Point de presse de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, notamment sur le budget communautaire, la prévention des catastrophes naturelles, la situation au Darfour, la Constitution européenne et sur la libération des otages roumains en Irak , à Bruxelles le 23 mai 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Point de presse de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, notamment sur le budget communautaire, la prévention des catastrophes naturelles, la situation au Darfour, la Constitution européenne et sur la libération des otages roumains en Irak , à Bruxelles le 23 mai 2005.

Personnalité, fonction : BARNIER Michel.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Conseil affaires générales et relations extérieures, à Bruxelles (Belgique) le 23 mai 2005

ti :
Je voudrais vous dire quelques mots des sujets que nous avons évoqués ce soir et jusqu'à maintenant, avant de rejoindre le Conseil qui n'est pas terminé.

D'abord, quelques mots de notre long débat d'hier soir sur les perspectives financières, qui a eu lieu à partir d'un document de la Présidence qui a fait un bon travail, et nous savons que ce n'est pas facile. C'est même un des sujets les plus difficiles pour nous tous en ce moment. Il s'agit de nous mettre d'accord sur le prochain budget de l'Union européenne pour une longue période de sept ans : 2007-2013.

Nous pensons que l'accord en juin est difficile mais possible, et nous souhaitons aider la Présidence à y parvenir. Dans le cadre de la discussion d'hier soir, chacun d'entre nous a indiqué ce qu'étaient nos demandes ou nos lignes rouges.

J'ai confirmé le souhait de la France, comme d'autres pays, d'une maîtrise globale du budget et nous sommes partis d'un budget de 1 %, ce qui ne signifie pas une réduction par rapport aux dépenses actuelles, mais des ajustements par rapport aux demandes ou aux propositions de la Commission qui sont, elles, très au-dessus.

Nous souhaitons, dans ce futur budget, mettre l'accent sur les dépenses qui vont créer des emplois, créer de la croissance, en particulier la recherche. J'ai naturellement rappelé que, pour nous, ce respect de la parole donnée, des accords conclus dans le cadre des négociations d'élargissement et relatifs à la Politique agricole commune (PAC), était un point très fort.

Nous souhaitons le respect de ces accords concernant les dépenses de marché de la PAC en y ajoutant, le moment venu, ce qu'il faudra pour faire face aux dépenses agricoles pour la Roumanie et la Bulgarie.

S'agissant des ressources, le point important est la remise à plat, si je puis dire, du chèque britannique qui est pour nous tous, ou pour la quasi-totalité des membres du Conseil, un préalable. J'ai donc demandé que l'on travaille encore, comme y travaille la Présidence et comme l'a dit le président de la Commission lui-même, à une forme de sortie progressive de ce chèque britannique, avec une date de fin. Le chèque britannique est en effet anachronique : au moment où nous nous trouvons, en 2005, la situation n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était dans les années 1980 : il y a eu, depuis, les réformes de la PAC, et je vous rappelle que c'était la PAC qui était le prétexte à ce chèque, réformes auxquelles la Grande-Bretagne a participé et qu'elle a approuvées lors de plusieurs élargissements. Donc nous souhaitons que soit levé le préalable de ce chèque pour le financement du budget européen.

J'ai discuté cet après-midi le rapport de la Présidence sur les conséquences du tsunami, tout ce qu'ont fait les pays européens et l'Union européenne pour faire face aux conséquences de cette tragédie humaine et écologique.

Je pense qu'il y a des leçons à tirer d'une telle catastrophe en termes de prévention. Nous continuerons d'insister pour que, dans l'océan Indien, là où la France est territorialement présente avec l'île de La Réunion mais aussi ailleurs, je pense aux Caraïbes et à l'Atlantique, à la Méditerranée, on vérifie bien que les systèmes d'alerte et de prévention sont prévus, comme ceux qui existent déjà dans le Pacifique. Je pense aussi qu'il y a une autre leçon à tirer : c'est de répondre mieux, ensemble à de telles catastrophes, et que l'Union européenne dispose - et je continuerai d'agir dans ce sens - d'une capacité propre - j'ai appelé cela une force européenne de protection civile - pour que nous partions, ensemble, de manière professionnelle, avec des unités nationales, voire régionales, compétentes qui auraient appris à travailler ensemble, à se former et à agir.

J'indique d'ailleurs, que le nouveau traité constitutionnel européen nous aidera pour cette réaction commune, puisqu'il crée une première base juridique pour renforcer la coordination en matière de protection civile, c'est l'article III-284, et en permettant la création d'un corps européen d'aide humanitaire, à l'article III-321. Ces dispositions nouvelles vont dans le sens de cette solidarité active et commune des Européens à l'égard des Européens et vis-à-vis des autres régions du monde.

