidature, c'est exactement, comme - alors vous c'était le sabre, lui c'était - le ski, que ce soit la descente, le slalom géant ou le spécial, ça se joue au centième de seconde. Et il insistait beaucoup sur la modestie. En disant attention, il faut qu'on arrive un peu humble, c'est en effet la posture que vous adoptez ?

R- Totalement, je dirais pour résumer le propos de J.-C. Killy, c'est sérieux pour convaincre, enthousiaste pour séduire, peut-être voilà. Mais surtout sérieux. On nous demande beaucoup de professionnalisme et c'est normal. Le CIO joue lourd, joue gros, quand il offre à un pays, à une ville, l'honneur d'organiser les Jeux. Mais de notre côté, nous devons réussir encore une fois à convaincre le CIO par notre professionnalisme. C'est ce que Jean-Claude voulait dire, lui qui a quand même réussi à organiser les Jeux à Albertville en 92, qui connaît ce monde mieux que quiconque. Voilà dans quel état d'esprit, nous, nous, trouvons à quelques heures de l'arrivée de la commission d'évaluation.

(Source : premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 11 mars 2005)

LCI

Le 8 mars 2005

Q- Vous n'êtes pas à Roissy ?

R- J'y vais, juste après notre entretien je pars à Roissy pour accueillir le reste de la délégation.

Q- Qui arrive tout au long de la journée ?

R- Tout au long de la journée, les derniers vers 16h00 à peu près.

Q- Paris n'est pas la dernière ville visitée par la délégation, c'est l'avant-dernière, il reste Moscou, je crois ?

R- Moscou... La délégation va rester quatre jours à Paris, nous allons, donc, encore une fois, proposer des réponses aux questions que va nous poser la commission et sa présidente. Ensuite, effectivement, ils partent vers Moscou qui sera la dernière ville évaluée, avant le grand rendez-vous du 6 juillet à Singapour.

Q- Il faut si longtemps pour évaluer les cinq villes qui restent en lice ?

R- Les cinq villes seront donc évaluées, ensuite la commission va faire une
sorte de synthèse. Cette synthèse va être fournie à l'ensemble des
membres du CIO, pour que ses membres qui ne peuvent pas se déplacer
dans les villes candidates - ce sont les nouvelles règles imposées par le
CIO...

Q- Le CIO est composé de plus de 100 membres, n'est-ce pas ?

R- 120 membres à peu près. Et sur la base de cette synthèse, les membres du CIO écouteront chacune des candidatures le 6 juillet à Singapour pour enfin voter.

Q- La candidature de Paris, c'est un long chemin. Vous avez déjà déposé un dossier de quatre kilos le 15 novembre. Aujourd'hui, quelles sont les nouveautés qui seront présentées aux membres de la délégation ?

R- Nous allons surtout préciser un certain nombre d'éléments du dossier de la candidature, en particulier l'un des points forts du dossier, c'est-à-dire la compacité des sites. Imaginez le village situé au centre le Paris, dans le 17ème arrondissement, aux Batignolles, qui est aujourd'hui une zone de fret pour la SNCF. Donc, vraiment, une transformation importante de ce quartier du 17ème arrondissement, et surtout, deux pôles : le pôle autour du stade de France et celui autour de R. Garros et du Parc des Princes, qui vont accueillir 80 % des évènements sportifs. Le sportif, l'athlète olympique va être à moins d'un quart d'heure de 80 % des évènements. C'est vraiment le point fort de notre candidature.

Q- La compacité, la délégation va s'en rendre compte, mais en même temps, le jour où elle doit s'en rendre compte, il y a la manifestation, les appels à la grève, et risque de pagaille à Paris.

R- Risque de perturbation, évidemment. F. Chérèque avait d'ailleurs proposé de déplacer d'une journée la manifestation ; il n'a pas été entendu par les autres centrales syndicales, on peut le regretter.

Q- B. Delanoë est intervenu également.

R- Oui, mais sans résultat. Au-delà ce cet obstacle, de ces aléas, nous allons être jugés dans notre capacité à régir, à faire en sorte de trouver des solutions, de proposer des alternatives à la commission et de faire en sorte que leur déplacement...

Q- Quand vous dites "des alternatives", vous pouvez imaginez qu'au moment des jeux il y ait une grande grève ?

R- Non, pas une grande grève mais en tout cas, des aléas. On a entendu les centrales syndicales exprimer leur volonté de ne pas se mettre en grève ou engager des mouvements pendant la période des Jeux en 2012, en août 2012, je le rappelle. Non, mais justement, notre capacité de réagir à des aléas, à des problèmes posés, capables de réagir en temps réel, voilà ce que nous demande le CIO pour être sûr que nous savons organiser de tels évènements.

Q- C'est un mauvais coup porté à la candidature de Paris ?

R- Ce n'est pas la meilleure promotion que l'on puisse attendre, effectivement, mais encore une fois, nous saurons faire face et nous allons proposer au CIO, à cette commission d'évaluation, des solutions pour leur permettre de visiter les sites dans les meilleures conditions.

