Déclarations de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer, sur le développement des activités fluviales, sur l'aménagement des ports autonomes, notamment d'Issy-les-Moulineaux et Genevilliers, le 3 mai 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclarations de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer, sur le développement des activités fluviales, sur l'aménagement des ports autonomes, notamment d'Issy-les-Moulineaux et Genevilliers, le 3 mai 2005.

Personnalité, fonction : ROBIEN Gilles de.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer

Circonstances : Visite des ports d'Issy-les-Moulineaux et Genevilliers le 3 mai 2005

ti : Mesdames et Messieurs les élus,
Messieurs les présidents,
Madame la directrice générale,
Mesdames et Messieurs,


Après avoir vu en début de matinée les conteneurs à Gennevilliers, cet embarquement, suivi de la remontée de la Seine, complète admirablement la visite. Ce d'autant plus que j'ai bien entendu les remarques de mon ami André SANTINI, l'initiateur de cette visite que je remercie de son accueil. Cette excellente initiative qui nous permet de ne plus voir seulement couler la Seine sous le pont Mirabeau mais aussi d'y voir le partage de ses usages.

Après le transport intercontinental de conteneurs, les logistiques innovantes et des usages très spécialisés pour le transport de marchandises, nous entrons dans le quotidien d'un fleuve intégré au milieu urbain avec ses multiples vocations.

Là encore le transport de marchandises est essentiel, mais plus spécialisé dans le BTP. A cet égard, un simple chiffre doit être cité : chaque habitant francilien "consomme" près de 3 tonnes de granulats par an en Île-de-France. Imaginons un instant ce que cela représenterait en camions si 60 % de ces tonnages n'étaient pas acheminés par la voie d'eau dans Paris et la Petite Couronne. Cette activité est indispensable et ne doit pas être reportée sur les routes dans une logique de développement durable.

De même, maintenant aucun grand chantier francilien au bord de l'eau ne s'imagine sans une évacuation des déblais par la voie d'eau, nous en avons eu deux beaux exemples lors de la navigation. Ce n'était pas le cas il y a encore 20 ans, au siècle dernier, certes...

Le chantier Isséane, cher à André, aura représenté près de 1,2 millions de tonnes évacués avec discrétion, et plus de 60.000 camions évités sur les routes franciliennes. Nous l'avons vu aussi, sur l'Ile Seguin, les déchets, triés sur place, ont été ensuite acheminés par la voie d'eau.

Je sais que pour Isséane, les transports fluviaux de déchets se prolongeront et près de 200 000 tonnes seront encore évacués tous les ans lorsque l'usine sera en activité. Tout cela, c'est la partie du trafic qui est souvent ignorée car il est assuré proprement et en sécurité par la voie d'eau, et cela sans publicité.

Au-delà il y a l'activité portuaire classique telle que celle du Port d'Issy-les-Moulineaux avec d'abord sa centrale à béton. Là, l'ensemble des granulats est approvisionné par la Seine en provenance des carrières de Seine-et-Marne ou des Yvelines (300 à 350.000 tonnes/an). Soit près de deux barges par jour ouvrable et jusqu'à 5.000 tonnes certains jours.

Ces activités sont aujourd'hui indispensables et indissociables de l'activité fluviale et le c¿ur du métier du port autonome. Je profite de l'instant pour rendre hommage à l'action quotidienne de sa directrice générale Marie-Anne BACOT et encore remercier son président Jean-François DALAISE.

Mais ainsi qu'André SANTINI l'a indiqué, ces usages transports, essentiels pour nous, doivent mieux partager l'espace qui reste rare. En effet, la ville et l'environnement d'un tel port évoluent ainsi que les exigences vis- à-vis du port et de ses usagers.

Je suis persuadé que deux aspects au moins doivent être largement améliorés et
adaptés aux exigences nouvelles.
D'une part garantir l'accès à la berge des riverains pour des promenades sans danger et sans camions, notamment durant les fins de semaine où l'activité est fermée. Je sais que le port y travaille avec le Conseil général et la ville. Les réalisations récentes à Paris dans le treizième arrondissement prouvent que nous sommes maintenant dans un vingt et unième siècle où l'espace se partage et n'est plus réservé à un seul usage.

