Déclaration à la presse de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, sur le dialogue euro-méditerranéen et le soutien de l'Union européenne au réglement du conflit israélo-palestinien, Luxembourg le 31 mai 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration à la presse de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, sur le dialogue euro-méditerranéen et le soutien de l'Union européenne au réglement du conflit israélo-palestinien, Luxembourg le 31 mai 2005.

Personnalité, fonction : BARNIER Michel.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Conférence euro-méditerranéenne à Luxembourg le 31 mai 2005

ti : D'abord, merci de votre présence et de votre attention et, compte tenu des circonstances, je vais simplement vous dire quelques mots, les raisons pour lesquelles j'ai tenu à participer à cette réunion très importante entre nos vingt-cinq pays de l'Union, les pays candidats et une douzaine de pays de l'autre rive de la Méditerranée. C'est un forum très important pour moi, je ne l'ai jamais manqué et j'observe d'ailleurs que c'est l'un des très rares forums où, parmi tous nos enjeux et nos défis, nous retrouvons autour de la même table, comme hier soir, le ministre palestinien et le ministre israélien.

Je suis venu dire à nouveau l'attachement de la France à ce processus dit "de Barcelone", à ce dialogue euro-méditerranéen, à ce partenariat. Avant que nous n'en commémorions le dixième anniversaire, je dois dire que pour moi, en réalité, ce n'est pas de la commémoration dont il s'agit, c'est de nouveaux dynamismes dans ce partenariat entre les deux rives de la méditerranée.

Plusieurs pays du Sud de la Méditerranée sont inquiets de l'attention européenne, puisque l'Europe vient de s'élargir, heureusement, à de nombreux pays d'Europe centrale, orientale et baltique ; leur inquiétude est que nous soyons moins solidaires du Sud. Et donc, je suis venu dire, comme d'autres de mes collègues, que nous garderons la même attention parce que les progrès et la stabilité de l'autre rive représentent aussi notre progrès et notre stabilité.

Ce partenariat doit se développer sur les plans politique, économique, social et culturel et il doit avoir toute sa place dans la nouvelle politique de voisinage de l'Union européenne. J'ai redit ce matin ma proposition que l'on expérimente dans certaines régions de la rive sud les méthodes de la politique régionale européenne que j'ai eu l'honneur de gérer pendant cinq ans à Bruxelles, parce que je pense que ces méthodes sont efficaces pour créer un vrai progrès dans la durée.

Toujours à propos de ce dialogue euro-méditerranéen, j'ai parlé de stabilité sur l'autre rive ; pour nous, le conflit central est le conflit israélo-palestinien et de tels dialogues, de telles rencontres où tout le monde se retrouve autour de la table, sont l'occasion de réaffirmer l'engagement européen, comme l'a fait Javier Solana ou Mme Ferrero-Waldner. Au moment où une dynamique de dialogue entre Israéliens et Palestiniens s'est engagée, il faut la soutenir parce qu'elle est fragile. Nous portons tous, les uns et les autres, la détermination de l'Europe à jouer son rôle pour soutenir cette dynamique du dialogue et de la paix dans le cadre du Quartet, au-delà des premières étapes qu'il faut réussir et notamment du retrait d'un premier territoire, à Gaza.
Je voudrais ajouter quelques mots sur ce qui s'est passé à Paris et en France dimanche, tous mes collègues m'ont interrogé et j'ai été très touché des marques d'amitié et d'attention de tous mes collègues, à la fois Européens et de nos partenaires du Sud de la Méditerranée. Beaucoup m'ont dit qu'ils partageaient la déception qui est la nôtre, après le rejet de la Constitution. J'ai simplement, je veux le rappeler en quelques mots, réaffirmé que la France tiendra sa place et jouera son rôle dans le projet européen et sous l'autorité du président de la République, avec la même détermination, et qu'elle continuera de défendre, en Europe, et vis-à-vis de tous les pays partenaires, notamment de l'autre rive de la Méditerranée, les mêmes valeurs de justice, d'ouverture et de solidarité.

Je suis également venu aujourd'hui, au lendemain, au surlendemain de ce vote, de cette épreuve pour nous, pour réaffirmer cet engagement de la France et dire à nouveau la place que la France continuera de tenir.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 2 juin 2005)

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