Je saisis ce point sur le tsunami pour vous dire quelques mots à propos des familles françaises dont nous partageons la douleur et l'attente. Je les ai rencontrées le 19 mars à Paris et je les retrouverai, comme promis, à la fin du mois de juin. Nous avons un contact régulier entre ces familles et les services du ministère des Affaires étrangères à Paris ou en Thaïlande. Nous poursuivons un travail extrêmement précis et difficile d'identification, avec tous les spécialistes, sur le terrain. Au moment où je vous parle, ce travail avance, puisque 67 des 95 victimes françaises ont été identifiées. Sur place, c'est une équipe de 23 policiers et gendarmes qui restera au travail aussi longtemps qu'il le faudra. Les travaux d'identification, à partir des prélèvements ADN, ont été confiés à un laboratoire qui se trouve à Sarajevo, l'International Committee for Missing Persons, et nous avons dégagé une subvention de 200 000 euros pour le soutien à ces travaux. Enfin, il y a un point important que les familles de certaines victimes de l'hôtel Sofitel ont soulevé à juste titre : c'est celui des travaux de déblaiement de cet hôtel de Khao Lak. Ces travaux de déblaiement sont difficiles ; ils relèvent naturellement des autorités thaïlandaises et du groupe Accor auprès desquels nous avons fait les démarches nécessaires pour qu'ils se fassent rapidement et avec les précautions nécessaires pour, le cas échéant, y retrouver de nouvelles victimes.

Est évoquée aujourd'hui, entre nous ministres des Affaires étrangères, comme elle l'a été entre ministres de la Défense, la situation grave du Darfour et le souhait qui est le nôtre, Français, avec d'autres, que l'Union européenne présente une offre globale et cohérente de l'Union pour accompagner les efforts de l'Union africaine.

Ce sera l'objet de la proposition que doit faire, en notre nom le Secrétaire général/haut Représentant pour la PESC, Javier Solana, le 26 mai, à l'occasion de la Conférence des donateurs. Je veux souligner le travail tout à fait remarquable que réalise l'Union africaine sur place : elle est sur le point de renforcer son dispositif au Darfour en passant de 2.000 soldats à 7.000 hommes mais, actuellement, elle a besoin de notre aide, des besoins financiers mais aussi d'appui logistique et de formation. L'Union européenne, qui est déjà très engagée sur le terrain aux côtés de l'Union africaine, va et doit répondre à cette demande comme le ministre de la Défense, Mme Alliot-Marie, vous l'a dit.

Nous avons proposé que la France participe à cet effort de l'Union européenne dans trois domaines :
- celui du soutien logistique au renforcement de l'Union africaine - et nous le faisons déjà depuis de longs mois avec nos soldats de nos bases au Tchad ; je pense au transport des contingents africains ;- celui de la formation des contingents africains qui le souhaiteraient ;- et enfin, celui du développement des capacités d'observation aérienne.

S'agissant de la coopération qui peut être imaginée, et sans doute souhaitable, entre l'Union européenne et l'OTAN, nous sommes naturellement d'accord, - car il ne peut y avoir débat sur un sujet aussi grave et urgent -, pour que l'on trouve les modalités de coopération les plus intelligentes et les plus rapides possibles.

Je voudrais dire deux mots, en conclusion, sur un sujet d'actualité : le referendum en France sur la Constitution, puisque beaucoup de mes collègues, tout au long de cette journée et hier soir, m'ont interrogé et m'ont fait part de leur attention et de leur inquiétude. Les mêmes questions, d'ailleurs, s'adressaient à mon collègue et ami Bernard Bot, ministre néerlandais des Affaires étrangères, puisque trois jours après notre propre referendum, les Pays-Bas vont également se prononcer.

Nous sommes à un moment de vérité, et dans un scrutin qui ne connaîtra qu'un seul tour, il n'y aura pas de session de rattrapage. On sait bien ici à Bruxelles qu'il est illusoire d'imaginer une nouvelle renégociation avant longtemps d'un tel traité constitutionnel. Tous ceux qui sont ici à Bruxelles savent que ce travail a commencé, en réalité, il y a une dizaine d'années, avant le Traité d'Amsterdam qui a été un premier échec sur la réforme des institutions, conduisant à ce Traité de Nice, un deuxième rendez-vous, utile dans le court terme mais très insuffisant, et finalement à la Convention, qui a abouti de manière inespérée à un vrai traité dont nous avons absolument besoin. On sait ici qu'il n'y a pas de plan B ou alors que le seul plan B, c'est le Traité de Nice. Tout le monde sait cela ici, voilà pourquoi, aussi, tout le monde observe et attend le choix des Français comme celui des Néerlandais.

