Déclaration de Mme Nelly Olin, ministre de l'écologie et du développement durable, sur le rôle de l'INERIS pour la maîtrise des risques liés aux produits chimiques et le développement des expertises et de la recherche, Verneuil en Halatte le 5 septembre 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Nelly Olin, ministre de l'écologie et du développement durable, sur le rôle de l'INERIS pour la maîtrise des risques liés aux produits chimiques et le développement des expertises et de la recherche, Verneuil en Halatte le 5 septembre 2005.

Personnalité, fonction : OLIN Nelly.

FRANCE. Ministre de l'écologie et du développement durable

Circonstances : Inauguration du bâtiment accueil-formation de l'INERIS (Institut national de l'environnement industriel et des risques), Verneuil en Halatte (Oise), le 5 septembre 2005

ti : Monsieur le Président du Conseil régional,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur,
Mesdames, Messieurs,


Permettez-moi de vous dire le plaisir que j'ai d'être aujourd'hui parmi vous. Sachez que votre institut est un élément essentiel de mon ministère et que je sais toute l'importance que votre expertise revêt pour mes services, que ce soit au niveau central ou en région dans les DRIRE et DIREN.

Cette expertise, l'INERIS ne l'a pas construite en un jour. L'INERIS fêtera cette année ses 15 ans.
L'INERIS est le fruit du regroupement du centre de recherche des charbonnages de France (CERCHAR), implanté sur ce site il y a plus de cinquante ans déjà et des équipes de l'Institut en Chimie Appliquée (IRCHA).

Depuis sa création, l'INERIS a bien entendu élargi l'éventail de compétences dont elle est l'héritière.

Nous savons que la qualité de votre expertise et votre capacité de travailler en mobilisant des équipes multidisciplinaires est le résultat d'un effort de longue haleine qui s'inscrit dans la durée.

Avant d'évoquer la contribution de votre Institut à mes priorités d'actions, permettez-moi de parler de compétitivité industrielle.
Le Président de la République a inauguré la semaine dernière le pôle de compétitivité de Champagne-Ardenne et Picardie axé sur les bio-technologies, un des 67 pôles retenus le 12 juillet par le gouvernement, puis a installé la nouvelle Agence de l'innovation industrielle (l'AII), deux instruments phare de la politique du gouvernement en faveur du développement industriel et de l'emploi.

Le Président de la République a profité de sa visite sur le site de la future usine de bioéthanol Cristanol, à Bazancourt, près de Reims, pour plaider en faveur des biocarburants, alors que la flambée du cours du brut pèse sur l'économie.

La protection de l'environnement, loin de s'opposer à l'économie peut être un facteur de compétitivité. Je me félicite que l'INERIS soit l'un des partenaires de ce pôle de compétitivité agro ressources. Grâce au soutien du Ministère de l'Ecologie, et à la qualité de ses prestations et de l'expertise de son personnel, l'INERIS a connu un fort développement.

Avec plus de 530 employés, votre impact dans l'économie régionale est important.

Quel rôle joue l'INERIS dans la mise en ¿uvre de mes priorités d'action ? Je souhaite évoquer quatre axes en particulier.
Le premier axe concerne la maîtrise des risques liés aux produits chimiques.
Cette priorité ressort clairement des plans " santé-environnement " et " santé-travail " arrêtés en 2004 et en février 2005. C'est aussi un dossier prioritaire au niveau européen à travers le projet de règlement REACH.

Les besoins de développement des connaissances et de renforcement de l'expertise dans les domaines de la toxicologie et de l'écotoxicologie sont évidents.

Il est essentiel qu'un institut comme le vôtre possède et renforce son expertise sur le sujet. Je connais par ailleurs votre investissement dans la création du Bureau d'Evaluation des Risques des Agents et Produits Chimiques avec l'INRS ou encore dans le programme européen SPORT qui vise à tester la mise en ¿uvre de REACH.
Il est essentiel de disposer d'un pôle d'expertise public français qui soit reconnu par la future agence européenne des produits chimiques.

