Allocution de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, en hommage à la mémoire de Robert Schuman, pour sa contribution au projet européen, Thionville le 24 mars 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Allocution de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, en hommage à la mémoire de Robert Schuman, pour sa contribution au projet européen, Thionville le 24 mars 2005.

Personnalité, fonction : BARNIER Michel.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Déplacement de Michel Barnier en Lorraine le 24 mars 2005 : dépôt d'une gerbe devant la statue de Robert Schuman à Thionville le 24

ti : Je mesure tous les jours avec humilité l'honneur de me trouver assis derrière le bureau qu'occupait en 1950 votre ancien député Robert Schuman, alors ministre des Affaires étrangères.

C'est un moment émouvant pour moi de pouvoir déposer cette gerbe avec deux amis de la France qui symbolisent et personnalisent l'un et l'autre ce que nous avons fait, ce que nous voulons faire. Peter Medgyessy qui était, il y a quelques mois encore, Premier ministre de Hongrie, l'un des dix pays qui nous a rejoints. C'est lui qui, dans la dernière ligne droite, a préparé son pays à l'adhésion. Il lui a fallu du courage, de la détermination pour réussir ces négociations et faire en sorte que ce beau pays qu'est la Hongrie soit avec nous dans l'Union.

Et puis Andreas Schockenhoff qui, tout près d'ici, en Allemagne, travaille avec ténacité et générosité à l'amitié entre la France et l'Allemagne au Bundestag.

Ce que je veux simplement dire aujourd'hui à cet endroit et en respectant l'opinion de chacun, c'est ce que m'inspire ce beau visage de Robert Schuman.

C'est en 1950, aux côtés de Jean Monnet, qu'il a lancé cet appel à la mutualisation du charbon et de l'acier entre la France, l'Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays Bas, pour franchir ainsi la toute première étape de la Communauté du Charbon et de l'Acier, la première étape du projet européen. Il y a des lieux qui doivent être des lieux de mémoire et qui sont en même temps des lieux d'espérance. C'est précisément ce que je ressens à vos côtés en déposant cette gerbe : de la gratitude et de l'espérance.

Je n'oublie pas, nous n'oublions pas, Robert Schuman, l'homme d'Etat visionnaire qui a eu cette idée juste qu'il fallait mutualiser, qu'il fallait se mettre ensemble, pour être plus forts, pour mieux se protéger et être respectés, plutôt que de rester chacun chez soi ou chacun pour soi. Cette idée, que prouve-t-elle ? Le projet européen a une inspiration française. Nous pouvons le dire sans arrogance. C'est une idée que, avec Adenauer et d'autres hommes d'Etat, nous avons voulu faire partager à ceux qui y étaient prêts autour de nous. C'est une idée dans laquelle les Français doivent se retrouver. Cette idée était juste en 1950, elle reste juste en 2005. Ma conviction est qu'au-delà des débats et des inquiétudes, des humeurs et des questions légitimes auxquelles un débat doit répondre, les Français gardent cette idée au fond d'eux-mêmes. Cette idée qu'a eue Robert Schuman, avec quelques autres hommes d'Etat, pour les nouvelles générations, est une idée non seulement juste mais une idée nécessaire.

Je suis heureux d'avoir pu vous dire cette conviction qui reste la mienne, devant ce symbole que constituent nos drapeaux associés : la France et l'Europe sont ensemble et vont rester ensemble.


(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 29 mars 2005)

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