Déclaration de M. Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux anciens combattants, sur les anciens combattants, Paris le 8 mai 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux anciens combattants, sur les anciens combattants, Paris le 8 mai 2005.

Personnalité, fonction : MEKACHERA Hamlaoui.

FRANCE. Ministre délégué aux anciens combattants

Circonstances : Rencontre avec le monde combattant, aux Invalides le 8 mai 2005

ti : Monsieur le Ministre,
Madame et Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et Mesdames les Présidents d'associations,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,


Je suis heureux de vous retrouver !

Nous nous voyons régulièrement à Paris, ou en région, à l'occasion de cérémonies.

Mais, celles-ci, graves, émouvantes, souvent même impressionnantes, ne permettent que de brefs échanges.

Je suis donc heureux de vous retrouver, ce soir, pour vous parler directement et en toute franchise.

Je souhaitais d'abord vous assurer de la profonde reconnaissance de la Nation pour ce que vous avez accompli pour elle.

N'en doutez pas : les Français n'oublient pas les sacrifices que vous avez consentis dans les heures les plus difficiles de notre Histoire.

Ils savent ce qu'ils vous doivent.

Je veux vous assurer de ma totale détermination à poursuivre l'action engagée depuis trois ans pour répondre, du mieux possible, à vos attentes légitimes.

Vous savez toute l'importance que Madame Alliot-Marie attache à vos préoccupations et que votre ministre, Monsieur Mekachera, qui est votre interlocuteur de chaque instant, conduit une action dont je ne suis pas le seul à reconnaître la grande qualité.

Je veux aussi adresser un salut tout particulier et très amical à Madame le ministre de la défense et à Monsieur le ministre délégué aux anciens combattants.

Ma chère Michèle, mon cher Hamlaoui, je sais toute l'attention que vous portez au monde combattant et je mesure l'importance des résultats obtenus.

Avant de poursuivre mon propos, chacun comprendra que je veuille adresser aux pensionnaires des Invalides un salut particulier.

Chers amis, vous avez mérité notre respect, notre gratitude et notre soutien.

Je salue également le personnel remarquable de cette institution prestigieuse qui allie tradition et modernité.

Mesdames et Messieurs, au soir d'une journée aussi emblématique et riche en émotions, tous les Français ont pu mesurer l'importance que nous attachons à la politique de mémoire.

Je crois que la célébration du 60ème anniversaire des débarquements et de la Libération, l'année dernière ; le 60ème anniversaire de la libération des camps et de la Victoire, cette année, ont été des rendez-vous particulièrement forts et réussis.

La Nation a communié avec ses libérateurs, ses martyrs, ses héros, avec tous ceux qui, à la suite du Général de Gaulle, ont lutté pour nous rendre notre liberté et notre honneur, avec toutes celles et tous ceux qui ont souffert de cette terrible épreuve.

Bien sûr, je n'oublie pas la mémoire des autres " générations du feu ".

Le 24 avril, j'ai tenu à ce qu'un ministre soit présent à Gallipoli pour le 90ème anniversaire des Dardanelles.

Le 8 juin prochain, ce sera la première Journée nationale d'hommage en mémoire de la Guerre d'Indochine.

L'institution d'une Journée nationale et la création d'une Fondation pour la mémoire de la Guerre d'Algérie garantissent la transmission de la mémoire de ces années difficiles, une mémoire honnête et équilibrée.

Enfin, avec la commémoration du Drakkar ou de la reprise du pont de Verbania, commence à s'édifier la mémoire des combattants qui servent dans le cadre des opérations extérieures.

Mesdames, Messieurs, chaque jour, nous constatons l'impérieuse nécessité de transmettre la signification des combats auxquels vous avez participé et des valeurs que vous avez défendues.

Avec les grandes cérémonies, les expositions, les colloques, les nouveaux sites Internet, les publications, la création et la rénovation des musées, et tant d'autres actions voulues ou accompagnées par l'Etat, je me réjouis que se multiplient les initiatives.

Je remercie les fondations de mémoire, les associations et les administrations qui ¿uvrent en ce sens.

Je salue le comité de la Flamme sous l'Arc de triomphe qui a en charge un lieu emblématique de notre mémoire nationale, qui se dévoue sans compter et qui prépare intelligemment l'avenir.

Je remercie toutes celles et tous ceux qui s'investissent dans le " devoir de mémoire ", un devoir qui n'est pas une incantation facile mais une ardente obligation.

Mesdames et Messieurs, en combattant pour la Patrie, vous avez également acquis des droits légitimes.

