Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer, sur le premier bilan du Conseil national de la sécurité routière et sur ses missions, Paris le 18 mai 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Gilles de Robien, ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer, sur le premier bilan du Conseil national de la sécurité routière et sur ses missions, Paris le 18 mai 2005.

Personnalité, fonction : ROBIEN Gilles de.

FRANCE. Ministre de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer

Circonstances : Installation du Conseil national de la sécurité routière à Paris le 18 mai 2005

ti : Madame,
Monsieur le Président NAMIAS,
Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les présidents,
Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux, et c'est pour moi un grand honneur, de procéder à l'installation du Conseil National de la Sécurité Routière qui vient d'être renouvelé le 13 avril après avoir été élargi de 48 à 53 membres le 7 février 2005.

Je tiens à vous féliciter pour cette nomination qui souligne votre engagement en faveur de cette grande cause nationale de la sécurité routière et vous me permettrez de souhaiter la bienvenue à ceux qui nous rejoignent pour la première fois :

- le sénateur Pierre HERISSON qui remplace le sénateur Georges GRUILLOT,
- le sénateur Jean-Patrick COURTOIS remplaçant du sénateur Lucien LANIER,
- Monsieur Jean-Pierre LIOUVILLE qui représente les Régions de France,
- Monsieur Sandro MANTOVANI, Président de l'Association de promotion de la
sécurité routière en entreprise,
- Monsieur Gilles EVRARD, représentant la Caisse nationale d'assurance maladie des
travailleurs salariés,
- Monsieur Bernard POTTIER, nouveau Président de la Prévention routière,
- Monsieur Jean-François HOGU, représentant la Fédération des usagers de la
bicyclette,
- Monsieur Serge MORELLI représentant l'association "Club 14",
- Madame Nadine POINSOT représentant l'association "Marilou",
- Monsieur Dominique LAMOULLER, président de la Fédération Française de
Cyclotourisme,
- Monsieur Daniel QUERO, représentant l'Automobile Club de l'Ouest,
- Madame Marie-Madeleine DECORDE représentant l'association nationale des
familles rurales,
Le professeur Alain DÔMONT représentant les professions médicales.

Je voudrais également accueillir aujourd'hui officiellement, car ils étaient jusqu'alors présents à titre officieux, les représentants des associations de jeunes :

- Vincent JULÉ représentant l'association Victimes et Citoyens,
- Camille FOUCARD représentant la Route des Jeunes,
- et Stéphanie LUX représentant Voiture and Co.

Avant d'envisager la place et les missions du CNSR au cours des 3 prochaines années, permettrez-moi de remercier cette fois toutes celles et tous ceux qui ont été renouvelés pour le bilan de l'activité menée entre 2001 et 2004. Certains, au cours de cette période un peu exploratoire, se sont interrogés sur le rôle de cette institution. Permettez-moi aujourd'hui de vous dire tout l'intérêt que nous portons à vos travaux et aux recommandations que vous nous adressez. Sur des questions aussi complexes et souvent aussi sensibles que la sécurité routière et la liberté de se déplacer, le pouvoir législatif et le pouvoir réglementaire ont un vrai besoin de s'entourer des avis les plus pertinents à partir d'une analyse la plus professionnelle et la plus rigoureuse possibles.

Les résultats très favorables auxquels nous sommes parvenus depuis 3 ans, nous les devons certes à une détermination nouvelle des pouvoirs publics à la suite de l'appel du Président de la République, à l'action des associations, des relais d'opinion et de tous les professionnels qui ont su se mobiliser et convaincre nos concitoyens de la nécessité d'un plus grand civisme sur nos routes, mais nous les devons aussi bien sûr, à la présence d'une institution comme la vôtre dont la qualité de l'expertise et l'autorité morale ont orienté et guidé notre démarche.

Le CNSR, Monsieur le Président, doit être et doit rester ce lieu d'échanges et de propositions. C'est la seule instance où les associations, les élus, les professionnels et les administrations ont la possibilité de s'exprimer, de confronter leurs points de vue en toute indépendance, j'insiste sur ce point, à la lumière de l'avis d'experts dont l'analyse et les compétences sont très largement reconnues. Vous saurez préserver et développer cet outil précieux.

