Déclaration de Mme Nelly Olin, ministre de l'écologie et du développement durable, sur l'action du réseau des correspondants environnement des ambassades pour la coopération internationale en matière d'environnement, Paris le 4 juillet 2005. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Nelly Olin, ministre de l'écologie et du développement durable, sur l'action du réseau des correspondants environnement des ambassades pour la coopération internationale en matière d'environnement, Paris le 4 juillet 2005.

Personnalité, fonction : OLIN Nelly.

FRANCE. Ministre de l'écologie et du développement durable

Circonstances : Séminaire des correspondants environnement des ambassades à Paris le 4 juillet 2005

ti : Monsieur l'Ambassadeur,
Mesdames et messieurs,


Je voudrais tout d'abord vous exprimer tout le plaisir que j'ai à ouvrir ce séminaire, le troisième du genre, qui vient consacrer le remarquable essor du réseau des correspondants environnement dont vous formez le " noyau dur " ; réseau qui rassemble aujourd'hui 89 personnes couvrant les questions environnementales de plusieurs dizaines de pays répartis sur les cinq continents.

Ce séminaire m'offre l'occasion, alors que je viens de prendre mes fonctions, de saluer votre travail. L'existence même de correspondants environnement est aujourd'hui une évidence pour qui comprend que l'avenir de la planète n'est pas qu'une affaire domestique, mais bien une question mondiale, et donc un enjeu diplomatique de la plus grande importance, dont vous êtes la cheville ouvrière.

Les pluies acides, pas plus que le changement climatique ou encore la perte de la diversité biologique ne respectent les frontières : au niveau régional comme au niveau global, l'environnement a besoin d'avocats, pour que la France puisse à la fois appréhender la position de ses partenaires et diffuser ses valeurs.

Vos compétences et les tâches quotidiennes qui sont les vôtres sont très variées. Certains d'entre vous exercent leur mission dans le cadre des enceintes multilatérales de New-York, de Washington, ou encore de Nairobi. D'autres, que j'ai déjà eu le plaisir de croiser, exercent dans les enceintes communautaires ou dans les Etats membres de l'Union. Enfin, un grand nombre d'entre vous agissent " sur le terrain ", dans des enceintes souvent moins climatisées mais peut être aussi moins arides ?!, au sein de la Zone de Solidarité Prioritaire et au-delà.

Aussi varié que soit votre quotidien, la tâche qui vous est commune est triple :
- porter avec conviction le thème de la protection de l'environnement au c¿ur de vos ambassades, car la mobilisation interne est importante
- être le relais environnemental incontournable auprès des instances, des autorités et des populations des pays dans lesquels vous travaillez ;
- véhiculer une certaine image de la France, une France qui se veut au service du développement durable, chez elle comme ailleurs.

Revenons un instant, si vous le permettez, sur les grandes missions qui sont les nôtres, à commencer par celles qui s'exercent au niveau européen. Je ne vous apprendrai pas qu'aujourd'hui, près de 80 % de la législation nationale en matière d'environnement est d'origine communautaire. C'est dire toute l'importance qu'il y a à s'investir pleinement sur les dossiers européens. Je dois souligner, à cet égard, que je considère les réunions des ministres de l'environnement de l'Union européenne, qu'elles soient formelles ou informelles, comme des temps forts de mon travail. Parce qu'y sont débattus des sujets de fond, parce que s'y élabore le droit communautaire en matière d'environnement, et surtout parce que s'y décident les moyens de sa mise en ¿uvre.

Concrètement, je considère que l'élaboration d'une véritable stratégie européenne de développement durable ; la mise en place d'un dispositif ambitieux d'enregistrement, d'évaluation, d'autorisation des substances chimiques - REACH - ainsi que la sécurisation de financements communautaires en faveur des dossiers environnementaux, constituent des priorités. Je compte sur vous pour nous aider à faire progresser ces dossiers, aussi bien au niveau des instances communautaires qu'auprès de nos amis européens.

Au delà du niveau communautaire, nos missions sont bien évidemment globales, et donc multilatérales. Nous avons enregistré quelques succès : la création d'une Organisation des Nations Unies pour l'Environnement, l'ONUE que le Président de la République a appelée de ses v¿ux, bénéficie aujourd'hui d'un soutien explicite de l'Union européenne. C'est un grand pas en avant. Mais il convient de poursuivre notre action avec ténacité, dans le but d'obtenir qu'une suite favorable soit donnée à ce projet lors de la prochaine Assemblée Générale des Nations Unies à New-York en septembre prochain. Pour que cela se fasse, la mobilisation de tous nos partenaires européens est nécessaire ; bien évidemment, votre rôle là encore reste déterminant.

