Déclaration de M. François d'Aubert, ministre délégué à la recherche, sur EGNOS, le premier système européen de navigation par satellite, Toulouse le 24 mars 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François d'Aubert, ministre délégué à la recherche, sur EGNOS, le premier système européen de navigation par satellite, Toulouse le 24 mars 2005.

Personnalité, fonction : AUBERT François d'.

FRANCE. Ministre délégué à la recherche

Circonstances : Inauguration du Centre d'évaluation et de maintien des performances d'EGNOS (PACF) européen de navigation par satellite à Toulouse le 24 mars 2005

ti : Monsieur le Ministre,
Monsieur le représentant de l'Agence spatiale européenne
Monsieur le Président directeur général
Mesdames, Messieurs les directeurs
Mesdames, Messieurs,


Je me réjouis de l'opportunité qui m'est donnée d'inaugurer aujourd'hui au Centre Spatial de Toulouse en compagnie de M. de ROBIEN, le Centre d'Evaluation et de Maintien des performances d'EGNOS, premier système européen de navigation par satellite.

EGNOS constitue un premier grand succès de l'Europe à plusieurs titres :

- tout d'abord, il est la démonstration de l'excellence de nos centres de recherche, de nos services techniques, de nos industriels et de nos agences spatiales. La meilleure preuve en est que les performances annoncées du service offert par EGNOS sont tout à fait remarquables et supérieures aux exigences initiales fixées ;

- ensuite, EGNOS constitue un succès de l'Europe tout entière qui a su unir ses forces, ses compétences et ses moyens. EGNOS est un formidable outil au service des politiques de l'Union que ce soit dans le domaine des transports, de la société de l'information, de la mobilité des citoyens ou du renforcement de la sécurité. Mon collègue, M. de ROBIEN, reviendra, je n'en doute pas, sur les applications et usages multiples de la radionavigation par satellite. Ils représentent des marchés potentiels considérables ;

- enfin, EGNOS illustre la capacité de la recherche à répondre aux besoins de la société, à offrir de nouveaux services grâce aux développements technologiques qui en sont issus.

EGNOS est né de la volonté européenne de palier à certaines insuffisances du GPS pour les applications exigeantes en terme de sécurité des personnes et des biens et en tout premier lieu celles de l'aviation civile. EGNOS propose ainsi un complément à GPS capable de fournir à l'utilisateur :

- l'information assurant la qualité et la performance des informations de position, de vitesse et de temps délivrées ;
- un accroissement très significatif de précision.

La cohésion autour d'EGNOS a permis de constituer le premier volet de la stratégie de l'Union européenne en matière de navigation par satellite. Après une genèse dans un cadre multilatéral, son déploiement a été confié à l'Agence Spatiale Européenne, sous le couvert d'un accord tripartite associant la Commission européenne, l'Agence Spatiale Européenne et EUROCONTROL, dont je salue les représentants qui nous font l'amitié d'être présents aujourd'hui parmi nous.

Mais EGNOS n'est que le premier volet de la stratégie fixée dans le domaine de la radionavigation sur la scène européenne. La prochaine étape déjà largement engagée est le programme GALILEO.

Il est inutile, je crois, de rappeler l'importance que la France attache à ce programme pour lequel elle s'est également investie fortement dès le milieu des années 1990 :
- en menant sous l'égide du CNES les études initiales d'architecture,
- en explorant les possibilités de coopération avec la Fédération de Russie et son système GLONASS,
- en conduisant résolument les actions au plan international afin de disposer des bandes de fréquences permettant d'assurer la faisabilité même du projet européen.

L'engagement de l'Agence Spatiale Européenne, puis de l'Union européenne pour EGNOS et GALILEO ont été décisifs pour donner une réalité aux propositions soumises par la France dans ce secteur de la navigation par satellite. Les premiers satellites GALILEO qui vont être lancés par l'Agence Spatiale Européenne dès la fin 2005 seront une nouvelle avancée.

Les exemples des programmes GALILEO et EGNOS démontrent tout l'apport de l'implication de l'Union européenne dans le secteur spatial, en association de manière étroite avec les acteurs du spatial, de la recherche, et les communautés utilisatrices, au tout premier rang desquelles celle des transports, désormais moteur dans ces programme. L'Europe affiche aujourd'hui sa volonté de développer une activité spatiale sur le long terme pour répondre à des besoins aujourd'hui non satisfaits.

Cette logique de croissance est un corollaire naturel des dispositions du traité établissant une Constitution pour l'Europe. Celui-ci instaure une compétence partagée de l'Union européenne pour l'Espace. Il donne pour la première fois une base juridique à l'action communautaire dans ce domaine ainsi qu'une assise visible à celle-ci. Il prévoit la définition de la politique spatiale de l'Europe et la réalisation d'un programme spatial européen. Le principe de subsidiarité lié à cette compétence partagée doit conduire l'Union, en complément de l'action de ses Etats membres, à jouer un rôle clé complémentaire des Agences existantes, nationales ou européenne.

De fait, la coopération entre l'Agence Spatiale Européenne et l'Union européenne doit se renforcer également : l'accord cadre entre la Communauté européenne et l'ESA de fin 2003, instituait un " Conseil Espace " européen, réuni pour la première fois à Bruxelles le 25 novembre 2004. Il s'agit dans le futur que l'Union européenne assure pleinement sa nouvelle responsabilité.

Cet événement concrétise également le rôle majeur joué par notre pays et tout particulièrement par le CNES et la DGAC pour le développement de la stratégie spatiale européenne en matière de navigation par satellite.

Depuis sa création en 1962, le CNES n'a cessé de promouvoir les techniques et technologies de localisation par satellite. Il a développé un pôle de compétences de tout premier plan dans ce domaine. Les travaux de recherche et développement menés par le CNES ont ainsi permis à de grands projets opérationnels à couverture mondiale de voir le jour dans le cadre de coopérations internationales impliquant les plus grands pays, des Etats-Unis à la Russie en passant par le Canada : je mentionnerai ARGOS, le système de collecte de données et de localisation dédié à la surveillance et à la protection de l'environnement dont les " balises " sont mondialement connues, mais également COSPAS-SARSAT, un autre système d'aide à la recherche et au sauvetage qui a permis à ce jour de sauver plus de
16 000 personnes.

Je tiens enfin à saluer pour le travail remarquable accompli en liaison avec le consortium industriel européen, mené par ALCATEL ESPACE, toute cette équipe internationale dirigée par M. Laurent GAUTHIER de l'Agence Spatiale Européenne, qui a oeuvré ici à Toulouse pour ce premier succès de l'Europe dans le domaine de la navigation par satellite.


Je vous remercie de votre attention.

(Source http://www.recherche.gouv.fr, le 25 mars 2005)

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