Q- Vous parliez de la compacité des sites ; quels sont les autres atouts de Paris ?

R- Un équilibre entre les équipements dont nous avons besoin, il n'y aura pas d'éléphant blanc après les jeux, des équipements qui pourraient être trop grand et qui, ensuite, ne serviront à rien, comme cela a peu être le cas dans d'autres Jeux Olympiques, mais des équipements qui seront à la fois construits pour durer et d'autres qui ne serviront à rien après les Jeux, et qui seront démontés. C'est un bon équilibre.

Q- Cela, c'est pour nous, pour le contribuable surtout.

R- Oui, mais vous savez que le CIO regarde beaucoup cette notion de développement durable. Faire en sorte que les Jeux ne coûtent pas chers pour le pays, la ville qui l'organisent, faire en sorte que les équipements servent après les Jeux. Voilà quels sont là aussi, deux points forts de notre dossier.

Q- On a beaucoup dit que la délégation allait être traitée aux petits oignons. Elle va être logée dans un bel hôtel, ce qui est normal, reçue à Matignon, à l'Elysée vendredi soir ; est-ce que le président de la République leur réserve une surprise, une annonce ?

R- Un accueil à la fois chaleureux... Notre slogan, c'est "l'amour des Jeux" ; il faut maintenant, au-delà du professionnalisme, du sérieux de notre candidature, démontrer notre enthousiasme, notre soif, véritablement, d'avoir ces Jeux. En tant qu'ancien champion, je serais heureux d'accueillir les Jeux, mais dépenser, investir 6 milliards d'euros dans ces Jeux, ce serait, encore une fois, irrationnel, irresponsable. Grâce aux Jeux, nous créons dans la période d'organisation, 60.000 emplois. Nous permettrons, par exemple, à 4 millions de Français supplémentaires de pratiquer une discipline sportive à l'issue des jeux. La réalité de l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques, tient tout autant dans le spectacle que nous allons offrir aux Français et au monde entier en 2012, mais également dans la réalité d'un vrai retour sur investissement après les Jeux. Ça, c'est la richesse des Jeux, c'est ce que nous appelons l'héritage des Jeux.

Q- C'est sans doute pour cela que neuf Français sur dix sont favorables aux Jeux ?

R- Voilà.

Q- Pour obtenir ces Jeux, on a beaucoup mis l'accent sur la transparence, B. Delanoë l'a encore dit hier soir. Mais quand même, quand on voit ce qui s'est passé à Londres, il y a eu un vrai lobbying de Londres, qui a un peu surpris - et passez-moi l'expression -, Londres a un peu essayé de savonner la planche à Paris ! Alors vous allez être les grands naïfs ?

R- Surtout pas. Nous respectons les règles édictées par le CIO, celles de la transparence, du respect des autres candidatures, de notre volonté de porter les points forts de notre dossier. Nous ne sommes pas dupes non plus, nous entendons les critiques, les petits coups bas de certains de nos adversaires. Mais peu importe, encore une fois. Nous sommes convaincus...

Q- ... Vous, vous ne démontez par les candidatures des autres ?

R- Surtout pas, non. Un peu, encore une fois, une comme une volonté de se préparer comme pour une grande compétition internationale. On se focalise sur notre préparation, sur nos qualités. On améliore le dossier jour après jour. Nous défendrons nos chances comme cela à Singapour.

Q- C'est-à-dire qu'entre le moment où vous présentez le dossier et la ville et le mois de juillet, il ne se passera plus rien ?

R- Si, nous allons améliorer...

Q- ...Quand ont dit "améliorer", cela veut dire faire bouger les lignes ?

R- Cela veut dire, à la marge, faire de... On va avoir de très bonnes questions posées par la commission d'évaluation qui va peut-être nous titiller sur tel ou tel point du dossier. Eh bien nous saurons réagir, améliorer, préciser les choses, pour, effectivement, donner des réponses devant les membres du CIO le 6 juillet prochain.

Q- Le 6 juillet, vous repasserez un grand oral, si on peut dire ?

R- Là, on est dans une sorte de bac blanc, si on peut faire des comparaisons. Le 6 juillet, c'est vraiment le grand oral, là où il faut être très très bon, à la fois professionnel et enthousiaste.

Q- 2012, c'est loin ; vous-même, vous vous imaginez où à ce moment-là ?

R- Je ne sais pas. J'espère participant...

Q- Vous serez élu de Paris ?

R- Je suis élu régional. J'espère d'une façon ou d'une autre, participer à l'organisation mais nous nous sommes dit, avec quelques anciens champions olympiques, que ce que nous voulons, en termes d'héritage, c'est faire en sorte que le porteur du drapeau olympique et paralympique fasse son tour de piste au stade de France. Si je pouvais être là pour voir cela, je serais très heureux.

(Source : premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 11 mars 2005)

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