Déclaration de M. André Rossinot, président du Parti radical, sur l'analyse du rejet de la Constitution européenne lors du référendum, le soutien du Parti radical au gouvernement Viçllepin et la contribution du Parti radical aux échéances électorales de 2007, Paris le 11 juin 2005 | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. André Rossinot, président du Parti radical, sur l'analyse du rejet de la Constitution européenne lors du référendum, le soutien du Parti radical au gouvernement Viçllepin et la contribution du Parti radical aux échéances électorales de 2007, Paris le 11 juin 2005

Personnalité, fonction : ROSSINOT André.

FRANCE. Parti radical, président

Circonstances : Réunion des cadres de l'UMP, Paris le 11 juin 2005

ti : Mes chers amis, je veux tout d'abord vous témoigner le plaisir qui est le mien de pouvoir nous retrouver ensemble ce matin, en famille, la famille UMP à laquelle nous, radicaux, nous voulons réaffirmer notre participation.

Mes premiers mots, ce matin, seront pour l'Europe. Pas pour revenir sur la décision de nos concitoyens d'avoir choisi le non au projet de Constitution européenne, mais pour continuer avec conviction, force et détermination comme je l'ai toujours fait avec ma famille politique, à porter haut et fort le projet européen.

Permettez-moi de souligner qu'à l'UMP, nous avons été ceux qui ont voté le plus largement en faveur du projet de Constitution européenne démontrant ainsi que notre famille politique avait réussi la synthèse entre gaulliste, centriste, libéraux et radicaux et que par ce vote, nous avions réussi notre pari : créer un grand parti de la droite et du centre.

Je souhaiterais également remercier Nicolas Sarkozy d'avoir pris l'initiative d'organiser un vote démocratique au sein de l'UMP, garantissant ainsi l'unité de notre mouvement sur une ligne politique claire et durable en faveur de l'Europe.

Nous avons à l'UMP voté pour cette Europe qui se construit depuis plus de 50 ans dans un espace inégalé de liberté et de démocratie. D'autres ont fait le choix d'affaiblir la construction européenne et donc la France.

Je pense à ceux qui au nom d'idéologies intolérantes et archaïques, au nom de valeurs qui ont profondément meurtri l'Europe ont abusé des doutes et des fragilités de nos concitoyens.

Je pense aux propos intolérables, inacceptables tenus par les responsables politiques d'une certaine gauche, Marie Georges Buffet en tête, qui n'ont pas hésité à utiliser la xénophobie et la discrimination à l'encontre des femmes et des hommes venant de Pologne ou d'ailleurs. Les communistes français n'ont peut être pas encore compris que la Pologne était devenue un pays libre et souverain.

Il y a encore plus insidieux. Les associations comme ATTAC qui alimentent depuis des années les officines qui déstabilisent l'Europe et notre démocratie. Nous devons maintenant le dire et les dénoncer à l'opinion publique. Ils fragilisent la France et l'Europe mais nous ne nous laisserons pas faire.

Enfin, il y a ceux qui ont exercé de grandes responsabilités dans notre pays au temps où la gauche privatisait à outrance et qui se réveillent un beau matin aux côtés des ouvriers et des employés leur faisant croire qu'ils refusent aujourd'hui " l'économie sociale de marché ". Monsieur Fabius fait le coucou dans le nid de messieurs Emmanuelli et Besancenot. Nous devons dénoncer l'imposture.

Il est temps de dire stop et de mettre devant leurs propres responsabilités et contradictions les apparachiks du PS qui n'arrivent plus à masquer leurs divisions. Et puis pourquoi avoir sanctionné Fabius le 4 juin et non pas le 4 mai ?

Nous pouvons comprendre ceux qui ont voté non, mais nous continuerons le combat pour les convaincre et dénoncer ce qui les ont trompés. Notre premier devoir est de rétablir la vérité. Le 29 mai n'est pas une fin mais le début de la reconquête. Nous radicaux, nous allons continuer à être actifs pour que puisse émerger une Europe politique garante de nos intérêts dans le monde, face à la Chine, l'Inde ou les Etats-Unis.