Je souhaite que cela puisse être mis en ¿uvre à Issy et sur les autres rives de la Seine. Cela permettra d'ailleurs à plus de nos concitoyens de découvrir ce fleuve sous des aspects encore inaccessibles, notamment si le port y installe une escale à bateau permettant alors des transports de passagers pour le tourisme, voire pour des déplacements quotidiens sur le fleuve. Quel beau complément alors au pôle de transport en commun d'Issy-les-moulineaux, où se trouvent déjà trains et tramways.

D'autre part, le maire qu'est André, toujours ambitieux et avec le succès que l'on lui connaît, ne peut avoir d'autres exigences qu'une intégration du port dans son projet d'entrée de ville par la Seine. Là encore, le port va s'associer à lui pour que chacun, avec ses contraintes et ses stratégies propres, puisse se compléter notamment en termes architecturaux, et permettre de se partager cet espace, en se comprenant mieux.

Au-delà du port, nous l'avons vu, il y a les berges et le domaine public fluvial, là encore un meilleur partage de leur usage doit être assuré tant pour les bateaux logements, que pour les autres usages loisirs, promenades, paysage etc... La sécurité de la navigation et la sure gestion du domaine public fluvial, que vous nous avez exposés, Madame la Directrice Générale, permettront de concilier les objectifs du Fleuve et de la ville.

A cet effet, je vous annonce que je viens de confier au Conseil Général des Ponts et Chaussées, une nouvelle mission que Pierre VERDEAUX qui commencera cet été, afin de produire et aménager, en concertation avec les collectivités locales, des zones de stationnement autorisé et améliorer le dispositif en cas de stationnement illégal non dangereux. Vous connaissez l'attrait pour les communes des Hauts de Seine... mais nous devons garantir la cohérence de ces aménagements et ce n'est ni le maire d'Issy ni François KOSCIUSKO-MORIZET, maire de Sèvres, qui me reprocheront une telle action.

Au-delà du transport fluvial et des bateaux -logement, je voudrais revenir sur l'aménagement exemplaire de l'Ile de Monsieur. Le Conseil général, le comité d'agglomération Boulogne-Billancourt et Sèvres ainsi que d'autres communes riveraines se sont lancés dans une vraie reconquête du lieu autrefois utilisé par Renault. Demain c'est bien un nouveau complexe qui verra le jour, en liaison avec les activités nautiques déjà existantes et le Musée, recréant un lien direct mais aussi un lieu de loisirs cohérent entre le Musée et la Seine. Ce type d'action qui, à nouveau, lie les rives et leurs collectivités, montre bien ce renouveau de la place du fleuve. A condition bien sûr que le développement du transport fluvial puisse être garanti.

Pour conclure les lieux de chargement et de déchargement fluviaux sont encore nécessaires pour les marchandises si nous voulons contribuer au développement durable et ne pas en rester au tout camion. Ces lieux ne sont pas pour autant des îlots isolés, ils doivent évoluer et s'intégrer à un tissu urbain en cours de modification. Il en va de même pour une utilisation du fleuve autre que le pur transport et nos établissements publics sauront, j'en suis certain, travailler toujours mieux avec les collectivités concernées. Je renouvelle ma confiance au port autonome de Paris et à VNF pour travailler dans ce sens avec les collectivités territoriales. Vous en êtes ici les témoins messieurs les élus.

Voilà ce que je souhaitais indiquer à l'issue de cette navigation et je vous remercie de votre présence à cette longue et riche matinée.

Le fleuve n'est pas mort et bien au contraire c'est un espace de vie partagé entre l'activité économique et les loisirs, qu'il nous faut continuellement remodeler.

(Source http://www.equipement.gouv.fr, le 10 mai 2005)


Mesdames et Messieurs les élus,
Messieurs les présidents,
Madame la directrice générale,
Mesdames et Messieurs,


La réussite du transport fluvial en général, du port de Paris et de sa plate-forme de Gennevilliers en particulier en particulier du président n'est pas le résultat d'un hasard mais bien celui d'une politique que nous avons mise en ¿uvre pour le transport fluvial depuis 2002, et qui permet maintenant à celui-ci de récolter les fruits de sa croissance.

