Entretiens de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, à Canal Plus, avec "Le Point" et "Le Républicain lorrain" le 24 mars 2005, sur le réferendum pour la Constitution européenne et la directive sur les services. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretiens de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, à Canal Plus, avec "Le Point" et "Le Républicain lorrain" le 24 mars 2005, sur le réferendum pour la Constitution européenne et la directive sur les services.

Personnalité, fonction : BARNIER Michel.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti : (Extraits d'un entretien de Michel Barnier avec Canal Plus, le 24 mars 2005)


Q - L'Europe, il en a beaucoup été question. Vous rentrez de Bruxelles, on peut dire merci à qui à propos de la directive Bolkestein, à Jacques Chirac pour l'avoir remise à plat, aux sondages qui donnaient le "non" gagnant et qui ont peut-être précipité les choses ?

R - Sûrement pas aux sondages ! Je me souviens avoir, le 31 janvier, demandé moi-même à Bruxelles la remise à plat - et j'ai employé précisément ces mots, la remise à plat - de cette directive parce qu'en effet, elle pose plus de problèmes qu'elle n'en résout. Nous avons demandé cette remise à plat et nous n'avons pas été les seuls. Beaucoup de chefs d'Etat l'ont fait aussi et la Commission elle-même. M. Barroso, il y a plusieurs semaines, a dit qu'il était prêt à remettre à plat ce texte. Les choses sont claires et cela a été décidé par tout le Conseil européen, ce qui me permet d'ailleurs de dire à ceux qui nous regardent que les institutions européennes fonctionnent correctement.

La Commission ne décide pas, elle fait des propositions. Je suis bien placé pour le dire, j'ai été commissaire européen pendant 5 ans et j'ai travaillé sur ce texte en essayant d'ailleurs de l'améliorer à l'époque. La Commission fait des propositions, mais elle ne décide pas. Ceux qui proposent, ce sont les chefs d'Etat, les ministres, et les parlementaires européens, et c'est exactement ce qui s'est passé.

Q - Avouez quand même que la menace d'un "non" a du bon ! Cela fait peur aux chefs d'Etat européens qui, du coup, disent "oui" aux revendications de Jacques Chirac. Regardez la une de l'Humanité, c'était l'Humanité allez-vous me dire : "Bolkestein, le "non" paie déjà".

R - Oui, mais franchement, c'est un titre polémique ! Le débat au niveau du Conseil européen ne se passe pas dans cet esprit-là. Naturellement, tous les chefs d'Etat et de gouvernement sont attentifs à ce qui se passe dans les pays voisins, et ce qui se passe en France les intéresse. Ils ont le souci que la France, qui est un pays fondateur de l'Union, continue à tenir sa place et joue son rôle dans l'Union européenne, qu'elle ne soit pas mise à l'écart.

D'une manière générale, tout le monde sait que nous avons besoin de ce texte constitutionnel. Tout le monde sait que, pour que l'Europe fonctionne, avec ce qu'elle fait déjà et puis ce qu'elle veut faire, au niveau de la politique étrangère et de la défense, on a besoin de cette Constitution. C'est en quoi ce texte est utile.

Tout le monde est intéressé par ce qui se passe chez nos voisins. Je suis intéressé par ce qui va se passer en Belgique, par ce qui s'est passé en Espagne, ce qui se passera en Angleterre. Franchement, dans cette Union européenne - je l'ai encore vu aux côtés de Jacques Chirac durant cette journée -, il y a une ambiance collective et c'est très intéressant.

Q - Faut-il dramatiser maintenant la campagne et expliquer vraiment aux Français ce qu'un "non" peut signifier de grave, pour nous, pour la France, pour l'Europe ?

R - Je ne pense pas qu'il faille dramatiser. Il faut surtout, et Jacques Chirac l'a très bien dit hier, écouter tout le monde et respecter le point de vue de tous.

L'Europe souffre d'un déficit de débats depuis 50 ans. On fait l'Europe pour les citoyens mais sans eux, à une ou deux exceptions près : le référendum de Maastricht et celui que le président de la République vient de proposer. Pour qu'il y ait un vote populaire, il ne faut pas faire des slogans, il ne faut pas faire de la propagande, les gens sont intelligents, ils ont besoin de comprendre.

D'abord, quelle est la question ? Je leur dis que c'est une question sur la Constitution européenne et pas sur la Turquie, pas pour ou contre M. Chirac ou M. Hollande !

Il faut aussi remettre les choses en perspective. D'où venons-nous ? Pourquoi sommes-nous ensemble depuis 50 ans ? Comment se protège-t-on ? Comment devons-nous exister ? Comment se fait-on respecter dans le monde d'aujourd'hui, avec de grandes puissances qui émergent, la Chine, l'Inde, le Brésil et avec naturellement les Etats-Unis, si nous ne sommes pas ensemble ? C'est à cela que sert ce texte, et il faut le dire comme cela. Pas de propagande, pas de slogans !