Vos quatre commissions permanentes, et vous me permettrez de remercier leurs présidents : Gilbert SANTEL, pour la Commission usagers, Christiane CELLIER, pour la Commission véhicules, Jean-Pierre MOREAU, pour la Commission infrastructures, et Jean FLORY, pour la Commission connaissances, par leurs contributions précieuses, nous ont guidées sur l'opportunité des mesures à mettre en ¿uvre et leur niveau d'acceptabilité, préoccupation qui doit toujours nous habiter.

Au cours de ces 3 prochaines années, nous devrons donc développer encore plus notre réflexion commune afin d'éviter le poids des habitudes ou des certitudes.

Quelles peuvent être nos priorités au cours des prochains mois ?

A la suite du rapport de Jean-Michel BERTRAND, député-maire de Bourg-en-Bresse, vous aurez à vous pencher sur la question de l'éducation et de la formation des jeunes qui, et les résultats de 2004 nous le rappellent avec beaucoup de brutalité, sont encore aujourd'hui les principales victimes de l'insécurité routière.

Vous aurez également à vous interroger sur les initiatives à prendre pour faire respecter les règles, et en particulier le respect des vitesses, car chacun en est persuadé désormais, le nombre de tués et de blessés se mesure à l'aune de l'augmentation ou de la réduction des vitesses. A cet égard, je souhaiterais que vous nous aidiez à faire progresser la pédagogie et notre réflexion en vous interrogeant sur la question de la limitation par construction de la vitesse des véhicules. Cette question, que j'ai évoquée à deux reprises devant mes collègues européens à Vérone, est un sujet complexe au plan juridique et technique. Je serai très attentif aux propositions que vous pourrez me faire sur ce point.

La qualité des infrastructures fait également partie de nos priorités. De nombreux experts autour de cette table ne manquent pas de projets en la matière. Il faudra à l'avenir les étudier dans le contexte de la nouvelle décentralisation des infrastructures routières actuellement en cours. Il va de soi que ce sujet doit intégrer la question de la signalisation pour laquelle vous m'aviez déjà, en son temps, adressé un certain nombre de suggestions.

Enfin, si des progrès exceptionnels ont pu être réalisés au cours des 3 dernières années, il nous faut bien sûr les inscrire dans la durée mais surtout avoir pour objectif de tendre progressivement vers une situation où tous les accidents liés à une faute humaine seraient éliminés, c'est-à-dire nous diriger progressivement vers une situation où seule subsisterait ce qu'on pourrait appeler la fatalité absolue. Il nous faut donc toujours progresser en efficacité.

A cet égard, j'attends du Conseil National qu'il puisse jouer un rôle très utile dans l'évaluation des mesures prises, il ne doit pas y avoir le moindre doute en la matière, en particulier pour le contrôle automatisé, les plans de contrôle et sur la recommandation sur les feux de jour. D'autre part, nous sommes conscients que notre politique connaît des points de résistance, notamment pour certaines catégories d'usagers comme par exemple les motocyclistes représentés au sein de cette instance. Comme vous le savez, je viens de lancer un appel au dialogue car nous avons besoin de mieux nous écouter. Toutes les propositions que vous pourriez formuler à ce sujet retiendront notre attention.

Je ne doute pas enfin que vous aurez à c¿ur de communiquer sur vos travaux et je suis certain que votre bureau saura à cet égard faire connaître et promouvoir le rôle et l'action de votre institution, de façon à ce que notre politique de sécurité routière soit mieux comprise et donc mieux admise.

Je ne souhaite pas développer plus ma réflexion sur votre place et sur vos missions car comme je le disais, le CNSR ne remplira pas son rôle avec efficacité si il n'est réellement indépendant des pouvoirs publics.

Je vous remercie de m'avoir accueilli et écouté, et je forme des v¿ux de pleins succès pour l'ensemble de votre activité au cours des 3 prochaines années.

D'avance je vous exprime ma reconnaissance pour ce que vous allez accomplir en faveur de la lutte contre la violence routière et de ce que vous allez faire pour rendre la société plus humaine, plus solidaire et moins accidentogène.


(Source http://www.equipement.gouv.fr, le 23 mai 2005)

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