Il y a l'Europe et bien évidemment il y a la France, nos difficultés sociales, économiques et politiques, cruellement révélées par le vote du 29 mai. Il fallait des hommes courageux pour relever ce défi. Je voudrais saluer la décision de Nicolas d'avoir rejoint le gouvernement. Il y a en effet des instants où l'heure est à l'union et à l'efficacité. La majorité présidentielle a besoin de tout le monde, même des radicaux¿

En garantissant la poursuite du Plan de cohésion sociale initié par Jean Louis Borloo et en se focalisant sur de nouvelles mesures concrètes, le gouvernement refuse légitimement d'opposer le social à l'économique et préfère privilégier la concertation et le suivi personnalisé. C'est dans ce cadre que s'inscrira l'action du Parti radical aux côtés du Premier ministre et de Nicolas Sarkozy. Le plan Borloo va porter ses fruits et je me réjouis que le Premier ministre continue à travailler et à faire des propositions dans ce sens. Et parce qu'il y a urgence, il est tout à fait légitime qu'il lance par ordonnances son plan pour l'emploi ; la Constitution le permet, les français sont impatients et la France est malade. La réanimation est nécessaire, c'est la condition de la survie, mais elle devra être suivie d'un vrai traitement de fond.

Au-delà du plan d'urgence sur l'emploi, je demande au gouvernement de repenser le contrat social qui unit la fonction publique d'Etat à la nation. Il est temps de trouver une nouvelle manière de concilier les grands principes qui fondent l'Etat - à commencer par le principe d'égalité - avec les principes d'efficacité et d'équité. Si je dis cela, c'est pour souligner le lien qui unit la réforme de l'Etat et la réduction de la dépense publique. L'un ne va pas sans l'autre. Sommes-nous conscient qu'avec des dépenses publiques atteignant 55% du PIB nous pénalisons les générations futures, et nous réduisons progressivement la marge de man¿uvre de l'Etat face aux problèmes de demain. C'est la raison pour laquelle, j'attends du gouvernement un projet sur la réforme de l'action publique. Je demande au Premier ministre de privilégier la réduction de la dépense publique et de freiner les prélévements obligatoires.

Même s'il est encore aujourd'hui prématuré d'évoquer d'autres échéances électorales, nous devons être conscients des attentes de nos concitoyens, de leur volonté qui sera de disposer d'un projet politique sur lequel ils fonderont leur décision. Un projet au nom des valeurs que nous partageons et qui incarnera un juste équilibre de nos différentes convictions. L'automne 2006 sera le temps du projet de la majorité, et je le dis devant les cadres de l'UMP, il appartient au parti de bâtir. Ce qui n'aura pas été fait par le gouvernement, devra être repris et intégré par le projet politique de l'UMP.

Les radicaux apporteront leur contribution. Elle s'inscrira dans le cadre d'un projet pour une société équitable, le thème de notre université d'été qui se déroulera les 8, 9, 10 juillet à Perpignan et qui sera le début de nos travaux sur les thèmes d'une société éducative, d'une société entreprenante, d'une société d'équité sociale et territoriale.

Le Parti radical est un parti de réformes, qui adhère à l'économie sociale de marché, refusant l'autoritarisme et le dogmatisme. Nous sommes républicain, laïc, social et européen. Pour nous, le seul modèle qui vaille, c'est le modèle de l'intégration républicaine.

Mais Aujourd'hui, la vrai réponse à l'immigration économique n'est-elle pas aussi au niveau européen ? Dans un espace de libre circulation des personnes comme l'Union européenne, on sait très bien qu'admettre des étrangers des pays tiers sur le territoire d'un Etat affecte inévitablement les autres états membres. Quotas, " cartes vertes " européennes, recrutement par catégories de demandeurs, par type d'activités spécialistes¿ ? oui, peut-être, mais attention aux mals entendus. Attention à ne pas vider les pays du sud de leur haut potentiel et de ne pas avoir accès à la main d'¿uvre dont nous avons besoin en pratiquant une immigration sélectivite et élitiste. Attention de ne pas être accusé de vouloir faire pression sur le niveau des salaires de certaines professions en important de une main d'¿uvre qui accepte de travailler à moindre coût. Sachons concilier efficacité et solidarité. La France doit rester le pays des droits de l'homme et celui de l'égalité. De même, la promotion de l'égalité des chances est pour nous un facteur d'intégration qui correspond à notre modèle républicain et humaniste.

C'est fort de ses valeurs que nous avons en 2002 d'abord rejoint l'Union en Mouvement, puis co fondé l'UMP, convaincus de l'intérêt stratégique de cette démarche qui garantissait la pluralité des sensibilités politiques. C'est pourquoi, comme président du Parti radical, je me sens bien avec l'ensemble des personnalités de l'UMP, mais je me sens également libre pour enrichir l'ensemble de la famille présidentielle.

Utiles à l'UMP, les radicaux veulent être utiles à la France.
Travaillons ensemble pour la France et pour l'Europe.


(Source http://www.u-m-p.org, le 14 juin 2005)

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