Q - Alors justement, hier, Jacques Chirac s'est adressé aux Français. Considérez-vous qu'il a fait de la propagande ou non en faisant un vibrant plaidoyer en faveur de l'Europe sociale et en lançant une charge contre l'Europe libérale ?

R - Mais bien entendu, c'est un plaidoyer pour l'Europe !

Q - Serait-il passé à gauche Jacques Chirac ?

R -Le président de la République est le garant de l'unité et de la cohésion de notre pays. Au c¿ur de ce projet auquel nous tenons, il y a une certaine solidarité et une vraie cohésion. Cette Europe, à laquelle nous participons, pour notre profit et pour notre bien, nous ne voulons pas qu'elle devienne une grande zone de libre-échange. Moi, je ne rêve pas d'une Europe qui soit un grand super-marché, avec de la compétition, de la concurrence fiscale et sociale. Je ne rêve pas non plus d'une Europe qui se résumerait à un grand marché.

Q - Et Jacques Chirac non plus !

R - Et Jacques Chirac non plus ! Ne soyez pas étonné que le ministre des Affaires étrangères soit d'accord avec le président de la République !

Q - Le président a dit que le référendum portera uniquement sur la question européenne. Cela veut-il dire que, quels que soient les résultats, Jacques Chirac restera au pouvoir ?

R - Mais il l'a dit hier très clairement, ce n'est pas un plébiscite ! C'est un référendum sur une question et, donc, il faut répondre à cette question. Il ne s'agit pas de dire oui ou non à la majorité ou à l'opposition. Les Français auront le moment de le dire. En 2007, ils voteront pour les élections présidentielles et pour les élections législatives.

Et sur la question qui inquiète, qui préoccupe, je veux parler de la Turquie, ce sera dans 10 ou 15 ans, peut-être un peu plus tard, si nous aboutissons dans nos négociations d'adhésion. Je pense qu'il faut prendre le temps, durant ces deux mois et demi, d'expliquer quelle est la question, répondre aussi, peut-être, à d'autres questions car c'est l'intérêt d'un grand débat. Et il faut s'en tenir à cela.

Q - Revenons à la directive européenne qui sera remise à plat. Pouvez-vous nous promettre aujourd'hui que le fameux principe du pays d'origine, tant décrié en France, disparaîtra complètement de la mouture finale ?

R - Je ne sais pas quelle sera la mouture finale, nous en discutons. En tout cas, ce texte sera complètement remis à plat et ce que je peux vous dire, c'est que nous n'accepterons aucune disposition qui amènerait à harmoniser les législations vers le bas. Nous ne renoncerons à rien de ce qui constitue notre socle social. Voilà ce que je peux dire d'une manière extrêmement claire.

Q - "Sortir l'Europe des idées reçues", c'est le titre de votre livre, mais quelle est l'idée reçue à propos de la campagne actuelle concernant le référendum qui vous agace le plus ?

R - Ce qui m'agace, c'est le mélange ! Il y a des gens qui ne veulent pas la construction européenne pour différentes raisons, à l'extrême droite ou à l'extrême gauche, parfois ailleurs, à l'extérieur aussi, et qui mélangent tout, qui utilisent ce vote pour parler d'autre chose. Je vais, à la place qui est mienne, tout faire pour dire à ceux qui nous écoutent "lisez ce texte". Nous discuterons pour dire en quoi il est utile pour l'Europe.

Q - Même si ce n'est pas facile à lire !

R - Non, ce n'est pas facile, mais c'est un peu plus facile que d'habitude parce que, pour la première fois, un texte européen est lisible, au moins dans ses deux premières parties. C'est un texte important. Bien sûr, les institutions européennes sont complexes parce qu'il a fallu essayer de faire fonctionner vingt-cinq pays ensemble, sans les fusionner. Nous voulons rester chacun avec nos différences et nos identités, ce n'est donc pas toujours facile. Mais, ce qui m'agace, c'est cette manière de tout mélanger pour ne parler de rien en voulant parler de tout. Nous allons parler de cette Constitution, on débattra des autres questions dans d'autres circonstances.

Q - Un dernier mot, Monsieur Barnier, c'est le 78ème jour de détention pour Florence Aubenas et Hussein Hanoun, avez-vous de nouvelles informations sur leur sort ?

