Tribune de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, dans "Oust-France" du 21 juillet 2005, sur le rôle du ministère de la Défense dans la mobilisation pour l'emploi, notamment l'insertion sociale et professionnelle des jeunes en difficulté, intitulée "Plan d'action de la Défense pour l'emploi : Défense 2ème chance : Emploi : la Défense au front". | vie-publique.fr | Discours publics

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Tribune de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, dans "Oust-France" du 21 juillet 2005, sur le rôle du ministère de la Défense dans la mobilisation pour l'emploi, notamment l'insertion sociale et professionnelle des jeunes en difficulté, intitulée "Plan d'action de la Défense pour l'emploi : Défense 2ème chance : Emploi : la Défense au front".

Personnalité, fonction : ALLIOT MARIE Michèle.

FRANCE. Ministre de la défense

ti : Le gouvernement a décrété la mobilisation générale pour l'emploi. J'ai décidé que mon ministère contribuerait de manière exemplaire à cette bataille décisive. J'ai engagé avec les responsables de la Défense une réflexion sur les moyens à mettre en oeuvre pour venir en aide aux jeunes qui sortent du système scolaire sans diplôme, ni qualification et donc sans débouchés professionnels.

Le temps est venu de passer aux actes.

La Défense est le premier employeur de notre pays. Chaque année, rien qu'en son sein, elle offre une première chance à 35 000 jeunes qui trouvent avec nous, un emploi, un métier, un espoir de progression sociale, et plus encore, un sens à leur vie.

J'ai aujourd'hui décidé de faire plus encore en nous adressant à ces jeunes pour qui l'ascenseur social est en panne et qui ne parviennent plus à trouver leur place dans la communauté nationale.

Chaque année, sur les 800 000 jeunes participant à la journée d'appel de préparation à la défense (JAPD) qui s'est substituée à l'ancien service national, près de 20 000 sont en situation d'échec scolaire et en voie de marginalisation sociale. Aucune structure existante n'apparaît adaptée pour les guider vers une intégration sociale et professionnelle. Par ailleurs, beaucoup de cadres militaires tenus de quitter tôt l'uniforme, sont à la recherche d'une occupation qui valorise les savoir-faire qu'ils ont acquis.

C'est du rapprochement de ces deux constats que m'est venue l'idée de mettre en place un dispositif original d'insertion sociale et professionnelle au profit des jeunes en difficulté. Il s'inspire, entre autres, du " service militaire adapté " auquel ont accès nos jeunes compatriotes des départements et territoires d'outre-mer.

Une deuxième chance pour les jeunes de 18 à 21 ans.

Il s'agit d'offrir une deuxième chance à des jeunes filles ou garçons de 18 à 21 ans, en échec scolaire, professionnel et social, à l'issue de la JAPD. Il leur est proposé de recevoir dans l'un des futurs centres de formation de la Défense, pour une durée de six mois à deux ans, un apprentissage de la vie en collectivité, une maîtrise des bases de l'écriture, de la lecture ainsi qu'une formation professionnelle susceptible de se prolonger par un apprentissage ou un premier emploi. Ces jeunes seront naturellement volontaires. Ils souscriront un contrat avec l'établissement public chargé de leur formation. Ils vivront en internat. Ils seront sous statut civil, mais porteront un uniforme et devront respecter un règlement intérieur spécialement conçu pour les conduire à respecter les règles d'une vie en collectivité qui doit les préparer à leur responsabilité de citoyen. Ils seront encadrés par d'anciens militaires et des enseignants de l'éducation nationale ou de la formation professionnelle.

Le programme éducatif comporte des activités physiques, une initiation au secourisme, la participation aux tâches quotidiennes de la vie du centre et l'apprentissage du respect de l'autorité. Des cours de remise à niveau en lecture, écriture, calcul et d'initiation à l'informatique seront dispensés par des professeurs de l'éducation nationale.

Au terme des six premiers mois, l'objectif est d'atteindre le niveau de certificat de formation générale, à comparer à l'ancien " certificat d'études ". Les six mois suivants seront orientés vers l'apprentissage d'un métier dans des secteurs constituant des réserves d'emploi : le bâtiment et les travaux publics, les services à la personne (hôtellerie, restauration, assistants de vie), la sécurité, les transports et la logistique. A l'issue d'une année, les jeunes pourront accéder directement à un emploi en entreprise ou à un contrat d'apprentissage.

Certains pourront également effectuer une année supplémentaire au sein de l'établissement pour poursuivre leur formation jusqu'à l'acquisition d'un CAP.

Le dispositif à vocation à couvrir l'ensemble du territoire national. Je compte naturellement beaucoup sur les collectivités territoriales et les acteurs locaux pour devenir partenaires de ce projet. De nombreux élus ont déjà manifesté leur intérêt pour accueillir l'un des quelque quarante centres envisagés à terme.

Le ministère de la défense ne se substitue à personne et ne cherche à remplacer quiconque. Il agit dans un esprit de partenariat avec tous les acteurs de lutte pour l'emploi.


(Source http://www.defense.gouv.fr, le 22 juillet 2005)

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