En effet, je pense que les Français ont dans leurs mains une décision très grave dont ils doivent mesurer les conséquences ; probablement l'une des décisions les plus graves, un des votes les plus importants depuis très longtemps. J'observe aussi que la vertu de ce referendum est une vertu de démocratie et de pédagogie. Je participe de toutes mes forces, avec toute mon énergie et tout mon enthousiasme, - et je le ferai jusqu'à samedi -, à ce débat référendaire. Je pense qu'on avait besoin en France, - c'est la première fois depuis 13 ans -, d'un tel débat. Franchement, une fois tous les 13 ans, ce n'est pas beaucoup. Je ferai d'ailleurs des propositions, au lendemain de ce referendum, pour que l'on ait plus régulièrement, plus normalement, plus quotidiennement des débats, des dialogues sur les questions européennes à l'intérieur de mon pays. Voilà un choix grave et important dont les Français doivent mesurer les conséquences, en mesurant bien, en réalité, ce qu'ils ont entre les mains : c'est-à-dire un projet politique qui a tenu ses promesses de paix et de stabilité depuis 50 ans et un projet dont on a besoin pour faire face aux défis de la mondialisation. Nous avons la mondialisation avec ses chances et ses risques, de grands risques, et puis il y a l'espérance européenne. Enlevez l'espérance européenne, il ne reste que la mondialisation. Nous avons donc besoin de ce projet européen et le message que j'adresse aux Français quand je les rencontre dans chacune de mes réunions, c'est : en votant en conscience comme vous le souhaitez, c'est votre responsabilité ; faites attention à ne pas trahir l'héritage de nos parents et à ne pas affaiblir l'avenir de nos enfants.

Je suis à votre disposition pour répondre à vos questions.

Q - M. Schmidt a parlé ici d'une crise majeure pour l'Europe en cas de "non" français, partagez-vous ce diagnostic ? Quelle est votre réaction aux résultats des élections allemandes en Rhénanie du Nord et à l'organisation d'élections anticipées qui paraissent affaiblir encore un peu plus le couple franco-allemand qui est un moteur européen tout proche de caler ?

R - Je ne partage pas ce dernier point d'analyse sur la vitalité du travail, de la coopération et de la parole franco-allemande. Je rappelle que cette parole est sa force et n'a jamais été liée à la couleur politique du gouvernement de Berlin ou de Paris. Nous avons souvent vu travailler ensemble, d'un côté ou de l'autre, des gouvernements de sensibilités différentes. Les dirigeants de nos deux pays avaient quelquefois les mêmes sensibilités, on peut dire cela du général de Gaulle et du chancelier Adenauer qui ont entrepris cette réconciliation et ce travail franco-allemand, mais après, il y a eu MM. Giscard d'Estaing et Schmidt, MM. Mitterrand et Kohl, aujourd'hui Jacques Chirac et Gerhard Schröder. On voit bien que cette parole franco-allemande, ce travail en commun, cette coopération, dont je pense qu'elle est toujours aussi nécessaire, même si elle est de moins en moins suffisante, est plus forte que la couleur politique de ceux qui dirigent nos deux pays. Et je sais que cela continuera.

Pour le reste, je n'ai pas de commentaires à faire sur la vie politique intérieure en Allemagne, sauf pour dire que nous continuerons, les uns et les autres, à faire vivre cette coopération franco-allemande.

Je pense, pour faire écho à votre premier point, que si nous n'avons pas cette Constitution parce qu'un pays ou l'autre ne l'approuverait pas, - et je rappelle qu'il faudra au bout de la route de ces ratifications compter vingt-cinq approbations pour que nous disposions de cette Constitution -, si nous n'avons pas cette Constitution pour une raison ou pour une autre, ce sera une grave panne politique pour l'Union européenne, puisque avant très longtemps, il n'y aura pas de nouvelles négociations. Je l'ai dit tout à l'heure. On peut au moins me faire crédit de cette expérience là, puisque j'ai été le négociateur français du Traité d'Amsterdam, que j'ai participé aux travaux du groupe à partir de 1995, et qu'on a commencé à imaginer cette réforme des institutions en 1995 pour échouer à Amsterdam et faire un traité très insuffisant à Nice quelques années plus tard, et enfin, pour finalement parvenir à un vrai traité refondateur, un nouveau traité de Rome, à l'occasion de cette Convention. Ce sera donc une très grave panne pour l'Europe politique. Et si l'Europe est en panne, un pays comme le mien jouerait, dès l'instant où il aurait voté "non", en "seconde division" alors que nous sommes, s'agissant de l'Europe, dans la "première division" depuis le début. Les autres ne nous attendront pas, voilà ce que je pense, ni les Etats-Unis ni la Chine et donc, quand les autres avancent et que nous sommes en panne, cela veut dire que nous reculons avec, en effet, un certain nombre de conséquences sur les décisions et le fonctionnement politique et économique de cet espace européen.

