Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer, sur les mutations nécessaires dans les professions du tourisme, le soutien de l'Etat à la profession d'agent de voyages, la promotion de la France comme destination touristique pour les étrangers, Pékin (Chine) le 18 janvier 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer, sur les mutations nécessaires dans les professions du tourisme, le soutien de l'Etat à la profession d'agent de voyages, la promotion de la France comme destination touristique pour les étrangers, Pékin (Chine) le 18 janvier 2005.

Personnalité, fonction : ROBIEN Gilles de.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer

Circonstances : 46e Congrès du Syndicat national des agences de voyages françaises à Pékin (Chine) du 18 au 24 janvier 2005

ti : Monsieur le ministre,
Mesdames et messieurs les directeurs,
Monsieur le président du congrès, cher Jean Paul CHANTRAINE
Monsieur le président du SNAV, cher César BALDERACCHI
Mesdames messieurs, chers amis,

Je souhaiterais en premier lieu, saluer nos hôtes chinois et les remercier pour la qualité et la chaleur de leur accueil. Je voudrai leur dire le plaisir que j'éprouve à me retrouver pour la troisième fois depuis le mois d'octobre en Chine dans cette merveilleuse cité de BEIJING.

Merci également au président César BALDERACCHI de son invitation à présider avec lui et les autorités chinoises ici présentes, les cérémonies d'ouverture de ce 46ème congrès du SNAV. Merci encore à Jean-Paul CHANTRAINE qui, je le sais, a eu la lourde charge d'organiser et de présider votre congrès, d'avoir choisi, pour vos travaux, une aussi belle et aussi passionnante destination.

Je voudrais aussi vous présenter les plus vifs regrets de Léon BERTRAND, ministre délégué au tourisme, qui travaille inlassablement à vos côtés et n'a pu être des nôtres ce soir.

En cette période de v¿ux j'adresse d'abord à l'ensemble de votre profession et à chacune et chacun d'entre vous, mes souhaits les plus chaleureux de bonne et heureuse année 2005. Puissions-nous connaître dans les mois à venir, un peu de répit après la longue série de crises et de catastrophes qui, depuis quatre années, viennent déstabiliser le tourisme international et vos professions.

Il y a un an, l'année 2004 s'ouvrait sur Charm el cheikh, l'une des catastrophes les plus meurtrières de notre histoire touristique nationale. Elle s'est terminée hélas sur une autre catastrophe, naturelle cette fois, mais hélas aussi meurtrière, qui est venue endeuiller l'Asie, l'Indonésie, l'Inde et le SRI LANKA, mais aussi l'ensemble de la planète.

Notre pays n'a pas été épargné et nous déplorons la mort de plusieurs dizaines de nos concitoyens.

Aussi, mes pensées iront vers l'ensemble des familles des victimes, vers les populations locales durement meurtries, vers toutes ces personnes qui séjournaient pour leurs vacances, ou qui travaillaient sur place pour les vacances des autres. Elles iront aussi vers les équipes médicales et de sécurité civile et vers les milliers de bénévoles qui depuis plusieurs semaines luttent pour sauver des vies ou éviter d'autres catastrophes humanitaires.

Au-delà du travail remarquable réalisé par la cellule de crise du ministère des affaires étrangères, tout le monde a pu constater avec quelle promptitude et quelle efficacité les professionnels du tourisme ont fait face à toutes les situations créées par cette tragédie qu'il s'agisse du rapatriement des touristes, de l'assistance dans les agences de parents inquiets ou tout simplement de l'accueil de clients déstabilisés qui avaient prévu de se rendre sur les zones sinistrées.

Pour cela, je tiens à saluer en particulier le Président du CETO, René Marc CHICKLI, ainsi que le Président du SNAV, César BALDERACCHI.

Je tenais, par ma présence ce soir, à vous réaffirmer la solidarité du gouvernement avec votre profession et l'entier soutien de mon ministère dans cette nouvelle épreuve.

Vous avez organisé votre congrès sur les enjeux et les perspectives de votre profession à l'échéance de trois ans. Quel pari dans un monde aussi mouvant, et dans une actualité aussi imprévisible ! Et pourtant vous avez raison. Malgré tout, il faut analyser. Malgré tout, il faut planifier. "Une ardente obligation", disait le général de Gaulle en parlant du nouveau Commissariat général au Plan. Et bien cette ardente obligation de comprendre et de mettre en place des stratégies, c'est aussi celle des agents de voyage et des tours-opérateurs.

Les défis qui se posent à vous, vous les connaissez bien - l'explosion de l'E-commerce, l'avènement de nouvelles règles en matière de rémunération, l'exigence toujours plus forte des clients. Un client, vous le savez tous, qui exprime sans cesse de nouvelles exigences en termes de confort, de qualité, de sécurité et surtout de prix sans se soucier de ses contradictions.