Le développement des connaissances nécessaires à cette évaluation des risques des produits chimiques est un objectif sur lequel votre Institut doit se mobiliser.
La mise en ¿uvre en France de la directive " cadre eau " dans les meilleurs délais constitue une deuxième priorité pour laquelle j'attends une contribution forte de l'INERIS.
Je rends hommage à la qualité des prestations de l'INERIS dans ce domaine.
Et je souligne que cette qualité a aussi été reconnue par la Direction Générale de l'Environnement de la commission européenne de Bruxelles qui vous a confié cette année une mission d'assistance dans la mise en ¿uvre de la directive.

L'INERIS pourra donc contribuer efficacement à la politique menée par mon ministère dans le domaine de l'eau en participant notamment à la définition des stratégies de réduction de rejets et à la sélection des substances prioritaires.

S'agissant de la gestion des données de surveillance des rejets polluants, je sais pouvoir compter sur votre capacité de traitement de l'information.
Favoriser la prise en compte des risques dans l'aménagement du territoire constitue un troisième axe prioritaire fort.
Nos concitoyens sont très attentifs et parfois inquiets sur ces sujets touchant leur sécurité mais également leurs habitations et donc bien souvent une majeure partie de leur patrimoine.

Ces dossiers (plans de prévention des risques naturels ou technologiques) sont conduits par l'Etat et font l'objet d'une large concertation avec les habitants et impliquent fortement les élus locaux, les maires en particulier.

Tous attendent des services de l'Etat des analyses claires, bien fondées techniquement.

J'attends donc beaucoup de l'apport scientifique et technique que vous apportez à mes services, aux DRIRE en particulier, pour la mise en ¿uvre de ces dispositions.

Je pense également au développement de méthodes ou d'outils nécessaires à la réalisation des études de dangers probabilistes.

Je sais le rôle que l'INERIS joue dans le dispositif en place de surveillance des risques de l'après-mines et la mise en place des plans de prévention des risques miniers. Les synergies sont évidentes.

Malgré les efforts de prévention, les situations accidentelles sont malheureusement encore trop fréquentes.
Il est nécessaire de renforcer la capacité de se mobiliser en situations d'alerte, d'urgence, d'accident technologique et contre les actes de malveillance.
Nos concitoyens attendent une mobilisation toujours plus efficace des pouvoirs publics en cas de crise, d'accident ou plus simplement d'alerte.

Cette exigence de sécurité est renforcée par la montée du risque d'actes malveillants, et en particulier de ceux pouvant mettre en ¿uvre des produits dangereux.

Je me félicite du fonctionnement efficace et fiable du système Prev'air que vous gérez. La semaine dernière, vous avez déclenché la 16ème alerte " ozone " depuis le début de l'été.
Grâce au partenariat conclu avant l'été entre le ministère de l'écologie et du développement durable et France Télévision nos concitoyens sont mieux alertés à l'avance des risques de pics d'ozone, au même titre qu'ils voient à la télévision les prévisions météorologiques.

Je tiens à souligner également la contribution appréciée de la Cellule d'Appui aux Situations d'Urgence (la CASU) auprès des préfets et des services d'incendie et de secours.

Elle a permis par exemple à l'INERIS de se mobiliser très rapidement le 31 décembre 2003 pour apporter son concours à la gestion de la crise de Légionellose à Arnes dans le Nord de la France.

Après 18 mois de fonctionnement de cette CASU, la circulaire du 15 juillet 2005 précisant les modalités de sa mobilisation par les préfets, co-signée avec le ministère de l'Intérieur, concrétise la reconnaissance de la qualité des premiers appuis.

Ces collaborations constructives avec d'autres départements ministériels peuvent être poursuivies dans d'autres domaines ; je pense en particulier aux actions permettant de favoriser les enrichissements croisés entre les actions liées à la sécurité réalisées pour le compte de mon ministère et des actions en matière de sûreté / prévention des actes de malveillance.

Je n'ai bien entendu pas été exhaustive mais ces quelques priorités fortes montrent la contribution essentielle que j'attends de vous dans mon action.
Je souhaite que ces priorités apparaissent dans le Contrat d'Objectifs auquel nous travaillons.

