Interviews de M. Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de la culture et de la communication, dans "Le Figaro" le 30 avril 2005 et sur Europe 1 le 3 mai 2005, sur le débat concernant le traité constitutionnel européen et la défense de la diversité culturelle et sur la tenue des Rencontres pour l'Europe de la culture. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interviews de M. Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de la culture et de la communication, dans "Le Figaro" le 30 avril 2005 et sur Europe 1 le 3 mai 2005, sur le débat concernant le traité constitutionnel européen et la défense de la diversité culturelle et sur la tenue des Rencontres pour l'Europe de la culture.

Personnalité, fonction : DONNEDIEU DE VABRES Renaud, ELKABBACH JEAN Pierre, BOMMELAER Claire, BREZET Alexis, HELIOT Armelle.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : Rencontres pour l'Europe de la culture, à Paris les 2 et 3 mai 2005

ti : Interview de M. Renaud Donnedieu de Vabres, dans Le Figaro le 30 avril 2005 :

LE FIGARO. - Les rencontres pour l'Europe de la culture que vous organisez lundi et mardi prochains s'inscrivent-elles dans la campagne du gouvernement pour le oui ?

Renaud DONNEDIEU DE VABRES. - Pas du tout. L'idée a germé à l'automne à Berlin alors que la date du référendum n'était pas connue. Cela dit, si ces journées d'échange portent devant l'opinion le témoignage de la capacité des Européens à inscrire la diversité et la richesse de leurs cultures dans une communauté de destin, nul ne s'en plaindra.

Ces rencontres rassembleront les ministres de la Culture des vingt-cinq États membres de l'Union européenne et plusieurs centaines d'artistes et intellectuels qui en sont issus pour affirmer que la culture européenne nous unit et qu'elle mérite d'être défendue, soutenue et partagée.

Q - Qu'en attendez-vous concrètement ?

R - La définition de priorités et d'actions comme celle d'un label européen du patrimoine ou celle d'un parcours européen des artistes et des oeuvres. Une déclaration commune rappellera que la culture fonde l'identité européenne et qu'elle porte son projet d'avenir.

Q - Vous n'éviterez tout de même pas un débat sur la Constitution, qui inquiète beaucoup d'artistes...

R - Je pense que les artistes et intellectuels débattront librement de leur vision d'une Europe où l'art et les oeuvres de l'esprit ne sont pas des marchandises comme les autres. L'Europe est un projet politique qui s'est élaboré sur la nécessité de la réunification et sur le refus de toute forme de barbarie. Un très beau projet, dont la dimension culturelle et spirituelle est très importante.

Q - Mais la Constitution permet-elle vraiment de garantir l'exception culturelle française ?

R - Bien sûr qu'elle le permet ! La culture a été le grand oublié de l'Europe pendant des années, elle ne l'est plus. Désormais, la Constitution inscrit la "diversité culturelle et linguistique" et la "sauvegarde du patrimoine européen" au rang des objectifs de l'Union. Le passage à la majorité qualifiée va permettre d'avancer plus vite pour renforcer le rayonnement culturel de l'Europe. Si des accords au sein de l'OMC devaient constituer une menace pour la diversité culturelle, la France, en tout état de cause, pourra faire jouer son droit de veto grâce à l'application de la règle de l'unanimité.

Q - La télévision ou le cinéma français bénéficient d'aides publiques très spécifiques. Or la Constitution interdit par principe les aides qui "faussent la concurrence"...

R - C'est vrai, mais la défense de notre système d'aides au cinéma et à l'audiovisuel passe justement par la réaffirmation de la diversité. Nos partenaires estiment que cette politique de soutien est ingénieuse et veulent faire de même. La France dans ce domaine n'est pas un mouton noir, elle fait envie et fait figure d'exemple. Dans ce monde où l'on craint la standardisation et l'uniformisation, mettre en avant sa spécificité culturelle et patrimoniale est vital. Nous nous sommes battus pour que cela continue d'être possible au sein de l'Europe.

Q - Au Conseil ou à la Commission, il y a de moins en moins de textes en français. Comment conserver notre langue au sein de l'Europe ?

R - Le français est l'une des langues officielles de l'Union européenne et il n'est pas question de revenir là-dessus. Tous les documents devraient d'ailleurs être édités en français : ce n'est pas toujours le cas, et je le regrette. Mais l'esprit européen, à mes yeux, c'est lorsque chacun parle sa langue et comprend celle des autres. Je compte sur les jeunes générations.

Q - Vous inquiétez-vous de la persistance du non ?

