Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer, sur les projets et les réalisations de Mulhouse en matière ferroviaire (tramway, "tram-train", Cité du train) et sur l'état d'avancement du projet de LGV Rhin-Rhône, Mulhouse le 13 avril 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer, sur les projets et les réalisations de Mulhouse en matière ferroviaire (tramway, "tram-train", Cité du train) et sur l'état d'avancement du projet de LGV Rhin-Rhône, Mulhouse le 13 avril 2005.

Personnalité, fonction : ROBIEN Gilles de.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer

Circonstances : Inauguration de la Cité du train à Mulhouse, le 13 avril 2005

ti : Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,


Ma tâche n'est pas des plus aisées, vous en conviendrez : intervenir après des orateurs de la qualité de ceux qui viennent de s'exprimer, tous passionnés de trains et d'histoire du train.

Vous avez les uns les autres exprimés des propos élogieux mais justes sur les différents joyaux ferroviaires de cette région et de cette ville. Le tramway tout d'abord, futur fleuron de Mulhouse ; le tram-train ensuite, qui sera, je n'en doute pas, la vitrine française de l'application de ce concept novateur et venu d'ailleurs, mais auquel notre savoir faire donnera sa pleine efficacité au service d'une région qui a souffert des évolutions industrielles La Cité du train, enfin, qui est le remarquable résultat de la transformation d'un conservatoire du talent industriel en un superbe outil de mémoire au service des générations actuelles et futures.

Je me limiterai donc à vous livrer mes impressions les plus fortes de cette demi-journée riche en découvertes et en satisfactions pour l'avenir.

Tout d'abord, Mulhouse méritait le tramway, Mulhouse a le tramway. C'est un remarquable outil d'aménagement et de développement urbains dans le respect de l'environnement et dans une perspective de véritable développement durable auquel, vous le savez, comme le Président de la République, je suis fondamentalement attaché.

Mulhouse sera pionnière en matière de tram-train et constituera la vitrine française qui manquait jusqu'alors.

Il ne sera plus nécessaire de traverser le Rhin pour se rendre compte de ce que le concept de tram-train peut révolutionner les habitudes de transport par la suppression de la rupture de charge ; cette rupture de charge constitue un des principaux freins au développement -pourtant si nécessaire à notre époque- du transport collectif de proximité.

Je suis sûr que la qualité de la réalisation mulhousienne favorisera le développement du concept de tram-train en France et que, comme pour la construction ferroviaire au siècle dernier, Mulhouse sera un modèle pour les villes et régions qui sont tentées par le tram-train.

Enfin, Mulhouse avait un musée du chemin de fer, le plus grand et le plus complet de France, et elle a maintenant une Cité du train, réalisation unique de ce genre en Europe, qui mêle intelligemment le passé et l'avenir par l'approche moderniste qu'elle permet de tout ce qui a constitué la tradition ferroviaire française.

Sa présentation dynamique assure le lien entre ce passé prestigieux et un avenir riche de promesses du fait du besoin de notre société moderne d'un développement encore plus marqué du transport ferroviaire, tant de proximité que de grandes distances, à une échelle qui est celle de l'Europe.

Comme vous le savez, l'État, que je représente aujourd'hui, veille, dans le cadre de ses prérogatives, à donner aux acteurs du transport ferroviaire les moyens de ce développement, tant au plan national qu'au plan international.

Je souhaite à ce propos revenir un instant sur les décisions qu'a prises le gouvernement le 18 décembre 2003 lors d'un CIADT historique pour les chemins de fer en particulier.

Pour la première fois un programme d'investissements à 20 ans consacre une part majoritaire au ferroviaire puisque sur la période 2005-2012 ce sont plus de 60 % de ces budgets, soit près de 5 Milliards d'euros en crédits de paiement, qui seront consacrés au développement des LGV.

Pour la première fois également, l'État se donne les moyens de ses ambitions et apporte toute la crédibilité à son programme.

