Tribunes de Mme Michéle Alliot-Marie, ministre de la défense, dans "The Wall Street Journal Europe" et "Le Monde" des 21 et 22 juillet 2005, sur le rôle de la France en Afghanistan pour le maintien de la paix, la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue, intitulées "Sur le front Afghan" et "Notre présence en Afghanistan". | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Tribunes de Mme Michéle Alliot-Marie, ministre de la défense, dans "The Wall Street Journal Europe" et "Le Monde" des 21 et 22 juillet 2005, sur le rôle de la France en Afghanistan pour le maintien de la paix, la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue, intitulées "Sur le front Afghan" et "Notre présence en Afghanistan".

Personnalité, fonction : ALLIOT MARIE Michèle.

FRANCE. Ministre de la défense

ti : (Tribune de Michèle Alliot-Marie dans "The Wall Street Journal Europe" du 21 juillet 2005)

Alors que le monde se remet lentement des attaques sanglantes de Londres, jamais la nécessité d'une coopération internationale en matière de défense et de lutte contre le terrorisme n'a été si forte. Tout en restant vigilante à l'intérieur de ses frontières, la défense européenne doit rester impliquée dans la stabilisation et la reconstruction de pays extérieurs. C'est notamment le cas en Afghanistan. Les troupes françaises interviennent dans ce pays au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) et de nos Forces spéciales, ainsi que dans le cadre de l'opération Epidote de formation d'officiers.

Près d'un an après l'élection de Hamid Karzaï, notre présence reste à la fois souhaitée et nécessaire. Avec les élections législatives et régionales du 18 septembre, l'Afghanistan franchira une nouvelle étape cruciale de son évolution politique. Ces élections marqueront l'achèvement du processus de transition défini par les accords inter-afghans de Bonn-Petersberg de septembre 2001.

La tenue de ces élections requerra une plus grande mobilisation des forces de sécurité afghanes, avec l'aide des troupes internationales. Dix officiers de police seront mis à disposition à chaque bureau de vote ; une force de réaction rapide afghane sera déployée dans chaque province. La Force internationale déploiera également 3 000 troupes supplémentaires. Et la France renforcera sa puissance aérienne de six avions de combat et de deux ravitailleurs supplémentaires.

L'engagement de la France en Afghanistan, qui remonte à 2001, est essentiel. Dans un contexte de sécurisation de l'Afghanistan et de lutte contre le terrorisme international, nous nous sommes engagés, avec nos partenaires, à aider à la reconstruction de l'Etat afghan. Nos réalisations comprennent le désarmement de certaines milices, la formation de l'armée afghane, l'établissement d'une nouvelle monnaie et le rétablissement de nombreux services publics. II reste encore beaucoup à faire - formation des forces de police, réforme du système légal et organisation des administrations provinciales - avant que la stabilité ne soit garantie. Aussi ne devons-nous pas ralentir l'allure.

Jusqu'en février dernier, le Général Jean-Louis Py était à la tête de toutes les forces ISAF (cette mission est maintenant assurée par la Turquie). J'ai proposé à nos partenaires que la France prenne cet automne le commandement de l'ISAF dans la partie centrale du pays, où elle assume déjà d'importantes responsabilités. La mobilisation internationale contre le trafic de drogue est également nécessaire. Il [nous] sera difficile de mener à bien [notre mission] tant que le problème de la drogue subsistera. L'Afghanistan est toujours le premier producteur d'opium au monde. Et puisque l'instabilité profite aux trafiquants, ces derniers ont intérêt à la maintenir. Depuis 2002, ce trafic nourrit, de plus en plus et en toute impunité, les réseaux terroristes dans le monde. Ces drogues envahissent non seulement de nombreux pays, avec de graves conséquences sur la santé publique, mais sapent également directement l'effort de stabilité en Afghanistan. Combattre les trafiquants doit être notre priorité première.

Sur l'ordre du président Karzaï, les autorités afghanes poursuivent leur campagne d'éradication. Ainsi, la Task Force 333 - l'unité afghane anti-narcotique - a entrepris une opération visant la destruction de 35 laboratoires dans la province de Nangarhar. En tout, plus de 50 tonnes de drogue ont été saisies depuis début 2005. La communauté internationale doit redoubler d'efforts pour aider l'Afghanistan dans cette lutte, en renforçant son système légal et en formant des officiers de police spécialisés afghans.

La France entend prendre pleinement part à cette lutte grâce à un programme de formation des officiers afghans. Ainsi que l'a souligné le Programme alimentaire mondial, il n'y aura pas de solution durable sans l'établissement de cultures de substitution et sans coopération avec les pays voisins. L'avenir économique de la région en dépend. Lors de ma visite à Kaboul - qui débute ce jour - à l'occasion d'une rotation de troupes françaises, j'aurai l'opportunité de m'entretenir sur ce point avec les autorités afghanes, tant au niveau national que provincial. Ces dernières peuvent être assurées de notre engagement bien au-delà des prochaines élections. Car c'est la sécurité du monde, et de cette région en particulier, qui est enjeu.