R - Il appartient aux Français de choisir leur destin, et c'est pourquoi il est important que la question européenne soit tranchée par eux. En ce sens, le recours au référendum décidé par le président de la République est une excellente chose, car il permet d'organiser un temps de pédagogie et d'explication. La Constitution française garantit désormais aux Français qu'ils décideront par voie référendaire des futurs élargissements. C'est aussi une bonne chose.

Certains doutent. Ils craignent que leur influence, leur autonomie et leur capacité de décision soient mises à mal. D'autres confondent les échéances électorales. Si les Français faisaient finalement le choix du non, l'Europe continuerait, mais sans nous. Il n'est ni dans la vocation ni dans l'intérêt de la France de déclencher une crise européenne.

Q - En pleine campagne, convenez que l'affaire du lundi de Pentecôte tombe mal...

R - Osons tenir le langage du courage, de la vérité et la solidarité financée ! Beaucoup de personnes âgées sont dans une situation indigne de la France. Cette journée de travail supplémentaire doit être comme une main tendue par chaque Français vers les personnes handicapées, âgées ou dépendantes. Il faut en être fier et passer outre les égoïsmes.

Q - Craignez-vous un nouveau conflit avec les intermittents ?

R - J'ai pris des décisions pour sortir de la crise et pour bâtir au 1er janvier 2006, avec les partenaires sociaux, un système définitif et juste d'indemnisation du chômage des artistes et techniciens. J'ai mis en oeuvre une politique de traque aux abus et, depuis un an, une politique active de soutien à l'activité et à l'emploi en relocalisant par exemple les tournages de films en France. Plusieurs milliers de nouveaux emplois vont être créés grâce à ces mesures. Je ne pense pas d'ailleurs que les artistes et les techniciens souhaitent aujourd'hui la fin des festivals.


Q - Jacques Chirac doit-il selon vous s'exprimer à nouveau dans la campagne ?

R - Le président de la République a évidement un rôle particulier à jouer. A titre personnel, je souhaite que ses interventions continuent de jalonner ce grand débat. Mais tout le monde doit s'impliquer. Il y a deux jours, le même soir, pas moins de vingt et un ministres étaient sur le terrain, Constitution en main, pour expliquer le traité. Mais au-delà, chaque partisan du oui doit inviter ses voisins ou sa famille à discuter autour d'un café de la Constitution.

Q - Faut-il, comme le suggère Dominique de Villepin, donner une nouvelle impulsion au gouvernement, au lendemain du référendum ?

R - La meilleure des impulsions, c'est le oui qui va l'apporter. Cela sera la preuve que la France a confiance en elle-même. Tout n'est pas encore réussi, il reste encore du chemin à parcourir pour faire progresser l'emploi et la croissance. Nous avons encore besoin de temps pour agir et il faut faire en sorte d'être au rendez-vous de 2007, avec un bilan et une dynamique nouvelle. Des divisions entre nous rompraient le cercle vertueux de la confiance et de l'unité que nous avons mis des années à constituer.

(Source http://www.u-m-p.org, le 3 mai 2005)


--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Interview de M. Renaud Donnedieu de Vabres, sur Europe 1 le 3 mai 2005 :

J.-P. Elkabbach - Deuxième jour des Rencontres pour l'Europe de la culture à Paris. 800 artistes, intellectuels, c'est exceptionnel, débattent de la Culture. C'est tellement rare !

R. Donnedieu de Vabres - Ah ! C'est tellement rare ! Ce qui est important, c'est que ce soit les artistes qui aient la parole directement, pour exprimer avec leur talent, leur liberté, leur impertinence, leurs exigences. Et je suis très fier que ce soit des artistes des 25 pays. C'est une sorte de fête de la liberté et c'est surtout la place donnée à la culture dans la construction européenne.

Q- Que c'est beau ! Vous répétez que la rencontre était prévue de longue date, en tout cas, elle tombe bien. Je ne sais pas si vous entendez dans les campagnes messieurs Emmanuelli, de Villiers, Pasqua, Besancenot : "c'est de la propagande d'Etat" pour le "oui" que vous feriez ?

R- S'il pouvait leur arriver dans la vie d'être un peu fier de leur pays ! L'Europe, ce n'est pas la disparition de notre propre fierté, de notre aventure et de notre vocation. Je suis donc extraordinairement fier de cette étape française du rayonnement culturel. Ca veut dire quoi ? Ca veut dire que ce qui est né à Berlin, amplifié à Paris, circulera ensuite à Budapest, à Madrid, à Varsovie... Ce patrimoine, cette création que nous avons entre les mains comme un capital précieux, que monsieur Fabius et que monsieur Emmanuelli en soient un peu fier et qu'ils mesurent la joie des artistes de ces pays qui étaient privés de liberté et qui aujourd'hui ont une liberté politique commun.