En effet, les dividendes et redevances des sociétés autoroutières, sociétés que nous avons conservées dans le giron de l'État, permettront le développement de ces infrastructures fondamentales pour le développement de nos régions et pour la construction d'une Europe dont les réseaux de transport relieront les bassins d'emploi et faciliteront les communications.

L'Agence de Financement des Infrastructures de Transport de France -l'AFITF-, créée en novembre 2004, est venue concrétiser cette politique de développement des grandes infrastructures de transport alternatives à la route. Ce sont ainsi 73 % de son premier budget de 635 M d'euros qui ont été consacrés au ferroviaire ainsi qu'au maritime et au fluvial, mode auquel votre région est également sensible.

La LGV Rhin-Rhône, projet qui je le sais vous tient à c¿ur, a déjà bénéficié des crédits de l'AFITF puisque plus de 17 M d'euros ont été inscrits pour cette année 2005 et que le Conseil d'Administration d'avril validera une première convention de financement entre les partenaires pour les acquisitions foncières notamment.

Je tiens à rassurer ici tous les élus mais également les populations qui ont pu se poser des questions sur les avancées de cette LGV : elle est la plus avancée dans notre programme du CIADT de décembre 2003, et tous les engagements pris dans ce CIADT seront bien respectés.

Le montant de l'opération a été validé et est aujourd'hui fiable ; sur cette base, la participation de Réseau Ferré de France a été définie, en détaillant bien les risques que pouvait prendre en charge l'établissement public.

Toutefois, la participation de RFF pourra être majorée si d'autres partenaires acceptent une répartition différente de ces risques. La mission de financement avance bien et je sais qu'une réunion se tenait pas plus tard qu'hier entre les collectivités locales et le "Monsieur Financement" du ministère, M. de FENOYL. Une fois les participations de l'Europe, de la Suisse, et de RFF définitivement connues, il restera donc à valider le partage à 50-50 entre l'État et les collectivités qui devront de leur côté s'entendre sur la répartition de leur part.

Tous ces éléments sont relativement complexes, et le rôle de la SNCF dans la détermination et son engagement sur les trafics est primordial, vous le savez fort bien Monsieur le président GALLOIS. Toutes les énergies doivent donc être mobilisées pour faire aboutir une maquette de financement d'ici fin juin prochain, c'est mon objectif très clair.

La convention de financement actera ensuite ces maquettes et permettra de lancer les premiers appels d'offre travaux. Le lancement des travaux se fera donc bien en 2006, c'était notre engagement et nous le respecterons.

Pour en revenir, pour conclure, à l'objet de notre présence ici, toutes ces réalisations n'auraient pas été possibles sans la volonté et les efforts déployés par la ville elle-même, tout d'abord, dont je salue le sénateur-maire, Jean-Marie BOCKEL, par le Conseil général du Haut-Rhin, dont je salue le président, Charles BUTTNER, et par le Conseil régional d'Alsace, dont je salue le président, Adrien ZELLER.

Je dois aussi remercier Louis GALLOIS, président de la SNCF, car je sais que la grande maison qu'il dirige a toujours eu le souci de préserver les précieux témoins de son riche passé, tout en développant les techniques les plus prometteuses et les plus efficaces, notamment en matière de trains à grande vitesse. Le voyage d'approche qu'il nous a permis de faire dans les voitures du légendaire Orient Express est la meilleure façon de se préparer à la plongée dans l'histoire et la tradition ferroviaires.

Enfin, je remercie Robert FIEHRER, président de l'Association du Musée, de nous avoir accueillis ici même, et de nous avoir fait découvrir la Cité du train. Votre association monsieur le président a maintenant pour mission de promouvoir le rayonnement de la Cité tant auprès du public français que de celui des pays proches voisins de l'Alsace, et du public plus lointain encore.

La renommée de la Cité du train, je l'espère et je le crois, devra accompagner celle du savoir-faire et des techniques ferroviaires françaises qui ont depuis longtemps établi une solide réputation de notre pays dans la plupart des pays du monde."

(Source http://www.equipement.gouv.fr, le 20 avril 2005)

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