Mais cette belle avancée ne saurait masquer les défis auxquels nous avons à faire face. Alors que s'annonce le Sommet des Objectifs du Millénaire pour le Développement, je suis particulièrement préoccupée par la menace qui pèse sur la reconstitution du Fonds pour l'Environnement Mondial, qui constitue l'instrument international de référence qui sert au financement des trois Conventions issues de Rio. Les divergences actuelles avec les Etats-Unis au sujet de l'allocation des ressources du Fonds, ne doivent pas aboutir à négliger les Pays les Moins Avancés. Là encore, la France et les grands pays développés qui jouent un rôle important dans la gouvernance de ce fonds doivent poursuivre leur rôle de médiateur. Sans argent, pas d'environnement¿

Mais les défis écologiques qui menacent l'équilibre écologique de notre planète ne sont pas en reste : la lutte contre le changement climatique, et plus particulièrement les perspectives de l'après Kyoto, est l'un des dossiers les plus importants de la diplomatie verte de la France ; votre réseau doit rester pleinement mobilisé sur ce sujet.

Mais mon mandat ne se limite pas qu'à l'écologie, il s'étend également au développement durable. Or, comme vous le savez, le Sommet de Johannesburg a bien mis en avant le lien entre le développement durable et la lutte contre la pauvreté. Ceci fait de nous - et de vous qui êtes en Afrique, en Asie ou dans les Amériques - des relais d'une importance capitale pour notre politique de développement durable.

Vous le savez, le Président de la République a fait de la coopération en matière d'environnement et de développement durable une priorité de l'action extérieure de la France. Son engagement récent en faveur de l'accès à l'eau et à l'assainissement dans le Bassin du Niger ; ou encore en faveur des forêts tropicales dans le Bassin du Congo, n'en sont que quelques preuves. Or sans votre relais, sur le terrain, à Niamey, à Brazzaville ou à Libreville, cet engagement resterait nominal. Je compte donc sur votre engagement, souvent difficile, sur le terrain ; et je serai heureuse de pouvoir vous rencontrer afin de mieux percevoir la réalité de votre action, lors de mes déplacements.

Mais mon soutien ne sera pas que moral ! Je tiens à ce que vous sachiez, avant de repartir dans vos ambassades après quelques vacances bien méritées, que vous pouvez également compter sur l'appui technique du service public de l'écologie pour vous aider à mettre en ¿uvre vos actions très concrètes.

Très concrètement, le service public de l'Ecologie, c'est l'ADEME, qui mène notamment des projets de gestion des déchets en Afrique du Nord ou d'efficacité énergétique dans la construction en Chine, dans le cadre d'un projet du FFEM.

Ce sont également six agences de l'eau, qui vont désormais renforcer leur capacité d'intervention à l'international, d'autant plus facilement que la coopération décentralisée en matière d'eau est désormais encouragée par la loi Santini.

Ce sont aussi les parcs nationaux et les parcs naturels régionaux qui portent des projets de création d'aires protégées à l'étranger ; et le Conservatoire du Littoral qui vient de proposer au FFEM un projet de renforcement de l'Agence Nationale algérienne d'Aménagement du Littoral.

Ce sont enfin bien d'autres établissements publics encore comme l'Office National des Forêts, l'Office National de la Chasse et de la faune Sauvage dont la mission internationale croit en même temps que les enjeux environnementaux.

Ainsi, nous constituons, tous ensemble - administration centrale, agences et correspondants environnement - un réseau au service de la " diplomatie verte " dont les compétences, le savoir-faire, l'engagement sont à même de donner à l'environnement et au développement durable la place qui leur revient dans la hiérarchie des préoccupations internationales.

Je suis convaincue que ces capacités, associées à celles des nos partenaires européens et en particulier à celles de nos partenaires britanniques (qui tiendront demain, je le sais, le même exercice que nous aujourd'hui) et allemands, dont je salue ici la présence, peuvent contribuer à faire progresser la cause de l'environnement au plan mondial et placer l'Europe au c¿ur du débat international.

C'est avec cette ambition que je vous invite à persister et à redoubler d'efforts.


Je vous remercie.


(Source http://www.france.diplomatie.fr, le 31 août 2005)

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