Q- Mais peut-on recommander le "non", voter "non" et participer à vos rencontres ?

R- Bien sûr, attendez ! Ce n'est pas une réunion sur le référendum, sur la Constitution : c'est l'affirmation de la place de la culture dans l'Union européenne...

Q- Mais est-ce quelqu'un est monté à la tribune - vous étiez par exemple à la Comédie française et d'ailleurs, c'est intéressant de vous voir sur la scène, cela ne vous a-t-il pas donné envie de jouer tel ou tel rôle ?

R- Vous savez, je ne suis pas un artiste... J'aime le feu de la rampe
certainement. Et parfois, la rampe n'épargne personne ! Mais je ne suis
pas un artiste et j'ai beaucoup de travail pour le respect des artistes.

Q- Sur la scène de la Comédie française, est-ce que quelqu'un s'estlevé pour dire de voter "non" ?

R- Personne ne l'a exprimé, mais peut-être ça se passera aujourd'hui, parce que je sais qu'il y a un certain nombre d'artistes ou de personnalités qui n'avaient pas envie de s'exprimer sur la Constitution européenne. C'est leur liberté, ça ne me pose aucun problème. Par contre, j'ai mesuré l'inquiétude que certains Européens avaient du vote français. Cela veut dire tout simplement qu'ils ont le sentiment que nous avons une vocation, un rôle d'être pionnier et ils n'arrivent pas à nous comprendre. Il faut qu'on explique que les difficultés, les appréhensions de nos concitoyens, d'où le travail de pédagogie que nous avons à faire.

Q- On pourrait citer la dizaine de grands intellectuels allemands qui demandent à leurs amis français, je les cite, d'éviter "la capitulation de la raison devant le "non" au populisme". Et ils ajoutent : "Ce serait une folie de faire subir la constitution européenne, les conséquences de votre mécontentement envers votre gouvernement".

R- Oui, je ne sais pas s'il s'agit d'un mécontentement vis-à-vis du Gouvernement... Il y avait une clarification nécessaire, c'est pour ça que le référendum est une très bonne chose, parce que l'Europe doit sortir des élites où elle était confinée - élites politiques, culturelles, sociales, économiques. C'est bien que les Français aient la parole, ils se sont posés des questions. Ils ont peur de disparaître et dans cette période de mondialisation et de délocalisation, ils se disent, mais qu'est-ce qu'il nous reste comme avenir ? Ils avaient le sentiment que l'Europe allait les priver encore de leur propre avenir. Cette clarification est en cours, elle doit continuer.

Q- Le sondage Le Figaro-IPSOS-Europe 1 donne une confiance certes fragile au "oui", qui matraque leurs arguments, meetings en dialogue, en entretiens, avec ce soir le président de la République sur France 2. Est-ce que ça veut dire que les "oui" ont tellement peur ? Encore ?

R- Attendez, tant que le résultat n'est pas acquis, oui, les "oui" ont peur. C'est-à-dire qu'il faut tout simplement faire en sorte que les Français s'expriment directement le 29 mai. D'ici au 29 mai, nous avons encore un peu plus de trois semaines de campagne et je souhaite vraiment que cage d'escalier par cage d'escalier, immeuble par immeuble, atelier par atelier, famille par famille, ceux qui sont partisans du "oui" doivent se dire autour de moi : est-ce que tout le monde vote ? Voilà, je pense que c'est un travail d'explication, de persuasion tout à fait important et nécessaire.

Q- Vos 24 collègues ministres de la Culture de l'Europe interviennent ans ces rencontres de Paris. En quoi la Culture devient-elle un facteur de rapprochement de ce qui était les 15 plus les 10nouveaux entrés dans l'Europe ?

R- Nous avons tous ensemble la même vision, c'est-à-dire que la culture, les ¿uvres de l'esprit ne sont pas des marchandises comme les autres et nous voulons le dire haut et fort dans la situation internationale actuelle. Il y a à protéger nos racines, notre patrimoine, nos savoir-faire, nos langues, notre création, le talent des artistes. C'est la vocation de l'Union européenne d'incarner ce pluralisme. Dans une période marquée par des formes de fanatisme, d'intégrisme, de terrorisme, cette dimension de respect de toutes les identités en matière culturelle est essentielle. Hier, au Palais Royal, il y avait un spectacle des arts de la rue, très contemporain, devant cette façade emblématique du Palais Royal. Là aussi, c'est la reconnaissance de la diversité, de l'altérité, de toutes les différences. C'est une valeur politique dans le monde d'aujourd'hui qui veut tout uniformiser, qui veut faire de la culture une marchandise. Nous avons écouté pendant 36 heures et, en fin de journée aujourd'hui, après l'intervention hier du président de la République française, tout à l'heure c'est le président du Conseil européen, monsieur Juncker, et en fin de journée, monsieur Barroso. Ca aura été précédé par la réponse des ministres. Mais la nouveauté aussi, c'est que ça a été les artistes eux-mêmes qui avaient la parole et nous, nous les avons dans un premier temps écouté.