R - Ce que je peux dire, c'est-ce que, depuis le début de cet enlèvement, nous travaillons, comme nous l'avons fait pour Christian Chesnot et Georges Malbrunot, exactement de la même manière, avec nos services sur place et un vrai dispositif d'action. Nous travaillons discrètement car, dans ce genre d'enlèvement, même si ces enlèvements ne se ressemblent pas, ne répondent pas aux mêmes réseaux ni aux mêmes raisons, la discrétion est la garantie de leur sécurité. Nous travaillons, nous nouons des fils, nous avons des dialogues et nous allons tout faire pour les sortir de là.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 mars 2005)

(Entretien de Michel Barnier avec "Le Point" du 24 mars 2005)


Q - Les craintes des Français sur la directive Bolkestein sont-elles justifiées ?

R - Ce texte n'a rien à voir avec la Constitution. C'est un projet qui est aujourd'hui très contesté par beaucoup d'Etats membres, ainsi que par une majorité de députés européens. Chacun doit donc jouer son rôle. Le gouvernement français et d'autres ont demandé sa remise à plat.

Q - Vous l'aviez approuvé lorsque vous étiez commissaire ?

R - Je l'avais approuvé après qu'il eut été beaucoup discuté. Il est clair que la Commission avait sous-estimé les difficultés. Nombre de secteurs et services, ceux des assurances, ont déjà fait l'objet de directives. Et la Commission estimait que pour les services qui n'étaient pas encore encadrés, tel le tourisme, les pays européens avaient intérêt à un règlement commun.

Q - En quoi la nouvelle mouture va-t-elle être différente ?

R - La Commission devra décider ce qu'elle entend faire de cette proposition. M. Barroso a déjà reconnu la nécessité d'empêcher tout "dumping social" qui serait inacceptable, de préserver la diversité culturelle et, enfin, de protéger les services publics.

Q - N'est-ce pas la faute des politiques si les Français font l'amalgame avec la Constitution ?

R - Nous allons prendre le temps d'expliquer. Le référendum consiste à décider si la Constitution est utile ou non. Nous en avons besoin pour faire fonctionner l'Union européenne à vingt-cinq et lui permettre d'aller plus loin avec une politique étrangère et de défense commune pour que l'Europe tienne sa place dans le monde. Là est la question. Il ne s'agit pas de dire oui ou non au président Chirac, à M. Hollande ou à la Turquie.

Q - La voie référendaire est-elle finalement la meilleure ?

R - Le projet européen ne peut pas continuer à progresser sans les citoyens. Jacques Chirac a eu raison de faire le choix du débat démocratique, comme François Mitterrand l'avait fait en 1992 lors du traité de Maastricht. C'est le silence qui nourrit la démagogie et entretient les peurs.

Q - Imaginons que le "non" l'emporte. Que va-t-il se passer ?

R - Ce serait dans ce cas un terrible retour en arrière. On en resterait aux traités actuels, qui sont insuffisants. Ceux qui ne sont pas contents de l'Europe telle qu'elle fonctionne actuellement en seront pour leurs frais. La France, marginalisée, aurait beaucoup de mal à se faire entendre.

Q - Que va changer la Constitution ?

R - Elle va permettre de mieux faire fonctionner l'Union. Il y aura désormais le vote à la majorité qualifiée. Le droit de veto à vingt-cinq, c'est l'impuissance garantie. Elle prévoit aussi l'existence de coopérations renforcées. En matière de justice, de défense, celles-ci vont permettre à quelques pays de partir en avant-garde. Comme pour l'euro.

Q - Les pays qui refusent la Constitution auront-ils une session de rattrapage ?

R - Non. Il n'y aura pas de nouvelle discussion sur la Constitution. Ceux qui y ont participé savent que nous avons atteint le meilleur résultat possible avec ce projet. Les politiques régionales ou agricoles seront en panne. Si les institutions sont faibles, les politiques seront faibles. L'Europe deviendra progressivement une zone de libre-échange dont la règle sera la compétition et la concurrence fiscale et sociale. C'est précisément ce que veut éviter la Constitution.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 mars 2005)


(Entretien de Michel Barnier avec "Le Républicain lorrain" du 24 mars 2005)


Q - Etes-vous surpris par les sondages donnant l'avantage au non au référendum ?

R - En France, on a toujours eu un problème avec l'Europe. Comme si celle-ci était à la source de tous nos maux. Ces sondages interviennent à un moment où il y a des inquiétudes liées aux questions sociales. La campagne devra donc consister à clarifier les enjeux. De quoi s'agit-il ? Il ne s'agit pas de voter pour ou contre le gouvernement, pour ou contre le président de la République, pour ou contre le parti socialiste, pour ou contre telle ou telle directive, encore moins pour ou contre l'adhésion de la Turquie. Ces questions se poseront soit ailleurs, soit plus tard. Aujourd'hui, il s'agit de savoir si le texte de la Constitution est un texte utile pour faire fonctionner l'Union européenne et lui permettre de nous protéger, de faire vivre ensemble vingt-cinq pays et leur permettre de parler d'une seule voix.