Q - Sur les perspectives financières, y a-t-il un accord France-Espagne-Portugal pour présenter une alternative pour les régions ultra-périphériques ?

R - Je ne reviens pas sur l'inquiétude ou la préoccupation de mes collègues, elle ne s'est pas exprimée pendant le Conseil des ministres mais à l'occasion de toutes les réunions que nous avons depuis hier. Nous avons beaucoup parlé, ils m'ont beaucoup interrogé, ils ont également beaucoup interrogé Bernard Bot ; je vous rappelle qu'il y a deux referendums consécutifs et que la France n'est pas toute seule. En effet, il y a une préoccupation, une inquiétude et une attention pour toutes les raisons que je vous ai dites.

S'agissant des régions ultra-périphériques, les trois pays qui ont de telles régions, Espagne, Portugal et France, seront en effet solidaires pour défendre les politiques européennes qui, conformément au traité, reconnaissent la spécificité due au grand éloignement et à la faible densité de ces régions. Je suis très attaché à cette défense des régions ultra périphériques et nous continuerons, dans le cadre des perspectives budgétaires, à faire simplement la demande que le traité soit respecté.

Q - Sur les perspectives financières, les élections anticipées allemandes ne vont-elles pas rendre difficile un accord en juin ?

R - Franchement, je n'ai pas la réponse à cette question. Je ne sais pas quelle est la conséquence dans un sens ou dans un autre du fait qu'il y aura une élection générale en Allemagne à l'automne prochain. Je pense que nous avons tous, quand on regarde l'intérêt général européen et l'addition de nos intérêts nationaux, - mais l'intérêt général européen est supérieur -, un intérêt à conclure cette discussion budgétaire, maintenant, en juin. Je le pense en particulier pour les pays qui doivent mettre en ¿uvre des fonds structurels comme ce sera le cas pour l'Allemagne, avec notamment l'appui qui continuera d'être apporté aux Länder de l'Est, mais il y a également tous les nouveaux Etats membres et puis la France également. On parlait des régions ultra-périphériques et du futur Objectif deux : si nous n'avons pas d'accord maintenant, ou avant l'année prochaine, on ne débutera pas les négociations sur les programmes régionaux avant le début de la nouvelle période budgétaire 2007, comme cela s'est précisément passé la dernière fois. Je rappelle Berlin, au printemps 1999, quelques mois avant le début de la nouvelle période 2000-2006, comme commissaire européen chargé de la politique régionale, j'ai consacré toute l'année 2000 et une grande partie de l'année 2001 à négocier des programmes, donc il n'y a eu aucun engagement sur le terrain. L'argent était là mais pas utilisé puisque les négociations n'étaient pas terminées. Donc, si on veut bien utiliser l'argent public européen, on a intérêt à anticiper et à effectivement conclure maintenant. Donc nous, nous travaillons dans cette perspective mais je ne peux pas objectivement dire si nous y parviendrons. J'ai dit que c'était difficile mais possible.

Q - Sur la libération des otages roumains, quelle est votre réaction ? Est-ce que les services roumains vont ont laissé entendre qu'ils avaient des informations sur la journaliste française, Florence Aubenas et son interprète irakien, Hussein Hanoun ?

R - D'abord, je veux dire que, de tout coeur et très sincèrement, nous nous sommes réjouis de la libération de ces trois otages journalistes roumains et de leur accompagnateur irakien. Nous nous en sommes réjouis d'abord pour eux, parce qu'ils ont souffert, naturellement pour leurs familles et pour leurs confrères et, plus généralement, pour la liberté de la presse qu'ils incarnent et qu'ils expriment à travers leur métier.

Nous sommes encouragés par une telle libération à poursuivre nos efforts inlassablement, comme nous les avons commencés depuis le premier jour, pour obtenir la libération de Florence Aubenas et Hussein Hanoun. Nous sommes totalement mobilisés, 24h sur 24, aussi bien nos diplomates et nos services, à Bagdad et à Paris. Dans de telles situations, quand un pays est confronté à de tels enlèvements, nous sommes naturellement en contact les uns avec les autres, et nous avons eu, avec les autorités roumaines, depuis plusieurs semaines, une bonne coopération.

Voilà ce que je peux dire aujourd'hui, sans aller au-delà puisque, je le rappelle, la discrétion que nous observons dans ce travail, dans ces fils, dans ces dialogues indirects que nous nouons, cette discrétion est une des conditions pour la sécurité de ceux qui sont enlevés.

Q - Les autorités roumaines ne vous ont pas parlé de présence française ?

R - Je vous ai dit que nous avons eu une bonne coopération et que le président de la République, en téléphonant à son collègue, M. Basescu, le président de la Roumanie, a dit combien nous nous étions réjouis de cette issue heureuse pour ces trois journalistes roumains.

Merci beaucoup

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 mai 2005)

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