Votre contribution à l'action du ministère se traduit naturellement par le soutien que je souhaite apporter dans la durée à la consolidation et au développement de l'expertise de l'INERIS, dans un contexte de finance publique que vous savez difficile.

Avant de conclure, je voudrais insister sur un point.

L'expertise aujourd'hui compte peu si elle n'est pas alliée à une forte crédibilité de l'institution et de son personnel et si elle n'est pas soutenue par un effort de recherche significatif pour la renouveler.
La présence des chercheurs de l'INERIS me donne l'occasion d'évoquer l'importance de la recherche dans le développement durable, et de saluer le travail qui a été accompli jusqu'ici.

C'est en effet le travail des chercheurs qui a permis d'établir la réalité du phénomène du réchauffement climatique.

Ce sont aussi les chercheurs qui trouvent les innovations qui améliorent l'environnement dans nos gestes quotidien, et l'exemple du filtre à particule pour les véhicules diesel me vient tout particulièrement à l'esprit.

Je voudrais également vous faire part d'une de mes attentes fortes par rapport à la recherche : le développement d'une expertise sur laquelle les décisions politiques pourront continuer à s'appliquer, qu'il s'agisse de la connaissance des phénomènes naturels ou climatiques, de la maîtrise de l'effet des polluants ou de la connaissance de la faune.

Le rôle des experts et en particulier d'experts tels que ceux de l'INERIS est en effet primordial. Votre mission n'est plus seulement de participer à des débats d'experts mais aussi de contribuer à ce débat sociétal.
Votre crédibilité scientifique et l'indépendance de vos avis, dont je suis personnellement convaincue, doit apparaître sans équivoque aux yeux du public et des média.
La certification ISO 9000, votre charte de déontologie, sont de bons référentiels. Sachez rester attentifs.

Le développement de la recherche doit rester une priorité constante pour votre Institut. Je souhaite aujourd'hui vous dire mon soutien pour le projet de Centre Européen de Recherche Technologique sur l'Environnement et la Sécurité (le CERTES) évoqué par le Président de l'INERIS et je remercie le Président du Conseil régional pour son soutien déjà formalisé par un vote de son conseil.

Le développement de la recherche passe par un effort public renforcé. Vous savez l'effort du gouvernement en la matière.

Le développement de la recherche doit également reposer sur un renforcement de la recherche partenariale au niveau européen et au niveau national avec des partenaires industriels : le projet de fédération Carnot que développe François GOULARD, Ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche est une vraie opportunité qui correspond parfaitement au positionnement de l'INERIS.

Enfin, votre expertise n'est pas destinée exclusivement aux pouvoirs publics.

Les prestations pour des tiers contribuent à favoriser les bonnes pratiques de maîtrise des risques.

Je vous encourage à poursuivre leur développement dans le cadre rigoureux de la charte de déontologie que vous avez mis en place, sous le contrôle d'un comité indépendant et de votre Conseil d'Administration.

La formation constitue également un mode privilégié de diffusion de vos savoirs. Elle mérite d'être renforcée.

Nous inaugurons aujourd'hui ce bâtiment qui regroupe le nouvel accueil et des bureaux ; mais ce bâtiment dote surtout l'INERIS de locaux et d'équipements destinés à la formation à la hauteur de votre mission.

Permettez-moi également, comme l'a fait avant moi le Président Jacques Vernier, de remercier le Conseil Régional pour son support financier à ce projet.

Je suis d'autant plus heureuse d'inaugurer aujourd'hui ce bâtiment que, non seulement il permet à l'INERIS de développer une activité très importante à mes yeux, mais qu'il a obtenu l'un des trois premiers certificats HQE (Haute Qualité Environnementale) pour les bâtiments tertiaires.

L'intégration des exigences environnementales dans les bâtiments est un enjeu essentiel auquel je suis particulièrement attachée.

Je vous remercie de votre attention.

(Source http://www.ecologie.gouv.fr, le 8 septembre 2005)

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