Ce qui est clair en tous cas c'est que cette nouvelle donne du voyage vous oblige à de nouvelles remises en cause pour asseoir et même amplifier la crédibilité de vos professions et sa valeur ajoutée.

Ces mutations je sais que vous y faites face. Je prendrais un seul exemple, les nombreuses démarches de regroupement dans le cadre de réseaux franchisés qui donne aujourd'hui aux agents plus de force, plus de réactivité plus de dynamisme économique et sans doute plus de lisibilité pour le client. J'ai bien connu cela dans mon métier d'assureur en régions, cela permet d'avoir les qualités de la PME tout en s'adossant à une structure nationale.

Un autre exemple qui me vient à l'esprit, c'est le secteur bancaire à qui l'on promettait la mort, en tous cas celle des réseaux, du fait notamment de l'arrivée d'Internet et des banques en ligne. Et bien il s'est passé tout l'inverse.

Les rapports clients-agences se sont bouleversés mais les réseaux sont toujours là et même, vous le constatez dans vos villes, très présents.

Cette dimension humaine, certains croyaient pouvoir s'en affranchir alors qu'elle est capitale. C'est justement la force de votre profession face à Internet, face à la fin du commissionnement au 1er avril 2005.

Cette évolution mondiale (le principe du commissionnement des agences par les compagnies aériennes avait déjà totalement cessé aux Etats-Unis en 2001, en Scandinavie en janvier 2003 et en Allemagne depuis le 1er septembre 2004) a déjà eu et aura de nombreuses répercussions pour votre profession. La première, et la plus évidente est que, comme la plupart des marchés européens, l'agent de voyages sera désormais rémunéré directement par ses clients.

L'agent de voyages devient donc plus que jamais un véritable conseiller avec une mission d'assistance que le client ne pourra jamais trouver ailleurs, ni auprès des centres d'appel téléphoniques des compagnies aériennes, ni auprès des sites Internet de ventes de voyages.

Cette dimension humaine est l'atout de base de votre profession. L'accueil l'accompagnement du client, sa sécurité est déterminante et chacun peut reconnaître que des marges de progression importantes existent dans le domaine de la qualité.

Pour démontrer sa capacité de conseil et emporter l'acte de vente, l'agent de voyages doit être de plus en plus un expert et avant tout un homme ou une femme de services.

Votre profession est véritablement à un tournant de son histoire. Soyez sûrs en tous cas que je veillerai avec Léon BERTRAND à l'accompagner dans ces différents chantiers et je voudrais vous en donner trois illustrations.

Premier exemple de ce partenariat Etat-Tourisme-Agences, lors du 2ème Comité interministériel du tourisme, qui s'est tenu le 23 juillet 2004, le Gouvernement a décidé de soutenir la profession d'agent de voyages par plusieurs actions. Dans celles-ci, il y avait notamment la réalisation d'une étude sur l'avenir et l'évolution de votre secteur professionnel, la mise en place d'un tableau de bord portant sur la mesure des flux de touristes vers la France et vers l'étranger, ainsi qu'une campagne de promotion de votre métier.

En ce qui concerne l'étude, l'AFIT mène ce travail avec votre syndicat et déjà plusieurs réunions ont eu lieu.

Pour le tableau de bord, c'est la Direction du Tourisme et son service statistique qui pilote ce chantier.

Pour la promotion de vos métiers, parfois encore insuffisamment connus du grand public, l'État est prêt à prendre part comme il l'a fait dans le passé. Nous avons donc réservé un budget pour le lancement d'une campagne de communication destinée à valoriser votre profession.

Second témoignage de ce soutien gouvernemental, c'est la simplification du cadre juridique dans lequel vous évoluez. En premier, nous avons obtenu que le Code du tourisme puisse être publié avant la fin de l'année 2004.

(La partie législative du code du tourisme a été créée par l'ordonnance du 20 décembre 2004 et elle a été publiée au Journal Officiel du 24 décembre 2004).

Ce Code rassemble les règles de droit applicable au secteur et constitue un instrument de travail à la disposition de tous.

La deuxième action concerne la réforme de la loi de 1992 : le projet d'ordonnance prévoit deux régimes d'autorisation administrative au lieu de quatre : la licence d'agent de voyages et la nouvelle habilitation.

Le Conseil d'État vient d'en être saisi et l'ordonnance sera publiée dans le courant du 1er semestre 2005.

Dernier témoignage de ce partenariat après l'aide stratégique et ces mesures de simplification, c'est justement notre budget 2005. Cette année, le budget du ministère délégué au tourisme augmente de 6,3 % par rapport au budget initial de 2004. Les moyens supplémentaires ainsi dégagés permettront en 2005 de se concentrer sur 3 sujets majeurs pour nous tous, la promotion de la destination France sur les marchés étrangers, la mise en ¿uvre du plan Qualité France et enfin les questions cruciales de sécurité.