(Source http://www.defense.gouv.fr, le 22 juillet 2005)


(Tribune de Michèle Alliot-Marie dans "Le Monde" du 22 juillet 2005)


Près d'un an après l'élection présidentielle qui a vu la confirmation du président Hamid Karzaï, l'Afghanistan vivra le 18 septembre lors des élections législatives et régionales, une nouvelle étape cruciale de son évolution politique. Ces élections marqueront l'achèvement d'un processus de transition défini par les accords inter-afghans de Bonn-Petersberg, en septembre 2001. Si l'organisation de ces élections nécessite une organisation de premier plan des forces de sécurité afghanes, l'aide des troupes envoyées par la communauté internationale n'en sera pas moins essentielle.

Autant dire que notre présence y est toujours souhaitée et nécessaire. Durant le scrutin, dix policiers afghans seront mis à la disposition de chaque bureau de vote, et une force de réaction rapide de l'armée nationale afghane sera déployée dans chaque province. Dans la zone de la force internationale, 3 000 soldats supplémentaires seront déployés. De son côté, la France renforcera son dispositif aérien avec 6 avions de combat et deux ravitailleurs supplémentaires.

L'engagement militaire de la France en Afghanistan, qui a commencé en 2001 est important. La France est aujourd'hui l'un des quatre plus gros contributeurs de troupes en Afghanistan. Nous sommes présents à travers la force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) de l'OTAN, et à travers nos forces spéciales.

Nous intervenons aussi dans le cadre de la formation d'officiers et de sous-officiers afghans : plus de 2 000 militaires ont ainsi été formés en trois ans. Nous disposons aussi d'une cellule d'assistance et de conseils pour la formation d'officiers auprès de l'Ecole d'état-major afghane. Dans le cadre de la sécurisation de l'Afghanistan et de la lutte contre le terrorisme international, nous nous sommes engagés à aider, avec nos partenaires, à la reconstruction de l'Etat afghan.

Le désarmement de certaines milices, la formation de l'armée afghane, la mise en place d'une nouvelle monnaie et la remise en marche de nombreux services publics font partie des succès obtenus. Beaucoup reste à faire en matière de formation des forces de police, de réforme du système judiciaire ou encore la gestion des administrations provinciales tant que la stabilisation du pays ne sera pas assurée. Nous ne devons pas ralentir nos efforts.

Jusqu'en février dernier, le général français Jean-Louis Py assurait dans le cadre de l'Eurocorps, le commandement de l'ensemble de la FIAS, actuellement assuré par la Turquie. J'ai proposé à nos partenaires que la France prenne dès cet automne, le commandement de la FIAS dans la région de Kaboul où elle exerce déjà une responsabilité majeure.

Le succès ne sera pas au rendez-vous tant que demeurera le problème de la drogue. L'Afghanistan est encore le premier producteur d'opium du monde. Comme le trafic est aidé par l'instabilité, il participe du maintien de celle-ci. Depuis 2002, ces trafics alimentent impunément de manière croissante les réseaux du terrorisme dans le monde entier. Non seulement ces stupéfiants envahissent nombre de pays avec de graves conséquences pour la santé publique, mais il porte directement atteinte à la stabilisation de l'Afghanistan.

La lutte contre les narcotrafiquants doit donc figurer en tête de nos priorités. Sous l'impulsion du président Karzaï, les autorités afghanes poursuivent leur campagne d'éradication.

C'est ainsi que la Task Force 333 - unité afghane de lutte antinarcotique - a effectué une opération qui a permis la destruction de 35 laboratoires de la province de Nangahar. Au total, plus de 50 tonnes de stupéfiants ont été saisis depuis le début de l'année 2005.

Pour la communauté internationale il s'agit donc de redoubler d'efforts afin d'aider l'Afghanistan dans cette lutte en renforçant le système judiciaire et en formant des policiers afghans spécialisés. Dans le cadre du programme Epidote de formation de l'armée afghane, la France entend participer pleinement à cette lutte à travers la formation d'unités anti-narcotique. Comme l'a recommandé le Programme alimentaire mondial des Nations unies, il n'y aura pas de solution durable sans mise en place de programmes agraires de substitution ni sans des coopérations avec les pays voisins.

Il y va de l'avenir économique de ces régions et de la coopération internationale anti-terroriste.

A l'occasion d'une relève imminente de nos forces, je me rends en Afghanistan où je réaffirmerai aux autorités nationales et provinciales notre soutien constant avant et après les élections. Je rencontrerai notamment le président Karzai, l'ex-roi Zaher Chah, le ministre de la défense, Abdarrahim Waidak, et je verrai - ensemble - les principaux chefs tribaux de la régions de Kandahar, au Sud du pays.

A chacun, je rappellerai que, au delà des élections à venir, les responsables afghans peuvent être assurés de notre engagement à leurs côtés. Il en va de la sécurité de cette région, mais aussi de notre sécurité étant donné les enjeux en matière de lutte contre le terrorisme international.


(Source http://www.defense.gouv.fr, le 22 juillet 2005)

Rechercher