Je vous rappelle que cette croissance est de +6% en tonnes-km pour l'année 2004 et de +16% pour le premier trimestre 2005, pour l'ensemble des marchandises. Pour le marché particulier des conteneurs, c'est une véritable explosion des trafics en 2004 qui prolonge les années précédentes, avec une croissance de près de 30 % sur le bassin de la Seine et de près de 40 % sur le Rhône.

Tous les jours d'une année sur toutes nos voies d'eau, ce sont près de mille conteneurs qui empruntent le transport fluvial. Cependant cette part de marché reste modeste et peut être évaluée à 5 % de l'acheminement terrestre de nos principaux ports maritimes. Elle reste sans commune mesure à celle des ports hanséatiques, notamment baignés par le Rhin.

Il y a donc encore des vraies marges de progression pour les conteneurs et l'ensemble des marchandises sur des axes fluviaux qui sont situés aux endroits où les engorgements routiers et ferroviaires sont très forts : sillon rhodanien, axe mosellan et bien entendu axe Paris-Lille mais là avec une infrastructure majeure nouvelle Seine - Nord Europe.

Le premier cadre de notre politique qui doit accompagner ces développements, l'État l'a maintenant exprimé dans un contrat d'objectifs et de moyens avec voies navigables de France sur une période de quatre années allant jusqu'à 2008, rénovant ainsi le cadre de la gouvernance de VNF.

Cet établissement public a vu confirmées et hiérarchisées ses missions de gestionnaire d'infrastructures de plein exercice dans un cadre pluriannuel. Ce contrat lui permet ainsi de préparer au mieux sa programmation d'investissements avec des ressources accrues (par exemple la taxe hydraulique) ou confortées, telles les subventions de l'État et une meilleure identification des moyens humains mis à disposition, le tout dans le cadre de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF).

Cette nouvelle étape est aussi pour VNF celle de la hiérarchisation des missions sur les réseaux qui lui ont été confiées, avec en premier lieu la sécurité des infrastructures, leur fiabilité et leur qualité au service des utilisateurs. Plus de 500 millions d'euros y seront consacrés.

Un véritable réseau magistral est ainsi créé, tel que vous le voyez sur cette carte, comportant la Seine, le Rhône, le Rhin, la Saône mais aussi un ensemble cohérent de voies à gabarit. Sur ce réseau magistral seront c oncentrés les moyens financiers pour réaliser la modernisation de l'exploitation, les dragages et les investissements lourds.

Là il s'agit d'investissements qui bien évidemment sont nécessaires pour renforcer la disponibilité de la voie d'eau, mais cela ne suffit pas. Il fallait également donner une lisibilité pour les usagers et les clients de la voie d'eau. Cette nouvelle étape est maintenant proposée dans le cadre du schéma directeur d'exploitation, en cours de finalisation au niveau national avec les représentants des personnels des services et après une large concertation avec les professionnels fluviaux concernés.

Nous avons ainsi une disponibilité H24 des plus grands réseaux par exemple ! Je sais M. DALAISE que le Comité des Armateurs Fluviaux, que vous présidez, y est sensible.

Ces quelques points illustrent le travail de fond qui va être réalisé sur le réseau magistral et montre combien ce réseau, fondamental pour l'activité fluviale et le transport de marchandises, entre dans le "droit commun" des infrastructures majeures de l'État.

Merci à François BORDRY, président de VNF, de mener à terme ce très important chantier de modernisation et de compétitivité de la voie d'eau dont il m'a souvent entretenu de l'importance.
Au-delà des infrastructures existantes, il convient aussi de définir et de préparer l'avenir, c'est bien le deuxième volet de notre politique.

S'agissant des infrastructures, ce gouvernement a décidé que la route -ou plutôt les autoroutes- financerait ces prochaines années le développement des infrastructures ; c'est désormais possible avec l'AFITF.

D'ici 2012, 7,5 Milliards d'euros seront ainsi apportés.

Je peux dire que dès à présent, Seine -Nord Europe, projet d'envergure européenne auquel je tiens particulièrement, a déjà fait l'objet de crédits de paiements à VNF pour les études en cours visant à obtenir la déclaration d'utilité publique pour 2007. Ce deuxième aspect de la politique du gouvernement appliqué au transport fluvial lui permet d'avoir un véritable avenir européen pour les années futures.