Pour ce qui est de la promotion de la France, nos objectifs sont clairs : Avec votre aide et celle de Maison de la France, le tourisme français doit maintenir sa place de 1ère destination mondiale et améliorer son 3ème rang mondial pour les recettes touristiques.

A cet égard, l'ouverture de nos amis chinois au tourisme international est un phénomène touristique majeur pour ce nouveau millénaire. 20 millions de chinois ont voyagé à l'étranger en 2003 et ce chiffre devrait quintupler d'ici 2020. A cette échéance, la Chine devrait être le 4ème émetteur mondial avec plus de 100 millions de voyageurs par an.

Les Chinois deviendront ainsi la 1ère ou la 2ème nationalité de visiteurs long courrier en France devant les Américains ou les Japonais. Et déjà en 2005-2006, la France devrait recevoir un million de visiteurs chinois supplémentaires en application de l'accord DTA (France Destination Touristique Autorisée), un accord qui lie depuis février 2004 la république populaire de Chine et l'Union européenne en matière de tourisme.187 agences de voyages françaises ont été retenues après appel à candidature en mars et octobre 2004. Ce marché est donc bien stratégique pour le tourisme en France et votre 46e congrès du SNAV ici à Pékin, en témoigne.

Je vous disais que dans notre budget, nous avions trois priorités, la promotion de la destination France mais aussi le plan qualité France.

Le Plan Qualité France fédère l'ensemble des démarches qualité initiées dans de nombreux secteurs professionnels de l'activité touristique.

Ce plan Qualité est fondé sur un référentiel national et a conduit à la création de la marque nationale "qualité tourisme".

Ce 1er décembre, les représentants de 22 filières professionnelles du tourisme ont signé les conventions d'objectifs qui instituent leur engagement dans ce Plan Qualité.

Bien entendu, le SNAV a un rôle stratégique pour contribuer au développement de la qualité et je tiens tout particulièrement à saluer votre engagement dans cette voie.

Promouvoir la destination France, renforcer notre attractivité grâce au Plan Qualité et enfin renforcer la sécurité des voyageurs.

Je connais bien votre implication sur ce sujet.

L'accident de Charm el Cheikh l'an dernier, le drame que nous venons de vivre il y a quelques semaines, ont démontré votre rapidité de réaction et votre capacité à gérer des situations de crises exceptionnelles. Ils ont été aussi l'occasion bien involontaire, de démontrer toute l'utilité de vos métiers et votre efficacité dans la localisation de vos clients sur les zones sinistrées ou dans le rapatriement de nos concitoyens.

De même les 4000 clients rapatriés par l'APS suite à la défaillance d'entreprises, témoignent aussi de votre professionnalisme et de votre esprit de responsabilité.

C'est pourquoi je n'avais aucune inquiétude sur l'issue du groupe de travail que j'avais mis en place début 2004 avec vos représentants pour imaginer les modalités pratiques d'un label de sécurité.

Leur travail remarquable a abouti sur la constitution en septembre dernier d'un Comité National pour la Sécurité, de la Qualité et de la Transparence dans les Transports Touristiques, présidé par votre collègue René Marc CHICKLI ; Ce comité sélectionnera, dans quelques semaines, l'entreprise de certification qui donnera ensuite le feu vert ou le feu rouge à toutes les compagnies aériennes qui voudront recevoir le label. Très vite nous aurons donc une longue liste de compagnies labellisées, les grandes compagnies internationales mais certainement aussi de nombreuses compagnies charter et des compagnies de destinations plus modestes mais tout aussi vigilante sur les questions de sécurité.

Je voudrais aussi remercier les voyagistes qui, dès l'automne 2004 ont, à ma demande, fait figurer dans leurs brochures la liste des compagnies auxquelles ils auront recours par grandes destinations. A la fin de l'année, ils pourront donc ajouter à côté du nom de la compagnie si elle est ou non labellisée.

Mesdames et messieurs chers amis, vous le voyez, malgré la fatalité et les drames, les occasions d'espérer et de croire en l'avenir du tourisme et de vos professions sont nombreuses. Je suis persuadé que l'année touristique 2005 sera bien plus satisfaisante que 2004 ainsi qu'en témoignent les tendances actuelles. Les opportunités qui s'ouvrent à nous en ce début d'année nous incitent à renforcer nos liens et nos solidarités, pour imaginer et construire ensemble les futurs possibles de vos professions et du tourisme français.

Si nous voulons retrouver la croissance touristique des années 90, il faut nous mobiliser sur tous les fronts et nous doter rapidement des meilleurs outils d'analyse comme des meilleures stratégies.

Je vous souhaite, avec mes v¿ux renouvelés pour vous et vos familles, un excellent 46ème congrès du SNAV.

(Source http://www.snav.org, le 27 avril 2005)

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