Tribune de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, dans Le Figaro le 28 juillet 2005, intitulée "Cuba : lettre à Claude Malhuret". | vie-publique.fr | Discours publics

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Tribune de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, dans Le Figaro le 28 juillet 2005, intitulée "Cuba : lettre à Claude Malhuret".

Personnalité, fonction : DOUSTE BLAZY Philippe.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti : Cher Claude,


Tu as souhaité intervenir publiquement sur le dossier de Cuba au nom des principes et des convictions qui nous ont animés et continuent de nous animer ensemble. Je sais la part que tu prends dans le combat permanent pour la défense des Droits de l'Homme et nul ne peut douter de ta sincérité en ce domaine.

Nous partageons ces valeurs qui sont au c¿ur même de nos démocraties. Aujourd'hui plus que jamais, nous devons les porter haut et fort partout dans le monde et, par conséquent, à Cuba aussi.

Mais je dois ici préciser deux points de ton argumentation pour éviter tout malentendu entre nous et rassurer ainsi, du moins je l'espère, ceux qui ont lu ta lettre publique.

Ce n'est pas la France qui a changé, seule, de politique vis-à-vis de Cuba ; ce sont les pays européens qui ont modifié ensemble, depuis le début de cette année, leur position vis-à-vis des autorités cubaines. Ayant observé que la politique consistant à refuser tout contact officiel avec elles n'était parvenue à aucun résultat concret, les vingt-cinq membres de l'Union ont décidé d'une autre voie : parler à tous à Cuba, gouvernement comme opposition, et poursuivre nos efforts pour une plus grande ouverture. Les autorités françaises ont appliqué cette politique avec mesure, y compris à l'occasion de notre fête nationale, quand nous avons reçu les représentants de l'opposition, à la veille de la réception à notre ambassade, pour avoir avec eux un échange approfondi, les informer de notre décision de ne plus fermer notre poste aux représentants de l'Etat cubain - car c'est bien de ces derniers que dépend, en fin de compte, la libération des dissidents emprisonnés - et recueillir leurs commentaires. Ces membres de l'opposition n'ont pas marqué d'objection à notre attitude ; même s'ils restent sceptiques sur une évolution du régime cubain.

Comme nous l'avons tous appris depuis lors, les autorités cubaines ont procédé à des arrestations de personnalités de l'opposition, notamment le 22 juillet, pour les empêcher de participer à une manifestation à proximité de notre ambassade.

Cette action des autorités cubaines est inacceptable et nous sommes intervenus immédiatement pour exiger la remise en liberté des personnes arrêtées. Depuis lors, des libérations sont intervenues, d'abord celle de Martha Beatriz Roque, qui est l'une des principales responsables de l'opposition cubaine, mais aussi celle d'une quinzaine de ses compagnons. J'entends continuer à suivre cette affaire et je ne relâcherai pas ma vigilance tant que l'ensemble de ces personnes n'auront pas été libérées.

Au-delà de cet épisode malheureux, il ne faut pas douter de la détermination de la France : notre pays poursuivra ses efforts, comme nos partenaires européens, pour obtenir la libération de tous les prisonniers politiques détenus à Cuba et assurer en même temps que le plein respect des Droits de l'Homme. Pour cela la France restera en contact avec tous, opposition cubaine comme autorités de La Havane, en défendant sans relâche les valeurs de dialogue et de respect de l'autre.

Cher Claude, je sais que, dans ce combat, tu seras toujours présent et je me réjouis qu'ensemble nous puissions continuer à travailler côte à côte pour cet objectif partagé.


(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 8 août 2005)

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