Déclaration de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, et entretien avec RFI le 17 septembre 2005 à New York, sur la réaction de la France à la déclaration du président iranien décidant la poursuite du développement de son programme nucléaire. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, et entretien avec RFI le 17 septembre 2005 à New York, sur la réaction de la France à la déclaration du président iranien décidant la poursuite du développement de son programme nucléaire.

Personnalité, fonction : DOUSTE BLAZY Philippe.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Réunion plénière de haut niveau de la 60ème session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York du 13 au 19 septembre 2005 : intervention de P. Douste-Blazy à la suite du discours du président iranien le 17

ti : (Déclaration de Ph. Douste-Blazy à la suite du discours du président iranien à l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le 17 septembre 2005) :

J'ai noté les déclarations du président iranien concernant son souhait de ne pas voir le nucléaire utilisé à des fins militaires. J'ai également noté avec plaisir sa position en faveur du traité de non-prolifération. Je suis par contre très préoccupé par le fait qu'il ait réaffirmé sa volonté de développer la technologie du cycle sans tenir compte des inquiétudes de la communauté internationale.

Notre position est toujours ferme : l'Iran ne doit pas développer des parties sensibles du cycle, cela lui donnerait la possibilité de produire des matières fissiles. Nous pensons que l'Iran ne doit pas avoir des activités du cycle tant que l'Agence internationale de l'Energie atomique n'apporte pas la démonstration que c'est uniquement à des fins pacifiques. Nous ne voyons pas ce que l'association d'un pays tiers au programme nucléaire iranien apportera pour redonner confiance.

Je rappelle que ce n'est pas une affaire entre l'Union européenne et l'Iran et vous rappelle également que le Conseil des gouverneurs se réunit dès lundi à Vienne. Je vais dans l'intervalle me rapprocher de mes collègues, avoir des consultations, mais ce que j'ai entendu aujourd'hui me fait dire que l'option de la transmission du rapport de l'AIEA au Conseil de sécurité des Nations unies demeure à l'ordre du jour.


(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 septembre 2005)

(Entretien avec RFI à New York, le 17 septembre 2005) :


Q - Monsieur le Ministre, vous venez d'assister à ce discours du président iranien, avez-vous noté de nouvelles propositions intéressantes dans ce discours ?

R - J'ai écouté très attentivement le président Ahmadinejad. Comme vous le savez, la France, aux côtés du Royaume-Uni et de l'Allemagne, a toujours plaidé pour la poursuite des négociations. Nous avons toujours dit que l'Iran avait droit au nucléaire civil.

Nous pensons également que lorsque M. Ahmadinejad dit qu'il ne faut pas s'intéresser au nucléaire à des fins militaires, je crois qu'il a raison. Lorsqu'il soutient le traité de non-prolifération, il a raison. Par contre, nous sommes très préoccupés par le fait qu'il ait réaffirmé sa volonté de développer le cycle du combustible sans tenir compte des inquiétudes de la communauté internationale. Je rappelle que le dernier Conseil des gouverneurs de l'Agence, à l'unanimité, montrant l'unité de la communauté internationale, a demandé à l'Iran de suspendre les activités nucléaires sensibles.

Notre position n'a pas varié, elle est ferme : l'Iran ne doit pas développer les parties sensibles du cycle. Cela lui donnerait en effet la possibilité de produire des matières fissiles. L'Iran ne doit pas avoir des activités du cycle tant que l'AIEA n'apporte pas la démonstration que c'est à des fins pacifiques. On ne voit pas, de plus, ce que l'association d'un pays tiers au programme nucléaire iranien apporterait pour redonner confiance. Et donc, ce que j'ai entendu aujourd'hui me fait dire que l'option de la transmission du rapport de l'AIEA au Conseil de sécurité demeure d'actualité.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 septembre 2005)

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