Q - Comment peut-on exercer ce travail de pédagogie vis-à-vis des partisans du non qui, pour beaucoup, se déterminent à partir de questions n'ayant rien à voir avec un texte qu'ils n'ont même pas encore lu ?

R - Même s'il est long et parfois complexe, le texte de la Constitution est plus lisible que les textes qu'il remplace. Il faut en tout cas faire une campagne d'explication et d'information et j'entends bien m'y consacrer pleinement. Le président de la République, le moment venu, trouvera les mots pour expliquer en quoi consiste ce texte et en quoi il est important.

Q - Inconsciemment les Français ne sont-ils pas en train d'exprimer le rejet d'une Europe à vingt-cinq où Paris et Berlin n'ont plus le même pouvoir d'entraînement qu'auparavant ?

R - Avec vingt-cinq pays membres, la parole commune franco-allemande est toujours aussi nécessaire mais pas suffisante. Il faut renforcer le dialogue avec d'autres partenaires, comme nous le faisons, par exemple, avec l'Espagne actuellement. Les Français doivent comprendre que, dans cette Union, désormais, il faut convaincre, entraîner, expliquer. Durant les cinq années où j'ai fait partie de l'exécutif européen, j'ai vu que, lorsque les Français prenaient la peine de rencontrer les autres, nos idées progressaient. C'est comme cela que l'influence de la France se développera. Mais dans un autre contexte et avec d'autres méthodes qu'il y a trente ou quarante ans. Nous sommes de plus en plus nombreux et c'est la raison pour laquelle il nous faut ce règlement de copropriété qu'est la Constitution européenne.

Q - Avec le socialiste Pascal Lamy, vous avez appartenu à la Commission Prodi qui a adopté la directive Bolkestein. Comment celle-ci a-t-elle pu passer ?

R - La Commission débat collégialement. Nous avions donc adopté collégialement cette directive après en avoir amendé le texte et exprimé un certain nombre d'inquiétudes, notamment sur cette fameuse disposition du pays d'origine. Nous avions dit les choses tout au long du processus et avions pris note des réponses qui nous avaient été faites. Mais ne l'oublions pas : la Commission propose, les ministres et le Parlement européen disposent. Le fait que l'on ait obtenu au Conseil européen cette semaine une remise à plat du texte prouve que le processus institutionnel fonctionne. Ceux qui sont inquiets doivent voir ici la preuve que les textes ne tombent pas de Bruxelles pour être imposés aux citoyens, mais qu'ils sont soumis au contrôle des responsables politiques de l'Europe. C'est cela que le Conseil européen de cette semaine a heureusement rappelé.

Q - Frits Bolkestein compte venir s'expliquer bientôt en France. Dans le climat actuel, sa visite est-elle opportune ?

R - C'est à lui de voir si sa visite est utile ou pas.

Q - Concernant Florence Aubenas, ses ravisseurs ont-ils exprimé une revendication ?

R - Nous travaillons de manière discrète parce que, dans ces affaires, la discrétion est la condition de la sécurité de ceux qui ont été enlevés. Tous ces enlèvements ne répondent pas aux mêmes raisons, aux mêmes réseaux. Nous devons donc tirer tous les fils qui nous permettent de parvenir à la libération de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun.

Q - Comment réagissez-vous à la décision de la Maison Blanche de proposer le "faucon" Paul Wolfowitz à la présidence de la Banque Mondiale ?

R - Nous avons reçu cette proposition. Nous l'étudions en concertation avec nos partenaires dans le cadre d'une tradition qui veut que ce poste fasse l'objet d'une proposition des États-Unis. Gardons-nous des procès d'intentions

Q - Doit-on comprendre que Paris cherche à ménager les chances de Pascal Lamy d'obtenir la direction générale de l'Organisation mondiale du commerce ?

R - Ne mélangeons pas les choses. Nous soutenons en effet Pascal pour ce poste, non parce qu'il est Français mais parce qu'il est probablement l'Européen le plus compétent. C'est une très bonne candidature. Nous souhaitons qu'il soit élu avec le plus large consensus possible.

Q - Quelles sont les chances de la candidature de la Lorraine à un pôle de compétitivité sur les matériaux intelligents et les produits innovants qui, avec le soutien du Luxembourg et de la Sarre, constitue le seul projet transfrontalier parmi 105 candidatures ?

R - Un pôle européen transnational de recherche et d'éducation est très important. Il faut veiller à ce que, dans les budgets européens que nous allons établir à partir de 2007, il y ait une priorité pour de tels projets

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 mars 2005)

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