Q- La Constitution des 25 encourage effectivement la diversité, consacre le principe de l'exception culturelle. Mais les festivals européens de cinéma continuent de faire la part belle au cinéma de Hollywood ?

R- C'est un sujet très important. Aujourd'hui, il faut savoir que 85 % des tickets de cinéma vendus dans le monde, le sont pour des productions d'Hollywood. Donc je suis enclin à dire "Vive la culture polonaise, espagnole, française, italienne, britannique, américaine !". Je ne suis pas quelqu'un d'arrogant et de sectaire, mais je suis pour l'équilibre. Et je suis tout simplement pour que chaque grand continent ait la possibilité de faire rayonner ses propres talents et de ne rien subir.

Q- Hollywood ou Bollywood... C'est J.-P. Chevènement qui dit que "la Constitution étrangle le cinéma français et européen"...

R- Vous savez, de temps en temps, il faut lire les textes et arrêter de stimuler des peurs inutiles. La Constitution, pour la première fois, affiche la culture comme un des éléments fondateurs de l'Union européenne. Nous ne sommes pas uniquement un marché, une zone de libre échange. Dans notre projet politique, la culture est essentielle. Deuxièmement, dès que la diversité culturelle est menacée, la règle de l'unanimité, c'est-à-dire le droit de veto par exemple pour la France s'applique. Donc cette Constitution est protectrice...

Q- Qu'est-ce que vous n'accepterez jamais, sur quoi mettrez-vous le droit de veto ?

R- Par exemple, si on voulait remettre en cause le système d'aides français au cinéma. Si on voulait remettre en cause le principe même du financement de l'audiovisuel public. Si on remettait en cause tout simplement la spécificité des biens culturels et des ¿uvres de l'esprit.

Q- On l'a entendu d'ailleurs dans le beau discours de J. Chirac : la culture "doit résister à la déferlante de produits standardisés et fuir le danger de l'uniformisation". C'est parfait, mais on se demande : comment ?

R- En menant des combats juridiques, dans un premier temps, protecteurs de notre espace de liberté. Nous avons à récuser la compétence de l'OMC pour la culture et a affirmé celle de l'UNESCO. Deuxièmement, il faut être positif : cela veut dire qu'il faut aussi intégrer les nouvelles technologies. C'est ce que demande le président de la République par rapport aux livres...

Q- La "bibliothèque virtuelle européenne", c'est ça ?

R- Oui, cela veut dire qu'on doit avoir accès à toutes les ¿uvres et notamment les ¿uvres européennes grâce à Internet, et là-dessus, ne pas laisser à d'autres faire le choix. Nous avons d'autre part à assumer le parcours des ¿uvres et des artistes et là-dessus, il faut qu'on dépasse le 0,1 % du budget de l'Union européenne.

Q- C'est justement la question que j'allais vous poser : 0,12 % c'est-à-dire 28 centimes d'euros par an et par habitant, c'est dérisoire ! Cela donne envie de pleurer ! La culture est de la compétence nationale et il y a le budget de la culture dans les Etats, maigrelet, et puis au niveau européen. Que promettez-vous ? Est-ce qu'en sortant de cette réunion aujourd'hui, on aura peut-être la volonté d'augmenter le budget de la communauté consacré à la culture ?

R- J'attends cet après-midi que monsieur Barroso, de ce point de vue-là, dise un certain nombre de choses et prennent des engagements. Je crois que c'est son intention politique. Ceci dit, la Commission travaille sous contrôle du Parlement et du Conseil des ministres, du Conseil européen. Ce crois que ce qui est en train d'émerger, en France comme dans l'Union européenne, c'est que la culture n'est pas un supplément d'âme. C'est pour notre pays un réservoir d'activités, d'influence, de rayonnement ; et c'est la même chose pour l'Union européenne. Cela suppose des moyens et donc quand on parle d'avenir, ne parlons pas uniquement d'éducation et de recherche, mais également de culture.