En effet, ce nouveau canal à grand gabarit, d'une centaine de kilomètres entre Compiègne et le canal Dunkerque-Escaut, et dont le coût est estimé à 2,6 milliards d'euros (aux conditions de 2001), permettra l'acheminement de chargements pouvant atteindre 4400 tonnes. Le canal Seine -Nord-Europe, section française de la liaison internationale Seine-Escaut, permettra de relier les bassins de la Seine et de l'Oise au réseau des canaux du nord de la France, et plus largement à l'ensemble du réseau européen à grand gabarit. Il nous permettra d'ôter de nombreux poids lourds de nos autoroutes déjà saturées. Il n'était que temps de mettre en ¿uvre de tels projets moteurs d'un transfert modal nécessaire dans la logique d'un développement durable.

Nous en sommes, pour ce projet, aux étapes de choix du tracé et aux concertations. J'attends pour mars 2006 le dossier complet pour validation. J'ai des retours excellents du travail réalisé par l'équipe Seine-Nord Europe tant sur la partie technique que la concertation, notamment avec les professions agricoles très concernées par ces choix qui peuvent être si déterminants pour la suite de l'activité.

Sachez que je suis personnellement l'avancement de ces études tant il est important pour moi que la Seine et l'Oise soient enfin reliées au réseau à grand gabarit du nord de l'Europe.

Merci de continuer dans ce sens afin de préparer les étapes suivantes plus difficiles à mettre en ¿uvre, notamment le financement. Je ne doute aucunement que des systèmes de financement ingénieux permettront sa réalisation dans les délais les plus courts souhaités par tous.

L'écluse de Port 2000 était aussi l'objet de ce CIADT pour une réalisation à la fin 2007, là encore la nouvelle agence a décidé ce mois -ci l'attribution de crédits pour les études à mener, afin de réaliser cet ouvrage pour la fin 2007.

Je voulais indiquer que je suis aussi très sensible aux étapes intermédiaires qui suivront l'ouverture des nouveaux quais du Havre.

Je pense pouvoir affirmer qu'une solution sera mise au point avec l'ensemble des professions portuaires, et notamment les manutentionnaires situés sur les nouveaux quais que je remercie. Elle consisterait en un "brouettage" ferroviaire entre les nouveaux quais et un terminal fluvial dédié dans les bassins à flot. Elle est en cours de préparation, et nous soutiendrons financièrement cette solution qui aura été difficile à mettre au point.

Le fluvial sera donc bien à l'heure dès l'ouverture de port 2000 ! Sa part de marché, de 5 % aujourd'hui, doit absolument croître. Notre soutien au transport combiné va bien dans ce sens d'un transport respectueux de son environnement tout en respectant des objectifs économiques de développement de nos marchés. Que M. DAVID, directeur de Logiseine, M. TRORIAL, président de Terminal SA, soient remerciés pour leur initiative et action en ce sens.

Un mot, pour conclure cette première séquence relative au transport fluvial de marchandises, sur la hausse imprévue du gazole qui a mis en danger le secteur des transports à l'automne 2004. Le Gouvernement en a tenu compte en remboursant une part significative des péages versés à VNF durant l'année, et en allégeant la taxe professionnelle, notamment. La Chambre Nationale de la Batellerie artisanale, pour ses artisans, a complété ces mesures par un remboursement partiel de sa taxe. Que Michel DOURLENT, son président, en soit remercié aussi ici.

Le dernier dispositif d'aide d'un montant d'un million d'euros a été mis en place et concerne les femmes de bateliers. Il consiste dès 2005 et pour les femmes de plus de 50 ans à les aider fortement à l'acquisition de droits spécifiques pour une retraite de conjoint collaborateur.
Vous le voyez, l'action de l'État est basée sur les axes clairs :
- l'amélioration de l'existant pour le transport fluvial de marchandises,
- la préparation de nouvelles infrastructures,
- un ensemble d'aides ciblées.
C'est bien ainsi que le Gouvernement construit un avenir pour le transport fluvial sans oublier d'accompagner son développement. Je dois pouvoir dire que jusqu'à ce jour, le ministre que je suis n'en a rien regretté, bien au contraire, au regard des résultats.

Je vous remercie de votre attention.

(Source http://www.equipement.gouv.fr, le 10 mai 2005)

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