Ce " droit à réparation ", construit au lendemain de la Première Guerre mondiale, constamment enrichi depuis, ce droit à réparation est et sera respecté.

Non seulement nous le respectons, mais nous le faisons progresser.

Je ne vous imposerai pas la longue liste des mesures concrètes et importantes prises depuis 3 ans.

Pourtant, sa lecture est impressionnante. Dans tous les domaines, nous avons cherché à régler des injustices, à faire avancer les droits, à tenir compte des situations avec pragmatisme.

De la " décristallisation " aux cures thermales, du décret sur les orphelins des victimes de la barbarie à la réforme de la carte du combattant AFN, de l'augmentation substantielle des pensions des veuves à celle des crédits sociaux de l'ONAC, je crois que ce premier bilan parle de lui-même.

J'ai la faiblesse de penser que vos frères d'armes le mesurent concrètement.

- La " décristallisation " était attendue depuis 40 ans. Elle a manifesté la reconnaissance de la France à plus de 83 000 combattants de 23 pays qui ont servi loyalement sous notre drapeau.

- L'harmonisation des critères d'attribution de la carte du combattant AFN a bénéficié, à juste titre, à près de 80 000 de vos camarades.

- L'augmentation des pensions des veuves représente un effort, légitime et nécessaire, de 24 millions d'euros.

- Le décret en faveur des orphelins des victimes de la barbarie pendant la Seconde Guerre mondiale a suscité plus de 20 000 demandes. Ce qui révèle, à la fois l'étendue des drames de cette période, et l'importance de cette décision.

- Quant à l'ONAC, on me dit que des inquiétudes récurrentes subsistent et qu'un rien suffit à les alimenter...

Alors, parlons franchement : si nous modernisons l'ONAC ce n'est pas pour le supprimer ! Au contraire !

Grâce à notre action, l'ONAC, qui était menacé de disparition en 2002, sera modernisé et pérennisé en 2007.

Vous savez également que l'organisation et la discussion du budget va changer.

Nous avons veillé à ce que les crédits des Anciens combattants soient clairement regroupés et identifiés.

Ainsi, la Nation confirme l'attention qu'elle vous porte et vous pourrez constater par vous-mêmes que vos crédits continueront à progresser en 2006 !

Mesdames et Messieurs, 8 mai 1945, 8 mai 2005.

Entre ces deux dates, que de chemin parcouru !

La France et l'Europe, unies, respectées, écoutées, ressemblent bien peu à ce pays et à ce continent exsangues, divisés, diminués au lendemain d'une guerre sans pareille.

Le chemin a été long, difficile, parfois douloureux.

Pourtant, les lycéens d'aujourd'hui n'arrivent même plus à imaginer que l'on ait pu être en guerre avec l'Allemagne, et ne parlons pas de l'Italie.

Ils connaissent l'histoire, ils vous respectent et vous admirent.

Avec leurs mots, ils sont patriotes.

Mais, pour eux, et c'est heureux, la paix est une évidence.

Instruits par l'Histoire et l'expérience, nous savons que notre devoir est de solidifier cet acquis.

Cet héritage démocratique, que nous vous devons, nous avons le devoir de le conforter et de le transmettre.

J'ai la conviction profonde que la Constitution européenne est la meilleure voie pour cela.

J'imagine que, sur ce sujet, vous êtes partagés.

Pourtant, je crois que vous mesurez tous l'importance d'un texte qui renforce objectivement le poids de la France au sein de l'Europe.

Je pense que vous êtes tous sensibles à l'affirmation dans le projet de Constitution des principes démocratiques, humanistes et sociaux pour lesquels vous vous êtes battus.

Par dessus tout, je suis sûr que vous savez que l'acquis essentiel de l'Europe c'est la paix.

Et vous êtes bien placés pour savoir que la paix est toujours à consolider.

Mesdames et Messieurs, chers amis, je veux enfin vous remercier pour votre engagement associatif.

Une fois encore, vous servez le pays.

En effet, votre rôle est irremplaçable.

Pour défendre vos droits, conserver et transmettre votre mémoire et les valeurs qui y sont attachées, mais aussi pour entretenir les liens d'amitié et de fraternité.

Des liens essentiels qui brisent la solitude, qui aident les plus fragiles.

Des liens qui nous rapprochent aussi des peuples avec lesquels nous nous sommes battus.

Ce dévouement vous honore aujourd'hui, comme votre loyauté et votre courage vous ont honorés hier.

Nous ne l'oublierons jamais.

Je vous remercie.

(Source http://www.defense.gouv.fr, le 13 mai 2005)

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