Q- Est-ce qu'on peut dire aussi que la culture, pour les pays de l'Est comme pour nous, devient un facteur de développement économique ? J'ai même envie de dire que l'investissement d'une région ou d'une ville dans son patrimoine, ça peut lui rapporter gros. Et à l'échelle du continent européen peut-être ?

R-La France est la première destination touristique et si les Européens ou les étrangers viennent dans notre pays, c'est à cause de ce patrimoine, cette richesse, de ce savoir-faire, des paysages, de tout ce que nous devons entretenir, rénover et animer. Donc il est évident qu'aujourd'hui, une stratégie réussie pour une ville ou pour un pays ou pour un continent, passe par la culture. Voilà, cela fait partie des exigences et des impatiences de nos concitoyens.

Q- On peut donner deux exemples : la ville de Lille, on peut donner le Sud-Ouest et peut-être le Louvre à Lens... Non ?

R- Oui, oui, vous avez raison. Mais je suis très triste que vous n'ayez pas cité Tours [inaud.] !

Q- Je pensais que vous le feriez vous-même ! Des débats auront lieu toute la journée. Quand ce que J. Chirac appelle "cette chaîne de poètes, de peintres, d'écrivains, de musiciens, de cinéastes, de penseurs" - il manque les scientifiques d'ailleurs - se séparera, que restera-t-il de concret ce soir ?

R- Des propositions sur la table, que nous devons mettre en ¿uvre au niveau européen, et une charte pour l'Europe de la culture, protégeant le monde culturel des interférences économiques excessives.

Q- Aujourd'hui, 15ème journée internationale de la liberté de la presse. J.-P. Raffarin va réunir cet après-midi les directeurs de rédaction, avec S. July, pour parler de F. Aubenas et de H. Hanoun ?

R- 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, les services de l'Etat sont mobilisés. Tant qu'ils ne seront pas revenus sur le territoire, il y a lieu d'être prudent. L'Irak est dans une situation de grand péril, de grandes difficultés et donc chaque étape est évidemment importante... Tant qu'elle n'est pas sur le territoire national, il faut être prudent.

Q- Donc tout à l'heure, à Matignon, vous allez parler, parler seulement ?

R- Donner les informations dans la transparence, dans ce qu'il est possible de dire. Mais encore une fois, la seule chose qui sera importante, c'est le jour où on les verra sur le tarmac à Villacoublay.

Q- Avec 118 jours de détention, Florence approche du sinistre record de détention de nos amis Chesnot et Malbrunot, qui sont restés 124 jours. C'est long !

R- En vous entendant vous exprimer ainsi, la seule chose que je peux souhaiter du fond du c¿ur et avec la détermination des services de l'Etat, c'est que leurs sorts soient identiques, c'est-à-dire qu'on ait le plus vite possible la possibilité de les retrouver en France.

Q- Avez-vous des indications sur les actions qui sont menées par la France, pour les retrouver et libérer ces deux qui sont aussi avec d'autres, les symboles du courage des journalistes aujourd'hui ?

R- Les diplomates, les militaires, l'ensemble de l'appareil d'Etat est mobilisé. Il faut rendre hommage d'ailleurs à leur savoir-faire. Mais parfois, ils se heurtent à toutes les difficultés locales, à ce système de barbarie. Et donc les journalistes qui sont en situation opérationnelle de vrais combattants pour la liberté, méritent notre soutien et la solidarité nationale.

Q- Je suis sûr que vous penserez à vous tout à l'heure, aux rencontres du Palais Royal... Si le "oui" l'emporte, c'est adieu chartes, conventions, engagements, promesses ?

R- Mais non, J.-P. Raffarin le sait : on continue et on travaille ! Evidemment, on a une bonne étape entre les mains pour pouvoir affirmer cette dimension culturelle de l'Europe.

Q- J'ai bien entendu : J.-P. Raffarin "continue" ?

R- Je ne suis pas encore président de la République...

Q- Non, mais c'est vous qui l'avez dit ?

R- Mais je ne suis pas encore président de la République ! Donc la décision incombe au président de la République. Je trouve qu'il y a beaucoup d'injustices vis-à-vis de J.-P. Raffarin, parce que c'est quelqu'un de courageux, d'efficace et nous avons fait beaucoup de choses en trois ans. Nous ne sommes pas des auto-satisfaits. L'autosatisfaction prématurée donne droit à de mauvais résultats électoraux. Donc un bon bilan et, le moment venu, s'engager à travers un projet pour les cinq futures années, voilà notre feuille de route.

Q- Avis aux impatients de votre camp ?

R- Mais vous savez, il y a toujours des impatients !

(Source : premier-ministre,Service d'information du gouvernement, le 5 mai 2005)

Rechercher